Assimilate. Reflect. Strife. Struggle. Riot. Create.

Assimilate. Reflect. Strife. Struggle. Riot. Create.

Par Strife Blog créé le 30/01/13 Mis à jour le 25/11/13 à 14h45

Le blog d'un étudiant touche-à-tout et absentéiste qui parlera parfois de ciné, parfois de musique, parfois de littérature, de tout et de rien sûrement mais surtout, et c'est certain, de jeu-vidéo. De jeux idéaux?

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Impostures

S'il y'a bien un point sur lequel je suis d'accord avec Suda51, c'est l'importance des toilettes dans la créativité. Cet espace réduit, clos et silencieux, dédié à d'intimes besoins primaires, est un espace de réfléxion privilègié.

Je m'y remémorais tout-à-l'heure, pour une raison qui m'échappe, une anecdote de ma lointaine période en lycée: J'avais dû, après avoir été surpris avec un camarade en train de picoler pendant la pause déjeuner, rédiger un devoir de quatre pages sur les méfaits de l'alcool. Suivant le sacro-saint plan de la thèse-antithèse-synthèse je m'était efforcé d'en faire l'appologie à grand renforts de références à Dyonisos (NON, pas le chanteur!) et Rabelais (toujours pas le chanteur; ben quoi, y'a bien un Corneille, alors je préfère jouer la prudence).

A l'époque j'ignorais une chose essentielle, qu'on se garde bien de nous apprendre en cours d'Histoire: La conquête de la Gaule, particulièrement de mon Occitanie d'origine, s'est faite par... Le vin!

En effet le sud de la Gaule a laissé très tôt s'installer les Romains grâce au commerce de la divine amphore. Amphores qu'on a retrouvé par milliers sur certains sites archéologiques. Des textes de l'époque (avis de livraisons, cargaisons des navires marchands et autres documents de commerce) attestent qu'une partie de mes ancêtres étaient les plus gros importateurs de vinasse de l'antiquité, avant d'en être de fervent producteurs. Il suffit de voir où j'ai grandi, en périphèrie de la ville, tous les villages étaient entourés non pas de champs de blé ou de carottes, non, de vignes à perte de vue. Tous les deux villages on peut trouver une cave coopérative, si ce n'est pour l'huile d'olive, au moins pour le vin assurément. Celle de mon village partage son parking avec celui du collège et de la salle polyvalente du Bicentenaire qui commémore la révolution en faisant suer les gamins en cours de sport et les élus locaux en période électorale. Je vous laisse faire le lien entre cette proximité de l'éducation, de la mémoire et du pinard en ommettant bien de vous parler du grand parc municipal adjacent et son immense et obligatoire terrain de pétanque et de tambourin.

"Mais, me direz-vous, quel rapport avec notre média préféré?".

J'avais en effet statué que ce blog parlerait de jeu-vidéo, pas de ma vie passionnante. C'est très simple.

Je pense aux RPG en particulier, qui s'attachent à décrire un monde fictif. Comment donner du corps à ce monde, le rendre crédible? Eh bien, sans les mettre au premier plan, il faut en établir l'Histoire, les cultures, les coutumes. C'est le cas dans The Elder Scrolls notamment où, sans aucune nécessité, on trouve des bouquins divers, on voit la vie de tous les jours de PNJ contents (ou pas toujours) de cultiver leurs champs, où le marchand de viande part à la chasse tous les matins un peu avant l'aube, où l'on trouve du vin de Cyrodil, de la bière de telle ou telle brasserie, etc.
Bref, à la manière d'un Deadly Premonition, il s'agit de crédibiliser le contexte en y incluant du banal, du quotidien. D'une pierre deux coup, celà renforce l'emphase épique mise sur le joueur. Vous êtes un aventurier, vous avez choisi cette vie difficile à faible espérance de vie en quête de gloire et de fortune. Vous faites ce que les autres ne peuvent pas.
Prenons l'exemple concret du MMORPG: Combien de fois vous êtes vous retrouvé à accomplir des quêtes pour un gradé dont vous voyez, affiché sur son portrait, le niveau bien plus élevé que le votre, en vous disant que ce qui vous a pris vingt minutes il aurait pu le faire lui-même en cinq? Alors qu'un berger qui vous demande d'aller sauver sa famille faite esclave par des pillards, il ne peut pas le faire, vous si, ça a du sens et ça ne brise pas l'immersion. Il faut donc s'attacher à une cohérence du culturel et du social pour construire un univers crédible en lequel le joueur peut croire.

Comme je l'ai déjà noté c'est un aspect complètement foiré sur de nombreux MMORPG, même ceux ayant un background riche.

Pour rebondir sur ce sujet qui me tient à coeur (le pied à l'étrier en 2001 avec Dark Age of Camelot et je n'ai plus réellement décroché depuis) je m'interroge sur l'avenir de ce format. Nottament pour les raisons qui sont citées ci-dessus mais qui témoignent d'un mal plus généraliste: Ils ne sont pour la plupart pas construit autour du roleplay!
Enfant solitaire, je suis un jour tombé dans la remise sur une pile de vieux bouquins. Parmi eux, des classiques comme Dune, l'Inventeur, des pièces de Molière, un SAS dont je n'ai jamais réussi à passer les premières pages tant c'était dénué d'intérêt, et surtout des LDVELH et les accessoires de maître de jeu de l'Oeuil Noir. Jouant seul, créant des variantes avec mes propres règles (dont une que je retrouverai bien des années plus tard avec les T-RPG), je rêvais d'être un jour autour d'une table et de jouer avec d'autres. Arrivèrent mes premiers RPG, nottament un marquant Secret of Mana qui pouvait se jouer en coop jusqu'à trois joueurs, qui marquait l'arrivée des vacances avec l'attente impatiente de mon cousin et sa SNES. L'idée germait lentement mais sûrement et avec Neverwinter Nights et son éditeur de campagnes jouables en ligne avec un MJ pour moi l'avenir du RPG était là: Le roleplay, le coop', le full-PvP, l'expérience ultime. Mais l'avenir m'a montré que c'était loin d'être évident.

Je me souviens aussi des premiers meuporg qui nécessitaient très tôt de lier des amitiés avec d'autres joueurs, de partir groupés avec la nécessité de communiquer, de se fixer un lieu de rendez-vous, de s'organiser. La logique consumériste (on lance le jeu, on joue une heure, on passe à autre chose) et les simplifications visant à monter en quelques minutes un groupe de donjon ou de raid qui n'a jamais joué ensemble et qui se restreignent au minimum de communication, a tué dans l'oeuf ce rêve de RP. Ils ont tué la taverne!
Pendant ce temps, le riche et complèxe EVE et son sandbox laissant toute liberté aux joueurs, ne fournissant qu'un background et un système de jeu, voit son succès grandissant malgré une accessibilité très limitée (J'en ai envoyé des mois d'essai aux copains... aucun n'est resté. Il faut dire que le rythme et le gameplay tiennent plus du jeu de gestion que de l'A-RPG vers lequel tendent les nouveaux meupporgs non dénués de qualités).

C'est de mon avis, ce vers quoi il faut tendre: La liberté et le RP mis en avant. Qu'importe si l'on se brûle les ailes au début? Ce n'est qu'un jeu après tout. Il faut aussi recentrer le coeur du jeu sur le groupe. L'aspect Massive Multiplayer ne doit être que la confirmation d'une communauté soudée. En faisant un RPG plus coopératif que massif. En incitant un groupe de joueurs à préparer sa quête avant de réunir ces groupes ensembles pour affronter les plus gros challenges. Bref: Restaurer la taverne, relancer la consommation de gros rouge qui tâche dans la bonne humeur. Ne pas encourager le joueur anonyme dans une foule anonyme, ne découvrant le jeu à plusieurs qu'après des heures de leveling solitaire.

De même il faut développer les RPG coopératifs à la Monster Hunter et, pourquoi pas, en faire de vrais mondes persistants avec des HUBs plaisants à parcourir, revenir à cet esprit villageois où tout le monde connaît tout le monde et où un ninja-looter est vite mis à l'écart, où on peut prendre une bière avec des potes à la taverne du coin pendant que les PK et APK jouent au chat et à la souris dans les bas-quartiers.

Mais surtout il faut des moyens. Du marketting. Un éditeur qui y croit. J'ai encore en travers le gâchis de The Chronicles of Spellborn qui n'a tenu que quelques mois grâce à sa niche de fans, mort dans l'oubli. Aussi j'espère que d'autres développeront sur les mêmes pistes, en parleront sur le net et que les développeurs réfléchiront un peu à la question. En attendant plein d'espoirs, mais aussi avec suspicion, le WOD de CCP qui devrait donner une idée de ce qui peut/doit être fait ou non dans cette optique de RP et de liberté de jeu.

Sur ce, amis gaulois, je vais me servir un bon verre de rouge et vous souhaite à tous un bon week-end ;)

 

 

PS: Promis, avant la fin de l'année je mettrais de jolis screenshots pour aérer le pavé ;)

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Commentaires

Strife
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Strife
Alors que techniquement dans WoW tu peux faire tout ton leveling presque exclusivement en donjon dès le niveau 12. Mais ce n'est qu'une alternative au solo, on t'y incite avec quelques bonus mais rien ne t'y oblige et c'est là un problème.

Là je joue à Tera avec des potes le truc intéressant c'est qu'il y'a des sortes de paliers où jouer en solo est juste ultra-tendu, on est poussé de force vers le jeu en groupe. Après ça reste du A-RPG rollercoaster, aucun effort côté RP ou quoi que ce soit :(

Mais on en est à un point où à part EVE je n'aborde plus un meuporg sans m'assurer qu'au moins un pote IRL est dispo pour le faire ensemble, généralement plus ou moins les mêmes avec qui j'ai commencé l'aventure au lycée sur DAoC et qui a toujours constitué un noyeau de joueurs solide.
Kyalie
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Kyalie
Ça me rappelle que le peu que j'ai joué à WoW, j'y jouais en solo et je me groupais avec les gens que je trouvais sur mon chemin. Autant dire que lorsque je me suis retrouvée à devoir entrer dans une guilde pour pouvoir faire des donjons, j'ai lâché l'affaire.

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