The 47 Org

Par Atred Blog créé le 13/09/13 Mis à jour le 20/11/16 à 14h15

Retard gaming

Ajouter aux favoris
  
Signaler
Retard Gaming (Jeu vidéo)

Comme pendant le mois de janvier, tout le monde veux faire la révolution au bureau, les nouveaux chefs arrivent et font pipi partout pour savoir qui va être l’Alpha Dog de la saison et les employés ne sont pas encore très bien remis des fêtes de fin d’années, autant vous dire qu’on a pas le temps de faire grand-chose à part bosser comme des connards. C’est pour ça qu’il faut être intelligent et privilégier des jeux courts, race de jeux que l’on trouve en abondance sur les plateformes de téléchargement. Ce mois-ci c’est donc un PSN triple bill avec trois titres qui n’ont rien à voir mais qui partagent cette particularité de ne durer qu’entre 2 et 3h et de vous les facturer environ 15¤ à taux plein et le public en redemande.

Comme quoi, finalement, les développeurs devraient commencer à se poser des questions et faire des démos de jeux exploitant un seul concept et les vendre. Oui je troll un poil mais déjà je suis de mauvaise humeur aujourd’hui et en plus, les personnes qui se branlent sur la scène indé en criant sans cesse au génie juste pour faire comme tout le monde commencent à me sortir par le nez.

Alors pourquoi ça commence à me taper sur les nerfs ? Plusieurs raison à ça.

 

Le syndrome : « Ouais tu vois c’est un peu le nouveau Ico » (à dire avec un accent de Paris 16).

Vous voulez faire le nouveau Ico ? Bordel va falloir sortir les chéquiers et embaucher des gens. Non la scène indé ne peut pas sortir un nouveau Ico tous les quinze jours. Ils peuvent sortir des concepts qui pompent une partie de ce que fut Ico et se concentrer sur ça pendant quelques heures de jeu mais en aucun cas, toucher le maitre étalon dans sa domination. Soyons objectif trois minutes. Ico est un gros putain de jeu. C’est un AAA que vous le vouliez ou pas. Ico c’est l’équivalent de God Of War pour les investisseurs de Sony. Une durée de vie qui frôle les 9-10h, une narration en non-dit très intelligente, des graphismes et un moteur physique impressionnant pour l’époque une bande son d’un grand maitre, un plan com/marqueting au top etc etc. Donc non, une équipe de 2 personnes dans un garage ne pourra pas faire ça.

 

La maladie du moment : « Il y a une super narration, c’est trop bien écris »

Traduction, au lieu d’écrire un livre qui serait passé inaperçu le gars a fait un jeu. Vous voulez quelque chose de bien écrit avec une bonne narration, pourquoi ne pas lire un putain de bouquin ?! Attention, j’ai rien contre un jeu qui me raconte une belle histoire (j’aime même l'approche du jeu vidéo de David Cage, c’est pour vous dire) au contraire, mais il ne faut pas que cette histoire soit le seul intérêt du jeu. Un jeu vidéo c’est aussi du gameplay, faudrait pas l’oublier. Au delà de ça, j’ai souvent la nausée quand je lis des tests dithyrambiques sur la qualité de l’histoire de tel ou tel jeu (indé ou pas). Non, je suis navré de vous l’apprendre, et je sais que vous allez continuer à le nier de toutes vos forces, mais la plupart des jeux qui ont, soit disant des bonnes histoires, ne sont que de la série B voir Z si on les transpose dans d’autres medias. Je l’ai déjà dit avec the Last Of Us que j’ai aimé pas de soucis, mais le scénario est tout juste au niveau de n’importe quel nanar zombie (un mec qui a perdu sa fille doit sauver une jeune fille qui est la dernière chance de l’humanité, ce soir sur D17 avec Steven Seagal. Des commentaires ?). C’est pareil pour la plupart des jeux et les indés ne font pas exception. Ca ne me dérange pas qu’ils nous proposent des aventures personnelles et introspectives, touchantes et sensibles mais ce n’est pas une raison pour tous ces petits génies du développement de faire un jeu au lieu d’écrire un journal intime.

 

Maintenant devenons un peu spécifique en critiquant brièvement les trois jeux précité. Bien entendu c’est un avis personnel libre à vous de me chier à la gueule.

 

Papo y Yo : Metacritic : 72

Certes le jeu touche un sujet sensible, un Père alcoolique qui bat ses enfants dans une favela et en plus il se fait tuer ou alors il tue quelqu’un, enfin je ne sais pas tres bien je n’ai pas tout voulu comprendre. C’est donc le genre de sujet que l’on ne peut, de base pas critiquer. Donc oui le thème abordé est dur et radical et traité de manière plus ou moins métaphorique de belle façon en général (bien que peu fine si je me souviens bien). Au-delà de ça, le jeu n’a absolument aucun intérêt. Au niveau artistique son seul intérêt réside dans les incrustations d’½uvres de street art magnifiques. En ce qui concerne le reste du jeu et bien, ce n’est pas beau. Je ne dis pas qu’il n’y a pas d’efforts pour essayer de le rendre beau, on voit très clairement ce que les développeurs ont essayé de faire, mais non les gars, vous n’aviez pas les reins assez solides pour y arriver. Techniquement, le jeu est à la ramasse complète, je n’ai même pas à commenter il vous suffit d’y jouer. Au niveau du gameplay, désolé là non plus rien de transcendant, rien de neuf sous l’horizon, des puzzles très simples, une IA qui fait de la merde régulièrement, un rythme haché et frustrant en permanence… bref, le thème est non critiquable car faisant partit des sujets auquel il est « impossible de rester insensible » et c’est original pour ce media, mais à part ça ce n’est pas un bon jeu. A la place de l’auteur de ce jeu, j’aurais écris un roman graphique avec mon pote ou un roman où j’aurais pu plus m’exprimer et explorer en profondeur le sujet, manque de pot, ce serait surement passé inaperçus parce qu’il y en a déjà des tonnes qui racontent ce genre d’histoire et de rapport au père, à la violence, à l’alcool et à la pauvreté.

 

The Unfinished Swan : Metacritic : 79

Ce jeu est, pour moi, comme ses graphismes. Vide, blanc. Il n’y a rien. Alors il est vrais que je l’ai fait à la manette et que c’est fait pour le PSMove il me semble à la base, mais ça n’explique pas pourquoi je me suis autant fait chier. On jette des boules on avance, oui c’est heu... à défaut de joli, discutablement artistique. Rien de transcendant dans le gameplay, pas de grands frissons émotionnels, encore une fois des passages où l’on avance, on jette des boules, on arrive sur une métaphore graphico-artistique que personne ne comprend. Bref la majeure partie du temps, on se fait bien chier. Le gros problème de ce jeu, c’est qu’il n’a pas d’âme. Des décors aseptisés à l’impersonnalisation du protagoniste en passant par la voix de la narratrice qui insuffle autant de chaleur humaine que celle de la voix de l’annonceuse SNCF, rien dans ce jeu ne vous fera remarquer que ce sont des humains qui l’ont fait, mais malheureusement, ils essaient de nous faire croire qu’ils nous racontent un parcours sentimental… j’exagère un peu mais ca ne marche pas de demander à un robot de nous fournir des sentiments.

  

Brothers a Tale of Two sons : Metacritic : 85

 Alors là, là, je vais me faire des potes je sens. Juste au-dessus, en parlant d’Unfinished Swan, je disais que ce jeu n’avait pas d’âme. Ici, on a un cas un peu particulier, on a un jeu qui essaie d’avoir une âme, qui aimerait tellement en avoir une qu’il en fait des tonnes. Et c’est ca le problème que j’ai avec. Non mais vous avez vu ce truc. Toutes les 15 secondes y a du sang, des morts, des gens qui se balancent au bout d’une corde... Ca larmoie en n’en plus finir et ça essaie de vous impliquer émotionnellement par tous les moyens. Non mais repensez-y, sérieusement, on vous prend pour des jambons ! Le scenario, essayez de le lire au premier degré et vous allez mourir de rire. Deux frères qui ont perdu leur mère noyée en sauvant l’un d’eux, partent à travers le pays pour sauver leur père qui est en train de mourir d’une maladie. Sur le chemin, ils sauvent des trolls esclaves, un type qui se suicide, un oiseau blessé en cage, traversent un champ de géants morts, interrompent une messe sacrificielle d’une jeune femme, qui finalement est une araignée qui tue le grand frère. A la fin j’ai même cru que le remède ne marcherait pas sur le père histoire d’aller au bout du dramatique. Le gameplay n’est pas terrible, il faut être honnête. L’année dernière quand je jouais à Ninokuni il y avait un petit jeu où les deux protagonistes principaux se déplaçaient en simultané sur des plateformes cote à cote et on les contrôlait de la même manière que les deux frères de Brother. En jouant à ça je me suis dit que l’idée était originale mais malheureusement totalement injouable et inexploitable dans un jeu entier. A la sortie de Brother je me suis donc dit que finalement ça pouvait le faire au vu des critiques qui encensaient ce « petit bijou ». Bon, en fait non, ça marche pas terrible, d’où la simplicité outrancière du jeu. Oui j’ai bien écris outrancière, parce que franchement on continue aussi à se foutre carrément de nos gueules là. Appuyer sur un bouton pour lever un pont ce n’est pas une énigme ou même un puzzle, c’est une simple action. J’ai fini ce jeu avec un sourire extra large sur le visage en me demandant depuis quand les joueurs étaient devenu aussi crédules, depuis quand faut il que la mort, la maladie et le destin s’acharnent sur des personnes faibles pour que le joueur se sente impliqué émotionnellement. Bref, et ceci conclura cet article, depuis quand se fout on autant de nos gueule ?

Ajouter à mes favoris Commenter (6)

Commentaires

Atred
Signaler
Atred
@ Le Gamer aux mains carrées: Le pire c'est que les jeux sont pas mauvais, ils sont seulement sur-vendu.
Le Gamer aux Mains Carrees
Signaler
Le Gamer aux Mains Carrees
Je suis sûr que j'adorerais ces jeux, j'ai un p'tit côté Parigaud tête de veau. Mais d'un autre côté, l'article est bien fichu, bien écrit, pertinent, impertinent et drôle donc à partir de là...
Atred
Signaler
Atred
@WandaNoOrchestra: Merci
WandaNoOrchestra
Signaler
WandaNoOrchestra
Article de qualitay, intéressant à lire et bien écrit, même si je n'ai fait aucun des trois titres.
Atred
Signaler
Atred
Merci Oliveroidubocal, c'est vrais que j'avais quand même des règles douloureuses quand je l'ai écris...
oliveroidubocal
Signaler
oliveroidubocal
C'est un point de vue qui se défend.

Édito

 

Quand on atteint la trentaine et que ça fait plus de vingt ans qu’on joue à la console arrive un moment où on se rend compte qu’on n’a pas eu le temps de jouer à tout ce qu’on a acheté. Alors c’est cool il y en a plein les armoires de la NES à la PS3 et puis ça s’entasse et puis on en rajoute encore et encore. Les années passent, il faudrait jouer à tout, mais la tâche est laborieuse, que dis-je, TITANESQUE, j’irais même à dire que c’est une hérésie !!

 

Un jour on se dit qu’il va falloir s’y mettre sinon ça n’a aucun sens tout ça ! Ca va nous permettre surtout de jouer à des jeux qu’on a acheté en se disant « Putain faut trop que j le fasse celui-là !! » et qui ont fini sur l’étagère à prendre la poussière avec ses congénères.

 

On va les finir ces putains de jeux, quelque soit l’époque, le style ou la console, on s’en fout faut que ça se passe, faut faire de la place pour pouvoir acheter d’autres jeux avec l’esprit tranquille parce que la collection dépasse les milles pièces et qu’avec la crise et le taff sous payé, on n’est pas près de lâcher 500€ pour une nouvelle génération alors qu’on n’a pas fait la moitié de ce qui a été produit jusqu’ici !

 

Bref si il n’y avait que les jeux, mais à côté des jeux y a les films et les livres qui s’accumulent, les vide-greniers pour se balader le week-end, les cash-converters à aller explorer pendant la pause déjeuner, bref trop de trucs à jouer, lire, voir, écouter, boire…

 

Alors à chaque fois qu’on finit un jeu on mettra le test en ligne, même si il ne fait que 2 lignes parce que le jeu ne mérite pas plus, et sur le blog on mettra tout le reste, enfin, vous verrez bien.

En tout cas, on rattrape le retard, enfin, on essaie.


Mais bon, ENOUGH SAID !!!!

Archives

Favoris