
Chapitre 0 : Les Attentes.
Alan Wake est de ces jeux, dont le
simple traitement par la presse spécialisée suffit à susciter
l'intérêt du publique averti. Peu importe le contenu des news ou la
sentence des tests, la curiosité constante qui entoure le titre
n'aura pas faillie jusqu'à son arrivée dans les rayons. Un studio
qui à fait ses preuves, une durée de développement qui ne laisse
pas la place à l'échec et une édition collector plus qu'aguichante
auront suffi à me convaincre de passer à la caisse.
Le background solide, mini-épisodes de
série en porte étendard, thèmes et ambiance matures sans oublier
ce parti pris narratif si cher à mon cœur, sauront j'en suis sûr,
faire parler la poudre du plaisir !

Chapitre 1 : La Découverte.
Je décide enfin, un mois après
l'acquisition, de me lancer dans l'aventure ! Comme je savais le jeu
très scénarisé, je m'attendais à avoir le droit à une longue
introduction, surement cinématique, qui me plongerait dans le bain.
J'avais pour intention de grignoter devant, il n'en fut rien.
Quelques secondes à peine, avant de devoir utiliser la manette et de
chercher, en vain, un bouton pour repositionner la caméra derrière
le personnage !
Un premier contact assez déroutant car
si Alan réagit bien, ne se cogne pas et peut même chuter d'une
« falaise » de temps à autre, la caméra elle, est plus
capricieuse. Surtout pendant les joutes où la lumière, le tir et la
vue se contrôlent tous avec le même stick droit quand le stick
gauche ne permet pas d'orienter le personnage mais juste d'avancer,
reculer et slider à la manière d'un FPS. Des contrôles assez peu
intuitifs ou du moins rarement utilisés pour les jeux à la
troisième personne … Cela ne fonctionne pourtant pas trop mal et
surtout n'empêche pas aux rencontres avec les possédés, d'être
jubilatoires ! J'ai déjà eu la frousse devant un Resident Evil, été
subjugué par l'angoisse dans un Silent Hill, mais l'effet est ici
d'un autre genre et tout à fait saisissant ! Les frissons récurrents
en attestent.

Il y a, je pense, deux facteurs à
cette réussite dans les sensations que procure le parcours de ce
premier épisode.
Le plus
évident, tient dans l'ambiance globale très bien posée. Le
travail sur Bright Falls, la bourgade où se déroule l'action, est
colossal. J'ai pu en visiter cinq sites, tous
immersifs, des lieux vivants alors qu'ils peuvent être vides d'âmes.
Quand les personnages non jouables sont présents, ils ont un
charisme, une personnalité ou une attitude, un petit quelque chose
qui intéresse ou intrigue. Quand il ne sont plus là, de nombreux
objets trainent, preuve de leur passage mais c'est surtout l'ambiance
climatique qui prend la relève. Poussière en suspension, vent, nuit
étoilée, lac tranquille ou rivière agitée, la forêt virtuelle
n'a jamais été aussi crédible. Une ambiance encore rehaussée par
une lumière à l'importance capitale qui a le bon goût de se
traduire dans le gameplay, des blancs brulés et des glows
omniprésents viennent contrebalancer les noirs bouchés d'une nuit
bien sombre.
Le second facteur
concerne les rencontres hostiles en elles-mêmes, surprenantes car
spontanées, au rythme bien dosé, presque serein, elles viennent en
à-coups déclencher l'adrénaline et il est fréquent de mourir.

Si les décors faussement ouverts sont
magnifiques, les personnages sont plus... douteux, leurs faciès sont
rigides et étrangement saillants, les paupières et les directions
de regard font de drôles de choses. Ce ne sont pas leurs corps assez
sommairement modélisés qui viendront faire contrepoids. Cela
représente un léger frein à l'immersion, vite mis de coté grâce
aux dialogues entièrement joués et doublés et à la variété des
profils psychologiques. On est très loin des soldats chair à canon
et plus proche du casting d'un bon film. Dont le chapitre en a aussi
la durée !
Pour
autant, le joueur n'est jamais complétement spectateur, même
pendant les phases de développement scénaristique. Alors certes,
son action n'y influence en rien le déroulement, mais elle laisse
l'opportunité d'apprécier l'environnement à sa juste valeur, de
s'en imprégner pour mieux subir la violence des offensives adverses.
Surtout, Remedy a
su trouver le bon dosage entre ces séquences et celles à
l'interaction plus active, plus efficace et sanctionnée d'échecs !
Ponctuées d'évènements à l'impact fort et intégrés avec
fluidité, elles pâtissent d'un cheminement globalement assez
linéaire...

L'ensemble des
objets à récupérer vient compléter un tableau presque idyllique.
Futiles comme les thermos, ou vraiment intéressants comme les pages
de manuscrit qui recomposent l'intrigue parallèle. Le joueur pressé
pourra leur tourner le dos, les autres succomberont une fois de plus
et avec un plaisir coupable, à la collectionnite aiguë.
Mais c'est encore
dans l'intrigue, dont le thème novateur me plait beaucoup, que veut
s'exprimer le plus le talent des géniteurs de Mr Wake. Le traitement
épisodique et ses fins en suspens mettent en exergue cette volonté
d'en faire la pierre angulaire de leur dernier bébé.
J'attends
maintenant de voir les autres chapitres en espérant encore plus
qu'avant être surpris, notamment par des cliffhangers plus excitants
!
