Sub-Gaming Haven
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Music

Monkey, Journey to the West est un opéra pop chinois retraçant la légende du roi Singe, le tout composé par Damon Albarn.

Petit rappel du CV du monsieur, histoire d'introduire le contexte : Damon Albarn est un artiste britannique s'étant fait connaître au travers de la brit pop en tant que chanteur au sein du groupe Blur. Ce nom ne vous dit peut-être pas grand chose, mais à l'époque (les années 90) en Grande Bretagne, deux groupes se déchiraient les têtes d'affiche, un certain Oasis et... Blur. Tout personne ayant un minimum de goût avouait tout naturellement sa préférence pour ce second groupe, cela va sans dire. Arrivent les années 2000 et Blur espace de plus en plus ses albums, au fur et à mesure que ceux-ci deviennent moins consensuel sous l'égide des recherches musicales de Damon Albarn. Celui-ci n'hésitera d'ailleurs pas à tenter d'autres expériences, notamment Deltron 3030, un album mettant en forme un opéra rap en compagnie de Dan The Automator et Del tha Funkee Homosapien.
Forts du succès critique de cet album, et alors que Blur est officiellement dissout, l'équipe de Deltron 3030 se reforme autour d'un nouveau projet, mêlant pop, rock, rap et trip-hop, jouant autant sur la diversité musicale que sur l'esthétique et le mystère, puisque Damon Albarn fera appel à Jamie Hewlett - le génial dessinateur de Tank Girl - pour forger un groupe fictif derrière lequel se cacheront les vrais artistes, j'ai nommé Gorillaz, nous sommes en 2003.
À la suite du succès interplanétaire que l'on connaît, le groupe sort un second album, Demon Days - sans compter les compilations de B-sides que sont G-Sides et D-Sides (sic) - tandis que Damon Albarn rassemble de son côté Paul Simonon, de The Clash, Simon Tong, de The Verve, et Tony Allen, pionnier de l'afrobeat aux côtés de Fela Kuti au sein du groupe/album/tournée intitulé The Good, The Bad and The Queen.

Dans ces conditions, arrive 2007 et Damon Albarn se voit l'opportunité de réaliser un vieux rêve : composer un véritable opéra, plus précisément un opéra pop mettant en scène une très célèbre légende chinoise, celle des pérégrinations du roi Singe. Le Voyage en Occident est en effet un roman séculaire réputé dans la littérature chinoise. Écrit en  par Wu Cheng'en au XVIème siècle, il relate les péripéties d'un moins bouddhiste dans son voyage vers l'ouest, accompagné d'humains transformés en démons - tantôt un porc, tantôt un homme des sables - ainsi que du roi Singe, Sun Wukong, donnant d'ailleurs son nom à certaines traductions du livre, entité immortelle issue d'un oeuf de pierre. À noter que le nom japonais du roi singe n'est autre que Son Goku, qui donnera son nom au personnage d'un manga obscur que vous ne devez pas connaître, allant même jusqu'à partager les mêmes attributs que Son Wukong, tels le nuage volant ou le bâton magique.

Monkey, Journey to the West, l'album, est donc une compilation des musiques et chants en chinois venant mettre en scène cette légende, et on retrouve bien ici la patte de Damon Albarn, au travers de ses expérimentations pop ne faisant aucune concession, il parvient même à marier les chants et musiques traditionnels chinois, si propices à illustrer l'histoire du roi Singe, avec la brit pop dont il est issu. Au fur et à mesure de l'album, c'est un dépaysement total qui est proposé, parfois joyeux, parfois épique, parfois sombre et inquiétant, mais toujours frais, innovant et bienvenu.

À noter que dans le contexte de l'époque, Jamie Hewlett (responsable de tous les aspects esthétiques du spectacle) et Damon Albarn ont également participé à une publicité pour l'organisation des jeux olympiques de Pékin en 2008, qui atteste tant du talent de l'un que de l'autre, et que voici :

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Commentaires

Sub-Gaming Haven

Par Jean-Gildas Blog créé le 17/06/11 Mis à jour le 28/04/13 à 22h10

Parce qu'avant d'être une vitrine commerciale où les blockbusters mainstream viennent assommer le consommateur de nouveaux emballages pour la même soupe, le jeu vidéo est aussi et avant tout une culture dont les perles restent cachées, et méritent d'être trouvées.

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Édito

Des années 50 à aujourd'hui, du premier pong sur oscilloscope au dernier FPS en full HD dans ton slip, le jeu vidéo, comme tout vecteur de création, s'est développé peu à peu - autant d'un point de vue culturel que d'un point de vue commercial - pour peut-être parfois mériter le rang d'art.

Et si aujourd'hui comme toute entreprise médiatico-technologique (je crie ton nom TF1), les constructeurs actuels misent sur du produit sûr, facile, grand public donc sans saveur, cette flamme qui s'est allumée dans les dernières décennies brûle encore en certains.

Ici point d'onanisme sur des séries maintes fois ressassées, le but est la découverte, la redécouverte d'œuvres. Peu importe leur âge, peu importe leurs défauts, leurs qualités, tout ce qui transcende le jeu vidéo mérite sa place ici plus que n'importe quel Mario, God of War ou Fable d'aujourd'hui.

Kevin, un conseil, passe ton chemin.

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