CARIBOU: Scholarship Edition

CARIBOU: Scholarship Edition

Par seblecaribou Blog créé le 05/02/10 Mis à jour le 22/11/13 à 06h02

Le quotidien d'un gamer, nanardeur, cinéphile, blondophile...

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Catégorie : Silence, Moteur, Action!

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Silence, Moteur, Action!

La plupart des images proviennent de la galerie de Jeuxvideo.com.

Peut-on juger un jeu sans y avoir jouer ? Encore une question philosophico-politico-socialo-maçonnique à laquelle je vais répondre « oui » sinon il n'y aurait pas de billet et que j'ai envie que vous cliquiez bande de roudoudous. Évidemment, le jeu à critiquer sans y avoir jouer, c'est Beyond : Two Souls. Comme Heavy Rain auparavant, le jeu catalyse une haine automatique qui bien souvent me semble tenir plus d'une désapprobation de la façon dont fonctionne le jeu (en terme de mécanique et de commerce) que d'une réelle critique de ce que le jeu propose de manière effective au niveau du jeu et de l'histoire. Vous le savez d'ores et déjà, je n'ai que peu voire pas apprécié Heavy Rain, la faute à une exécution maladroite ou aussi (et ça c'est purement l'impression que j'en ai) d'une certaine arrogance que je n'avais pas ressenti dans Omikron : The Nomad Soul ou Fahrenheit. L'arrogance de vouloir faire un grand thriller avec les qualités d'un scénariste de comptoir bourré et lycanthrope un soir de pleine Lune. Aujourd'hui, je vais vous dire ce que je pense de Beyond : Two Souls sans y avoir joué, mais en l'ayant vu de bout en bout, manipulé par mon excellent ami Nemesis. Évidemment le billet complet est sujet aux SPOILERS. Par conséquent, je vous conseille vivement de vous écarter de sa lecture si vous êtes haineux déjà (on ne le rappelle jamais assez) ou si vous n'avez pas du tout expérimenté le scénario d'une manière ou d'une autre.

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Je me garderais de juger l'aspect ludique de la chose puisque je ne sais pas ce qui se passe quand on a la manette en main. En revanche, il me semble qu'il est temps de lever un loup : Beyond est l'une des plus sombres séries B voire Z que j'ai vu de ma vie de joueur, pourtant pavée de titres à l'univers et à l'histoire prétexte aux mécaniques de jeu. Cependant, pour être complètement honnête, je dois donner les conditions précises dans lesquelles j'ai vécu l'observation de ce scénario. C'était sur un stream continu du titre sur la chaîne Twitch de Nemesis donc. Nemesis à la voix pouvait nous parler à nous spectateur et en réponse, nous pouvions échanger sur un chat écrit que notre hôte pouvait lire également. Il y avait donc déjà clairement interaction entre ce que nous racontions et ce que faisait Nemesis. Tout cela pour dire que l'ampleur du désastre comique est tout de même à relativiser quelque peu par l'aspect salle de cinéma ou soirée pizza/nanar entre potes.

Beyond : Two Souls est à mon humble avis un jeu au scénario prétexte. À la marge d'une tendance globale pour les autres jeux à grosse valeur de production, qui mettra avant tout une histoire bidon pour faire jouer le joueur, l'histoire de Beyond est prétexte à émouvoir. Le jeu fonctionne de cette manière là : on voit une bonne partie de la vie du personnage de Jodie Holmes, de son enfance à ses 25 ans environ (corrigez-moi si je dis une bêtise). Le tout est arrangé de manière à ce que l'on passe d'une séquence à une autre, chaque séquence n'ayant potentiellement aucun rapport avec la précédente. Le tout offre des rappels à un arc narratif global avec des personnages récurrents et est arrangé dans un désordre qui n'a aucun sens (je vais y revenir). Quand je dis que c'est un scénario prétexte à émouvoir, c'est parce que la plupart, si ce n'est la totalité des séquences ne sont là que pour couvrir un thème qui amène la tragédie ou le désespoir, bref ce qui fait pleurer au cinéma. Je cite le cinéma non pas pour parler de ce que certains considère comme une absence de gameplay, ce que je trouve assez injuste quand on parle des productions Quantic Dream (il y a du gameplay, qu'on l'apprécie ou non) mais parce que le jeu utilise les mêmes artifices.

L'un des gros problèmes de Beyond, c'est de ne nous faire jouer que les moments qui foirent dans la vie de Jodie. Pas une séquence ne finit sans des pleures ou des explosions, le tout avec force de musique grandiloquente. Aucune subtilité et surtout pas moyen de la voire heureuse.

J'ai du mal à voir dans Beyond un tout cohérent. Aucune séquence ne me semble mener à la suivante et c'est bien plus flagrant quand le jeu est suivi de manière chronologique. Une enfant qui communique avec l'au-delà, une scène de guerre avec un enfant soldat, une vie de SDF qui en plus se font casser la gueule par les pires connards qu'on puisse imaginer, un voyage initiatique dans le Nevada, des chinois, un tentative de viol...c'est comme si on avait choisi tous les sujets potentiellement émouvant pour les mettre dans un seul titre, quand bien même il n'y avait aucun moyen de les mettre ensemble.

La chose qui m'a particulièrement choquée est la séquence dans un pays inventé des balkans (ou d'Afrique noire) où Jodie est censée être soldat envoyée par la CIA toute seule pour accomplir une mission périlleuse dont seuls elle et Aiden peuvent se dépétrer. Alors qu'elle progresse vers un objectif en faisant beaucoup de bruit (mais passons, c'est à la marge du problème) elle tombe nez à nez avec un gamin qui a pris une balle dans la jambe. En plus de cela, ce dernier tient une kalachnikov qu'il pointe vers Jodie en criant de douleur. Cette dernière qui ne parle pas la langue locale (pour une agent de la CIA, ça la fout un peu mal) parvient tout de même à lui faire baisser son arme et Aiden, qui a des pouvoirs de guérison, fait son office pour le jeune garçon puisse de nouveau marcher. Dans la suite de la séquence, Jodie parvient jusqu'à son objectif qui consiste à abattre et à prendre en photo un chef de groupe armé. La cible meurt après que Jodie ait demandé à Aiden de le forcer à tuer tous ses collègues de travail (si l'on peut dire). S'en allant vérifier le corps, elle se retrouve de nouveau avec l'enfant soldat de tantôt, celui-ci pleurant à chaudes larmes la mort de son père...le chef de guerre que Jodie était venu tuer.

Seul enfant soldat d'Afrique (en tout cas, on en voit pas d'autre) il se prend un balle dans la jambe et voit son père mourir de la main de l'héroïne...la scoumoune.

Premièrement, quelles étaient les chances que cet enfant précis, seul enfant soldat que l'on voit pendant toute la séquence (on en croisera AUCUN autre et il n'est jamais fait allusion à d'autres gamins militaires) soit le gosse de ce personnage qui n'est en plus pas à côté de l'endroit où Jodie rencontre l'enfant ? Aucune. Aucune chance. C'est de la coïncidence divine. Le truc, c'est que le problème n'est pas là. Le problème n'est pas la probabilité de la séquence, mais sa vraisemblance. L'un de mes films préférés, dans mon Top 10 depuis que je l'ai vu pour la première fois il y a dix ans environ, c'est The Shawshank Redemption (Les Évadés) avec Tim Robbins et Morgan Freeman. Dans ce film, Tim Robbins est envoyé en taule pour le meurtre de sa femme qu'il jure n'avoir pas commis. Vers la moitié du film, on apprend par un de ses camarades de taule que ce dernier a parlé au vrai tueur de sa femme dans une autre prison d'où il a été transféré. La probabilité que cela arrive tient également du miracle, mais ça n'a pas d'importance parce que le film ne se repose pas là-dessus. Les séquences venant faire intervenir ce twist ne sont pas là pour que l'on s'apitoie sur le sort du personnage, mais pour convaincre le spectateur de son innocence, s'il ne l'était pas déjà.

Le souci que j'ai avec cette séquence de Beyond, c'est qu'elle n'est là que dans le but d'émouvoir et pas de raconter une histoire intéressante. Une histoire intéressante ne passe pas sans cesse par des improbabilités pour amener quelque chose. Quelles étaient les chances que Jodie arrivent dans un groupe de SDF où l'une des femmes est enceinte, l'un des mecs est camé jusqu'à la moelle et le dernier de la bande se fait tabasser par une bande de connard ? Quelle était la chance que ces jeunes en question soient suffisamment cruels pour mettre le feu à l'entrepôt leur servant de squatte ? Je ne donne ici que quelques exemples, mais le jeu est perclus de retournement de ce genre qui n'ont d'autres buts que d'émouvoir en suivant des chemins faciles mais d'une grossièreté dingue, avec large utilisation de larmes et de violons.

Le début de la séquence est vraiment réussi, mais rapidement ça part en eau de boudin. Même à dix à vanner sur le chat, j'ai trouvé à poignant; j'imagine que seul devant son écran, ça doit marcher. Problème, le reste de la séquence est une catastrophe de surenchère débile.

La question sous-jacente que j'ai envie de soulever, c'est la sincérité de l'auteur. La plupart des scènes de Beyond n'ont d'autre but à atteindre que l'émotion et utilise de la surenchère de bas étage. Soit on a affaire à un très mauvais scénariste, soit on a affaire à quelqu'un qui choisi sciemment la voie de la facilité en utilisant des ficelles énormes volontairement. Si je reprends l'exemple de la séquence où Jodie est SDF, le jeu aurait pu se contenter de nous la montrer ou de la faire jouer en train de faire la manche, en obligeant le joueur à faire une action quelconque (QTE pourquoi pas) pour quelle se réchauffe, voyant passer inexorablement les gens qui s'en foutent, les vous et moi du quotidien. Et ça y est aussi d'ailleurs ce moment. Mais ça ne dure qu'une minute ou deux et rapidement, la séquence est noyée sous un flot de bagarre, d'incendies et d'accouchement. Pourquoi saborder la séquence qui était poignante, même en étant à dix à se gausser sur un chat du stream, avec autant de bordel qui n'a rien à faire là et qui ne fait que mettre en exergue le goût de David Cage, pour le nommer (c'est quand même lui le scénariste après tout) pour les clichés cinématographiques ?

Car oui, si vous n'avez pas aimé Heavy Rain en raison des incohérences et des stéréotypes gros comme des quinze tonnes que le jeu usaient parfois jusqu'à la corde, je pense que vous le réévaluerez à la hausse compte tenu du traitement tout en surface que fait Quantic Dream de chacun des thèmes qu'il touche. Je pense d'ailleurs que c'est là qu'est mon plus gros problème avec Heavy Rain puis Beyond. Outre le fourre-tout qu'est le scénario qui n'a qu'une visée, faire pleurer, au lieu de chercher à écrire une bonne histoire et se préoccuper après de savoir si elle émeut quelqu'un, mon problème c'est que Quantic Dream est très laxiste sur la profondeur de ce qu'il met à l'écran. Quand on joue à un jeu Quantic Dream, on sent parfaitement que personne chez eux (ou alors aucun décisionnaire en tout cas) ne sait comment la police mène une enquête ou intervient dans une situation de poursuite. On sent qu'on ne connaît rien à la science, au fonctionnement d'une cellule comme la CIA ou le FBI, à la vie des indiens d'Amérique. Tout est fait sans recherche profonde, simplement pour le spectacle esthétique et en conséquence, en tout cas à mes yeux, ça sonne tout simplement faux. C'est pour ça que les stéréotypes d'une grossièreté sans nom sur les navajos mysthiques ou les chinois communistes de James Bond des années 80 ne me paraissent même pas être réellement racistes ; je pense que c'est simplement de l'ignorance.

"Z'adore les vermicelles, le soza, la sauce n'aig'douce. Hum, c'est un délice..."

Il me semble que c'est David Cronenberg qui disait que si l'on veut filmer quelque chose, il faut devenir expert dans cette chose, en connaître autant que les professionnelles. Hideo Kojima l'a bien compris. Quand il fait MGS2 et que Snake parle avec Otacon du débarquement des soldats russes sur le tanker, on sent que Kojima en a sous le pied pour nous expliquer pourquoi les militaires bougent comme ça, pourquoi ils pointent leurs armes différemment des marines etc. Le niveau de détail est tel qu'on ne s'en préoccupe pas. Dans Beyond, c'est l'inverse. La CIA (ou DPA) sont dépeintes comme des organisations secrètes tellement génériques et tirées des pires romans d'espionnages qu'au lieu de s'intéresser à ce que raconte l'histoire, on se fait des remarques du genre : « On dirait le QG des Avengers...pourquoi il y a autant de lens-flare ? ». Plus grave encore, le scénariste n'a clairement aucune idée de comment marchent les règles qu'il invente. Aiden, d'une séquence à une autre, agit ou n'agit pas sans qu'on sache pourquoi. Parfois on nous dit qu'il est trop loin alors que la séquence d'avant il se balade à des bornes. Parfois on nous dit qu'il est trop faible. Parfois il peut étrangler des gens, parfois en prendre possession. Le tout n'a aucune explication valable. Ne pas connaître les dessous de la CIA, soit. Ne pas connaître les règles qu'on a inventé soi-même, ça craint.

Aiden est la grande énigme du jeu. Pas vraiment parce qu'on veut savoir qui il est et pourquoi il est là, mais surtout parce qu'on ne comprend jamais pourquoi il n'agit pas à tel moment, et qu'à tel autre il décide de faire quelque chose de son propre gré. Les règles ne veulent rien dire. Et là je vous épargne une dissertation sur "l'inframonde". La drogue.

Maintenant, voilà ce qu'il en est pour moi ; Beyond : Two Souls est un jeu écrit n'importe comment qui serait dans les grandes largeurs un vaste sujet de plaisanterie parmi les réalisateurs de séries télévisées ou de films pour l'ensemble des clichés et improbabilités constantes sur lesquels il se repose. Il veut ratisser trop large, toucher trop de sujets en essayant jamais d'en maîtriser au moins un. La guerre c'est pas bien, en Afrique des enfants sont soldats. La pauvreté c'est nul, dans la rue des gens peuvent mourir tabassés ou dans des incendies à cause l'insalubrité. L'exploitation des enfants atteint d'autisme c'est nul. La mort c'est pas cool. Le résultat est à mon sens sans appel, le jeu est juste mauvais et seules une ou deux séquences parviennent, par pure chance, à avoir l'effet escompté parce qu'elle touche au bon endroit sans en faire des caisses. C'est comme si Quantic Dream faisait de l'escrime avec une épée bâtarde de cinq kilos. Ça ne touche pratiquement jamais, mais si ça touche une fois, on voit que ça marche, que c'est une voie viable. Tellement viable que d'autres jeux en suivant les mêmes envies ont déjà fait bien mieux (The Walking Dead par Telltale ou Gone Home pour ne citer que ces deux là). Malgré tout, il y a un beau revers à cette sombre médaille que je vous ai dépeint jusqu'ici.

Contrairement à Heavy Rain qui m'avait énormément déçu, Beyond explose tellement dans tous les sens qu'il m'est hautement sympathique. Beyond : Two Souls, c'est le Batman&Robin du jeu vidéo. C'est un jeu qui accumule tellement de moments complètement surréalistes, de séquences qui n'ont aucun sens ou qui sont tellement dans les clichés et les invraisemblances que ça en est hilarant. C'est une sorte de créateur de memes instantanés. À la fois grâce aux dialogues étrangement écrits avec des répliques sorties de nul part (« -J'ai trop froid... -Ouais. ») et aux actions qui reprennent des séquences de films pour en faire à peu près rien, comme cette tempête de sable tirée de La Momie (le film d'action avec Brendan Fraser) ou cette séquence de pipi dans la neige par moins 40°C qui rappelle que Ellen Page avant d'être dans Beyond était dans Inception. Surtout, c'est là le plus important dans les films qui sont réellement des nanars de très haute volée, le jeu ne se départi jamais de son ton grave et sérieux, ce premier degré qui me semble porter à la hauteur des meilleurs mauvais films sympathiques que j'ai pu voir.

 

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Pour résumer tout cela, je dirais qu'il commence à suffire de dédouaner Quantic Dream de son devoir de bien écrire. On ne développe pas un jeu basé sur une histoire si on est incapable d'en écrire une bonne. Un jeu est un tout et si quasiment le tout est misé sur un cheminement initiatique, je pense être en droit d'attendre que cela soit bien construit et réfléchi. Beyond : Two Souls, comme Heavy Rain avant lui, manque de discipline tout simplement. Contrairement à beaucoup, je n'attaquerais pas spécialement Fahrenheit ou Heavy Rain sur la prise en main (encore que si l'idée est bonne dans les faits il y a des gros soucis) et je ne dirais rien sur Beyond parce que je ne l'ai pas pris en main. En revanche, sans même être le plus gros cinéphile ou littéraire qui existe, j'ai suffisamment vu et lu pour ne pas pouvoir m'empêcher de rire à gorge déployée dans plus de 50% des séquences de Beyond parce qu'il y a toujours un truc étrange à l'écran. La contrepartie de ce qui est, à mon humble avis, un échec cuisant, c'est que le jeu est un nanar mais de très haute volée. À peu près aussi drôle que les gros plans sur le cul de George Cloney dans le costume du Caped Crusader, la séquence de torture avec un chinois doublé par les Inconnus de Beyond n'est qu'un des moments croustillants du titre que j'achèterais un jour pour son caractère culte (et que je ferais donc en VF comme tout nanar). En fait Beyond : Two Souls, c'est l'inverse Deadly Premonition. Le premier à des ambitions hollywoodienne, des moyens techniques de très grand standing (le jeu est SPLENDIDE mais genre vraiment) des grands acteurs officiellement au casting mais une histoire tellement bidonesque et compilation de déjà-vu que Moonraker à côté c'est du Shakespeare. Le second est dégueulasse visuellement, injouable, fait du plagiat évident de Twin Peaks et copie-colle le visage de Naomie Watts sans vergogne, mais le fait avec un tel flegme et un tel sens du dosage entre premier et second degré qu'à l'arrivée, il est magistral. Du coup, achetez quand même Beyond : Two Souls, vous rigolerez bien entre amis et en solo, une ou deux séquences feront leur office...mais par pitié n'encouragez pas notre Joel Schumacher vidéoludique à continuer dans cette direction scénaristique.

Pour d'autres avis que le mien sur Beyond: Two Souls, je vous renvoie à l'article de Noiraude actuellement en Home ou à celui de Nemesis. Je vous conseille d'ailleurs fortement de mettre le nouveau blog de Nem dans vos favoris, histoire de ne pas louper sa plume.

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Silence, Moteur, Action!

World War Z était le film que j'attendais le plus cette année. C'était la conjonction de trois choses : mon block-buster de l'été, un nouveau film avec Brad Pitt (oui j'aime Brad Pitt d'amour) et surtout un nouveau film de zombies. Profitant, comme beaucoup d'autres pauvres, du crépuscule de la fête du cinéma pour tenter de voir le film le jour de sa sortie, je me suis retrouvé avec mes compères de mésaventure à aller le voir à une séance tardive (de laquelle je rentre à peine) au lieu de celle du début de soirée. Cela valait-il le coup ? Oui et non. Pour éclairer cette réponse de normand, je dirais que World War Z est ce qu'il est censé être, sans être ce qu'il est censé être.

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C'est un block-buster d'action, ça ne fait aucun doute, mais il montre une sorte de dichotomie face à son autre place dans le genre horreur et le sous-genre zombie. Le genre zombie, instauré depuis des années par Romero et son Night of the Living Dead, est un genre qui repose sur une certaine forme d'intimisme propre au post-apocalyptique et qui y ajoute un effroi visuel provoqué par la présence de gore. Toute les déclinaisons qu'il a subit, les variations de zombies (les fameux infectés), restent avec ces bases plutôt solides pour départ. Autre détail, mais qui a son importance dans mon jugement de ce World War Z, ce ne sont pas des films très grand public. Il y a quelques représentants célèbres qui ont connu un certain succès et la présence continue des zombies dans le domaine vidéoludique ou des série comme Walking Dead nous prouve que la mode du mort-vivant n'est pas prête de s'essouffler. Cependant un film de zombies reste un film qui ne s'adresse à l'audience du block-buster classique. Ce n'est pas le film qui passe le dimanche soir sur TF1 en somme...

Pas vraiment un genre qui sied à tous les publics.

Clairement, c'est là que se situera la déception pour tout amateur de film de zombie. Alors que l'on s'attendait à un potentiel concurrent au fabuleux 28 Days Later de Danny Boyle, ce que nous propose ici Marc Forster, c'est un film de zombies capable de passer sur TF1 le dimanche soir. Ce n'est pas forcément de manière péjorative que je le dis, mais World War Z est probablement le premier film de zombies réellement grand public. Ou plutôt, c'est le premier film grand public, à gros budget, qui parle de zombies.

Car le premier choc pour tout amateur de zombie, c'est la pudeur de la réalisation quant à la violence graphique. Alors que le genre nous habitue à de la tripaille et de la chaire mâchée même pour ses représentants comiques comme Shaun of the Dead ou Zombieland, World War Z prend le partie de ne pas montrer ce qui aurait été potentiellement choquant visuellement. Une amputation de main ou un pied de biche qui atterrit dans un crâne ? Cela se passe hors champ. Plus que de l'horreur au sens slasher ou torture porn du terme, le film s'oriente vers de l'épouvante de temps à autre et du stress quand la situation vire à l'action tambour battant. La musique est d'ailleurs de bonne facture mais singe énormément les dernières prestations de Hans Zimmer (les cors sont irrémédiablement à la mode).

Autre signe d'un film orienté vers un public large, la réalisation de Forster fait montre d'invraisemblances, ou d'improbabilités pour être plus exact, assez régulières. Sans trop en dévoilé, je dirais simplement qu'on craint rarement pour la vie du héros, même si son intégrité physique est souvent mise à mal. On est loin de la cruauté que ce genre peut parfois montrer. Le film ajoute même par moment certains plans étranges qui distillent une forme d'humour dans des situations par ailleurs graves. Le tout est saupoudré de poncifs assez reconnaissables, comme l'altruisme surréaliste de certains personnages prêts à donner leur vie, tel Bruce Willis dans un film de Michael Bay.

 

Ça a ses avantages d'avoir beaucoup d'argent pour faire un film.

Je tiens cependant à mettre un holà sur les potentielles, et sans doute justifiées, critiques sur la qualité du film, rapport à cet aspect très grand public ; une contrepartie existe. L'aspect technique impressionnant et les présences d'un réalisateur talentueux derrière la caméra et d'un acteur célèbre et non moins talentueux devant restent des arguments en la faveur de WWZ. On aurait tort de dire que Brad Pitt livre ici sa plus belle performance, mais de la même manière que Gary Oldman dans l'exécrable The Unborn, il s'avère que le mec joue juste quoi qu'il arrive au niveau de la direction d'acteur. Quand bien même le film aurait été sabré de ce point de vue (ce qui n'est pas le cas) son nom est toujours un gage de qualité en ce qui me concerne.

Quant à la réalisation, elle souffre effectivement du script et de ces scènes tellement grosses qu'on a du mal à les gober, mais en attendant, Marc Forster ne manque de nous rappeler que malgré son échec cuisant à reprendre la suite de Casino Royal, il a quand même à son actif de beaux films comme Les Cerf-Volants de Kaboul, Finding Neverland ou Monster's Ball (À l'Ombre de la Haine). Certains plans sont splendides et choisis avec énormément de goût et l'esthétique globale du film est assez impressionnante et ce principalement grâce aux zombies qui abandonnent le concept de horde pour adopter littéralement celui de la vague. Le tout joui en plus d'une colorimétrie magnifique et si je ne dis pas de bêtise, on doit cela au directeur de la photographie Robert Richardson ayant oeuvré sur Inglorious Basterds, Django Unchained ou encore l'ennuyeux mais magnifique Hugo Cabret.

 

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Si je devais le prendre comme le fan de zombies que je suis (tous supports confondus) je dirais que World War Z ne rempli pas son office, voire qu'il est un affront personnel. Le gore est aux abonnés absents, la claustrophobie ou l'intimisme sont réduits à quelques scènes et tout manque cruellement de ce mélange étrange entre désespoir et fun que peuvent produire les films du genre. Pris comme un film de zombie, c'est indéniablement une déception. En revanche, l'apport financier très block-buster de l'été, d'habitude réservé aux robots géants et aux super-héros qui détruisent des grattes-ciel donnent irrémédiablement un cachet particulier pour le genre zombie à ce WWZ. L'image est plus spectaculaire ; les zombies ne courent pas, ils sprintent ; ils ne montent pas, ils escaladent. La réalisation gagne en beauté esthétique avec des plans soigneusement étudiés et une photographie splendide. On regrettera que le réalisateur retombe quelques fois dans le travers de Quantum of Solace et de sa shaky-cam un peu illisible sur quelques séquences mais globalement l'action apporte de bonnes sensations. Au global donc, c'est un film sympathique et finalement relativement unique pour cette croisée des chemins improbable. Un film de zombie grand public...pourquoi pas ?

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Silence, Moteur, Action!

Hier soir, je suis allé voir Man of Steel à l'occasion du début de la fête du cinéma, qui sera pour ma part très science-fiction, puisque je compte aussi voir le décrié After Earth ainsi que Star Trek Into Darkness et éventuellement Dark Skies. Toujours est-il que j'ai trouvé le film moyennement intéressant sur le début, pour ne pas dire que je m'y suis royalement fait chier, puis à un moment, j'ai eu une petite séquence frissons comme TDKR m'en avait fait ressentir sur pratiquement tout son long. Sans faire de critique détaillée (ce n'est pas le but de ce billet) j'ai apprécié Superman, son incarnation ultra sexe-symbol (franchement il me ferait presque devenir gay ce con) le nouveau design et le look global du film puisque je n'ai rien contre le lens-flare. Par contre effectivement, si Snyder nous épargne l'outrance de slow-motion, c'est pour verser dans le zoom de zoom parkinsonien qui floute la lisibilité de l'action et transforme la séquence finale qui aurait potentiellement bien écrasée Avengers niveau dégâts, en remake de Transformers 2...

Mais trêve d'introduction, aujourd'hui ça n'est pas de Superman que je veux parler, mais des super-héros d'une manière générale. Je me souviens qu'à la sortie de TDKR, ma critique avait eu le malheur de se retrouver projetée en Home et que le fait que j'avais apprécié le film, plus que son prédécesseur même (et je reste là-dessus) m'avait attiré des quolibets pas franchement toujours fins ; le point revenant sans cesse étant notamment l'incohérence de certains moments du film qui ferait passer Independance Day pour un chef-d'oeuvre d'écriture. Pourtant, je maintiens que le film est là où je l'attends et là où j'attends tous les films de super-héros au final : voir un super-héros.

Quand il ne figure qu'un héros en tête d'affiche (Spider-Man, Iron Man, Batman etc) les films sont toujours construits de la même manière. Si c'est le premier ou un reboot, on montre qui est le héros avant sa transformation, puis le moment de la transformation, puis l'apprentissage et enfin un moment climax où celui-ci fait briller ses pouvoirs. C'est une montée en puissance nette. Si c'est une suite, il s'agira plus d'une cloche inversée : on commence avec le héros d'ores et déjà fort et maître de lui-même, puis il tombe face à un adversaire qui le fait chuter de son piédestal, remettant parfois en question son statut de héros, puis le héros remonte la pente et bat l'adversaire et se mue en une version plus forte de lui-même (oui ça rappelle DBZ ou Harry Potter).

Personnellement, je ne vis que pour la troisième partie de la suite. Je ne vis que pour le moment où le héros devient légendaire, le moment où l'oiseau devient phoenix. Le moment où contre toute attente, devant une impossibilité mathématique de gagner, le héros se transcende et utilise ce qu'il a sa disposition à son maximum pour gagner. En général, ce stade ne se montre que sous forme de prémisse dans le premier film. La toute fin de pratiquement tous les premiers films de super-héros forcent le héros à se maîtriser mais pas forcément à se dépasser. À partir de là, je sais précisément pourquoi j'aime ou non un film de super-héros : il faut que le héros se transcende et que les images montrées à l'écran soient iconiques, représentatives de ce héros en particulier et de son visuel dans le comic-book. Il faut que le réalisateur ait capturé ce qui est cool chez ce héros.

Pour moi, les films de super-héros sont avant tout des films visuels et sonores. C'est la transposition avec les codes cinématographiques de ce que je vois sur papier. Pour me plaire un film de super-héros n'a besoin que d'être représentatif de ce que le super-héros peut faire. Quand je vais voir un film de Batman, je veux voir Batman se battre, utiliser ses véhicules et gadgets de manière ingénieuse et toujours revenir à l'assaut en dépassant sa condition d'être humain normal. C'est ce qu'il fait dans Hush et c'est ce qu'il fait TDKR. Quand je vais voir un film de Superman, je veux voir Superman frappé très très fort, voler à pleine vitesse, je veux sentir qu'il tire sur la corde de ce que ses pouvoirs lui permettent de faire et c'est qui arrive sur la fin de Man of Steel.

C'est entre autre pour ça que, malgré l'amour que j'ai pour le nouveau Spider-Man incarné par Andrew Garfield, je suis un peu réservé sur le film Amazing Spider-Man au global parce que les séquences de déplacements balancés, qui sont l'équivalent de Superman qui vole, ne sont pas assez nombreuses ou alors trop courtes et pourtant du peu qu'on voit, c'est encore plus renversant que la trilogie de Sam Raimi. Seules la séquence finale montre ce qu'au moins 50% du film devrait produire visuellement. À l'inverse, c'est pour les raisons citées précédemment que The Avengers est à l'heure actuelle mon film de super-héros préféré. Ça n'est pas juste pour le ton du film, décontracté, au contraire, j'aime beaucoup ce qu'à apporté Nolan avec The dark Knight ou même Singer plus tôt avec ses X-Men. Non ce que j'aime, ce que je kiffe et surkiffe, c'est cette avalanche d'action filmée de manière parfaite et cette coordination entre super-héros qui justement manquait quelque peu aux X-Men version cinématographique. Avengers parvient à prendre tout ce qu'il y a de cool dans chaque personnage et le pousse dans une bataille à la hauteur de ces super-héros. Et l'avantage, c'est que chacun d'entre eux a eu le temps d'être introduit au spectateur et que le film ne s'embarrasse pas du début, toujours sympathique (j'aime bien les débuts de reboot en général) mais jamais jouissif. Quand je vais voir un film de super-héros, je veux jouir, de manière adolescente, sans réflexion, je veux voir ce que je m'imagine quand je lis un comic-book et que je fais les bruitages à voix basses en dessinant des scènes d'action sur mon carnet à croquis.

Une fois qu'on a imprimé l'image de Spider-Man dans des positions complètements folles...

...impossible de ne pas vouloir le voir que ça pendant 1h30.

À l'heure actuelle, les films de super-héros ont la capacité d'être mes films d'action préférés. Je ne cache pas que j'en attends rarement plus que de la démonstration de force et de puissance pour le bien. Man of Steel fait ça très bien sur la fin, mais gâche l'expérience avec cette shaky-cam trop lourde. Je ne cracherais jamais sur ceux qui tentent de faire plus ou différemment comme la trilogie de Nolan ou Snyder avec son Watchmen. Mais si le sens de l'héroïsme, du super-héroïsme même n'est pas là, si la transformation en légende ne s'opère pas, je ne suis en général pas très réceptif, à moins que la contrepartie soit énorme. The Dark Knight, sur tout son long, montre un Batman qui hésite et qui au final fait un choix définissant de ce qu'est un héros, à l'instar de The Boss dans MGS3, le sacrifice complet pour un idéal. Je lui préfère le nettement moins métaphorique The Dark Knight Rises où Batman se relève après chaque coup. La seule chose que j'attends désormais, c'est de trouver un film du genre qui surpasse le climax ultime de Avenger avec ce plan à 360° autour des héros, plan qui devrait être ringard de manière mathématique, mais qui est ultimement bad-ass tout simplement parce qu'il résume l'avalanche de super-héroïsme que le film nous envoie dans la gueule. À part un X-Men par Joss Whedon, je ne vois pas qui pourrait botter le cul des vengeurs...

Parce que je ne m'en lasse jamais...AWESOMENESS AT 1:29!

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Comme souvent, j'utilise les titres originaux et les dates de sorties américaines des films que je cite. Ce n'est pas vraiment par snobisme mais plutôt par commodité. Tout est uniforme et le plus souvent les titres sont aussi plus courts. De plus je parle du film comme si vous l'aviez vu...si ce n'est pas fait, allez réparer cet affront.

Le cinéma est un art vaste comme l'univers. Tellement vaste qu'il est impossible à un quelconque être humain de voir tout ce que l'homme a produit et ne cesse de produire dans ce domaine artistique, quand bien même il y dédierait sa vie. C'est ce qu'un certain Georg Simmel appelait ''la tragédie de la Culture''. Pourtant, régulièrement des films restent et marquent. Ceux-là on s'y accroche, parfois trop. On les porte haut au dessus de la foultitude d'autres images qui nous parviennent. On a l'impression de les surestimer, au point de ne pas oser les revisiter. Et quand on les revoit et qu'on se rend compte qu'on a le même sentiment après des années...c'est qu'il faisait parti des élus qui contrecarrent la tragédie de la culture. Dans ces films là, j'ai personnellement un top très particulier qui serait le top des films les plus cools de tous les temps. Ce sont des films qui m'ont marqué parce qu'à un moment T, ils ont eu tout pour être définissant de leur époque et d'un instant du cinéma. Aujourd'hui, je voudrais vous parler du plus cool d'entre eux. Tellement cool qu'il ferait passer Gerald de Hey Arnold ! pour un ringardos. Ce film, c'est Men In Black.

 

 Pour la petite histoire...

Men In Black sort en 1997. C'est une zone un peu particulière du film hollywoodien pour deux raisons. Premièrement, d'un point de vue technique, Men In Black est encore dans la période floue entre les effets spéciaux traditionnels (animatronique, maquillages, costumes, pyrotechnie...) et le tout numérique (fond vert).

Star Wars: Episode VI - The Return of the Jedi (1983)

Les années 1980 ont offert les plus beaux instant des effets spéciaux à la main. La fin de la trilogie Star Wars de George Lucas (1983), E.T de Steven Spielberg (1982), The Thing de John Carpenter (1982), le remake de The Fly par David Cronenberg (1986) ou encore le fabuleux Terminator de James Cameron (1984) ; on pourrait même évoquer Total Recall de Paul Verhoeven(1990) ou la suite (chef-d'oeuvre absolu) de Terminator, T2 :Judgement Day (1991) qui restent dans cette mouvance. On pensera aussi bien évidemment à toute la scène du film d'action policier entamée avec Beverly Hills Cop (1984) ; Leathal Weapon (1987), Die Hard (1988), Tango & Cash (1989). C'est réellement une période bénie en terme de films grand public venus des États-Unis ; de la science-fiction et de l'action à ne plus savoir qu'en faire et surtout avec des acteurs mythiques.

Star Wars: Episode III - Revenge of the Sith (2005)

Les années 2000 ont été l'occasion du soulèvement des machines et de l'avènement des films sur fond vert aux effets calculés par ordinateur, les fameuses CGI (Computer-Genarated Imagery). Clairement, c'est une arme à double tranchant. D'un côté, elle a permis de faire naître des choses qu'il aurait été impossible de faire auparavant pour des raisons techniques et de budget, comme Peter Jackson nous l'a prouvé avec sa trilogie Lord of the Rings (2001, 2002 et 2003) magnifiquement mis au monde grâce à Weta Workshop ou comme Sin City, 300, Watchmen ou Avatar l'ont montré, chacun avec un style visuel difficile (voir impossible) à atteindre sans le numérique. De l'autre côté, elle a aussi aseptisé une grosse partie de la production mondiale (même le Japon a fini par y céder) au point de perdre une partie de la magie de se demander comment ont été fait telle ou telle scène. Désormais, on peut faire s'écrouler des immeubles, on peut montrer Hulk qui met le coup de poing le plus jouissif de l'histoire du block-buster contre un ver géant de l'Espace mais on sait pertinemment comment cela a été fait. C'est aussi une des raisons du désamour (compréhensible) des fans envers la seconde trilogie Star Wars de George Lucas (bon il y a pas que ça hein...) ou des remakes de films comme Total Recall (2012), Clash of the Titans (2010) ou The Day the Earth Stood Still (2008) ; la relative facilité d'afficher ce que l'on veut, sans contrainte technique, à partir du moment où le budget suit, a fini par tuer une partie de ce qui fait des films des années 1980 des perles si particulières. C'est d'ailleurs grâce à une forme de retour à la vraie pyrotechnie et à l'ingénierie sur plateau que des réalisateurs comme Christopher Nolan font aujourd'hui la différence dans ce domaine cinématographique autrement complètement bouché. Qui n'a pas ouvert grand la bouche devant le 15 tonnes qui se retourne de The Dark Knight (2008) ou devant la baston dans le couloir d'hôtel à la gravité changeante de Inception  (2010)?

The Dark Knight (2008). Un des effets spéciaux les plus dingues de ces dernières années.

J'évoquais cependant deux raisons. La seconde raison est un peu plus sociale et tient à la place dans le contexte historique américain de Men In Black. Le film est sorti 4 années avant le séisme qu'a été le 11 Septembre 2001. Avant cette période, un film d'action se devait d'être une comédie en même temps qu'une montée d'adrénaline. Stallone qui insulte une machine pour avoir du papier pour s'essuyer aux toilettes dans Demolition Man (1993) ou Danny Glover qui se retrouve sur des chiottes piégées dans Leathal Weapon 2 (1989) ne me feront pas mentir. Il y avait une forme de décontraction chez les héros (toujours masculins malheureusement) de cette époque qui a disparu pendant des années de la production américaine puisque d'un seul coup, les explosions provoquées par des criminels ou des terroristes n'était plus sujet de plaisanterie et de grand-guignol. Après cette période, le block-buster est devenu beaucoup plus sérieux et surtout, il a vu l'avènement de ceux qui sauveraient l'Amérique, les gardiens de la puissance de cette nation endeuillé...les super-héros, les seuls capables de tout arrêter. Spider-Man, les X-Men, Batman, Captain America, Thor, Green Lantern, DareDevil, The Fantastic Four...on croule sous les collants et les immeubles qui s'effondrent et la tendance ne s'essouffle pas 12 ans plus tard, même si on sent un retour du fun avec les Avengers ou les anti-super-héros comme Green Hornet ou Kick Ass ou l'autre retour , celui des grandes gloires des années 80 comme Stallone, Bruce Willis ou Scwharzy dans des rôles très bourrins qui sont un appel à la nostalgie.

 

Un entre-deux rare.

C'est là que Men In Black devient un film extrêmement intéressant. MIB est donc un de ces films techniquement à la croisée des chemins. Réalisé par Barry Sonnenfeld, à qui on devait avant tout les deux longs métrages modernes de The Adams Family, il démarre sur un plan séquence en CGI d'une libellule que l'on suit dans un long périple, qui au passage se permettra un petit clin d'oeil à E.T, jusqu'à ce qu'elle ne s'écrase à pleine vitesse sur le par-brise d'un passeur d'immigrés mexicains. Si l'on décèle sans peine ces passages réalisés en post-production sur ordinateur, le réalisateur n'hésite cependant pas à utiliser un mélange entre CGI et les effets spéciaux traditionnels. Un choix qu'avait également magistralement fait Steven Spielberg pour son Jurassic Park quatre ans plus tôt. Alternant ainsi entre réelle explosions de slime et soucoupes volantes numériques, Men In Black est un des rares films des débuts de la CGI a ne pas vieillir techniquement parce qu'il n'abuse pas de ces effets et que le film ne tourne pas autour de ça. Le premier Harry Potter (and the Philosopher Stone) par exemple est clairement dans la catégorie de ceux qui n'ont pas su faire ce choix et qui le paye aujourd'hui en affichant une technique vieillote, quand bien même le film est sorti quatre ans après Men In Black et donc huit ans après Jurassic Park. Surtout, Sonnenfeld a l'intelligence d'utiliser les CGI pour des plans assez courts (sauf le premier donc et le méchant final) ou sur des séquences lointaine ou au moins pas en gros plan. L'accouchement du bébé alien est d'autant plus hilarante que Will Smith tient un ''vrai'' bébé tentaculaire et gluant dans ses bras. S'il avait été réalisé par ordinateur, l'effet n'aurait pas du tout été le même. De ce point de vue technique, on ne doutera pas que la présence de Spielberg à la production a joué un rôle favorable dans les décisions de Sonnenfeld.

 

La direction artistique est également un élément intéressant. L'une des autres différences entre un films de SF ou d'anticipation pré-2000 et post-2000, c'est la représentation du futur qui peut y être faite. Alors que Blade Runner, Demolition Man, Alien ou même le Cinquième Élément (il est français celui là) ont une représentation de la machine et de la ville futuriste très sale, noircie et encombrée, Tron Legacy, Total Recall (le remake), Surogates, I,Robot ou bien le très récent Cloud Atlas ont tendance à montrer des avenirs plus blancs, lisses, transparents...plus Apple finalement. Pourtant bien avant la sortie du premier iPod, Men In Black prend le parti de montrer une technologie futuriste, ou très avancée et d'origine alien pour être plus précis, dans des décors blancs et aseptisés avec des ordinateurs ronds, des baies vitrées et une luminosité forte qui contraste avec le New York présent, celui qui est technologiquement ce qu'il est à la fin des années 1990. Le résultat est qu'encore aujourd'hui le film est visuellement très actuel. Évidemment, les modes sont amenées à changer, mais le design global du film est vraiment un régal ; il a de la personnalité (ce qui n'est pas forcément le cas de I,Robot par exemple) sans qu'il soit non plus vintage. Comme pour la partie technique, c'est vraiment le juste milieu. Mais il y a mieux encore sur cette direction artistique.

 

 

Le coup de génie d'Ed Solomon.

Men In Black de Lowell Cunningham paru en 1990 chez Aircel Comics (racheté par Marvel).

Si vous ne connaissez pas Ed Solomon, personne ne vous en voudra. À part avoir transformé le second comic-book Men In Black en script pour le premier film de la franchise au cinéma (oui MIB est un comic-book à la base) le monsieur a écrit les histoires de Super Mario Bros. ou de Charlie's Angels, l'adaptation de la série télévisée. Pas très reluisant. Pourtant MIB, je le disais plus haut, est un film fait avec des tics hérités des années 80. Ici, on a donc affaire à un film d'action/sf qui cherche à jouer également dans la comédie. Mieux encore, l'intelligence d'Ed Solomon a été de pousser le jeu du rappel au 80's en utilisant le schéma classique à la Leathal Weapon. Qu'est-ce que Men In Black finalement si ce n'est une version SF des aventures de Riggs et Murtaugh ?

L'implémentation de ce duo de flics classique mais à un niveau de responsabilité largement plus élevé permet également d'augmenter le décalage entre enjeu et humour. Dans Lethal Weapon, on rit de voir les personnages survivre à des cascades impossibles ou provoquer des accidents hors du commun, tout en arrêtant la criminalité dans leur ville. Dans Men In Black c'est le même principe, sauf que tout est multiplié par l'échelle galactique à laquelle se rapporte le film. Surtout le caractère imprévisible de celui-ci eu égard à son bestiaire extra-terrestre et à sa technologie inconnue permet au moins au premier visionnage de surprendre le spectateur sur des codes qu'il a pourtant assimilé. À ce niveau là, le film est également très bien écrit puisqu'il donne à J la nouvelle recrue du MIB la même perspective que le spectateur. Ce dernier n'a en effet que la séquence d'introduction d'avance sur le personnage incarné par Will Smith pour voir qu'il a affaire à une section secrète destinée à contrôler la présence extra-terrestre sur Terre. En conséquence, la plupart des gags viennent de surprises diverses et variées concernant l'univers du film. Le Neuralyzer, le Noisy Cricket, le chien qui parle, le bouton rouge, l'accouchement...que des séquences cultes.

"Hey, Kay, nah, nah. Come on, man, you-you get a Series Four De-atomizer and I-I get a little - little midgy cricket?!"

Dernière chose sur l'apport de MIB au genre du buddy/cop movie, ce sont les références culturelles constantes que son univers peut apporter. Dans cette optique, MIB montre une étrange parenté avec quatre réalisations de Robert Zemeckis, à savoir la trilogie Back to the Future et Forrest Gump. L'un des principaux ressorts comiques de ces films est la réinterprétation de faits ou de personnages historiques populaires pour intégrer réellement le film dans le terreaux de l'Histoire. Back to the Future nous apprends qu'en réalité c'est Marty McFly qui a indirectement inspiré Johnny B. Good à Chuck Berry. Forrest Gump, dans son film éponyme, a quant à lui (entre autres choses) apprit à Elvis son pas de danse endiablé ou déclenché le Watergate. MIB est dans la même veine. En parlant d'Elvis par exemple, on apprend dans le film que celui-ci n'est pas mort mais qu'il est simplement « rentré chez lui » ou encore que des célébrités comme Dennis Rodman, Stallone ou Spielberg son des aliens, ce qui expliqueraient bien des choses. Évidemment, c'est un esprit qui a été conservé sur les deux épisodes suivants et qui marche toujours, même si le troisième opus notamment avait forcé un peu trop sur le côté patriotique américain.

 

Un film avec des étoiles hollywoodiennes.

Finissons sur le casting du film. Comme pour le cas des grands films mettant en scène un duo de héros ou une star qui semble évidente une fois le film vu, il est très dur de s'imaginer ce qu'aurait pu être le film sans le casting actuel. Qui d'autre que Christopher Loyd pour jouer le Doc de Back to the Future ? Qui d'autre que Johnny Depp pour être le Jack Sparrow de Pirates of the Caribbeans ? Pourtant dans ces deux cas comme dans le cas de MIB, beaucoup de sites et de livres affirment que le casting aujourd'hui inaltérable a bien failli ne pas être celui qu'on connaît. Initialement c'est à Chris O'Donnell que Sonnenfeld voulait confier le rôle de J et à Clint Eastwood celui de K. Le premier a décliné parce qu'il ne voulait pas de nouveau jouer un assistant de héros après son rôle dans le mythique Batman & Robin...comme quoi ça partait d'une bonne intention. Sur IMDb on trouve également une note intéressante qui précise que Will Smith lui-même ne comptait pas accepter le rôle mais que sa femme l'y a poussé ; grand bien lui a pris.

En effet au moment du film Will Smith a déjà une grosse notoriété en tant que rappeur et acteur comique pour la série The Fresh Prince of Bel-Air qui a duré de 1990 à 1996. Dans le même temps il est aussi apparu dans deux block-buster par les rois de la subtilité : Bad Boys de Michael Bay (1995) et Independance Day de Roland Emmerich (1996). Il est d'ores et déjà bankable et MIB ne sera qu'une façon de plus de s'affirmer comme le nouveau Eddie Murphy. Des années plus tard, on peut d'ailleurs trouver une interview (pour le Times) dans laquelle il explique qu'à l'époque il s'était fixé comme but d'être « the biggest movie star in the world » et les plus grosses stars font les plus gros films. Même si aujourd'hui, on le connaît la diversité de son parcours (de Bad Boys à Pursuit of Happyness en passant par I Am Legend ou Ali) et son talent d'interprétation, il considère cette période comme la période des films sans réflexion : « I looked at [my] top 10 movies of all time. At that point, they were all special-effects movies. So Independence Day, no-brainer. Men in Black, no-brainer. I, Robot, no-brainer. ».

Les années 1990, c'est le démarrage en fanfare de la carrière de Will Smith, le mec qui a décidé d'arrêté de vieillir il y a 15 ans.

Ceci étant dit, Will Smith apporte quelque chose au rôle que n'avait pas par exemple Mel Gibson dans le même genre au moment de Leathal Weapon ou que n'aurait certainement pas apporté Chris O'Donnell, c'est le côté cool et hip-hop du personnage. Évidemment le fait qu'il soit noir et que son personnage joue sur la plupart des clichés du flic black cool de l'époque n'y est pas étranger. Ceci étant dit, il fait plus que bien et ajoutera d'ailleurs à la partition de Danny Elfman, décidément toujours dans les bons coups, le titre phare de la bande originale du film. Cela paraît facile à dire aujourd'hui, mais je pense sincèrement que Men In Black n'aurait pas eu l'impact qu'il a eu si ça n'avait pas été Will Smith dans le rôle de J.

Pour le reste du casting, on retiendra bien évidemment l'excellent Tommy Lee Jones en rachitique K qui forme avec Will Smith une pair incroyable. Mention spéciale également à Vincent D'Onofrio (New York - Section Criminelle) qui assure aussi le rôle du méchant bien dégueulasse qui pourri à vue d'oeil pendant tout le film. Côté équipe technique, j'ai déjà mentionné Danny Elfman, mais je voudrais surtout mettre en avant Thomas Duffield, un autre proche de Tim Burton, ici directeur artistique. Il a bossé auparavant sur Batman Returns ou Edward Scissorhands ; bref encore une excellente pioche.

 

 

J'ai été long et dans le détail, mais il me fallait au moins ça pour exprimer pourquoi je vois en Men In Black plus qu'un simple « no-brainer » comme Will Smith le qualifierait aujourd'hui. Men In Black, c'est l'un des derniers films fait avec un esprit 80's qu'on ne retrouvera plus après, à part dans de rares productions comme Super 8 (2011), mais qui est passé par une transition d'univers culturel populaire. C'est le film définissant de ce qui était cool et grâce à son design ingénieux (le mélange du présent et du côté futuriste), à sa réalisation qui se sauve d'un éventuel vieillissement en mélangeant les techniques (animatroniques et numérique) et à son casting de pointures, il garde 16 ans plus tard la même saveur. À titre personnel, je le range à côté des Back to the Future, E.T ou Jurassic Park. Pas juste parce que c'est un film que j'ai découvert gamin, mais parce que plus de 15 ans après, je me suis rendu compte qu'il est toujours aussi excellent...et toujours aussi cool. Les Men In Black, c'est les nouveaux Ghostbusters.

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Silence, Moteur, Action!

J'ai beau chercher, je ne trouve pas dans les archives de mon blog de récapitulatif de mon année 2011 au cinéma. Je ne raterais pas le coche cette année par contre car j'ai réussi à voir 50 films en 2012 avec peut-être pas une claque interstellaire comme Black Swan l'année passée, mais un paquet de gros coups de coeur que je reverrais plusieurs fois avec plaisir comme I Wish ou God Bless America. Je vous propose donc un poster récap de ce que j'ai vu au cinéma en 2012. Le poster contient deux films qui ne sont pas sortis cette année et qui par conséquent ne seront pas dans mon Top 10. Après le poster, un top 10 donc, mon acteur et mon actrice de l'année 2012, ma bande-originale de l'année, ma scène préférée, ma réplique culte et mes quelques attentes pour 2013. C'est parti.

Il manque que The Expendables 2 parce que j'ai fait l'image avant de me rappeler que je l'avais vu...


LE TOP 10

Number 01 - Moonrise Kingdom

C'est mon gros coup de coeur de cette année, un film dont je suis juste tombé amoureux. Une petite histoire toute mignonne mais super bien menée, un casting fantastique, une réalisation hors du commun avec une façon de filmer originale et un aspect visuel global qui tient limite du conte pour enfant dessiné. Bref mon film de 2012 et un grand merci à Wes Anderson.

Number 02 - Avengers

Un premier film d'action dans le top et en seconde place. Avengers c'est le film de super-héros absolu. Attention pas dans le genre qui ressasse son passé, pas dans le genre dépressif. Non dans le genre on botte des culs surpuissants. Avengers c'est un orgasme du cinéma d'action. C'est le film qui fait éjaculer quand Hulk envoie un coup de poing à un ver géant. Le pire c'est qu'on sent qu'on ne se fout pas du client et qu'on ne le prend pas pour un con. J'aime les films d'action qui ne me prennent pas pour un con. AVENGERS ASSEMBLE !

Number 03 - Skyfall

Ce film...mais putain ce film. Ce film pue la classe. De la réalisation de tueur à gage avec des lumière splendides, des cadrages de dingues, des décors à faire passer le Seigneur des Anneaux pour un voyage à Tchernobyl. Le tout pour nous filmer un Daniel Craig qui fait passer son James Bond d'un héros à une icône. Ah oui et détail qui tue, j'ai écouté la chanson éponyme interprétée par Adèle plus de 200 fois.

 Number 04 - The Dark Knight Rises

Je m'en contrefous de passer pour un fan absolu de Nolan (ce que je ne cache pas être). Après l'avoir revu trois fois déjà, je confirme que c'est mon épisode préféré de cette trilogie dédiée à Batman pour la simple raison qu'il devient à un moment précis du film une vraie légende et un personnage définissant dans la mythologie des Batman par Nolan et c'est tout ce que j'attendais depuis trois épisodes. Oh oui et les seconds rôle globalement tuent leur race.

 Number 05 - The Descendants

En voilà un film qui ne paye pas de mine mais que j'étais sûr que j'allais adoré. Sorti au début de l'année, c'est aussi un de mes gros coups de coeur. On y retrouve un George Clooney tantôt drôle tantôt émouvant avec beaucoup de bonne humeur et un cast support de grande qualité. Le tout se passe en plus dans des décors splendides.

Number 06 - Prometheus

Depuis que j'ai joué à Mass Effect premier du nom (un petit moment donc) je rêvais d'un film spatiale un peu tendance réaliste avec de la HD qui défonce sa race. Prometheus c'est ça. C'est des plans à couper le souffle, un design sans faille et d'un goût sûr et certain. Son plus gros défaut est finalement d'être lié à la licence Alien à la fois par la trame et par le déroulement. Si Ridley Scott avait complètement misé sur un nouvel univers avec une histoire à part, ça aurait été mon film de l'année. En attendant c'est une des plus grosses claque esthétique que j'ai pris cette année et la bande originale de Marc Streitenfeld et Harry Gregson-Williams est fabuleuse.

Number 07 - Cosmopolis

J'adore Cronenberg mais genre vraiment. Déjà parce que c'est un blondophile obsédé qui ne peut pas s'empêcher d'avoir une incarnation érotique par film. Tous ces films suintent le désir et la lubricité et Cosmopolis n'échappe pas à la règle. Ensuite parce qu'il a toujours des thèmes de dingue chargés en symbolisme. Ce n'est pas toujours réussi mais pour ma part Cosmopolis est dans les excellents films du réalisateur. Il n'est pas forcément très lisible au premier abord, mais détrompez-vous il est beaucoup moins compliqué qu'il n'y paraît si on y regarde de prêt le thème de l'imprévisible.

 Number 08 - Looper

Deux excellents films de SF en un an, c'est fort. Le thème de Looper est assez amusant car il repose sur le mind-fuck que tout le monde a eu à propos de la notion de temps : si on considère que le temps est une ligne et non un multivers alors comment peut-on voyager dans le temps ? On y retrouve un excellent Joseph Gordon-Levitt, un Bruce Willis toujours aussi charismatique et une Emily Blunt...BLONDE ! Bref un bon univers d'anticipation. Pas le meilleur du genre mais un excellent représentant.

Number 09 - Lawless (Des Hommes Sans Loi)

Encore un gros coup de coeur que ce film réunissant Tom Hardy, Shia LaBoeuf, Gary Oldman et ma sweet (sweet) Jessica Chastain. Un film évoquant la lutte pour la virilité, la violence, l'abus de pouvoir et le tout avec des passages clairement dramatiques mais contrebalancés avec classe à l'aide d'un second degré qui manque à beaucoup de film américain de ce genre.

 Number 10 - Brave (Rebelle)

Je l'avoue, je me suis un peu emballé à la sortie du film. J'ai déclaré des choses comme « c'est mon Pixar préféré juste après Toy Story ». Avec un peu de recul, il lui manque sans doute de vraies bonnes vannes et des personnages secondaires plus solides pour avoir vraiment sa place devant Monstre&Compagnie par exemple. Ceci dit, je n'en pense pas moins de bien. C'est un beau film avec une super héroïne et où le drame, de tous les Pixar est sans doute le mieux géré.

 

Mes actrices de l'année

Number 01 - Charlize Theron (BLONDE OF THE YEAR)

Ouh Charlize, vas-y fais moi mal ! Des années qu'on ne la pas vu sur un écran et là BAM ! Elle revient avec trois rôles : deux garces et une sorcière. Le meilleur dans l'histoire c'est qu'elle est parfaite dans les trois rôles.

Number 02 - Emily Blunt


L'anglaise parfaitement irrésistible est dans mon top personnel des actrice les plus fantastiques. Pas parce qu'elle est belle mais parce qu'elle est belle, excellente interprète et surtout tellement drôle. Cette année, j'ai adoré ses rôles dans Looper, en mère de protectrice et dans 5 Year Engagement que je n'ai pas pu voir au cinéma, mais que j'ai rattrapé en DVD et qui est la RomCom de l'année.

Number 03 - Judi Dench

Cette femme est la classe et l'élégance absolues. Évidemment, c'est surtout pour son rôle de M qui tient pas mal de place dans Skyfall que je la mets dans ce top 3. Sinon, elle est aussi excellente dans un film un peu mineur My Week With Marilyn ou elle est adorable.

[HORS CONCOURS] Scarlett Johansson (parce que quand même)

Comment faire un top actrices sans parler de ma ScarJo d'amour, ma muse, ma déesse...bon une année pas forcément ultra folichonne au niveau des rôles. Je la retiens surtout en tant que Natasha Romanov / Black Widow dans Avengers où sa première scène est juste du délire complet. Sinon un petit rôle dans un film familial avec Matt Damon, Nouveau Départ (We Bought a Zoo) où elle prouve encore une fois que même en mode girl next door elle botte le cul à l'ensemble de l'humanité.

 

Mes acteurs de l'année

Number 01 - Daniel Craig

Moi je voudrais être Daniel Craig quand je serais grand. Je sais, j'ai du taffe ! Évidemment, c'est mon acteur de l'année pour sa prestation de dingue dans Skyfall, mais aussi pour son excellente interprétation de Mikael Blomkvist dans le Millenium de David Fincher. Un acteur qui dégage un charisme franchement épatant et pas qu'en costume.

Number 02 - Tom Hardy

Un autre mec très carré au niveau des épaules et qui dégage une aura assez dingue. En plus de son inévitable personnage de Bane juste hallucinant avec sa voix sous hellium et son masque si reconnaissable, je voulais aussi signalé son petit rôle mais bien fait dans La Taupe et surtout son incarnation de Forrest Bondurant dans Lawless qui est juste excellente et qui lui colle parfaitement à la peau.

Number 03 - Joseph Gordon-Levitt

De toute évidence, c'est l'année des chouchoux de Christopher Nolan. Joseph n'a pas chômé cette année. Entre son rôle secondaire dans The Dark Knight Rises, il a aussi eu le temps d'être Bruce Willis jeune dans Looper et de faire des cascades de dingue à vélo dans le complètement débile Premium Rush. Vivement la suite.

Gary Oldman (parce que quand même)

Impossible de ne pas signaler que ce mec est juste classe tous les ans. Le voir dans un film c'est être sûr qu'on va avoir au moins le plaisir de le voir jouer. En 2012, on le retrouve évidemment de nouveau avec son imper d'inspecteur Gordon qui lui va tellement bien. Surtout, il trouve un premier rôle avec La Taupe, un film que j'ai trouvé pour ma part assez décevant mais dans lequel il incarne très bien George Smiley le fameux personnage de John LeCarré.

 

Mes réalisateur de l'année

Number 01 - Sam Mendes

Parce qu'il m'a troué les yeux avec tous les plans de son film

Number 02 - Ben Affleck

Parce que même si j'ai pas mis Argo dans mon top 10, c'est un film qui prouve encore une fois après The Town (2011) que ce mec est un très bon réalisateur.

Number 03 - Tony Scott (1944-2012)

Parce qu'il est décédé cette année, qu'il fallait lui rendre hommage et que même s'il n'a pas eu le temps de sortir un dernier film, j'appréciais sa façon de filmer épileptique et rageuse transformant même une histoire de conducteur de train en un film d'action intense. Rest In Peace.

 

Ma bande-originale de l'année

Hans Zimmer de nouveau au top. J'en faisais état récemment dans un statut ; je ne comprends pas la posture anti-Zimmer. Comme pour Danny Elfman, John Williams ou Harry Gregson-Williams il a ses tics musicaux. Ceci dit Hans Zimmer sans ses percutions ça n'est plus Hans Zimmer. Encore une fois je salue donc sa composition pour The Dark Knight Rises. Je conseille surtout l'enchaînement de On Thin Ice, Gotham's Reckoning et Mind If I Cut In pour finir sur Why Do We Fall.

 

Ma scène préférée de l'année

Avec le meilleur moment de l'OST, le morceau ASSEMBLE.

Bon je ne vais pas faire dans la dentelle et dans le découpage fin. Ma scène préférée de l'année c'est toute la fin de Avengers à partir du moment ou Starks tombe de sa tour et est rattrapé de justesse par son armure Mark jusqu'au moment où il tombe du ciel et est rattrapé par Hulk. Cette scène est tellement gigantesque que c'en est pas croyable. Plan séquence de dingue, montée musicale de Silvestri qui décolle les tympans et gestion parfaite du temps d'écran de chaque personnage : cette scène est un chef-d'oeuvre du cinéma d'action hollywoodien.

 

Mon année a été somme toute très hollywoodienne pour ne pas trop changer. Je n'ai pas vu beaucoup de films qui ne soient pas américain, ce que je regrette toujours un peu. Ceci étant dit, l'année a été riche en bons block-buster malgré deux déceptions qu'ont été pour moi Amazing Spider-Man et The Hobbit. Je regrette aussi beaucoup de ne pas avoir vu de film d'horreur, mis à part le truculent Cabin in the Wood que j'ai rattrapé en DVD il y a peu. Pour finir, c'est aussi une année un peu fade quand on considère que je n'ai pas vu au cinéma de film de merde avec Nicolas Cage...ni de bon film avec Nicolas Cage non plus maintenant que j'y pense. Une bonne année bourrée de coups de coeur mais sans le supra masterpiece de la mort tout de même tel qu'avait pu l'être pour moi Inception il y a deux ans ou Black Swan l'année dernière.

Vivement 2013...

Pour l'année prochaine, j'attends avant tout World War Z de Marc Forster avec Brad Pitt (l'homme qui me ferait devenir gay...presque), Star Trek Into Darkness de J.J Abrams et Django Unchained le prochain Tarantino avec Jamie Foxx, Christoph Walz et Leo DiCaprio. Je suis aussi curieux de voir si Man of Steel revue par Zack Snyder pourra me faire changer d'avis sur Superman. Surtout, au delà de ces grosses machines américaines bien huilées, je veux être surpris, tomber sur des petits films qui me feront craquer comme Moonrise Kingdom cette année.

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Silence, Moteur, Action!


This is the end. Hold your breath and count to ten. Les mots d'Adele résonnent encore dans ma tête quand je pénètre dans le cinéma et pour cause, en seulement quelques jours, j'ai écouté une cinquantaine de fois le titre phare de la bande originale de ce dernier James Bond. Je l'ai écouté cinquante fois parce que j'avais envie de voir ce film, vraiment. Oh je ne suis pas un grand fan de James Bond, non. J'ai aimé, étant môme, assister à la lutte érotique entre Pierce Brosnan et Famke Janssen dans le sauna de GoldenEye. J'ai aimé voir le même Pierce Brosnan conduire sa magnifique BMW serie 7 avec un paddle tactile (pourquoi on a toujours d'application pour ça?) dans Tomorow Never Dies. J'avais adoré le générique de Die Another Day, mais le film m'avait complètement dégoûté de James Bond par sa surenchère surréaliste. En fait avant, je n'étais pas fan de Bond. Mais ça c'était avant...

C'était avant Daniel Craig que j'avoue moi-même avoir conspué avant de voir sa performance. J'avais beau ne pas être le plus grand fan de James Bond, j'avais quand même mon idée sur la question et certainement, je ne le voyais pas grand carré, blond et aux yeux bleus acier. Seulement Casino Royale (qui est aujourd'hui de mes films préférés) m'a simplement retourné la tête. James Bond était redevenu une légende, le super-héros des agents secrets. Jason Bourne était passé par là avec son improvisation, son ''réalisme'' et James Bond devait donc paraître moins désuet et moins abusivement équipé ; le défi était rempli à merveille. Plus de classe et d'élégance, plus de séduction (le dialogue du train est une de mes scènes préférées, tous films confondus) et dans le même temps plus d'action brutale et sans fioriture et étincelle.

"Vesper Lynd: It doesn't bother you? Killing all those people?
James Bond: Well I wouldn't be very good at my job if it did"

Après ce qui a donc été un choc pour moi, Quantum of Solace a été une vraie déroute. Malgré un démarrage génial en terme de montage (le plan sur la gente de l'Aston Martin DBS) le film se perdait vite dans une histoire sans grand intérêt et un casting en petite forme, Daniel Craig mis à part. Donc j'attendais Skyfall, parce que je voulais croire en un Casino Royale bis, un nouveau hold-up pour Daniel Craig qui est par ailleurs devenu un de mes acteurs préférés (et mon sex-symbol si je m'avisais de devenir homosexuel un jour). Avec Sam Mendes aux commandes (American Beauty, Les Sentiers de la Perdition...) c'était un objectif complètement atteignable. BINGO.

Skyfall, c'est le James Bond qui tombe au mauvais moment. Il a tout pour être une réussite ultime dans son domaine et par sa seule composition (dans le sens de recette) sur laquelle je vais revenir, il condamne ses suites automatiquement au mieux à de la qualité, au pire à une comparaison navrante. Parce que Skyfall, c'est un peu l'épisode qui sonne comme le dernier avec tout ce que ça comporte de tristesse et de joie mêlées, d'épique et de mémorable.

Pour commencer, Skyfall c'est (comme l'avait très justement signalé Jonah dans son post) le retour de Roger Deakins en tant que Director of Photography. Pour ceux qui ne comprendraient pas quel rôle a ce personnage dans un tournage (comme moi je l'ignorais il y a quelques années) c'est simplement celui qui s'occupe de la lumière (d'où le terme « photography ») et des couleurs dans un film. Et Deakins n'est pas une bleusaille. Si vous n'en aviez qu'un seul à retenir dans ce domaine, c'est bien lui. Pour comprendre son génie, il faut voir True Grit, The Assassination of Jesse James by the coward Robert Ford, In Time ou encore In the Valley of Ellah. Ce ne sont que des films qui brillent au minimum pour leur esthétique splendide. Skyfall est donc sans surprise un bijou visuel dans le top des plus beaux films de cette année.

Si Roger Deakins est crédité "director of photography" vous pouvez être sûr que le film sera parfait visuellement.

Avec déjà cette longueur d'avance artistique, Sam Mendes a donc pu s'en donner à coeur joie au niveau de sa réalisation. Les plans larges sont impressionnants, toutes les séquences apportent leur ambiance et les effets de caméra sont brillants à chaque fois (la première image du film...), que cela soit dans les scènes d'action ou dans les phases plus parlées.

En terme d'action, l'ouverture fait dans le costaud avec une tentative clair de concurrencer le pré-générique de Casino Royal et sa course poursuite à pied mythique. Ici tout y passe et c'est une sorte de condensé de tous les véhicules de course poursuite qu'on aura pu voir dans le cinéma d'action (américain essentiellement) avec un rythme assez dingue. Quand la scène prend fin, je suis d'ailleurs personnellement déjà sur le cul (forcément je ne regarde pas le film debout dans la salle) et bouche bée. Ce n'est pas le générique qui me refermera la bouche puisque dès les premières notes de Skyfall chanté par Adele donc, on assiste à un défilé d'images à la James Bond classique finalement, mais très réussi. Je préfère tout de même à ce générique ci celui de Casino Royale et encore plus celui de Die Another Day, mais en terme musical, la partition d'Adele apporte une mélancolie qui colle parfaitement à la situation.

Téléchargé il y a trois jours...plus de 50 écoutes. La musique sur un bien beau générique, c'est immédiatement superbe.

Mais revenons en à l'action. Outre cette introduction, Skyfall va régulièrement pousser le spectateur à s'émerveiller devant des explosions et autres fusillades qui sont impressionnantes sans en faire des caisses. Skyfall gagne à ce sujet la palme de la meilleur séquence finale de toute la saga Bond à mon humble avis, mélangeant du suspens, des flammes à gogo, des dialogues bien sentis et donc une esthétique simplement parfaite.

Encore une séquence dantesque...qui est amenée à la perfection.

Alors comme ça, on a l'impression que je loue avant tout Skyfall pour sa percussion et son sens de l'action retrouvée, mais rappelez-vous de deux choses. Déjà j'ai aimé Casino Royal avant tout pour ses dialogues et son élégance plus que pour ses séquences musclées, que j'ai tout de même adoré entendons nous bien. Ensuite j'ai dit que Skyfall avait un goût de Gran Finale. Skyfall c'est une histoire qui se passe de toute implication géopolitique à la Tom Clancy qui ont tendance à noyer la narration et à perdre complètement de vue les enjeux. Ce James Bond est une histoire simple, de come-back, de bad guy et de vengeance. Ici c'est personnel, comme ça l'était dans la relation entre Vesper Lynd et Bond dans Casino Royale, mais à une autre échelle.

En sus de son histoire plus intimiste, Skyfall se veut un hommage au passé de la série qui fête ses 50 ans avec ce volet et dans le même temps, il plane comme un sentiment de retraite dans l'air. Les dialogues sont perclus de petites répliques qui saluent les anciens volets, parfois de manière satirique, souvent de manière mélancolique et les clin-d'oeil sont souvent là pour rappeler qu'on est certes dans la lancée du reboot, mais que la concurrence plus jeune est passée dans le coin (qui a dit Ethan Hunt et Jason Bourne?). Le quatrième mur tremble donc régulièrement.

C'est avec plaisir qu'on retrouve la DB5. Au diable les Jaguar, James Bond roule en Aston Martin.

Pour finir sur quelque chose d'un peu essentiel au film et sur ses quelques défauts que j'ai décelé, le casting est présent et est dirigé de manière idéale. Daniel Craig se confirme à mes yeux comme le plus iconique des Bond, alternant les sarcasmes et les moments plus lourds émotionnellement avec brio. Encore une fois, je tiens à renouveler mes compliments à Judi Dench qui est définitivement une des actrices les plus classes qu'on puisse trouver ; elle trouve ici une place à la hauteur de son charisme. Javier Bardem est surprenant et pas seulement pour sa blondeur platine qui ébloui au premier abord, mais également pour son caractère pour le moins perturbant pour ne pas dire effrayant ; un bad guy comme j'en attendais pour ces nouveaux Bond. Le reste du supporting cast est aussi de qualité. Je reste cependant tempéré sur notre frenchy Bérénice Marlohe ou sur la non moins charmante Naomie Harris. Si les deux demoiselles jouent très bien (mention spéciale à Bérénice et à son tremblement de main vraiment convainquant) leurs rôles respectifs restent assez dans la lignée des anciennes James Bond Girl. À croire que définitivement, Eva Greene en Vesper Lynd restera le seul amour important de James.

Les acteurs sont très bien dirigés. Je tire encore une fois mon chapeau bas à Judi Dench qui étale sa classe dans ce volet.

Vous l'aurez constaté, j'ai fait un article assez long pour une review de film. Je préfère en général rester sur un format plus court, notamment parce que ça m'évite tout risque de spoiler (je pense avoir fait un job correct ceci dit de ce côté là). Mais Skyfall valait bien que j'en parle un peu plus. C'est clairement un de mes films de l'année. Je la trouve un peu pauvre en petits films coup de coeur (Moonrise Kingdom mis à part) mais niveau block-buster, c'est clairement la fête. Skyfall a un goût de James Bond Rises, de fin de série en beauté. Sans comparer la qualité de l'un avec l'autre (parce que je sens les vannes venir) je parle surtout du feeling qui est semblable. Une remontée de pente qui se fait avec panache pour retrouver le statut de légende et pas de simple héros. Skyfall c'est à la fois un hommage aux anciens Bond, une leçon de modernisation, une claque esthétique et un sentiment de travail accompli. Difficile de dire si je l'ai préféré à Casino Royale. Je dirais que chacun apporte son sentiment, mais que par son aspect ''définitivement, on ne fera pas mieux", Skyfall a une saveur épique exceptionnelle. Une chose est sûr, quand je voudrais me reprendre une claque action/mélancolie et filmée à la perfection, c'est Skyfall que je fourrerais dans mon lecteur Blu-Ray.

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L'année avec le Club300 Allociné a bien démarré avec début Septembre l'avant-première de Lawless (Des hommes sans loi) que j'avais énormément aimé et que je vous avais conseillé par statut interposé. Le second rendez-vous de la saison était encore une vraie réussite ; God Bless America de Bobcat Goldthwait prévu pour le 10 Octobre dans les bons cinémas !

God Bless America, c'est l'histoire de Frank, un américain d'une cinquantaine d'années bien tassées, qui travaille dans un bureau open-space typique, qui est divorcé et qui a des voisins insupportables qui passent leur temps à s'engueuler, à regarder la télévision avec le volume au maximum en commentant tout de manière débile sans même se rendre compte de la vacuité de leurs conversations. Alors Frank en a marre. Il en a marre au point de rêver de tuer les gens qu'il voit à la télévision. Les petites pétasses qui crient sur leurs parents dans My Sweet 16, les présentateurs débiles et racistes qui prétendent ''débattre'' dans les show politiques, les juges de radio-crochets qui se payent la tête de candidats un peu simple d'esprit. Alors Frank un jour se fait virer et décide passer à l'acte pour rétablir un peu de courtoisie et d'intelligence dans une Amérique qui part à vau-l'eau.

Comptant probablement parmi les films les plus jouissifs de l'année, God Bless America fait dans la satire au vitriol des États-Unis d'Amérique, dans tout ce qu'ils peuvent avoir de con et de remarquablement répandu dans le monde occidental. Voir God Bless America, c'est voir un mec faire ce dont on a tous rêvé en regardant la télévision et ses télé-réalité à la mort moi le noeud, en écoutant les préjugés racistes d'un grand-oncle à un dîner de famille dans une campagne profonde, en se rendant compte que tous ses collègues de boulot ne parlaient que de Secret Story (pendant mes deux mois à LaPoste) et jouissaient devant cette abomination.

Roxy:"Who you're killing next? Oh, Mormons and other religious assholes who won't let gay people be married. And adult women who call their tits the girls!"

Bref God Bless America, c'est un film qui fait du bien, mais alors vraiment du bien, ne serait-ce que dans le concept du serial-killer qui n'a pour cible que les gens qu'il considère comme mauvais pour l'ouverture intellectuelle de son pays. Évidemment, on sent que le réalisateur use très bien de la dichotomie entre le côté moralisateur et le côté tueur du héros. Cependant, le tout fonctionne. Parce que la jeune ''compagne'' de notre cher Frank, Roxy, apporte la tendance jeune, rebelle et moins réfléchie. Parce que le casting joue impeccablement Joel Murray en tête. Surtout parce que le film est très drôle et enchaîne les moments d'anthologie. Tout n'est pas parfait, certaines critiques sont un peu tirées par les cheveux, mais ça sent quand même méchamment la réalité et y aller à fond contre cette tendance de fond de la dégénérescence cérébrale, ça procure un vrai plaisir. Tentez votre chance donc quand God Bless America arrivera dans vos salle le 10 Octobre. Une belle petite perle typée Bonnie and Clyde qui risque d'être vite taxée d'anti-américaniste, mais qui vaut largement le coup d'oeil.

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Silence, Moteur, Action!

Malgré ma sensibilité exacerbée de bisounours, candide, optimiste et gentil jusqu'à en faire pleurer les plus gros trolls d'entre nous, cinématographiquement, j'ai été élevé à coup de botte dans le cul par des héros hollywoodiens bad-ass, qu'une certaine forme de pseudo élitisme (que je désavoue aujourd'hui) m'a fait moquer il y a de cela quelques années. J'ai grandi dans les années 90 en regardant bien sûr du Disney, la série animée Batman et le combo maternelle Ghost/PrettyWoman (qui explique sans doute mon affect pour les romcoms) mais la vérité, c'est que j'ai aussi grandi en regardant Demolition Man, Commando, Rocky, L'expert, Une journée en enfer, Rambo, Cliffhanger, Judge Dredd, Time Cop, Bloodsport, Double Impact, Piège en haute mer, Rock, Les ailes de l'enfer, 58 minutes pour vivre, Le bon samaritain, L'arme fatale, Tango&Cash, Terminator...

Yippie-Kai-Yay, PAUVRE CON!!!

J'ai été nourri à la testostérone américaine, aux muscles qui triomphent, aux punch-lines surréalistes. Alors quand on m'a dit que Sylvester Stallone, l'un de mes héros de stéroïdes (et qui mine de rien à nettement moins de casseroles que ses confrères) rassemblait toutes les superstars du genre action/bourrin des années 80-90, je me suis dit que c'était l'occasion de goûter de nouveau à ce plaisir qui aujourd'hui n'existe plus, parce que les héros sont morts. Sans aller plus loin dans la vindicte contre le cinéma d'action moderne, je déteste globalement les nouveaux films d'action qui sont tout aussi décérébrés que ceux que j'avais dans mon enfance, mais qui sont aussi blindés de CGI que vides de vrais stars qu'on voudra voir dans le prochain. Pour The Expendables, on était au moins sûr d'une chose...le casting était là. Pourtant je n'ai pas vu le film. Pas le temps au moment de sa sortie, et pas l'envie par la suite. Par contre je suis allé voir le second.

Et là ! Là ! J'ai trouvé ça cool sur le moment et plus j'y pense...bah moins j'y penses. Pour la petite histoire, j'y suis allé avec Kaminos et Akiru, et sur le chemin du retour vers chez moi, ce squatteur de Akiru et moi-même n'avons fait que parler de...The Dark Knight Rises. En fait je pense que The Expendables 2 est un sketch. Je ne dis pas ça par moquerie, mais simplement que l'on dirait une parodie de ce qu'était les films d'action des années 80-90. Le casting ne contient que des bras. Le méchant s'appelle Vilain. Le méchant est très méchant. Les héros mitraillent sans discontinués et touchent des dizaines de sac-de-frappe sans que l'inverse ne se produise. Mais The Expendables 2 manquent de pleins de choses qu'on avait dans les dizaines de films dont j'ai cité quelques représentant au début.

Ça ne manque pas de muscles, je vous l'accorde!

Le problème c'est que The Expendables 2 manque cruellement authenticité. Il se veut comme il est, c'est-à-dire avec des répliques sorties de nul part qui au premier degré sont ridicules, un scénario prétexte et un méchant identifiable mais aux motivations débiles. Du coup il manque de charme, du côté suranné d'un Demolition Man par exemple qui cherchait à être un bon film d'action/scifi et qui au final fait dans le gros bras sans aucune des réflexions propres à ce genre cinématographique (celui de la scifi j'entends). Oui nos héros sont là et bastonnent mais les punch-line sonnent creuses parce qu'elles sont là...pour être là. Malheureusement, on a l'impression de regarder une réunion d'anciens de la fac. Tout le monde veut jouer le jeu et se rappeler le bon vieux temps et oui, ça fonctionne quelques fois avec l'arrivée de Chuck Norris, le combat final (le combat hein pas forcément les répliques). Rapidement pourtant, on sent qu'on fait ça surtout pour la façade et que malgré ce qu'on a vécu, on est plus trop fait pour faire ça.

Le bon vieux temps je vous dis...

J'ai adoré revoir Stallone dans Rocky Balboa et dans John Rambo, parce que c'était des fat come-back avec à la fois le souvenir et la nostalgie de ce qu'était le mec et ce sentiment qu'il peut encore le faire. The Expendables 2 à côté est plus un super sketch entre potes qui ne compte que sur la nostalgie et la moquerie de ce qui s'est fait avant et c'est dommage. J'ai beau bien rire devant la débilité de Tango&Cash, je n'oublie pas que j'ai adoré ça aussi parce que ça n'avait aucun sens et que c'était fait en pensant que ça en avait un. Oui je vous aime tous les mecs, avec vos gueules, vos voix, vos muscles et vos carrières que j'ai participé à payer de bon coeur en achetant des VHS et en allant au cinéma avec mon papa. Mais là vous rigolez en partie de votre propre travail et ça me fait un peu mal, parce que j'aimais ça et j'aime ça encore, les films d'action bourrin des années 80-90. Je les aimais pas seulement pour l'action, mais aussi pour les méchants débile, pour les répliques sorties de nul part, pour les scénarios prétextes...Comme quoi être trop « self-aware » ça peut nuire au cinéma. Wes Craven en a fait les frais avec son Scream 4, je trouve que Simon West en fait les frais avec The Expendables 2. Faîtes-en un troisième, mais mettez-y du coeur et de la vraie sincérité. Si vous voulez une vraie parodie ultime du film d'action...regardez Hot Shots 2, l'un des films les plus drôles qui ait jamais été fait. Et si vous voulez du film bad-ass, retourné dans votre vidéotèque et rebranchez votre magnétoscope: on l'a pas encore notre revival. Pourtant on était à pas grand chose d'avoir le Super 8 du film d'action bourrin. Ça viendra, j'en suis sûr!

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Silence, Moteur, Action!

Ça y est c'est fait. Après un rendez-vous catastrophique hier soir, j'ai rappelé mon ex pour qu'on remette ça ce matin. Alors pour info, mon ex c'est Christopher Nolan et je me le tape tous les deux ans environ. C'est pas moi qui ne suis pas fidèle, c'est lui qui n'est pas là quotidiennement pour moi. Heureusement j'ai beaucoup de vidéos qu'il a fait avec soin et qui m'accompagne entre deux ruptures, en espérant le prochain rencard des deux ans. Parce que pour ceux qui débarqueraient sur mon blog pour la première fois, déjà bienvenue dans mon humble demeure, mais surtout il me faut bien remettre les choses en perspectives avant de donner mon avis sur The Dark Knight Rises, la dernière sortie de mon amoureux.

Nolan c'est un réalisateur très en vogue. Je ne peux pas me targuer d'avoir été là, à soutenir ses films dès le début, puisque très longtemps j'ignorais le lien entre Memento, Insomnia et Batman Begins. A la sortie de The Dark Knight, j'ai tout de même décidé qu'il fallait faire une sérieuse lecture de sa filmographie et il en ressorti un film, The Prestige qui est à l'heure actuelle mon film préféré et à mes yeux le meilleur film de sa carrière, pour les siècles des siècles, amen. Le temps que je regarde l'intégralité de ce que cet homme avait bien pu faire en terme de long métrage, Inception sortait, en 2010, me donnant ce qui reste encore une fois ma plus grosse baffe au cinéma, pour les siècles des siècles, amen. Pourtant je n'étais pas serein à l'approche de The Dark Knight Rises.

J'aime un peu trop Nolan pour lui faire confiance à 100%...

Le problème, c'est d'abord que Inception était tellement énorme (de mon point de vue bien entendu) que je ne concevais pas qu'il puisse faire un film de cette envergure. Car oui, je préfère Inception à The Dark Knight. Ensuite, il s'agissait d'un épisode de clôture (dans le sens de ''fin'' et pas de ''haie'') avec quelques éléments qui faisaient tout de même un peu peur, si fan de The Dark Knight que je puisse être. Entre Anne Hathaway qui devait se glisser dans le costume de Catwoman, le retour d'une bonne part du casting de Inception (Joseph Gordon-Levitt, Tom Hardy et Marion Cotillard) qui me faisait penser que Nolan avait été un peu pantouflard sur sa sélection d'acteurs, je n'étais pas extrêmement chaud au premier abord, même j'étais sûr que le film serait au moins bon. Pourtant, ça y est, j'ai mon MotY 2012. Après 2h45 à en coller plein la tronche, je vais vous dire pourquoi je pense (à chaud) préférer The Dark Knight Rises à son prédécesseur.

The Dark Knight Rises, c'est d'abord un film de Nolan pur jus. Ça vaut pour les adorateurs comme les moins convaincus. Les plans larges pris en hélicoptère, les courses poursuites dansantes, les dialogues et citations illustrées par d'autres images que simplement ceux qui parlent. On est à la maison clairement et comme d'habitude The Dark Knight Rises est un film bavard. Ceci dit, là où The Dark Knight jouait essentiellement sur la performance magistrale de Heath Ledger, laissant un peu de côté l'excellent Aaron Eckhart et reléguant presque Batman au rang de faire-valoir du Joker, The Dark Knight Rises prend le partie d'avoir encore plus de personnages mais chacun utilisé de manière géniale et surtout, sans jamais délaisser le vrai héros du film.

Car oui, enfin, j'ai l'impression de voir un film sur Batman, sur son ascension, sur son héroïsme. Certes, les plus fanatiques du comics regretteront qu'il soit plus dans les jambes que dans la tête, le film s'attardant assez peu sur le détective. Mais bon sang, c'est un pied fabuleux de voir Christian Bale enfin en Bruce Wayne charismatique, enfin en Batman légendaire. Face à lui, Bane avec sa voix lunaire trouve finalement une histoire à sa juste valeur, alors que souvent des jeux vidéo aux films (de Schumacher) il est vu comme une masse de muscles sans relief (ce qu'il n'est pas forcément dans le comic). Il est ici un vrai méchant, au même titre que le Joker, intelligent, puissant et surtout avec un plan machiavélique mais pas idiot pour un sou, ce qui donne au film un côté plus palpitant, certes moins dans la nuance que le second volet, mais diablement excitant.

Après le Joker de Heath Ledger, le Bane de Tom Hardy est un vrai adversaire...mais qui brille aussi parce qu'il affronte un vrai Batman.

Les autres rôles sont, je l'ai déjà dit, tous très bien écrits et fantastiquement campés. Michael Caine confirme (pour la millième fois) que c'est l'un des acteurs les plus talentueux et classes qu'on puisse trouver ; toutes ses répliques dans la peau d'Alfred sont lourdes de sens. Gary Oldman et Morgan Freeman sont aussi égaux à eux-même avec un Jim Gordon et Lucius Fox impeccables. En fait la vraie bonne nouveauté vient pour moi de Jason Gordon-Levitt, l'excellent officier Blake un simple flic dans la lignée de Gordon mais qui réserve son lot de surprises ; je n'avais aucun doute sur son talent déjà observé dans d'autres films dont l'excellent Mysterious Skin ou Inception bien sûr, mais pour le coup il est assorti d'un nouveau super rôle. Pour finir, un mot sur le casting féminin. Si je reste mitigé sur Marion Cotillard (d'autant que je connaissais le nom de son personnage...) qui pour moi n'a pas assez de temps pour se révéler importante pour l'histoire, j'ai trouvé Catwoman réussie. C'était mon plus gros doute et j'ai en partie été démenti. Elle est plutôt belle et gère très bien l'ambiguïté qui anime son personnage...reste que ce n'est pas le charisme et l'élégance infinie de Michelle Pfeiffer, mais ça reste très honnête.

Le casting qui pue la classe!

Au global donc, j'ai trouvé la partie narrative presque sans faille, fin comprise, celle-ci clôturant joliment la trilogie, en laissant tout de même une petite ouverture pour un quelque chose (le clin d'oeil à Robin...OWI!). Ce qui m'a cependant rendu The Dark Knight Rises encore plus jouissif que The Dark Knight, c'est l'abondance de scènes d'action dingues où la CGI est soit absente, soit invisible (Inception like). Finalement, The Dark Knight n'était pas si explosif que cela (surtout si on le compare au n'importe quoi absolu de The Avengers). Sa suite parvient à concilier beaucoup de dialogues et beaucoup d'action. Surtout, c'est filmé à la perfection. Finis les combats pris de trop près, complètement dans le noir de Batman Begins, finis les changements de plans qui partent en sucettes comme dans la scène en ville sous la pluie de Inception. Cette fois ci, les combats sont carrés, superbement chorégraphiés, brutaux et bien filmés. Les séquences de poursuites envoient vraiment du bois et conservent cette caméra légère qui flotte devant ou derrière les véhicules, comme la séquence de poursuite dans le tunnel de The Dark Knight. Les explosions sont là, mais avec ce côté sourd à la Michael Mann, plus en débris qu'en flammes. Un bien bel apocalypse sur Gotham...

Pour finir, la partition de Hans Zimmer est sans fausse note. Il maintient son style et on retrouve les thèmes du premier et du second réorchestrés, avec quelques variations bienvenues pour caractériser quelques personnages, Bane le premier. Un boulot nickel chrome, mais qui, il faut bien l'avouer, tient avant tout à la qualité initiale de la musique des précédents épisodes.

 

Au final, non je ne serais pas des détracteurs de The Dark Knight Rises, oui je suis avec tous les moutons qui suivraient Nolan n'importe où. Affinant son style depuis The Prestige, cherchant son univers dans le lore de Batman, ce réalisateur de génie nous a encore pondu une perle du film à gros budget qui ne prend pas son public pour un jambon. Le film est bien écrit, met enfin Batman sur un piédestal, lui propose un nouveau challenger tout ce qu'il y a de charismatique, et lui offre quantité d'alliés et d'ennemis tous remarquablement interprétés. Le film n'est pas sans défaut notamment la construction du fat come-back de Batman est déjà vue, mais elle est faite avec une telle rage et avec une telle force d'interprétation et de mise en scène qu'on ne peut que jouir à chaque apparition du caped crusader.

The Dark Knight Rises and Shines

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Une musique pour l'ambiance de déprimme dans laquelle je suis...

Il est minuit et quart et nous sommes le 25 juillet 2012. Je suis dégoûté. Vraiment dégoûté. Ce qui s'annonçait comme ma grande soirée de cinéma de cette année a viré au fiasco...pour bien comprendre pourquoi, je vais devoir vous expliquer comment je suis allé voir le film ; petit flashback sur ma life.

Nous sommes le 23 juillet et il est 22h et quelques. Akiru et Citadel, mes deux squatteurs préférés sont chez moi comme d'habitude pour jouer ou regarder des nanars. En pleine partie de Hidden in Plain Sight, on se dit qu'il faudrait commencer à voir les horaires pour le film de l'année déjà consacré avant même de l'avoir vu. Après avoir rallumé le PC et cherché les séances au MK2 Bibliothèque (notre QG depuis quelques mois maintenant) je constate que des avant-premières supplémentaires ont été rajoutées. En plus de celle de 18h20 et 21h30, il est possible d'acheter des places pour une séance en VOST de 21h40. Me retournant vers mes deux compères, je lâche un joyeux « ça vous dit qu'on se le fasse demain soir The Dark Knight Rises ? ». Leurs visages enjoué me servent de réponse ; nous mettons nos CB à l'emploie...

Histoire de se rafraîchir la mémoire et par la même occasion de revoir l'un de nos films cultes par excellence, nous décidons de regarder The Dark Knight pour la vingtième fois au moins (j'avais déjà revu Batman Begins récemment). Le samedi précédent, la Fnac Montparnasse m'avait fait défaut et je n'avais pas trouvé le BluRay du second de la trilogie à temps pour la soirée. Me voici donc à chercher à minuit 00h30, le 24 Juillet, une version rippée pas dégueulasse (sachant que le BR est en route par voie postale) à passer sur la nouvelle télé du salon. Le premier MP4 merde, le second ne passe pas sur mon Lecteur DVD. La dernière version est de piètre qualité esthétique mais son format ''.avi'' fait l'affaire. A 2h du matin passé nous finissons donc le film plus heureux et impatient que jamais d'aller voir l'avant-première.

Pour s'éviter la cohue aux bornes de retrait nous arrivons à 20h40, une bonne heure en avance. On tire nos trois places et le temps d'acheter un truc au Monop' hors de prix (1€90 la bouteille d'Orangina de 50cL) et du pop corn en quantité, on se met dans la fil pour notre salle, la numéro 04. A côté de nous sur les starting-block, la file de la salle numéro 05 avance pour la séance de 21h30...en VF ; les boulets. Nous les voyons rentrer et dix minutes plus tard c'est notre tour. L'excitation est à son comble.

On trouve trois places côte à côte sur le côté. Je m'en accommode pleinement du moment qu'on est pas répartie sur toute la salle. D'autres n'auront pas notre chance mais on s'en fout, c'est leur souci. Le film démarre, sans fioriture, pas de bande-annonce, pas de pub, juste le logo de Warner après le Visa d'Exploitation. Les gens sont chaux...ça applaudit déjà alors qu'on en est encore au logo de DC.

J'ai du mal à rentrer dedans directement. Je pense que l'excitation y est pour quelque chose, mais c'est un peu dommage parce que ce coup-ci encore, Nolan fait dans le démarrage en trombe. C'est du niveau de Inception sans conteste. Le méchant est là. Pas juste à l'écran...il est là, un charisme qui déchire tellement que je suis en train de me dire que le Joker sera dépassé avant la fin du film. Ça avance un peu et au bout de dix minutes je dirais, je suis enfin dedans.

Chacun des personnages est intéressant à suivre. Joseph Gordon Levitt, Gary Oldman, Morgan Freeman, Michael Caine (ce génie). Même ma plus grosse interrogation, Anne Hathaway est vraiment présente. Surtout Christian Bale dégage enfin la classe de Bruce Wayne et de Batman réuni, chose qui était plus mitigée pour moi sur les deux volets précédents. Enfin dégage la classe de Batman...sur ce que j'en ai vu.

How about a magic trick? I'm gonna make this movie...disappear!!!!

Au bout d'une cinquantaine de minutes dans le film, enfin, le chevalier noir déboule dans une scène de poursuite qui promet d'être aussi légendaire que ce début de film déjà palpitant. Soudain Bane (enfin je crois) crie : « éteignez les lumières »...

Et là l'écran s'éteint!

Au début, on croit tous à un effet de style. Et puis en quelques secondes, on réalise que les sous-titres ont disparu, mais que le son lui, est bel et bien là. Là c'est la panique. Le charisme de Bane surpasse l'écran et on se prend le quatrième mur de plein fouet. On se retourne tous, on crie, on s'insurge et quelqu'un prend l'initiative d'aller prévenir un salarié du MK2. Deux minutes plus tard, pendant que certains se bouchaient les oreilles pour ne pas se faire spoiler la scène auditivement, la salle se rallume et on nous demande de patienter.

C'est carrément le manager qui vient nous expliquer que c'est un peu confus et que dans 5 minutes « OUUUUUUF » on saura ce qui se passe « OOOOOOooooooh ». Une ou deux minutes s'écoulent et pendant une fraction de secondes, la lumière s'éteint de nouveau, soulagement général et « hourra » dans la salle. Forcément quand elle se rallume, on rit tous, plus par nervosité qu'autre chose. Il est maintenant 00h48 et avec mes deux compères nous nous sommes fait volé notre avant-première pour un film qui est de ce qu'on en a vu, magistral. La suite dans quelques heures...on va se taper la séance de 10h35.

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