Petit bilan sur le Jeu
Vidéo
Comment je le vois évoluer
?
Ce que j'aimerais qu'il se
passe du coté de l'industrie.
Mes phantasmes de gamer
technophile et autres circonvolutions...
Part 1. Constatons, intégrons...
Une réflexion qui commence par un
constat : le jeu vidéo n'est pas en train de changer de statut, les
réac' commencent à s'y faire, les anciens se disent que le jeu
vidéo n'est plus vraiment ce qu'il était, c'est donc un fait, le
jeu vidéo a, dors et déjà, changé de statut.



Fini le gamer, solitaire et
social, jouant seul et avec des amis. Les jeunes devenus vieux ne se
retrouvent plus pour jouer des jours durant chez un ami, n'ont plus
le temps et ont donc fini par se restreindre a quelques jeux ou à un
type de jeu. Les autres, les jeunes, jouent paddle dans la main
gauche et « 4 heures » dans la main droite, sur
internet...
Les « gens normaux », ont
intégré le jeu vidéo comme un moyen de détente, au même titre
que le cinéma ou la lecture, et y accordent de la même façon, un
peu de leur temps libre et si possible de façon sociale. Il n'y a
que les « cinéphiles extrémistes » qui vont seuls au
cinéma, ce n'est pas (plus ?) le mode de consommation majoritaire.
Peut-être qu'à une époque lointaine, une élite cinéphile bien
pensante et avertie s'est vue dépossédée de son média de
prédilection, comme les esthètes gamers des débuts et de la
presse se voient aujourd'hui perdus dans une masse de jeux pour tous.
A mon sens, le jeu n'a jamais été
fondamentalement un moyen d'expression. En tant que joueur, je l'ai
toujours pratiqué dans un objectif de plaisir, les fabricants et non
les artistes qui les concevaient, le faisaient pour occuper les
enfants (certains grands...) et gagner leur vie.
Hors s'occuper en se faisant plaisir,
ça se fait et de façon plus intense, à plusieurs ! Je ne vous
apprend rien n'est-ce pas … Logique donc que le jeu se soit
approprié par les masses une fois qu'il est devenu plus accessible,
plus simple, plus attrayant pour le chaland.


De ce fait en découle un second, la
masse de joueurs augmente, et c'est un peu la loi de l'offre et de la
demande... Forte demande d'une quantité sans cesse en augmentation
de joueurs implique une augmentation de l'offre de jeux ! Ce qui en
soit est positif par tous les aspects importants, pose un problème
d'ordre « technologique » va-t-on dire. Il n'y a pas que
le nombre de jeux qui augmente mais aussi le nombre de supports. Le
moyen de consommer le jeu s'étoffe ! Là ou deux à trois
constructeurs bataillaient pour la domination du marché, laissant au
joueur, la possibilité de se frotter à à peu près tous les
supports ou jeux, se sont installés d'autres acteurs qui délayent
considérablement l'offre et ce pour quelle touche tout le monde.
C'est encore une fois tout à fait logique. Et ce que fait le gamer,
dans l'ordre des choses et comme il l'a en fait toujours fait, est de
choisir son camp ! Impossible d'avoir les 5 consoles qui se vendent
comme telles et les autres devices qui permettent de jouer ?
Plus simple de discriminer que de regarder la réalité en face et de
constater qu'il y a à jouer plus qu'il n'en faut pour une seule
personne, qu'il faut donc choisir et en conséquence directe, se
frustrer !
Imaginez ces dix belles demoiselles qui
vous font de l'œil et en tant que personne correcte et consciente de
ses capacités, vous devrez au choix, en choisir une ou
quelques-unes, ou bien passer de l'une à l'autre... Mais celles qui
seront parties entre temps, et celles auxquelles vous pensez alors
que vous êtes avec la première, vous laisseront (à priori...) un
certain goût d'inaccomplissement, une sorte de frustration. Le
merchandising, la communication commerciale étant ce qu'ils
sont, vous faisant de l'œil, vous devrez choisir votre camp, ou bien
être riche, libre de toute astreinte et asocial pour toucher à tout
…



Là où en tant qu'amateur dans le sens
averti, qui se renseigne et pratique consciencieusement son plaisir,
l'on peut se braquer vis à vis du « grand-public »,
c'est quand ceux qui en font partie, se laissent happer par un
slogan, un marque, une pub, desquels découlent un effet de masse ou
de foule et pratiquent à leur façon dans un monde libre, ce qui
s'apparente à ce que les gamers pratiquent mais se dit-on,
sans en gouter la saveur.
Pour autant ! Il paraît très probable
que cette personne qui n'a pas envie de prendre le temps de se
renseigner, ou n'a pas le temps d'accorder à quelque chose, quelle
qu'elle soit, l'importance qu'elle mériterait peut-être (tout reste
une question de point de vue), cette personne donc, apprécierait
tout autant que nous autres amateurs, les plaisirs et joies d'un jeu
auquel on prendrait le temps de l'initier. Ceci dans un monde de paix
naïve ou chacun laisse ses préjugés de coté !

En fin de compte, ce qui est en train
de changer, c'est que le préjugé ne vient plus juste de l'extérieur
sur des jeux potentiellement débiles (et parfois pour autant très
agréables à pratiquer) mais aussi de l'intérieur par les joueurs
vis-à-vis, et plus seulement, des non-joueurs, mais aussi des
« mauvais » joueurs !
Le jeu vidéo s'est à la fois
démocratisé, matérialisé dans les ménages pour mieux se
dématérialiser, il s'est professionnalisé, s'est fédéré en
communautés, en genres, en publics, en un mot comme en cent, il a
muri !
Le jeu vidéo n'est pas en train de
changer, de muer, l'adolescence de l'ère Playstation
est terminée, c'est aujourd'hui un jeune adulte qui cherche malgré
tout quelques repères et n'hésite pas à voyager, à visiter, avant
de poser définitivement ses valises chez tous les êtres humains de
la planète, si si, comme le livre, le film et le jeu en général
dont il émane !
Étant donné qu'il touche tout le
monde, il est devenu plus sociable et plus social.



Une réflexion sur l'état du jeu qui
en amène une autre.
Part 2. Constatons, souffrons...
Ce problème de la diversification qui
n'en est pas vraiment un s'exprime de par ce qu'est le jeu vidéo, un
jeu nécessitant un support (d'où le terme console... rien à
voir avec « consoler » comme Attali le dit...) dans une
équation qui se complexifie avec le temps. Petite liste des supports
de 2010 :
Playstation
et son pendant portable, la PSP qui est à la fois une console à
part et pas complétement, Xbox,
Wii et DS qui elle est
une console à part entière, Steam (j'agresse volontairement les
« joueurs PC »,
on vous l'a dit et répété, le jeu PC
dont tout le monde sait qu'il n'a rien d'un jeu vu sa complexité,
est mort et enterré ! Vous avez le droit de vous amuser maintenant).
Les plateformes Apple d'un
coté et Google de l'autre,
en pleines maturations mais déjà bien palpables à la différence
d'un certain OnLive (qui de
toute façon restera dans la catégorie Steam au moins pour quelques
années, avant de s'autonomiser), et qui
en plus se déploient tous les trois sur des supports variés tout en
étant qu'un, de l'ordiphone à la tablette en passant par les
boitiers TV (voire les TV elles mêmes, pourquoi s'embêter). Sans
parler des Univers Persistants dont le principe même devrait
s'exprimer sur tous les supports et plus dans le carcan du jeu PC
: qui doit
devenir, pour s'exprimer pleinement, multi-support et surtout inter
opérationnel. Et j'oublie sciemment les « trucs
anonymes » qui ne fédèrent pas et le jeu sur Facebook
ou autre qui ne fait que fédérer, sinon on s'en sort pas...
Chacun y va de son service, de sa
communauté plus ou moins fédérée, plus ou moins socialisée.



Si Apple
est le futur vainqueur, quand on voit l'inertie des « anciens »
dont Sony, Microsoft
ET Nintendo font partie,
Google a avancé un pion très
important en premier. Que deviendra Google
Tv, tournant sous Android
donc, quand les jeux de ce service seront dispos sur la télé ?! Je
vous le donne dans le mille, peut-être LA plateforme de jeu à la
fois nomade et sédentaire. Dans … 10 ans ? C'est un fait, Apple
traine avec l'Apple TV,
la pomme semble prendre son temps, celui de la réflexion qui lui
permettra de faire ça très bien d'ici un à trois ans à n'en pas
douter, mais peut-être après le premier, laissant l'image,
l'association du public à un service, à un autre ! Google
en l'occurrence. Google
marque de jeu vidéo et pas Samsung
comme on pouvait l'imaginer il y a encore peu ? Ça sonne faux vous
dites ? Mais Android à peine
moins ! Google deviendra le
papa synonyme, entre autres, de Jeu, comme Sony
l'est (s'étant forgé son identité de fabriquant de jeux-vidéos)
pour la marque Playstation.
Cinq acteurs (majeurs et pour le
moment) donc, cela fait beaucoup, à la fois pour le consommateur
mais aussi pour le marché (un marché du jeu qui à ses spécificités
notamment en terme de distribution et surtout comme évoqué plus
haut, de support, tendant à rendre le jeu initialement universel,
très segmenté, ce qui n'arrange une fois de plus, personne...).


C'est alors que la section « phantasmes
d'un futur vidéo ludique épanoui, émancipé, accessible par tous,
partout et en toute circonstance », s'ouvre belle et grande à
nous, amateurs du Jeu en vidéo !
Part 3. Petit tour des propriétaires
3.A Sony
Apple aurait donc déjà un coup de
retard ? Compensé largement par la maturité de son service et la
palette de gens touchés, il est vrai. Regardons ce qui se passe
ailleurs pour entrevoir ce qui pourrait arriver !
Si Sony est un monstre tentaculaire,
lent et inopérant, auquel il manque une tête, un leader, un
personnage avec une vision qui guide sa compagnie vers ce qui a de
l'importance, à savoir le contenu, et non pas le matériel (le
conteneur), la firme a tant bien que mal réussi à disposer quelques
pions pas très organisés, pas très accordés. Ainsi, elle est le
seul acteur, à avoir du jeu à la maison, du jeu nomade et un
service qui les fait cohabiter : le PSN. Il leur manque et ce de
façon tout à fait incompréhensible quand on sait leurs activités
parallèles, un pendant communiquant, un moyen d'entrer non plus dans
les foyers et chez les joueurs mais chez tout le monde !
Un téléphone nous dit Apple ! Hors
qui n'a pas été scandalisé quand la pspGo, miroir aux alouettes,
s'est retrouvé sans écran tactile ni 3G ! PspPhone ou PSP2, peu
m'importe, « et si » Sony se réveillait à l'E3 2010 qui
arrive dans quelques jours, nous présentant le bébé, le
« premier » GamePhone ?! Puisqu'il existe des PhotoPhones
qui font tout bien mais la photo encore mieux, il manque un vrai
GamePhone (qui a dit NGage ?! Au coin ! T'es « has been »
avant l'heure de la réalité ! Pauvre Nokia qui s'est empalé la
dessus 10 ans trop tôt et qui, à l'autre bout, ne sait toujours pas
faire un Iphone …). Si Sony faisait preuve d'une vision, d'un élan
d'innovation, exploitant ses savoir-faire au lieu de se fixer
le nombril avec le PS Move, il pourrait, d'un assaut, reprendre le
trône qui lui va, je trouve et en tant que Gamer, si bien. (Un trône
acquis puis perdu assez violemment, d'abord avec le Walkman puis avec
la Playstation...).

Avec un « objet d'acquisition de
masse » qui remettrait les pendules à l'heure, et permettrait
au Joueur de s'en référer, simplement mais avec goût, à une
marque portée par le PSN et ce
cheval-de-troie-vaisseau-amiral-toujours-pas-créé et cerise sur le
gâteau, par tous les développeurs First et Second Party ! Que n'a
pas et n'aura pas Apple … A moins que ? Attendons la suite...
Au delà de ces quelques divagations,
comment ne pas pointer du doigt les difficultés qu'a Sony à cerner
et sérieusement exploiter les bonnes idées au vrai potentiel, à
les mettre en avant au profit d'autres, ce manque d'une
volonté forte et cohésive, quand on voit ce qu'a donné le Home et
par exemple la façon dont les licences internes n'en finissent plus
de se faire attendre, Gran Turismo en tête. Ou encore SonicStage en
dehors du jeu vidéo (sorte d'Itunes dégueulasse ultra restrictif et
sans Ipod pour le justifier...), l'UMD, le mini disque ! Sans parler
de la PSPGo...



Sony est pourtant, m'est avis, le seul
acteur actuel capable de rester lui même s'il sait évoluer et vite
! Alors messieurs de chez Sony, pondez nous une pspGo avec un écran
tactile et une interface aussi agréable et poussée que celles
d'Apple, mettez y un micro et la 3G pour la vendre en tant que
téléphone, appâtant le non joueur qui n'existe plus vraiment,
laissez y les boutons et joysticks pour fédérer vos dizaines de
millions de joueurs, et surtout poussez y le PSN en le développant
dans un cercle vertueux avec des films, de la musique, du livre, et
du jeu accessibles simplement et de façon exhaustive ! En le mettant
aussi dans vos pc et vos télés si besoin et pas en aidant Google à
le faire ! Forcément dit comme ça, ca ressemble aux Douze Travaux,
c'est sans compter sur Sony-Ericson, Columbia, Sony Computer
Entertainment, Sony Networks, Bravia et autres Vaio ! Et sans compter
l'impact que cela aurait aux yeux des développeurs y voyant
l'Eldorado, le même qu'Apple s'est forgé et développe en ce moment
même.
La différence tient au fait que cette
dernière nivèle par le bas (en ressources et puissance) là où
Sony nivèle par le haut, améliorant son image de marque mais se
fermant bien des portes. Il est ainsi envisageable de voir Android ou
IphoneOs faire tourner des jeux dans sa télé, sans que cela impacte
trop le coût de cette dernière, moins d'y intégrer le cœur d'une
PS3... Mais pas d'une PSP d'ailleurs, alors à quand les jeux PSP sur
sa TV (je rêve d'une Bravia avec un port UMD...) avec une Dual Shock
dans la main mais sans PSP ?
Ces problèmes sont malheureusement
aussi la conséquence d'une réalité historique, Sony venant du
Materiel, segmente... Un problème qu'Android connait dors et déjà,
un comble pour un nouveau-né, du logiciel qui plus est... Un
problème que s'acharne à affronter Apple dans sa maitrise du
matériel et du logiciel qui a si longtemps été un handicap pour
elle …
Apple a fait le téléphone, Microsotf
et Valve leurs plateformes de distribution, Sony est à la fois tous
les autres mais ne fait rien mieux qu'eux, il n'initie pas, il suit.
Leur manquerait-il un Steve Jobs maison pour assembler les idées,
manipuler les talents et prendre la tête (d'affiche et de gondole).



C'est comme si la guerre des
conquérants industriels échafaudée au Japon et aux Etats-Unis il y
a des décennies voyait son climax se jouer en ces années
2000 !
3.B Nintendo
Venons-en aux autres protagonistes et à
l'aberration Nintendo !
Sega, créateur pure de jeu, s'est
effondré(e), a cédé, il y a maintenant des siècles industriels.
Nintendo a survécu mais en frôlant le même gouffre avec son
GameCube et est aujourd'hui d'une certaine manière Leader.
Pourtant, il me semble qu'elle n'a pas les moyens de le rester,
qu'elle n'a pas l'envergure nécessaire pour redéployer sa richesse
et qu'à moins d'une importante remise en cause, elle connait
aujourd'hui sa dernière heure de gloire. Imaginons, « et si »
!
Et si la Wii et la DS n'étaient que
les coups d'éclats d'un adversaire déjà hors jeu, peut-être trop
vieux, mais d'un adversaire qui tirera sa révérence, mourra ou
saura renaitre. (en s'associant à l'un de ses ennemis, le plus grand
? Pour mieux vaincre les autres, l'ennemi de mon ennemi étant mon
ami…).
Car le retard accumulé sur ses
lauriers se paiera, car l'avance que prend Apple paiera.



Nintendo n'a pas su prendre la
température moderne, elle n'a pas les moyens, au sens de la
connaissance, du profil historique pour développer du service à la
hauteur. Faisant de la Wii, son plus grand succès d'image, une
vulgaire machine à raclettes qui, si elle a permis de largement
gagner la bataille, ne fera probablement pas gagner la guerre !
N'apportant aucune complémentarité
entre ses deux machines, plus présente a l'heure des câbles et d'un
certain Final Fantasy Christal Chronicles ! Redeployant sans cesse
ses mêmes licences, Mario, Pokemon et autres.
Que se passera-t'il quand tout le monde
sera lassé, comment reconquérir un grand public absolu qui ne verra
peut-être pas l'utilité d'acheter une seconde console alors qu'ils
ne sont peut-être même pas devenus coutumiers de l'achat régulier
de nouveaux jeux sur la première. Si je laisse volontiers à
Nintendo la capacité de nous surprendre, d'avoir de nouveaux « coups
de génie » commerciaux, de savoir fédérer devant l'éternel
avec de bonnes vieilles recettes. Comment, en revanche, affronter les
mastodontes qui se déploient, appâtés par le juteux marché et les
gains monstrueux qu'il permet. Sony vs. Microsoft vs. Nintendo vs.
Apple vs. Google ? Pas la peine de chercher l'intrus.
Si l'anomalie industriello-économique
que représente Nintendo aujourd'hui, a un temps fait écho dans le
cœur des Gamers bien contents de voir leur passion capable de
« prendre le dessus » d'une certaine manière sur
l'assaut des millions de Sony ou des milliards de Microsoft. Nintendo
s'est elle-même tiré une balle dans le pied en se mettant à dos
des Joueurs pas assez rentables. Si encore la société leur faisait
comprendre, ou même juste croire, que c'est un mal nécessaire pour
assurer de vrais bons / bons vrais jeux. Mais non, un dédain qui à
saigné bien des cœurs de joueurs, impliqués dans une cause perdue,
soudainement propulsée au firmament ! Une trahison, qui elle aussi
se paiera, ou pas … L'avenir nous dira si le ciment du grand public
à pris, si le béton des Joueurs était à ce point ébréché ou
inutile …


En attendant, Sony et Microsoft ont
appris à leur parler et à les considérer. Si l'échec de Nintendo
survient, et le secteur a toujours fait tourner la roue, elle n'aura
d'autre choix que de reprendre le contact mais pas sûr qu'elle soit
entendue. Les passionnés ont souvent des réactions passionnelles
mais sauront aussi, peut-être, mettre de coté leur égo pour de
très grands jeux.
Hors Rare n'est plus, le Twilight
Princess s'est fait volé la vedette d'estime par un Okami certes mal
vendu, les Mario des nouvelles générations tendent à perdre de
leur éclat, dans un Sunshine pas forcément convainquant, dans un
Galaxy 2 qui ne surprendra pas malgré toutes ses qualités. Ne
reste-t-il plus que des refontes d'anciens épisodes de gloire à
Nintendo pour marquer le coup ?
Je ne crois pas à la solvabilité sur
le long terme d'un Wii Music, d'un Wii Balance Bord, d'un Wii Party,
d'un Wii Sports pour la simple et bonne raison que l'identité d'une
« licence » se travaille, qu'elle doit marquer
l'inconscient du joueur ou du spectateur pour s'implanter réellement.
Alors soit, vendez par camions dans l'absence du labeur, de goût, de
la création artistique, à la solde du marketing mais ne vous
étonnez pas, que le terreau non fertilisé, finisse par donner des
terres arides. Quand, ce qu'un Miyamoto à lui créé pendant des
années, sert encore aujourd'hui, renouvelé en grande partie par
lui, cessera d'amuser, le jour de son départ peut-être, il faudra
beaucoup de courage à Nintendo pour se reforger une image et des
licences, si le cœur y est toujours...


Mais surtout le plus gros problème de
cette démarche, dans l'océan marketing, consiste en un plus gros
poisson. Nintendo n'est pas bête, la firme a montré toute son
« intelligence » dans le renouveau de l'ère Wii et DS,
elle sait donc qu'elle a « gâché la fête » et fait
d'Apple « son ennemi direct ».
Reste à voir comment ils me donneront
tort, comment l'avenir dépeint qui bizarrement m'attriste, comme si
je me rendais compte que la flamme n'était vraiment plus, se
transformera à nouveau, en quelque chose de beau, de passionné, de
visionnaire mais dans le fond et plus simplement dans la forme. La
même vision qui à fait naitre le premier Zelda, le premier Mario,
le premier Final Fantasy...
Une flamme éteinte qui a su renaitre
ailleurs, comme le prouve l'excitation d'un Monsieur Laam décrivant
les possibilités offertes par l'iPad dans un podcast
d'anthologie, si si. Au moins pour moi, qui jouait en même temps que
j'écoutais et ce, pour la première fois, faisant du levelling
sur un FF13 que j'ai vomi et qui a fini par me charmer ! Un
revirement qui a quelque chose de « maintenant, j'aime bien la
Star Ac' ! » ! Émotion aussi alors que l'on parle de l'E3, de
la flamme qu'il fait vibrer alors que tant de choses semblent nous
attendre ! Alors même que la 3DS elle, semble ne pas vraiment se
faire attendre. Le relief, nouvelle terre de récoltes pour Nintendo
? Attendons de voir


Émotion enfin alors que Red Dead
Redemption fait tressaillir les rédactions, alors qu'il fait
l'unanimité et semble apporter quelque chose, « aller plus
loin que », comme confirmant que c'était possible, lui le jeu
multi-plateformes, lui le jeu « prior-version » Xbox !
3.C Microsoft
Elle qui aura eu tant de mal à
s'intégrer mais qui aura su, notamment par le service, passer du
statut de greffe pénible voire douloureuse au secteur, à
concurrente émérite !
Microsoft a d'ailleurs un peu le même
problème que Sony. Son capitaine a bien du mal à briller, il ferait
même plutôt l'inverse et pourrait entrainer avec lui le reste de la
structure... Microsoft comme Sony, déploie mal ses ressources, Apple
et à fortiori Nintendo, sont eux incroyablement performants vis à
vis de leurs ressources !
Ainsi vint le Zune HD et son PGR
portable, peut-être la création la plus isolée de l'histoire de la
création. Pourquoi mettre le XBL sur un device capable, utile
et beau, alors qu'il suffisait d'attendre WindowsPhone 7, qui viendra
d'ailleurs « inutilement » concurrencer les piliers de
bars...


C'est sur Microsoft que j'ai le moins
d'avis et pour lequel j'ai sûrement le moins de passion.
Difficile quand on voit le taux de Ring
Of Death, quand c'est la première et seule console en 20 ans à
vous lâcher et en plein jeu, pour ne revenir que plusieurs semaines
plus tard du SAV, la confiance en la marque et en la machine en moins
!
Difficile enfin de dire ce qui nous
attend quand l'embarcation elle-même ne semble pas trop savoir où
elle va. XBL Mobile ou pas, sur device portable ou smartphone,
propriétaire (les caractéristiques des futures WindowsPhone seront
strictement régulées ...) mais construit par d'autres.
Un Projet Natal ambitieux par ailleurs
déjà éméché par une certaine frilosité : le sortir sur la
console de cette génération ? La bridant technologiquement pour une
question de prix ? pour tester le marché ? A la manière d'une PspGo
? On leur souhaite un résultat différent, bien qu'en faisant les
choses à moitié ce ne soit pas gagné d'avance.
Pourtant, Microsoft semble presque
miser son image de marque sur ce projet ! En en faisant l'enjeu de la
bataille, jusque là bien menée ! Les hautes autorités et les
créateurs de Microsoft sont-elles à ce point emballées par le
produit ? Ou sont-ce les autorités marketing subissant
l'effet halo de la Wii qui emballent ces derniers ? Pour le bon ou le
meilleur, surement perdu quelque part entre sa capacité a
développer, à imaginer, et celle de produire et de faire valoir.


Ce qui me marque surtout, c'est cette
sorte d'indifférence. Après tout je m'en moque de ce Natal, je n'y
crois pas je pense. En tant que gamer
je veux dire. C'est peut-être l'effet WiiMote que j'ai à la
première prise en main, au premier jeu, « remis à sa place »,
déception qui participe de la trahison développée plus tôt...
L'effet « Whahou ! » des vidéos commerciales de
Microsoft en Juin dernier (E3 2009) ne me dupe pas, pas plus que
n'importe quel autre spot publicitaire. Le retour des journalistes
jusqu'à présent, ne permet pas de dissiper ce sentiment.
Mais peut-être cette fois, serai-je
agréablement surpris, peut-être que cette fois, ma voix se mêlera
au courant mainstream pour aduler cette technologie porteuse
d'un plaisir vidéo ludique inégalé et donc de bonheur universel.
En attendant, Microsoft a pour lui
l'infrastructure du XboxLive qui semble performante, en avance,
utilisable et attrayante ! A vrai dire, je ne l'ai jamais utilisé.
La faute à son prix, non pas qu'il soit excessif, il est tout
simplement de trop. Alors tant mieux et heureusement pour les
utilisateurs, leur argent permet de développer un service de qualité
mais revers de la médaille, ce service ne s'adresse qu'a eux.
Difficile donc de le déployer, comme le montre l'échec du XboxLive
PC.

Tout ceci participe du fait que malgré
les milliards, Microsoft n'a pas su créer les fondements d'un
produit porté vers l'avenir. A moins que Natal révolutionne la
marque, à moins que les jeux et le public suive, qu'il se fasse
quelque chose d'énorme et d'étonnant autour de ce produit, prenant
en quelque sorte la place de la console, comme la WiiMote est devenue
le maillon fort de la Wii cachée sous la télé. Un projet Natal à
même, de repousser l'inéluctable Xbox 3, voire de la remplacer dans
une guerre des consoles qui a de toute façon, vu son dernier
affrontement matériel sur cette génération.
C'est comme s'il ne restait selon les
constructeurs historiques plus que des couches supplémentaires à
apporter à leurs machines reines, des fonctionnalités accessoires,
relief, perception et retranscription du mouvement, là où le futur
se veut universel, connecté et communautaire. Comme s'ils l'avaient
vu mais étaient incapables de se mettre en mouvement pour aller vers
lui et le rencontrer. Le trio de constructeur pêche dans au moins
l'une des ces composantes, là ou Apple brille.
Plutôt que de se poser la question
d'adapter les caractéristiques de l'iPhone au mac, se disant qu'il
faudrait émuler iPhone OS sur ce dernier, lui permettant d'accéder
à toute sa logithèque, jeux compris, Apple remplace l'ordinateur de
bureau, et trouve des réponses à l'ordinateur individuel compétent
et nomade sous la forme de l'iPad.
Aucun des constructeurs ne propose de
jeux sur l'ensemble de ses supports, sans que l'on ait à se poser la
question de la compatibilité, Microsoft parce qu'il n'en a qu'un,
tardant à en proposer d'autres viables et donc à s'universaliser.
Nintendo pêche vraiment trop sur l'aspect connecté et
communautaire. Il ne manque en revanche à Sony, pas grand chose pour
que l'alchimie se fasse. Quel joueur ne trouve pas génial de pouvoir
jouer au jeux PSOne chers à son cœur, à la fois sur sa PSP et sur
sa PS3 ? Si Sony comprend par exemple, qu'il a tout intérêt à
proposer Spotify (ou un autre service de Streaming musical
mais mon petit doigt me dit que c'est celui-ci qui deviendra
majeur...) sur ses plateformes, PSP pour la musique en mouvement, PS3
pour la musique dans le salon. Étoffant ainsi aisément sa membrane
Média et essayant de créer une véritable complémentarité entre
ses produits et le service.

Part 4. Extrapolons, divaguons...
Après toutes ces considérations,
venant-en aux faits. Ceux de la boule de cristal :
Sony et Microsoft comprennent qu'ils
ont raté le coche, ont du mal a rattraper leur retard et comprenant
qu'ils se battent sur un même secteur qui n'a plus d'avenir,
s'associent pour faire la prochaine console de salon. Ultra
connectée, pas tellement plus puissante qu'une PS4 ou qu'une XBOX 3,
les deux compagnies font surtout cohabiter leurs services, leur
expérience, plutôt que de singer l'autre. Sony apporte sa brigade
des contenus, Microsoft sa capacité de développement logiciel
absolument hors-normes, ils fusionnent leurs investissements sur des
studios First Party en or massif qui développent le contenu qui fera
vendre leurs machines par trillions chez les gamers de tous
poils ! Gears Of War 12, Final Fantasy 22, Uncharted 7 et Gran
Turismo... 6 ! Sur la même plateforme, combinaison des Eye Toy, PS
Move, Kinect, Dual Shock dans un environnement maitrisé et abouti
pour les développeurs et le joueur, avec les senseur de pulsations
cardiaques et d'ondes cérébrales qui vont bien pour créer mille
fois plus d'interaction qu'aujourd'hui ! Leur puissance industrielle
et structurelle leur permet de streamer musique, vidéos,
comme c'est le cas aujourd'hui mais aussi jeux ! En plus des
versions matérielles et dématérialisées, ces dernières acquises
une fois pour toute par l'utilisateur, disponibles à vie sur son
compte personnel. Une seule grande communauté de gamers,
jouissant fabuleusement de ce que le « vrai » jeu a à
apporter dans une immersion sans faille et sans retour; notamment
dans des histoires bien écrites prenant pourtant place dans des
univers persistants !
Tout ça dans 12 à 15 ans, après les
problèmes que la PS4 et la Xbox 3 auront posé en terme
d'implantation, de justification, de coût toujours plus important
pour les constructeurs et les développeurs. Microsoft et Sony auront
trouvé le moyen de créer un support malléable, à la fois puissant
et peu cher, multi-support accessible. Ils deviennent les rois de
l'entertainment, l'union ayant fait la force !



De l'autre coté et l'ère d'avant,
Nintendo est incapable de réitérer l'exploit Wii ! Elle ne dispose
plus des personnalités et de l'argent (l'action ayant chuté)
nécessaires pour se réformer ! Elle n'est pour autant pas morte, la
4DS avec pico-projecteur intégré ayant rattrapé le semi-échec de
son ainée, mais elle est devenue un canard boiteux, se délestant de
sa section console de salon... Une société à l'image petit joueur
!
Apple de son coté a grandi ! Elle a
pris les rennes du Social Gaming Interplanétaire, s'est
installée dans la paume de tous les consommateurs de façon durable,
la moitié en fait, enquiquinée par son meilleur ennemi Google. Mais
pas au cœur de leur chez-eux, pas dans leur canapé, le chainon
manquant que l'AppleTV, hobby mal géré par Steve Jobs, n'a pas su
combler ! La firme est toujours « hypée », adulée
par le « grand-geek-public » mais n'a pas réussi
à se forger une identité familiale, une identité « coolement
bonne famille » bref une identité fermement Jeu !
Que la récente PlayBox fait valoir
sans contrepartie ! Cheval de Troie des foyers, leur système
concurrentiel d'apport de contenus fait pâlir Itunes et tourner la
tête de Jobs ! Il a débarqué sans prévenir, association
impensable quelques mois plutôt dans un monde industriel de
concurrence ! Pourtant, mis à mal d'abord par Nintendo puis par
Apple, sans parler du segment portable et ce malgré leurs millions,
les géants du Materiel (Sony) et du Logiciel, Sony et Microsoft, ont
fait parler la poudre face à Itunes.


Le jeu vidéo est plus que jamais le
premier contenu moteur de croissance matérielle! Redevenu universel,
il est le plus gros marché au monde, devant l'armement! Les
multinationales de l'entertainement ayant fini de décérébrer
les masses à coup publicités mensongères ! Adoucissant la
planète...
Vient enfin l'étincelle de lumière,
l'association de bon sens, Apple achète Nintendo ! Ni plus ni moins
! La quatrième DS se fond dans la gamme iPhone, la WiiHiFi prend
place dans l'appleTV et Apple devient constructeur de consoles de Jeu
à proprement parler ! La pomme chapeaute la section matériel,
laissant à Nintendo le soin de faire de bons jeux pour un large
public ! Renaissance de Nintendo qui envoie du lourd sur les devices
désormais tous pommés !
La concurrence est saine, valable,
différenciée, les corporations ne s'adressant plus tout à fait à
la même catégorie de personnes, tout en touchant un peu tout le
monde.
Le jeu Pc lui... est toujours mort...
A moins que...
A moins que tous les constructeurs
aient chacun fait leur service de streaming, l'assossiant et
la réduisant à sa plateforme personnelle, balayant d'un revers de
main mou, la console unique. Ils auront du s'associer aux
fournisseurs d'accès internet, formant de nouveaux duos, inviolables
distributeurs de contenus. La fratricide guerre des consoles
continuant, même à l'ère du dématérialisé, chacun fournissant
sa bobox pluguée sous la télé et à l'interweb ! Le joueur
éternellement contraint à multiplier les acquisitions matérielles
et les abonnements pour assouvir sa passion...

Mais au bout du tunnel, le jeu est
devenu universel et murissant, s'est aussi spécialisé, différencié.
La compétition s'est officialisée, la coupe du monde de jeu vidéo
rassemble plus que celle de foot ! Tout un chacun est joueur,
averti, expert ou amateur mais respecté ! Un groupuscule s'est
formé, réfractaire au jeu, s'y opposant sans se faire entendre, il
est l'émanation des effrayés des années 2000... Terroristes à
leurs heures, ils sont moqués des nouvelles générations et la
honte des anciennes...

Ah... Qu'il est bon de rêver et de se
laisser aller à penser un futur improbable. Que la communauté se
laisse aller ! Qu'elle imagine puis engendre par ses idées et ses
choix, le monde du jeu vidéo de demain ...
(Article initialement écrit mi-2010...)