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Trafalgar Square
     

 

Il y a 1 an, me baladant à la Fnac des Allées Jean-Jaurès, à Toulouse, j'aperçois dans les rayons un jeu nommé Shadow of the Colossus. J'en avais entendu dire beaucoup de bien, et je n'aurai besoin de dépenser que 10 € seulement. C'est fait ! Je passe à la caisse. Quelques jours plus tard, je profite de mes vacances pour lancer le jeu pour la première fois. Et j'y joue, selon le compteur de jeu, environ 8 heures, heures pendant lesquelles je vis une aventure différente, très éloignée des sentiers battus, vivifiante. Pourtant, après avoir affronté 14 des Colosses présents, j'abandonne. L'aventure traîne. Je m'ennuie un peu. Je ne vois pas encore le bout du tunnel, et je commence à me lasser du noir.

Nous sommes en mai 2010, 1 an plus tard. Je sais quoi lire, je sais quoi voir, je dois m'occuper du blog, mais je ne sais plus trop à quoi jouer. Je regarde un peu ma ludothèque, et je retrouve le même Shadow of the Colossus, qui prend la poussière. Je me tâte un peu. Le périple était un peu lent, mais j'ai ressenti de grandes émotions. Après réflexion, j'insère le disque dans ma PS2, et j'allume la console.

 


Je me retrouve devant une ruine, devant laquelle j'ai prié la dernière fois que j'ai plongé dans l'aventure. Agro, mon cheval, rôde autour de moi. J'ai un peu de mal à reprendre le jeu en main. Sauter avec Triangle, s'agripper avec R1. Je me souviens que ma lame, utilisée à bon escient, vous indique la voie à suivre. C'est alors que je dégaine mon épée, et celle-ci me rappelle que le prochain Colosse se situe au Nord-Est.

Je monte alors sur mon cheval et me dirige là où m'attend la créature tant recherchée. Cette fille attend que je puisse la réveiller, il ne faut pas que j'oublie. Ainsi soit-il. Je galope dans une plaine, sans vraiment savoir ce qui va se produire, puis j'arrive dans une forêt. Je tourne en rond avant de comprendre qu'il s'agit d'un cul-de-sac. Je décide donc de revenir sur mes pas. Mais je continue d’errer dans le monde qui s'offre à moi. Il me semble que ce n'est pas la première fois que j'ai du mal à trouver ma cible. J'ai souvent éprouvé des difficulté à savoir où se trouve le Colosse.

Mais il ne s'agit pas forcément d'un mal. Sur mon chemin, je chasse des lézards, et ramasse leurs queues à la pointe argentée, et me sens donc plus puissant, plus fort, capable de tenir plus longtemps suspendu aux parois, plus apte à l'escalade, et je sais que cela me sera utile pour affronter les géants. J'en profite aussi pour manger les fruits des rares arbres présents dans ces vastes plaines qui constituent mon univers. Puis, après de longues chevauchées à dos de destrier, je me retrouve aux portes d'un désert. Et je finis par comprendre qu'il s'agit de la dernière ligne droite avant de parvenir devant ma cible. Je galope alors. Encore et encore. 

 


Un temple se présente alors devant moi. Je quitte Agro et m'avance vers les ruines qui me font face. Après avoir escaladé les roches qui font office d'obstacles et derrière des piliers massifs, je découvre une grande allée, très profonde. Je devine alors que le Colosse m'attend au bout mais je ne sais pas à quoi m'attendre. A quoi ressemble t-il ? Comment se comporte t-il ? Comment dois-je me battre ?

Mais j'avance. Avec appréhension, certes, mais j'avance. Après une longue marche, un précipice s'étend. Le sol tremble. Une main de pierre apparaît. Elle fait deux fois ma taille. La créature s'impose de tout son haut, et lève son arme au-dessus de sa tête, n'attendant que de l'abattre sur le premier être doté de vie qu'il apercevra. Sans réfléchir, je fuis vers les piliers, je m'éloigne, j'évite le contact et cherche à comprendre comment je vais abattre ce géant. Avec une distance suffisante pour me protéger d'éventuelles offensives, je décoche quelques flèches en direction du Colosse, en espérant vainement que cela aurait un quelconque effet. Je rêve, en réalité. Le monstre s'approche et se retrouve à quelques pas devant moi. Le Colosse lève alors le pied et l'abat puissamment contre le sol. Comme je ne fais pas le poids, je me retrouve nez contre la paroi de la vallée, celle qui fait office d'arène pour notre opposition.

 


Malgré la voix qui s'élève, et me conseille de son ton rauque et ténébreux, je ne comprend toujours pas comment me débarrasser d'un tel adversaire. Je dois donc vous avouer honnêtement, que j'ai triché, et j'ai donc finis par comprendre qu'utiliser la force de l'ennemi me permettra de déceler ses points faibles. En effet, ce dernier défonce le sol, élevant donc les mosaïques au sol, qui me servent alors de tremplin pour atteindre des galeries situées aux bords de la vallée. Alors caché derrière des piliers antiques, le Colosse s'énerve et frappe la paroi de son arme. Des roches tombent, et donnent accès à des endroits encore plus élevés, que je n'hésite pas à gravir. Je me rends alors compte que je me trouve au-dessus du monolithe qu'est mon adversaire. Mais celui-ci utilise de nouveau sa dague de pierre et fait s'effondrer le pont sur lequel je me situe.

Fort heureusement, je me suis rattaché au bord, et je remonte afin d'échapper de nouveau à l'ire du Colosse. De nouveau, je lui tire dessus. Quelques flèches plantées sur son torse, non protégé d'une armure de pierre, suffisent à l'attirer. Dès qu'il sera assez proche, je saute sur sa tête, et j'abats ma lame sur son crâne vulnérable. Il est tout près. Je bondis alors. J'atterris sur son cou, et je me raccroche à la fourrure de son corps pour ne pas chuter. Mais la bête se rend compte que je représente pour elle un danger, et gémit, s'active, remue, pour me faire tomber au sol. Je puise dans les forces qui me restent pour approcher de sa tête. Je résiste tant bien que mal, mais fatigué, le Colosse s'arrête quelques secondes. C'est pendant ce temps là, que je lève ma lame au-dessus de ma propre tête et l'abat violemment sur celle de mon adversaire. La bête souffre, se déchaîne d'autant plus, et je suis bien placé pour comprendre que sa colère va rendre la tâche bien plus complexe.

Mais je découvre quoi faire. Vous savez, sur sa main figure la marque, qui m'indique où frapper pour survivre. C'est alors que je tente de descendre le long du corps du géant. Mais ce dernier s'agite de plus en plus, frappe à tout va. Mes forces s'épuisent. Cependant, j'approche du point faible, et je sais que je peux l'atteindre. Et malgré la résistance de la créature, j'y parviens, et j'attends le simple moment où le Colosse soufflera. Dès qu'il s'arrête, je me décide  frapper.

Blessé grièvement, le titan de roche laisse tomber son arme à terre, révélant sur sa paume le point où je dois frapper pour l'abattre. La tension monte. Le Colosse est faible, mais se bat toujours avec autant d'énergie. Mais ce moment va finir par arriver. La créature fatigue. J'élève de nouveau mon épée, aussi haut que mon bras me le permet, et je laisse retomber le fer au creux de sa main.

Le Colosse s'effondre. Epuisé, blessé. Mort, en réalité. Je ne me rends pas compte de l'exploit que je viens d'accomplir. Pourtant, je n'éprouve aucune joie. Je suis venu, j'ai vu, j'ai vaincu. Tel un dictateur. J'ai détruit une créature presque aussi vieille que le monde dans lequel je respire, tout ça pour sauver cette fille. Je ne sais plus quoi penser, et même après avoir abattu 15 de ces Colosses, mon âme noircit, mon coeur se fait lourd.

 


Je sais que des ombres vont s'échapper du corps du géant, mais je n'ai plus la force de lutter. Je tente de fuir, mais en vain. Des lames noires pénètrent mon abdomen, emplissent mon corps de la tristesse qui les compose. Je sais que je vais m'évanouir de nouveau et que mon esprit va traverser encore une fois ce couloir de lumière. Je sais que je vais me réveiller au sein du temple, et comprendre que de nouvelles souffrances m'attendent.

Peut-être s'agira t-il de la dernière fois ? Ca fait quand même longtemps que je me pose la question...

 

COMMENTAIRES

Trafalgar Square

Par Sirocco | Blog créé le 20/01/10
Dernière modification le 26/05/12 @ 22h05

Etudiant, c'est cool. Quand vous avez fini d'apprendre des choses pas forcément intéressantes, vous avez la possibilité sur votre temps libre de parler de ce qui vous plaît vraiment.

Voici donc le Trafalgar Square d'un modeste étudiant en Droit, à l'humour douteux et à la plume maladroite...


Trafalgar Square, une place historique de Londres où les opinions de toutes et tous résonnent librement sans censure, ni restriction. Je me contente donc de ne faire qu'une seule unique chose, très simple, exprimer mes sentiments sur des passions diverses et parmi elles, le Jeu Vidéo.

Voilà bientôt deux années que le blog existe et cela tient à une alchimie délicate entre passion pour le média et attention de visiteurs plus ou moins curieux qui n'hésitent pas à commenter des articles, le tout dans la joie et la bonne humeur.


Mesdames, mesdemoiselles et messieurs, c'est donc avec un grand plaisir que je vous accueille ici-bas, en espérant causer avec vous le plus longtemps possible de nos intérêts communs. Et si vous trouvez que mes écrits sont intéressants, vous pouvez même me retrouver par ci, par là, traînant la patte sur le web, à dire beaucoup de bêtises.

 

 

Dernière petite chose : je suis le récent co-détenteur d'un titre que je m'apprête à arborer fièrement dans cet édito, celui de Meilleur Design, attribué par l'ami Anfalmyr, sur la base de votes des bloggers du site. Et sachez que je ne cache pas ma joie.

 

 

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