CARIBOU: Scholarship Edition

CARIBOU: Scholarship Edition

Par seblecaribou Blog créé le 05/02/10 Mis à jour le 22/11/13 à 06h02

Le quotidien d'un gamer, nanardeur, cinéphile, blondophile...

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Catégorie : Le Journal du Caribou

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Le Journal du Caribou

[MAJ: Mon nouveau chez moi]

Mes poulets, le moment est venu. 2014, nouvelle année, nouvelle plateforme, nouveau blog. Assez classiquement j'ai choisi de migrer vers Wordpress avec l'aide précieuse de Nemesis. Ce nouveau blog, c'est une scission avec moi-même façon Tranxen 200. Sébastien et le Caribou qui ouvrent un blog conjointement. Le contenu sera similaire à celui que j'ai tenu ici pendant 4 ans et croyez bien que j'en prendrais autant soin ; des critiques, des réflexions, quelques trolls, bref ce dont j'ai déjà parlé plus bas. Si le c½ur vous en dit, allez y jeter un coup d’½il. La peinture est encore fraîche donc l'odeur sera meilleure que j'aurais eu le temps d'aérer. 

 

Pour le moment, deux articles, un de bienvenu et d'explication détaillée sur le pourquoi du comment de ce changement et une première critique de ANTICHAMBER (spéciale « cace-dédi » à Waldotarie, tu ne l'as pas volé celle-là).

 


Gros BisousSs

 

PS: J'ai une de ces pêches!!! WHOUHOU!!! *chante du Bon Jovi*

 

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Je n'ai pas tenu mon journal de bord depuis quelques temps, mais c'est tout simplement parce qu'un mélange de travail pour l'université et d'absence de réelle découverte m'ont empêché d'écrire quelque chose d'un minimum intéressant à propos de ma vie à Québec. Aujourd'hui, je reprends la plume, mais pas vraiment pour faire une mise à jour quelconque, ou pour donner des nouvelles. Non, je reprends la plume pour annoncer la fermeture de ce blog.

Ça ne tombe pas comme un couperet puisque je l'avais déjà sous-entendu à plusieurs reprises dans des statuts divers depuis que mon cher Nemesis a choisi de ne plus écrire sur Gameblog, sauf pour prévenir qu'il fait un stream sur Twitch. Il n'y a cependant pas de lien de cause à effet entre mon envie de fermer ce blog et les départs de Nem, Celim ou encore Infy. Je les porte haut dans mon coeur et mon estime, mais d'autres que j'appréciais (et apprécie toujours d'ailleurs) ont également fait ce pas il y a un moment sans que je n'y fasse quoi que ce soit. Donc pourquoi ?

Premièrement, ça me peine de le dire, mais je me sens assez loin du site en lui-même depuis quelques temps. Je n'ai jamais été de ceux qui se plaignaient des news en retard ; je ne m'intéresse pas à l'actualité au point de mourir si une annonce met un ou deux jours à me parvenir aux oreilles. Je n'ai jamais été de ceux qui se plaignaient des choix éditoriaux ; news « à clic » (comme si on pouvait rédiger quelque chose sur le net sans vouloir que les gens cliquent dessus), people, plus récemment sur le cinéma...en toute honnêteté, même si j'ai parfois trouvé que ça allait un peu loin et que je l'ai exprimé (en gardant une certaine mesure) ça m'en touchait l'une sans faire bouger l'autre. En revanche, ma vision du jeu vidéo et surtout de la manière d'en parler s'est beaucoup radicalisée depuis une ou deux années et je commence à me sentir navré d'entendre certaines choses, même dans les podcasts, qui étaient un peu mon refuge, grâce à la spontanéité qu'ils induisaient encore il y a quelques temps. J'en ai un peu marre des discussions qui ne vont pas très loin. Pour moi, le jeu vidéo autrement, c'était censé être un traitement plus poussé, plus technique (au sens de théorique, d'analytique) bref ce que je trouve sur Gamasutra, Extra Credit ou The Escapist...ou alors un jeu vidéo plus ''militant'', plus proche du joueur, qui cherche à le défendre avant tout, comme je le trouve chez AngryJoe. Je ne me retrouve pas ou plus dans Gameblog. Pour moi un dossier, ça n'est pas trois pages avec deux vidéos. Un dossier c'est une étude approfondie un minimum ; ça cite des sources, ça fait des recherches, ça plonge dans le sujet, ça le décortique ou ça lance le débat. Peut-être est-ce là mon côté académique qui ressort...

Ensuite vient le sujet plus épineux de la communauté. Je ne suis pas particulièrement attaché au passé. Oui j'ai adoré les deux premières années sur Gameblog grâce à des gens comme Kokoro, Kaminos, TchoBilout, Kakao, Papayou, Keuchtof, Kiflam et j'en passe (ne m'en veuillez pas). Je n'ai cependant pas cessé d'aller aux IRLs quand ces derniers ont largué les amarres. Je n'ai rencontré que des gens charmants. Parfois l'espace d'une phrase, parfois pour plus (non je n'ai couché avec personne...sauf Kaminos) et ça a toujours été avec beaucoup de joie et d'amour que j'en suis revenu. Puis il y a le côté Internet et là, c'est à double tranchants. La plupart, si ce n'est la totalité des gens qui me lisent sont des personnes que j'apprécie, que je lis quand ceux-ci s'expriment et avec qui les conversations sont constructives. C'est une des grandes victoires que j'ai réussi à remporter avec mon blog : parvenir à provoquer quelques conversations intéressantes avec des gens passionnés mais pas aveuglés. Je réserve généralement mes avis négatifs pour moi. À quoi bon venir casser la production de quelqu'un si je n'ai rien d'intéressant à proposer en retour. Je ne l'ai fait qu'une fois (pour les curieux ici) et même si je ne le regrette pas fondamentalement, je n'apprécie pas plus que cela de l'avoir fait. J'ai donc rarement eu des débats qui viraient à la boucherie. J'ai détourné les yeux et les clics des topics les plus sujets à trolls, laissant souvent la home aux plus prompts à se battre. Ça n'est pas ma guerre. Mon expérience de la communauté reste donc plus que positive au global. Comprenez donc bien que je ne lâche pas l'affaire pour cause de drame. Il y en a eu déjà de nombreux ; la guerre des babes reste la plus mémorable. Il y en aura d'autres. Aucune rancoeur particulière sur la question envers personne, même les très rares avec qui j'ai pu me prendre un peu le bec.

Alors je ferme mon blog simplement parce que je ne suis pas en accord avec le contenu rédactionnel du site ? Je ne sais pas. Si je devais être complètement honnête, j'ai l'impression d'être pris dans une inertie globale, de devenir aigri, mais pas du jeu vidéo. Non, le jeu vidéo, je l'aime, je le garde. Pas de vous non plus. De Gameblog au global sûrement. Je ne me connecte plus avec le même enthousiasme depuis plusieurs mois déjà. Même si je dis qu'il n'y a pas de lien de cause à effet entre l'absence de certains membres que j'aime (oui que j'aime, j'aime les gens okay?!) et la fermeture de mon blog, cela joue indéniablement. Mais il y a une dernière chose qui pèse beaucoup dans la balance. J'ai changé de vie réelle. Je n'ai pas les mêmes aspirations maintenant qu'il y a ne serait-ce que six mois. Je ne rêve pas des mêmes choses et j'ai la possibilité de me réaliser. Me réaliser moi, pas mon avatar. Sébastien, pas le Caribou. J'ai besoin aussi de trancher plus radicalement, d'être plus proche de qui je suis en chaire et os, que de mon moi virtuel quelque peu caricatural pour la cause Internet.

Qu'est-ce que ça signifie concrètement ? Concrètement, ça signifie que ce billet, que vous êtes en train de lire, est le dernier que je poste sur Gameblog section articles et tests compris. Je ne sais pas si ça s'accompagnera d'un ''départ'' (on ne peut pas partir d'Internet, ça n'a pas de sens cette expression!) que je ne posterais plus du tout sur le site, dans les statuts, sur les billets de blogs qui m'intéresseront à l'avenir. Je risque d'être cependant beaucoup moins actif ici dans un premier temps et peut-être plus du tout à l'avenir. En revanche je laisse à disposition l'ensemble du contenu que j'ai fourni ces quatre années. Déjà parce que je ne tire pas un trait sur ce que j'ai déjà dit, et surtout parce que ça me permettra de toujours lier mes billets futurs à ceux que j'ai déjà produit...oui parce que soyons tout de même sérieux deux secondes, je n'ai pas envie d'en finir avec ce blog. Que je le veuille ou non, c'est une partie de moi maintenant. Alors s'il ferme, c'est pour mieux laisser à la place à un autre. Pas vraiment le même donc, mais avec les mêmes objectifs : parler de jeu vidéo, de cinéma, qui sait un jour de littérature (en fait j'ai pas l'air comme ça, mais je sais lire) et de sociologie.

Je ne dis pas que de temps à autre, un article ou deux ne se permettront pas des provocations, trolls, parodies ou d'aborder le sujet le plus important au monde, les blondes. Mais je vais largement me calmer sur cette partie. Reste que mon prochain blog sera plus une 1.5 qu'un 2.0. Je ne pars pas de rien ; Véhicules Chiant Magazine, les Tops, les dessins, les Dream Games, tout cela aura sa place, mais en quantité plus mesurée peut-être. Je ne me fais aucune illusion sur le fait que vous suiviez ou pas le mouvement. Vous promettrez certainement de venir y jeter un oeil de temps à autre, ce que vous ne ferez sans doute pas ; ça n'est pas grave. Je n'ai jamais écrit pour le nombre de vues, mais pour me sortir des réflexions de la tête. Je veux surtout retrouver cela et ne pas juste me battre contre des moulins à vent en enfonçant des portes ouvertes.

Donc voilà ce qu'il en est. Presque quatre ans, un peu plus de 12000 pouces vert d'approbations (et combien de désapprobation que je ne verrais jamais?), quasiment 800000 vues et des centaines de commentaires avant tout. Je le ferme avec au moins cette satisfaction, avoir provoqué quelques discussions. Et si j'ai l'air si solennel, que je prends de faire un billet explicatif, c'est surtout parce que j'ai adoré faire ce blog, qu'il a été important pour mon développement personnel (réellement) comme Gameblog au global, mais qu'il est temps de passer à autre chose. Ni mieux, ni moins bien, simplement légèrement différent. Allez on éteint les lumières...dors bien cher blog.

Sébastien.

 

Et de la part du Caribou:

 

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Le Journal du Caribou

Ma wish-list n'attend que des âmes généreuses *faire les yeux du chat-potté*

Initialement, j'avais prévu un petit discours sur mon côté has-been. Oui, j'ai loupé GTAV et j'ai loupé ma vie ; quoi que soit le titre à l'arrivée, décevant pour certains, génial pour d'autres, ne pas y jouer en temps et heure est quelque chose qui me manque parce qu'on parle d'une série qui m'est extrêmement chère. Je devais poster une entrée de journal il y a une semaine pour parler du manque de lucidité lors de mon départ. Rappelez-vous, j'avais cru bon de partir avec le strict minimum en terme vidéoludique à savoir ma Nintendo DS accompagnée de quelques titres comme Animal Crossing et Drangon Quest IX, et un PC portable bien faible sur la 3D, mais suffisant pour goûter aux titres indépendants les plus plébiscités. Je voulais vous dire que ça avait été une erreur de sous-estimer ma passion pour le jeu vidéo. Mon humeur a quelque peu évolué dans le bon sens, mais je vais tout de même faire un petit point là-dessus.

Forcément les trois premières semaines après mon arrivée, ma vie a été bouleversée. J'ai passé mon temps entre activités d'intégration, découverte des lieux et paysages et rencontres diverses, variées et toujours au moins sympathiques. J'ai également du me faire au rythme d'une vie indépendante. Au global donc, j'ai eu l'esprit accaparé par un ensemble de choses liées à l'arrivée. Mais voilà, il fallait bien qu'avec la rentrée en cours, le tout se calme quelque peu. Ici, même si le travail personnel est extrêmement important et prend beaucoup de place, j'ai malgré tout très peu de cours ; à peine une douzaine d'heures étalée sur deux jours. Que faire de mes cinq jours restants quand je ne suis pas au Mont Sainte-Anne pour prendre des photos des spectaculaires forêts automnales ?

« J'ai envie de jouer...Oui, forcément ! C'est logique, espèce de crétin fini. Tu ne pensais tout de même pas échapper à l'envie de jouer ad vitam eternam ? D'autant plus pendant la période de sortie du jeu de ta vie ». Voilà où j'en étais il y a une semaine. Et puis j'ai pris le temps de me calmer quant à GTAV. L'euphorie retombant quelque peu et les nouvelles s'espaçant (pas assez au goût de certains) j'ai pu m'apaiser et me rabattre sur Steam pour tout de même me distraire. Là j'ai continué ce que j'avais amorcé en 2012, à savoir jouer plus aux jeux indépendants. L'année dernière, c'était par dépit ; moins de jeux à gros budget ne m'avaient convaincu, en comparaison des années précédentes. Cette année, ce sera par la force des choses, mon PC portable étant la seule machine avec laquelle je puisse jouer comme il faut. J'y jouerais par manque de budget (je préfère manger et voir du pays que jouer) et par manque de plateforme de jeu, tout autant que par envie. Je compte investir dans une Playstation 3 locale avec GTAV à un moment donné, mais je ne pourrais pas acheter tous les titres que j'aurais loupé d'ici là ou qui arriveront ensuite ; en vrac Saints Row IV, The Bureau: XCOM declassified, South Park and the Stick of Truth etc. Donc j'ai entamé le rattrapage de la liste des jeux indépendants et/ou peu coûteux que j'avais loupé en début d'année ou l'année précédente.

En plus de continuer l'excellent Papers, Please, l'une de mes grosses surprises de cette année ou encore de jouer pleinement à Hotline Miami, Mark of the Ninja, Dear Esther ou Deadlight, j'ai acheté Don't Starve, The Biding of Isaac, Cry of Fear (gratuit sur Steam) et je compte me procurer prochainement Gone Home, FTL : Faster Than Light et Waking Mars.

Don't Starve de Klei Entertainment: 14,99$ sur Steam.

Actuellement, c'est essentiellement Don't Starve sur lequel j'investis un peu de temps. Le principe me fait penser au début de Minecraft en beaucoup plus dur et l'univers visuel ainsi que les musiques sont fantastiques. Une mécanique de jeu ingénieuse et addictive, bien que reposant parfois sur la qualité de la carte générée et qui a tout pour me forcer à revenir. Pour le moment, je le mets même en tête de mes titres de 2013, juste devant State of Decay. Je suis en revanche beaucoup plus dubitatif devant The Biding of Isaac. Si l'univers visuel et surtout sonore me sied énormément, je ne comprends pas vraiment où se trouve l'intérêt de la mécanique de jeu. Rentrer dans une salle puis tourner en rond en tirant sur des monstres ne me passionne pas plus que cela et à vrai dire, je ne pense pas m'y plonger outre mesure.

Pour faire simple, je suis toujours un joueur invétéré (finalement plus que je me le figurais) et je me rends bien compte aujourd'hui que ça ne risque pas de changer, aussi merveilleux et nouveau que soit le pays où je suis. Je trouve mon compte quand même sans ma console, moi le consoleux. Je deviens progressivement un joueur ''indépendant'' et j'aime ça. La course à la puissance ne m'intéressant plus depuis un bout de temps, je suis aujourd'hui touché par soit du monde ouvert, soit des gameplay sans concession et sans sentiment de réchauffé. Dire que je suis comblé uniquement avec des titres indépendants serait absurde. Ce que j'aime, c'est justement mélanger triple A et titres moins grand public. Cependant, je redécouvre bien ce dont tout le monde parle depuis des années et que je n'avais goûté que par touche: le goût des nouvelles mécaniques de jeu ou de leur exploitation intelligente, minutieuse, moins permissive. Pour l'instant, ça me suffira plus que largement. Si vous avez des titres à proposer, je serais ravi de m'y essayer.

Pour finir comme d'habitude, je change de sujet pour vous présenter une nouvelle salve de photos. Cette semaine, elle sera dédiée à une très belle journée passée au Mont Sainte-Anne. Ce petit sommet de 803 mètres abrite en hiver une station de ski. Cependant, il est ouvert toute l'année aux amateurs de mountain-bike et de quad, ainsi qu'aux randonneurs. La saison automnale faisant doucement son chemin (bien que les températures soient assez hautes pour la saison) le bureau de la vie étudiante a eu le bon goût de nous emmener sur place pour que l'on puisse voir les énormes étendues de forêts parées de leurs couleurs jaune, ocre et rouge. Un vrai régal pour les photographes amateurs dont je suis. J'ai fait 248 clichés en tout et je vous en propose quelques uns, tous un peu compressé pour tenir sur Gameblog dans la limite du Giga.

   

    

  

   

   

   

 Cliquez pour plus de netteté.

 

[MàJ] Bon il y a des gens qui déchirent un peu trop dans cette communauté. En l'occurrence c'est NakedVince qui a eu la bonté d'âme de m'offrir une clé Steam pour FTL: Faster Than Light! Je te le revaudrais buddy! 

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Le Journal du Caribou

Promotion: 0,99$CA par plat surgelé. Pas l'idéal sur le plan nutritif mais parfait pour mon budget.

Plus que quelques jours avant le ras de marée qui éclipsera définitivement toute autre sujet d'Internet. Avant donc d'être irrémédiablement has-been, je vais profiter de cette entrée hebdomadaire dans mon journal pour vous parler un peu moins de mon insupportable enthousiasme quotidien. Aujourd'hui, je vais aborder l'ombre au tableau ; l'argent. Je ne me lancerais pas dans une diatribe sur le système capitalisme ou dans un discours enfumé de Marie-Jeanne sur mon désir intérieur de pouvoir être citoyen du monde sans contrainte. Je vais plutôt vous donner dans les faits ce que j'ai du débourser moi-même pour arriver ici. J'en profiterais ensuite pour vous parler du coût de la vie à Québec.

Les coûts d'avant départ: 1347€ environ.

Petit rappel des faits : étant étudiant à l'université Paris 7 Diderot durant les trois années de ma licence, j'ai décidé pour ma première année de Maîtrise de poser ma candidature à un échange entre mon université et une université étrangère. En l'occurrence comme je partais pour le Canada, le programme qui régit ces départs s'appelle le CREPUQ (l'équivalent d'ERASMUS pour l'Europe). J'ai fait ce choix déjà par facilité. Il est plus aisé de rentré par la voix d'un échange qu'en demandant une inscription directe, surtout quand on parle d'université comme Ulaval ou UdeM. L'autre raison de ce choix, c'est que financièrement cela épargne de payer les droits d'Ulaval. En effet lors d'un échange on paye les droits universitaires de sa propre université tout en allant prendre les cours dans un autre établissement.

Les coûts des universités françaises sont assez peu élevé au regard de ce qui se pratique du côté du système anglo-saxon. Depuis que je suis entré à l'université, j'ai payé entre 250 et 450 euros par année d'étude, assurance maladie comprise. Cette année n'a donc pas beaucoup changé la donne ; une première année de maîtrise c'est environ 470 euros à Paris 7, contre 2500 dollars canadiens ici à Ulaval. Pour ceux qui sont un peu au courant des coûts de scolarité en école en France ou dans n'importe quelle université anglaise ou américaine, 2500 dollars canadiens semblent encore une fois relativement peu élevés. Cependant, ce tarif ne s'applique qu'aux Canadiens et aux Français. Pourquoi ? Parce que la France a une relation privilégier avec le Québec et qu'en tant que citoyen français, on a le droit à la prise en charge de près de 10000 dollars canadiens de la part du gouvernement Québecois. En somme, pour un étudiant étranger qui n'est pas Français, l'inscription peut monter jusqu'à 12500 dollars sans prendre en compte les coûts de l'assurance maladie obligatoire qui elle vaut environ 1000 dollars, si ma mémoire est bonne.

Pour ma part, en partant avec le système d'échange inter-universitaire, je n'ai à débourser ''que'' 470€ ; une somme qui compte les frais de dossier LMDE pour être protéger par la sécurité sociale. Pas de coût d'assurance maladie supplémentaire ne m'a été demandé pour la simple raison qu'il existe un autre accord entre la France et le Québec qui exempte les Français de l'obligation de payer. Après si vous n'avez pas de mutuelle, c'est encore une autre histoire.

 

Ce n'est pas le tout d'avoir été accepté par l'université, il y a un moment où il va bien falloir s'occuper du départ. Clairement, en terme de dépenses, c'est le moment qui m'a le plus coûté. Pour commencer, quitter le territoire français pour un pays hors de l'espace Schengen, cela nécessite un passeport que pour ma part je n'avais pas. En effet, si j'ai vu quelques pays de notre belle Europe et si j'ai voyager à la Réunion assez régulièrement durant mon enfance pour aller y voir ma famille, je n'ai jamais eu la nécessité d'un tel papier. Aujourd'hui en France, le passeport biométrique coûte 86 euros en timbres fiscaux.

Une fois le passeport obtenu, il faut candidater au Certificat d'Acceptation du Québec, le fameux CAQ qui m'a fait connaître la plus grande dose de stresse continu que je n'avais connu jusqu'alors. Ce document est une autorisation à être sur le territoire québécois ; il est nécessaire lorsque la présence sur le territoire dépasse les six mois. Il certifie que pour la durée de sa présence sur le territoire, la personne a de quoi vivre. Chaque année, un montant du coût minimum d'une année de vie à Québec est décidé et il faut financièrement être capable de prendre ça en charge. Pour 2013, le chiffre approchait des 12000 dollars canadien, soit 1000 dollars par mois. C'est très largement surestimé mais il faut s'y plier. Les preuves de sa santé financière vont des fiches de payes aux relevés bancaires en passant par les notifications de bourses. Pour ma part, c'est mes parents qui ont fourni l'entièreté des preuves ; c'est grâce à leurs deux salaires que je suis ici. Si le vrai souci reste donc vraiment de prouver que l'on peut fournir une telle somme (même si elle n'est jamais demandée) je voulais surtout parler de ce papier parce que ses frais de dossier sont de 107 dollars canadiens (environ 77 euros) et qu'ils ne sont pas remboursés à ma connaissance.

Pas plus que le dernier papier à se mettre dans la poche avant de partir, le Permis d'Étude. Celui-ci m'a coûté 120 dollars canadiens (environ 87 euros) plus des frais de dossier pour un total de 113 euros.

Toute cette paperasse était nécessaire, mais pas suffisante. N'étant ni un nageur de prodige, ni l'enfant caché de Superman, j'ai du me procurer un billet d'avion pour me rendre à Québec. Je me suis procuré le billet un mois et demi à l'avance, chez Air Transat et j'ai voyagé en classe économique. N'ayant pas d'idée de la date de mon retour, j'ai pris un allé simple qui m'a coûté 512 euros avec une assurance pour la perte éventuelle des bagages ou une annulation pour cause grave.

J'ajouterais à ces frais de départ l'achat d'une valise à 89 euros. Le total est donc de 877 euros pour tout ce qui concerne le départ.

Avant même d'arriver sur le territoire québécois, la note était de 1347 euros. La majeur partie a été absorbée par mes parents et le reste (environ 500 euros) a été couvert par mes maigres économies. J'imagine que pour beaucoup, ça ne paraît pas grand chose, mais ça l'est à mes yeux et à ceux de mes parents.

 

Le coût de la vie de tous les jours à Québec :

La vraie question qui m'a tenu au corps pendant les mois de préparation à ce départ a été : « Jusqu'à quel point serais-je un boulet financier pour mes parents ? ». Comme je le disais plus haut, lors de la demande de CAQ, j'ai découvert qu'aux yeux du gouvernement québécois, il faut 1000 dollars par mois pour vivre à Québec, ce qui, sans un salaire personnel, était un objectif un peu trop haut pour pouvoir être même envisagé. Qu'en est-il en réalité ?

Le logement dans lequel je suis est une chambre de résidence universitaire de 9m². Je partage les toilettes (cinq pour une quinzaine de chambres) les douches (deux pour une quinzaine de chambre) et les cuisines (une douzaine de feu pour mon étage et deux éviers pour tout le monde). La chambre est meublée et le lit plutôt confortable. Les rangements sont suffisamment nombreux et le bail inclus cela va de soi, l'eau et l'électricité, ainsi que le chauffage (encore heureux dans un pays qui passe à -30°C en hiver) et Internet. Je tiens à dire au passage que contrairement à ma plus grosse crainte quant à mon confort, si on ne fait pas n'importe quoi, le Wifi est fiable et relativement rapide. Pour certain stream en haute définition, ça a tendance à poser quelques soucis (mes amis de Twitch sauront de quoi je parle) mais dans l'ensemble pas vraiment de quoi se plaindre. Je m'y plais bien dans cette résidence. Par mois, le loyer s'élève à 312 dollars canadiens, donc 230 euros environ. À cette dépense mensuelle s'ajoute la location du frigo qui m'a coûté 127 dollars pour l'année et l'achat d'un four à micro-ondes pour 40 dollars. En moyenne, les étudiants que je fréquente n'ont pas de loyer qui dépasse 400 dollars canadiens grâce à de la collocation. Pour le reste, je dirais que la vie n'est pas forcément plus ou moins cher qu'elle ne l'était à Paris. Comme souvent quand on compare de grands pays occidentaux assez proches, cela dépendra de ce que l'on regarde.

C'est toutefois le moment de rappeler une règle qui m'a parue étrange au premier abord, mais à laquelle je commence à m'habituer : au Québec, les prix annoncés sont toujours hors taxe et les taxes tournent autour de 15% du prix. Il faut donc prendre un peu garde lorsque l'on rempli son chariot de course au risque de se retrouver avec de mauvaises surprises à la caisse.

Cette précision apportée, je dirais que, de ce que j'ai entrevu et acheté jusqu'à présent, ce qui concerne l'électroménager ou l'électronique est sensiblement moins cher à Québec, notamment pour une simple question de taux de change. Se nourrir en revanche demande des compromis. Le Canada étant l'Amérique du Nord, on peut difficilement passer à côté de l'achat essentiellement de produits empaqueté en conserves, en surgelés ou sous plastique. Le pain que je mange au quotidien est du pain à american-sandwich. Mon régime alimentaire, loin d'être maigre (je ne me laisse pas mourir de faim) est tout de même amputé la plupart du temps, des légumes élémentaires comme les tomates, les poireaux (oui j'aime les poireaux) la salade ou les patates (oui les patates sont des tubercules pas des légumes WHATEVER NERD!). Cependant, je ne me plains pas plus que cela pour deux raisons.

Premièrement, la situation est très tenable financièrement parlant. J'avais vraiment peur de ce qu'allait me coûter ma nourriture au quotidien mais en étant malin et en regardant les promos, on peut très bien s'en sortir. Chose notable pour laquelle je n'ai aucune explication, la viande me semble moins chère ici. Un filet de dinde, de poulet ou de porc, voir même un steak de temps à autre, c'est tout à fait possible sans taper dans sa tirelire plus que cela. La contrepartie, c'est que certains produits ont un goût particulier. Une boîte de haricots au lard ? Ça doit être salé ça non ? Ah non c'est sucré...pourquoi ça ?

Deuxièmement, on peut finalement manger assez varié. Mon appréhension principale était de finir par manger des pâtes tous les jours ; n'étant pas formidablement amoureux des pastas, j'aurais peut-être sauté des repas. Au final, si on ne s'acharne pas à manger ce dont on a envie sur le moment, mais ce qui est disponible en promotion (les promotions sont très régulières) on peut bien manger en Amérique du Nord. True Story.

Dernier point, les fringues. Je ne sais pas si c'est la période de mon arrivée qui est tombée juste, mais la plupart des magasins que j'ai pu traverser proposaient des rabais. Il y a fort à parier que les produits non soldés sont un peu plus chers que ce que j'ai observé jusqu'ici, mais comme pour tout le reste, le taux de change me reste globalement favorable, même en incluant les taxes.

Je vais en finir avec cette interminable (le pouvoir de l'oxymore) énumération avec une remarque générale : c'est triste à dire, mais contrairement à ce qu'aimerait nous faire croire l'université, un échange, bien que moins coûteux qu'un départ direct, reste ségrégationniste pour ce qui concerne le Canada en tout cas. J'ai la chance d'avoir le soutien financier de mes parents et de leur deux salaires (un par personne, qu'on s'entende) et une aide supplémentaire du CRIF qui m'accordera prochainement 450€ par mois. C'est plus qu'il n'en faut pour vivre mon rêve au moins cette année, mais je ne tromperais personne quant à ce qui a déjà été investi avant même que les dépenses sur place ne commencent. Sans dire qu'il faut être riche pour tenter l'aventure, ça n'est pas à la portée de toutes les bourses et pour prolonger ce rêve éveillé, il va falloir que je mette vraiment la main à la poche en travaillant en parallèle de mes études. Si vous comptez franchir le pas dans le cadre de vos études, ne faîtes pas comme moi, trouvez vous un travail d'été ou un mi-temps gérable en même temps que votre cursus. Privilégiez tout de même, au moins pour le premier départ, l'échange entre universités plutôt que le départ direct ; cela vous évitera des frais de scolarité plutôt élevés et quoi qu'il arrive, demandez une bourse. On ne perd rien à le faire et on a tout à y gagner. Quant à la vie sur place, elle peut-être douce même en low-cost. Encore faut-il pouvoir envoyer l'argent dès le début. Ah et, ça tient de l'évidence, mais je le rappelle à toutes fins utiles, tout ceci tient compte de mon expérience et de ma perspective des choses...il n'est pas dit que certains avec les mêmes dépenses ne voient pas des obstacles énormes ou à l'inverse aucun souci particulier.

Comme ce qui sera désormais une habitude et pour parler de sujet plus léger, je vais vous proposer quelques petites photos, redimensionnées malheureusement pour être téléchargeables sur GB. Cette semaine, deux séries de clichés : la première prenant place aux Chutes de Montmorency et la seconde sur l'Île d'Orléans où j'ai fait de la cueillette de pommes. En extra, je vous mets également la tarte cuisinée hier.

   

   

      

      

Les photos présentées sont les miennes. Si vous voulez les utiliser pour x ou y raison, veuillez me le demander avant.

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Le Journal du Caribou

Le drapeau de l'Université Laval.

Je ne ferais pas d'affirmation à votre place, d'autant que chacun aura sa propre conception de la semaine passée, mais je reste à peu près certain que votre semaine a été beaucoup moins longue que la mienne. Pas moins fatigante, puisque j'en ressors en plutôt bonne forme, mais probablement moins riche en événements nouveaux, de ceux qui vous font vous interroger : « Ça c'est passé hier ça ? C'est pas possible c'était au moins le mois dernier ! ». Oui, ma semaine a été chargée. Je vais cependant me focaliser pour ce billet sur la partie estudiantine de celle-ci. Je vais donc vous présenter un peu le cadre dans lequel je vais étudier cette année : la fantastique Université Laval. Pour démarrer, un brin de wikipedia me semble légitime.

L'Université Laval, que l'on abrégera volontiers Ulaval, est la plus ancienne structure d'enseignement supérieur de tout le Canada, avant l'UQAM, UdeM ou l'UQAC. Elle fête d'ailleurs son 350ème anniversaire cette année en 2013. Installée à Québec (la ville), elle se trouve dans l'arrondissement de Sainte-Foy-Sillery-Cape-Rouge, à environ trente minutes du Vieux Québec en bus. Sans entrer dans une somme de détails indigeste, disons qu'avec son budget annuel colossal atteignant près de 700 millions de dollars canadien, elle n'a pas à rougir des plus prestigieuses universités américaines qui sont synonyme d'excellence. Si vous n'êtes pas canadien, il y a de fortes chances que vous n'ayez jamais entendu parler d'Ulaval avant que je l'évoque pour vous, et c'est un tort parce qu'en terme de qualité de cadre et d'enseignement, c'est assez incroyable.

L'arrivée sur le campus a été ce qui m'a fait vraiment réaliser que le Canada, Québec compris, c'est l'Amérique du Nord. J'expliquais dans mon billet précédent que c'était accompagné en voiture par mon cousin résident actuellement à Montréal que je posais pour la première fois mes yeux sur Québec. Lui-même, habitué du pays depuis une petite année, n'a pu refréner un « mais c'est une ville ton campus ?! » à notre arrivée devant les deux drapeaux qui indiquent l'entrée du territoire des Rouges et Or. Une ville ? Pratiquement. Ulaval, c'est 17 facultés qui vont de la Médecine, au Droit, en passant par les Sciences Sociales ou la Foresterie. On y trouve pratiquement 40000 étudiants chaque années répartis dans les 67 départements et écoles que compte l'université. Pourtant, on ne se marche pas sur les pieds et pour cause, avec 2km² de surface, on a de quoi respirer tranquillement. L'aménagement est également plutôt bien pensé. Il y a une trentaine de bâtiments que l'on appelle des pavillons et chacun rempli un ou plusieurs rôles ; résidences pour étudiants (comme celle où je vis moi-même), administration, bibliothèque, salles de classes. Une vraie ruche. Ou plutôt une fourmilière. Une fourmilière géante.

Pour rappel, la température à Québec peut aisément descendre à -30°C avec un ressenti de -40°C à cause du vent et même si cela dépendra de l'année dont on parle, les tempêtes de neige ne sont pas rares. En conséquence, cette énorme structure a été faite avec une idée pour faciliter la période hivernale : des tunnels qui s'étalent sur 10km relient tous les bâtiments ou presque entre eux. De plus, l'université propose des services comme les traditionnelles cafétérias ou cantines, ou d'autres plus exotiques comme un coiffeur ou un dépanneur (entendez par là une épicerie ouverte tard pour dépanner en cas de besoin) et même un pub universitaire dans lequel les soirées sont régulières. Entre ça et la possibilité de jouer à la console, au billard, au ping-pong, aux fléchettes ou de suivre des soirées cinéma dans les résidences, il est possible de tenir des jours entiers sans s'ennuyer, à l'intérieur même du campus de l'Université.

Beaucoup de moyens sont mis sur le sport.

À tout cela s'ajoute encore autre chose. Ulaval est une université très active sur le sport. Si on parle en terme de structure, c'est le grand n'importe quoi. Un stade football de 12000 places, une piscine olympique, des terrains de tennis en extérieur et en intérieur, des pistes d'athlétismes, des salles dédiées au matériel de musculation ou au yoga...si vous aimez ne serait-ce qu'une activité sportive en amateur, vous trouverez ici chaussure à votre pied. Pour les pros, j'utilisais plus tôt le nom Rouge et Or, à savoir le nom des équipes de tous les sports à Ulaval. Soccer, football, volley-ball, basket-ball, natation...ce ne sont que quelques uns des sports représentés par les Rouge et Or. Toutes les équipes ne sont pas championnes, mais certains sports comme le volley-ball ou le football (américain j'entends) voient les Rouge et Or s'imposer régulièrement. C'est là que je vais pouvoir aborder un aspect intéressant de cette université.

Les Rouge et Or contre McGill au Telus Stadium d'Ulaval.

Cette avalanche de découvertes pratiquement quotidiennes, de la cuisine des résidences aux bâtiments de cours m'a personnellement provoqué une réaction inattendue. Alors que je m'imaginais tâtonner en permanence, me sentir perdu et presque effrayé par la proportion hallucinante des lieux, je me suis rapidement retrouvé dans une ambiance qui m'a semblé familière, quand bien même je n'avais jamais vécu sur un campus auparavant. Tout n'est pas la perfection absolu ; l'architecture des bâtiments n'est par exemple pas passionnante, loin s'en faut et on se demande parfois pour certaines bâtisses, si au lieu de faire deux pavillons éloignés, en faire un seul un peu plus haut n'aurait pas été plus judicieux. Malgré tout Ulaval, c'est une université dans laquelle j'ai l'impression, ou du moins le désir d'être chez moi. Tout est fait pour que l'étudiant ne soit pas une personne qui passe et change d'horizon. Tout est là pour que l'on soit un membre d'une énorme fraternité. Je ne suis là que depuis deux semaines et j'ai déjà l'impression d'être un membre d'un tout. J'ai une fierté à être ici. Pas simplement pour le fait d'avoir réussi mon départ et mon arrivée, mais également parce que je suis à Ulaval et pas ailleurs. Je suis brandé Université Laval. Je ne l'ai pas encore, mais je vais acheter un pull de l'université et je porte déjà mes clés sur un tour de cou rouge de l'université. Au stade où j'en suis, je n'ai pas pu vraiment juger encore de la qualité de l'enseignement (dur de ce faire une idée sur une semaine de cours) mais pour avoir vérifié un peu qui me donnaient des cours, j'ai affaire à des excellents professeurs.

Il m'est aujourd'hui difficile de peser le pour et le contre quand je ne trouve pas de contre...enfin pas de contre. Il y a un contre de taille, l'argent, mais ça j'y reviendrais dans un billet dédié aux coûts d'un tel voyage. Ce que j'essaye surtout de dire, c'est qu'au delà des moyens mêmes, l'Université Laval me montre l'esprit plus anglo-saxon des études supérieures. Si j'ai détesté mon passage à Paris 1 et que j'ai adoré mes trois années à Paris 7, pas une seule seconde je ne me suis senti réellement membre d'un tout, d'une équipe dans ces deux universités. Pourtant, deux semaines après mon arrivée, je suis d'Ulaval.

Cette sensation globale tient, je pense, d'une part au fait que je vis sur le campus et que je suis dans l'enthousiasme d'arrivée et de la découverte. Je suis plus aisément intéressé par ce qu'on me propose. Non pas parce que c'est nouveau (il y a un club de photo à P7 par exemple) mais parce que j'ai encore l'euphorie du débarquement. Cependant, je pense sincèrement que la façon de faire, l'état d'esprit qui créent une identité à Ulaval (identité aussi permise par les moyens dantesques forcément) entretiennent cette euphorie. Si vous saviez le nombre d'associations, de fêtes de bienvenu, d'organisation dédiées à l'intégration des étudiants, tout cela dans le but de faire rester l'étudiant (et de faire tourner l'université). Et à la lecture d'un billet aussi dithyrambique sur cette vie universitaire, vous vous doutez bien que ça marche pas mal.

Pour finir sur quelques images pour résumer la semaine passée, je vous propose quelques clichés du premier match de la saison des Rouge et Or en football américain, remporté à domicile par Laval face à McGill. Ensuite mes photos du Vieux Québec avec notamment l'inévitable Château de Frontenac. Pour finir quelques photos prises à l'Agora du Vieux Port de Québec où nous avons pu voir une représentation gratuite du Cirque du Soleil.

  

    

  

      

    

  

     

Les photos présentées sont les miennes. Si vous voulez les utiliser pour x ou y raison, veuillez me le demander avant.

 

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Le Journal du Caribou

L'entrée du tout petit aéroport Jean-Lesage, Québec.

J'en ai des choses à vous dire. Beaucoup, probablement trop pour que vous preniez réellement le temps de les lire. Mais puisque j'en ai quelque peu besoin, pour ma libération spirituelle personnelle, je vais prendre le risque, comme à chaque billet, qu'il ne soit pas vraiment lu. Du commencement, il y a de cela quelques années, à maintenant...j'ai du pain sur la planche. Comme prévu, ce blog prend des atours plus personnels et moins virtuels. À vous de voir si cela vous convient toujours. Si vous pensez que c'est trop personnel justement, ayez la pudeur que je n'aurai pas et ne lisez simplement pas.

Le Canada en général et le Québec en particulier ne sont pas des rêves tout récent pour moi. À la sortie de mon bac il y a six années, j'avais en tête de devenir infographiste et de baser ma carrière sur mon talent (bien maigre, je m'en rends compte aujourd'hui) de dessinateur. Le métier en question aurait été un moyen de parvenir à travailler dans le jeu vidéo au Canada donc, où à l'époque Ubisoft et consorts développaient de gros titres et de grosses équipes prestigieuses grâce à un crédit d'impôt qui fit du pays un nouvel El Dorado du développement. Cependant, avec si ce n'est la faiblesse de mon dossier, au moins son caractère moyen, je ne pouvais prétendre à une école de dessin telle que les Gobelins, pour ne citer que celle-ci, école qui m'aurait permis d'accéder au milieu. Au lieu de cela, je me suis engagé dans la voie universitaire en espérant y étoffer mon curriculum et parvenir en école plus tard. L'expérience fut un vrai désastre, au point de me faire arrêter le dessin pendant une année complète de perdition suivant deux années exécrables sur les bancs de Paris 1. Au passage, c'est dans ce bourbier que je rencontrais, comble de bonheur au moment où j'en avais besoin, mon ami Akiru sans qui je ne serais jamais arrivé jusqu'à Gameblog. Ceci est une autre histoire.

Malgré cet échec cuisant et pour le moins déprimant, au sens clinique du terme, je suis parvenu, croyez-le ou non, à me sortir de cet immobilisme mental grâce à la Sociologie. Cette science dont personne des profanes (ou même des experts) ne saura dire en quoi elle consiste, m'a amené à mettre de l'eau dans mon vin, à ne pas accepter toute chose comme un fait irrémédiable et inaltéré dans le temps. Alors que paradoxalement, j'y apprenais que la plupart des considérations que je pouvais avoir sur le Monde était des fabrications sociétales, j'y développais encore plus ma vision des choses. Car s'il y a une chose qui est fascinante avec la sociologie, c'est son inexactitude ; il y a toujours une exception à la règle. Alors pendant trois années à Paris 7, j'ai progressé, je suis devenu nettement plus intelligent (relativement à ce que j'étais à la base forcément, donc vous en faites ce que vous voulez). Je n'en suis pas devenu plus cynique pour autant. Mes rêves étaient, sont et, je l'espère, seront intactes malgré la déconstruction constante des faits que j'opère pour le bien de mes études.

La sociologie m'a amené à reconsidérer la façon de voir ma propre vie, un peu plus loin que le simple contentement du quotidien dont je devrais me suffir. Je suis avantagé, chanceux ; ça je le savais déjà. Parisien sans problème grave au niveau de ma santé ou sur le plan financier, si je n'ai pas encore trouvé mon âme soeur, je reste entouré de parents aimants, d'une famille solide et adorables et de beaucoup d'amis sur lesquels je peux compter (et qui je l'espère peuvent compter sur moi). Après deux années en sociologie, j'ai décidé de mettre à profit ma toute jeune et fébrile expertise dans l'enquête sociologique et de trouver le culot et la ressource pour enfin profiter de cette chance qu'est ma vie actuellement. En Octobre 2012, j'ai porté ma candidature à un programme d'échange international.

J'ai écouté le bouche-à-oreille où plutôt le téléphone arabe. En terme d'administration, tout le monde semble savoir, mais personne ne sait vraiment. J'ai appris à lire des documents officiels complets de 15 pages avec cinquante cases à cocher, à remplir, à réfléchir, à creuser pour faire les choses correctement. Entre le début de ma démarche l'année dernière et mon arrivée aujourd'hui, j'ai mis pratiquement toute l'énergie et la motivation que j'ai accumulé pendant ces années de frustration à observer la vie sans jamais y participer, tout cela dans une visée : vivre au Québec.

De Paris à Québec, on ne s'en rend pas compte, mais l'échelle change radicalement.

Parce que c'est une chose que j'oublie de dire, mais la raison pour laquelle j'ai décidé que cette fois était la bonne est parfaitement de mon fait. Tout comme la faute de cet immobilisme dans ma vie m'incombe (et me décombe) entièrement. Le confort, j'y étais attaché. Si j'utilise l'imparfait, c'est parce qu'aujourd'hui j'espère m'être prouvé à moi-même par cette expatriation que mettre son confort dans la balance en vaut la chandelle. En Octobre 2012, j'ai simplement décidé d'appliquer la fameuse tirade si niaise et pourtant si vraie : « Ne rêve pas ta vie, vis tes rêves ».

Pour en revenir à la partie administrative, ceux qui ont suivi les quelques (pour être gentil) statuts où je me suis épanché avec un misérabilisme digne de Slumdog Millionaire sur le stresse que j'ai subit ces derniers mois, je pense que vous aurez une idée très vague de ce que j'ai ressenti depuis Janvier dernier. Pourquoi était-ce si horrible ? Pourquoi la simple idée de devoir reporter un départ pour 2013/2014 à 2014/2015 m'arrachait le coeur ? La réponse est dans les paragraphes précédents. J'ai décidé que je devais le faire, parce que la possibilité s'offrait à moi ; et d'un coup une personne, inconnue, cachée par sa fonction administrative, protégée par le statut de sa profession, par son autorité, à tout moment, pouvait mettre fin à cet enthousiasme avec un simple « Refusé » sur un bout de papier.

Il y a toujours un bout de papier entre soi et le reste du Monde. Un passeport, une carte d'identité, un gros chèque, une autorisation...j'ai eu la chance de tout obtenir. Ça n'a pas été toujours simple moralement. Je ne cacherais pas le fait que j'ai versé une ou deux larmes pendant un jogging après avoir appris que je n'étais pas pris directement dans mon Master à Paris 7 (obligatoire pour partir en échange). Probablement était-ce plus de la fatigue nerveuse, de l'accumulation d'anxiété qu'un réel désastre dans la mesure où je suis parvenu à régler le problème. Toujours est-il que ça a été long, fastidieux et épuisant. Penser quotidiennement au voyage que fait un bout de papier qui va déterminer si on va réaliser ou non son rêve dans les deux ou trois mois à venir, c'est une petite épée de Damoclès. J'ai l'impression toutefois d'en faire trop mais c'est ainsi que j'ai pris ce voyage de toute façon. Du premier papier déposé au Bureau des Relations Internationales de ma fac au permis d'étude obtenu à la douane de Québec, j'ai pris tout cela à coeur, sans retenu, comme si ma vie en dépendait. Et j'ai surtout tout fait moi-même. Je ne remercierais jamais assez mes parents pour s'être tant inquiété et pour me soutenir aujourd'hui financièrement dans cette aventure au combien égoïste. Cependant, ils n'ont vu que la partie émergée de l'iceberg, que les moments où j'ai choisi de leur parler des papiers que j'attendais ou que je venais d'obtenir. Encore une fois, veuillez excuser cette complainte. Tout ce que j'essaye de dire, c'est que j'ai fait mon premier vrai pas dans une vie d'adulte.

Alors la grande question demeure : est-ce que cela en vaut la chandelle ? PUTAIN OUI.

Je suis arrivé à Québec à 10h30, le lundi 26 Août. J'ai passé l'une des plus longues journées de ma vie (marathon Twitch mis à part) puisqu'elle a commencé à 4h45, heure de Paris, pour aller à l'aéroport et s'est terminée à 19h heure de Québec quand je me suis écroulé sur mon lit sans même une couette ou un oreiller pour dormir. La fatigue a facilité le processus transition. Dans cette journée, je n'ai pourtant eu le temps de faire que peu de choses : acheter un portable local, faire quelques magasins pour trouver de quoi manger, récupérer les clés de ma chambre universitaire. J'ai pu faire tout cela à l'aide d'un cousin venu me chercher à l'aéroport ; sans lui, j'aurais probablement été bien plus déprimé en arrivant. J'ai vraiment une famille formidable (© TF1).

Effectivement, en arrivant je n'ai pu immédiatement sauter de joie. Si j'ai ressenti l'immense soulagement d'avoir vaincu les administrations canadienne et française, j'ai surtout eu un choc de voir mon confort réduit à peau de chagrin. Le mardi, je n'avais en fait ni literie, ni frigo, ni micro-ondes, ni wifi...Pourtant le petit blues de l'arrivée à vite laissé la place à cet inexplicable enthousiasme. Je n'ai jamais été aussi heureux d'avoir le dos au mur. Impossible de revenir en France, impossible de téléphoner à qui que ce soit et pourtant, c'était la banane au lèvre que je faisais le tour de l'immense campus, qui s'apparente plus à une petite ville d'ailleurs, à la découverte des commerces environnants. Nous sommes aujourd'hui le vendredi 30 Août et j'ai pallier à la plupart des manquements à mon nid douillet. Ce qu'il me manque viendra au fur et à mesure.

Si j'étais complètement honnête, ce qui est l'objectif de ce journal de bord, je dirais que je ne suis pas encore tout à fait heureux comme je ne l'ai jamais été, mais pas très loin. En revanche, je suis plus optimiste et empreint d'un enthousiasme infini. J'ai envie de tout faire, de tout voir, de tout faire partager aussi. J'ai pour l'instant peu de photos ou de vidéos vraiment dignes d'intérêt esthétique ou didactique, mais je vous propose d'ores et déjà quelques clichés du Parc National de la Jacques Cartier situé à trente ou quarante minutes de mon université. J'ai quelque peu réduit la qualité des images pour pouvoir les mettre sur le blog. Un dernier mot pour la route : j'ai hâte de rester pour de bon...

  

 

Parc National de la Jacques Cartier, Septembre 2013.

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