Le Blog de SocioPads

Par SocioPads Blog créé le 21/03/10 Mis à jour le 26/07/10 à 23h25

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par Bokurano

Assassin's Creed : La solitude du prédateur
J'étais repéré, la brebis égarée que j'avais prise en filature venait d'ameuter le troupeau.
J'aurais pu m'enfuir, trouver une cachette comme à mon habitude, j'étais un Assassin avant d'être un guerrier. Pourtant à cet instant précis, la fièvre du combat s'empara de moi ! N'étais-je pas assimilé aux faucons ? Altair, le Roi des cieux n'a aucun adversaire à craindre.

Sans même que je ne m'en rende compte, j'avais troqué ma lame d'assassinat pour une grande et puissante épée. Ils m'encerclèrent en un instant, ce qui aurait dû m'inciter à la prudence mais je voyais bien qu'ils n'oseraient pas s'en prendre à moi en même temps. J'étais amusé, c'était comme si la peur leur commandait de tenir la distance mais seule ma mort aurait pu calmer l'angoisse qui se lisait dans leurs yeux. J'avais devant moi une véritable légion aussi agressive qu'effrayée, leurs mouvements trahissaient une puissante détermination mêlée à une handicapante hésitation.

Moi on m'avait élevé pour faire de la peur un sentiment étranger et au fond, je savais que ce combat ne serait pas le dernier. 
Assassin's Creed : La solitude du prédateur
J'attaquais ces courageux poltrons, je ne voulais pas leur laisser le temps de se construire une stratégie. Mes premiers coups sonnaient creux, je frappai et frappai encore jusqu'à voir mon assaillant mourir à mes pieds ! Il tenta de se défendre mais très vite, la force de mon assaut eut raison de lui. Je découvrais mes capacités, j'alternai des coups plus ou moins rapides et des coups puissants, ils ne pouvaient se défendre longtemps et bientôt un second garde rencontra la Faucheuse... mais déjà un sentiment d'insatisfaction m'envahissait.
Et c'est avec appréhension que j'attaquai le troisième garde, je rangeai rapidement mon épée pour utiliser ma dague ! Si mes coups étaient bien plus rapides, je n'arrivai pas à faire fléchir la défense de ce troisième adversaire. Ma lame heurtait la sienne presque automatiquement et le combat semblait durer une éternité. Ennuyé par cet affrontement absurde, je tentai alors un mouvement plus complexe. Lorsque le fer de ma dague rencontra de nouveau son épée, je brisai sa garde dans un timing parfait, et j'éventrai alors l'homme avec la rapidité et la froideur qui m'étaient propres.
Le dernier garde me regarda avec effroi, je voyais la panique prendre possession de son corps. La distance m'interdisait tout espoir d'élimination et je m'étais fait une raison. C'était sans m'apercevoir que j'avais par instinct lancé un couteau, l'homme s'effondra dans une râle... et seul le silence semblait témoin de mon geste meurtrier. Cette tuerie ne me donna aucune fierté, j'avais tué des ennemis de mon maître, mais j'avais cette hideuse sensation de n'avoir fait qu'une simple boucherie, j'étais bien trop puissant... Roi des cieux pitoyable qui, seul dans l'azur, ne peut plus rien apprendre si il n'a pas lui-même de prédateur. Dès lors, je savais que je ne pourrai que m'abrutir, perdant le peu de respect qu'il me restait pour mes ennemis et donnant la mort par habitude.

                                                                     Assassin's Creed : La solitude du prédateur

Au cours de mes périples, j'affrontais d'autres gardes, et j'étais à chaque fois plus efficace.
Personne ne semblait avoir une chance contre moi : je contrais inévitablement chacune des attaques que mes opposants me destinaient. J'esquivais aussi très facilement. Mais quel intérêt cela a-t-il lorsque l'on peut anticiper et éventrer son ennemi avant même que celui ci ne termine son geste ? C'est alors que je rencontrai mon premier Templier ! C'est sans une once de prudence que j'essayai de l'empoigner, mais à ma surprise, c'est ma main qui fût saisie et à l'homme en armure de m'envoyer dans les roses ! La stupeur se mêlait à l'excitation , enfin le défi que j'attendais ! Je me relevai et j'échangeai quelques coups, j'étais en mauvaise posture et j'endurai quelques éraflures... pour me sentir très rapidement au mieux de ma forme, ma vie ne semblait jamais pouvoir s'épuiser. Encore une fois, j'étais un tueur immortel, ça n'avait plus de sens, je tuai mon ennemi par un contre bien placé. Si chaque garde avait sa puissance, peut-être pourraient-ils me mettre à mal mais en m'attaquant les uns après les autres, ils n'avaient aucune chance.

J'étais ivre de rage devant ma propre lassitude, je tuais comme une machine ! C'est alors qu'il me vint une idée pour apaiser ma culpabilité. Ce ne fût pas long pour trouver mes futures proies , je ne prenais plus la peine de me cacher lors de mes missions, il n'y a rien qui ne justifiait la peine de se déplacer furtivement.

Devant moi s'avancèrent soudainement quatre nouveaux gardes, à croire qu'ils se reproduisent sans cesse. Je fis alors un geste qui dû les surprendre, je rengainai mon épée pour reprendre ma courte et discrète lame d'assassinat.
Je ne pouvais plus me protéger, ni simplement croiser le fer. Je voyais les choses d'une toute autre façon, attentif et aux aguets du moindre mouvement. Pour la première fois, je n'imposais pas mon rythme mais je m'adaptais au leur, enfin je pouvais vivre ce combat !
Les gardes quant à eux, bien loin d'imaginer mes intentions, commencèrent à s'enflammer. L'un d'eux me montra du doigt et se détourna l'air moqueur, j'étais seul contre quatre hommes, que pouvait-il craindre ? Un sourire se dessina sur le coin de mon visage et en un instant je m'agrippai à lui, enfonçant le dard mortel dans sa nuque. Les trois gardes reculèrent devant ce spectacle morbide et l'un d'eux semblait se cacher la vue. Était-ce un ami que je venais de tuer sous ses yeux ? Je ne perdis pas de temps et sautai sur l'homme que le chagrin avait diminué, sa peine aura été courte. Cette fois les deux gardes restant s'avancèrent, je fondis sur l'un d'eux qui me repoussa tout aussi vite. J'avais été stupide, je devais de nouveau m'adapter à leurs pas, évaluer la distance et deviner l'instant qui les trahira ! Ils n'avaient plus aucune flamme, plus de courage, seulement de la colère, c'était bon signe. L'un d'eux leva son épée et s'avança vers moi en criant « Dieu est avec moi », j'étais surpris de cette soudaine invocation, il était évident qu'il pensait être dans son droit et du côté de la justice alors que je m'efforçais moi-même d'éliminer la corruption de cette ville. Je ressentis soudain l'absurdité de la situation, sans doute nous combattions pour les mêmes raisons sans même le savoir.
Sous l'effet de la surprise, je ne pu éviter l'attaque et son ami vint lui prêter main forte.


                                                                     Assassin's Creed : La solitude du prédateur
L'assaut des deux comparses faisait son effet, je tentai de les contrecarrer mais ma lame était bien plus difficile à manier qu'une épée, le rythme devenait plus serré et je savais que je n'avais plus droit à l'erreur. Ma vie ne tenait bientôt qu'à un fil, ma vision devenait trouble. Voilà ce que je recherchais, le grand frisson de la mort, je sentais la main froide de la Mort me caresser... la prochaine attaque me serait fatale. Je fis mine de reculer mais un rapide petit pas en avant surprit l'un des gardes enragé. Je l'empoignai pour le jeter sur un mur à proximité, le choc le fît tomber à terre et je profitai de sa vulnérabilité pour l'achever avec ma lame. Il n'en restait qu'un. La pauvre âme qui s'avançait maintenant vers moi ne devait plus avoir toute sa tête, il m'attaqua avec toute sa rage et je récompensai sa témérité en creusant sa tête avec ma lame.
J'étais entouré de quatre dépouilles. J'avais encore une fois ôté la vie, je retrouvai mon honneur... la sensation d'avoir vécu au rythme de mes ennemis me rendait plus proche d'eux. Que de paradoxes dans ma mission, ces combats en sont une preuve de plus.

Plus tard, je fus surpris de voir que ma nouvelle façon de combattre devenait elle aussi mécanique. Si je ne trouve pas ce que je cherche dans cette vie, peut-être le trouverai-je dans une autre ?
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