CARIBOU: Scholarship Edition

CARIBOU: Scholarship Edition

Par seblecaribou Blog créé le 05/02/10 Mis à jour le 22/11/13 à 06h02

Le quotidien d'un gamer, nanardeur, cinéphile, blondophile...

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Mon père me dit souvent : « t'es bien comme ta mère, quand une idée dans la tête, tu l'as pas ailleurs ». Cher papounet, je vais mettre des actes sur ce dicton familial. Il y a quelques mois, je vous disais que le jeu vidéo était traité trop techniquement par la presse et que personne chez les généralistes n'osait se mouiller sur le plan éthique quand un jeu ne se contentait pas d'être bon ou mauvais sur sa technique, mais allait également tâter maladroitement la propagande. Il est temps aujourd'hui de remettre ça sur le tapis avec quelques exemples qui ne se limiteront pas au médiocre Medal of Honor que j'évoquais dans ce premier billet. Je vais parler de trois jeux, aujourd'hui. Trois titres qui devraient m'aider à vous faire comprendre, pour ceux qui en doutent encore, que CE N'EST PAS JUSTE DU JEU VIDÉO. Enfin quand je dis que je vais en parler, je vais en réalité laisser la presse française en parler à ma place. On va donc jouer à un jeu. Je vais vous montrer ce qui est dit dans le récapitulatif de chaque critique de quatre gros sites français qui seront Jeuxvideo.com, Gamekult, Gameblog et Jeuvideo.fr ; j'ajouterais (par honnêteté tout de même) des passages sur ce qui est critique sur le plan politique ou éthique si cela a été signalé dans le test et ensuite, je vais ajouter quelques précisions sur le contenu politique ou éthique en question.

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Commençons par Ride To Hell : Retribution. Sorti cette année en Juin, le jeu n'a eu aucune publicité et avant même de démarrer, je tiens à dire que je fais une grosse erreur en en parlant car ce titre aurait du rester dans l'anonymat le plus complet. Des quatre sites que j'ai choisi pour ce billet, seuls deux en ont parlé (c'est tant mieux) et voici en substance ce qu'ils en ont dit :

Test de Jeuxvideo.com

 

Test de Jeuxvideo.fr

Comme on peut le voir, le titre est mauvais du début à la fin. Attardons-nous un peu sur le pourquoi ; JV.com nous parle d'un jeu dont toutes les caractéristiques techniques sont navrantes, des mécaniques de jeu à leur application manette en main, en passant par la musique ou l'histoire. De son côté, JV.fr note, en plus de ces considérations techniques, « Vulgaire jusqu'à en être catastrophique ». Quand on plonge un peu plus dans le test, une partie me semble toucher au vrai problème du titre : « Les apparitions féminines fortement siliconées ne servent qu'à ajouter un peu de charme à ce mélange guignolesque : on a donc droit à des scènes de sexe cinématiques où les personnages enchaînent les poses lascives tout habillé. Même le dernier des Joy osait montrer un bout de téton ; on devra ici se contenter du manque de courage de développeurs à l'agonie qui veulent le gras sans le sexe, le buzz et l'argent du buzz. Pathétique et avilissant au possible pour les donzelles, présentées comme des catins faibles qui succombent au moindre excès de testostérone ».

Je féliciterais ici Maxence d'avoir eu le bon goût de signaler le caractère parfaitement avilissant des séquences de sexe de Ride To Hell : Retribution. Pour avoir moi-même essayé le titre, je peux vous assurer que c'est le truc le plus dégueulasse en matière de sexisme que j'ai pu voir, tous jeux vidéos confondus. Parce que ce que n'exprime sans doute pas assez clairement Maxence dans ces quelques lignes, c'est qu'on ne parle pas des boucing effect de Ninja Theory, ou des armures féminines de MMO qui rapetissent au fur et à mesure qu'elles montent en puissance. On ne parle pas de fan service débile. On parle de séquences de sexe où, après avoir tué des mecs dans un des TPS les plus nuls jamais créés, le joueur verra tous les personnages féminins coucher avec le ''héros'', et pour en rajouter une couche à cette débilité déjà bien crasse, dans la même pièce où les cadavre fumants gisent au sol.

Permettez moi alors de revenir sur une autre partie des deux tests : malgré sa promptitude à signaler le côté dégradant de ces séquences, on notera tout de même que Maxence trouve le moyen de d'ajouter que c'est dommage qu'il n'y ait pas de tétons apparents. Ce à quoi, JV.com en la personne de Logan a répondu de manière bien plus beauf et qui se passe de commentaires, je pense : « Car oui, outre la trame principale évoquée un peu plus loin, vous pourrez dénicher quelques missions annexes comme celle où il faut sauver des donzelles en détresse. S'ensuivra alors automatiquement une scène où Jake couchera avec la gourgandine sauf que pour des questions de classification, les belles garderont leurs vêtements durant l'acte. N'espérez donc pas entrapercevoir le moindre téton. Bref, au final, le tout est plus ridicule qu'émoustillant, à l'image de tout le reste du jeu ».

 

 

Splinter Cell : Blacklist est un sujet plus casse gueule à la fois pour moi et pour les critiques que je vais citer. Je tiens à préciser que j'ai essayé le titre dans sa version 360, suffisamment pour voir qu'il semble y avoir une suite solide à Conviction sur le plan du jeu, mais pas assez pour savoir si le pitch est aussi manichéen et dangereux idéologiquement qu'il semble l'être. Bref, voici les récapitulatifs de nos quatre participants sur le titre d'Ubisoft sorti cette année :

 Test de Jeuxvideo.com

 

 Test de Jeuxvideo.fr

 

Test de Gamekult

 

 

Test de Gameblog

 Comme je le dis en introduction pour ce titre, le débat est beaucoup plus complexe. La bataille entre interventionnisme et isolationnisme aux États-Unis est un débat qui a tenu bon depuis que le pays est né. De nombreux experts en politiques internationales, en histoire, en diplomatie auraient des choses très intéressantes à développer sur le sujet. De ce que j'ai vu (et je tiens vraiment à rappeler que je n'ai vu que les premières missions du jeu) Blacklist ne prend aucun gant avec le sujet et met en clair : les terroristes soutiennent le non-interventionnisme (ils veulent que les américains retirent leurs troupes de tous les pays où ils sont stationnés) et comme ils sont terroristes ce sont les méchants. Autant je n'ai rien à dire sur la seconde partie de la phrase ; pas besoin d'avoir un doctorat en sciences politiques ou en philosophie pour comprendre qu'utiliser la terreur pour imposer une idée, c'est vraiment faire n'importe quoi. En revanche, je reste estomaqué par le fait que le jeu ne remette pas en cause le caractère potentiellement (c'est ouvert à débat) ''juste'' de leur cause. La série a toujours été coutumière du fait d'opposer aux États-Unis des nations d'Asie, d'Amérique du Sud ou des Balkans (voire Ex-URSS qui s'ignore). Sans ressortir les éternelles épouvantails (ou alors sous une autre forme) on a eu des scénarios qui portaient à débat mais qui restaient à mon sens assez équilibrés.

Je ne donnerais pas d'avis personnel et définitif sur celui de Blacklist, mais je trouve que le pitch a de quoi faire grincer des dents tant les quarante dernières années des États-Unis peuvent se montrer riches en exemples d'interventions ratées ou camouflées sous diverses formes. Mon idée n'est pas de faire un cours d'anti-américanisme, mais simplement de montrer que la question est complexe quand une oeuvre de fiction s'y attaque. Le dernier film de Katheryn Biguelow, Zero Dark Thirty a soulevé pas mal de débat sur son traitement de l'intervention qui a mené à la mort d'Ousama Ben Laden, par exemple. De même Ben Affleck a eu à subir des critiques sur la façon dont l'Iran est représentée dans Argo. Qu'on soit pour ou contre la façon dont cela est traité, ou qu'on aime le film ou pas, ça m'est égal ; ce qui est important, c'est que c'est une part entière de la critique du film.

Trente secondes de recherches et vous tombez sur l'état actuel de la présence militaire américaine dans le Monde. De quoi au moins entamer un début de réflexion sur le jeu et la légèreté ou le je-m'en-foutisme avec lequel il aborde le sujet.

Pourtant, dans tous les récapitulatifs, c'est un sujet complètement survolé. Au mieux parle-t-on de l'histoire pour nous dire qu'elle est chichement narrée. Pour avoir lu les tests complets, on en apprend pas plus, voire on ne se pose pas la question. Mimic nous dit par exemple : « En possession de la Blacklist (liste des activités secrètes et des agents US infiltrés à l'étranger) des fous furieux, se faisant appeler Les Ingénieurs, réclament le retrait des troupes de l'Oncle Sam postées dans le monde, "sans quoi il va y avoir des morts". Alors même si je suis fan de ce genre d'atmosphères tendues, inutile de vous dire que c'est du déjà vu et que malgré les efforts palpables de Ubisoft Toronto pour proposer une narration convaincante, notamment au sein de l'équipe qui entoure Sam, aucun rebondissement ne vous fera chuter de votre canapé ». C'est le seul moment où l'on évoque le sujet dans le test. JV.com et Gamekult ne font guère mieux et le sujet est systématiquement ramené à une courte phrase de synopsis et à une note sur le fait que la narration n'est pas terrible.

Encore une fois, c'est JV.fr qui va se démarquer avec la phrase suivante : « Fiction politico-militariste usée jusqu'à la corde, l'histoire de Blacklist ne fait qu'effleurer un sujet moralement complexe, et restera campé dans sa bêtise : aux implications humaines du conflit Amérique vs. "bad guys" - dont les revendications sont totalement caricaturales - , le récit préfère les petits enjeux superficiels de série B ». La note ne s'en ressent pas et à la rigueur le débat n'est même pas là pour ce billet, mais au moins le sujet est entrouvert ne serait-ce que brièvement.

 

 

Là on touche au vrai cas, problématique par excellence. Le premier jeu était mauvais, mais à un point tel qu'il avait peu de chance que l'on puisse tomber dessus ; le fait qu'il soit d'une débilité sans nom et d'un machisme qui dépasse l'entendement ne faisait qu'enfoncer le clou si l'on peut dire. Splinter Cell Blacklist en revanche est le cas typique du jeu qui flirte avec un sujet à débat mais s'arrange pour être suffisamment bon techniquement pour que tout le monde se foute de savoir s'il le fait bien ; comme 95% des shooters sortis sur cette génération. Oui à l'époque PS2, les shooters étaient moins dans le moderne et plus dans l'historique ou le fantaisiste, avec des approches plus documentaires et moins Fox News. Call of Juarez : The Cartel en revanche, c'est de la merde idéologique qui n'aurait jamais du sortir mais on passe complètement à côté de ça, parce que personne n'y fait attention. Voici les récapitulatifs sur le titre :

Test de Jeuxvideo.com

 

Test de Jeuxvideo.fr

 

Test de Gamekult

 

Test de Gameblog

Encore une fois, rien ne semble avoir particulièrement choqué les différents testeurs sur le plan narratif, si ce n'est le fait que c'est stéréotypé et plutôt raté. Maintenant, si je vous dis que le jeu fait passer les latinos et les noirs pour des voleurs de femmes ? Intrigant, n'est-ce pas ? La totalité des ennemis du jeu sont de ces deux ''minorité ethniques'' ; je le sais pour avoir joué au jeu en coopération. Le jeu se passe à la frontière avec le Mexique...soit (encore que). Là où ça devient de la propagande extrêmement dangereuse, c'est quand il est affirmé, dans le cadre certes d'une fiction mais qui prend pour base une guerre (oui quand on a 60000 décès officiels et 100000 officieusement à cause d'un conflit entre forces armées policières et trafiquants de drogue, on parle de guerre) qui se déroule toujours actuellement, que les Mexicains viennent aux États-Unis pour voler des femmes et les revendre au Mexique dans le cadre d'un réseau de prostitution. Je passerais rapidement sur la débilité absolue de cette idée, qui est l'objet d'une mission de libération ; c'est aussi con que de dire qu'en Europe on vient kidnapper des femmes en France ou en Angleterre pour les revendre dans un réseau de prostitution des pays de l'Est. Ça n'a strictement aucun sens ! Mais bref...

Le fait est que cette contre-vérité est un outil narratif dans le jeu pour stimuler le joueur à abattre des dizaines de mexicains et de noirs. Au passage, ça contribue à créer une confusion et un amalgame parfaitement dégueulasse et raciste qui consiste à montrer ces deux ''minorités ethniques'' comme un poison pour les États-Unis qu'on vient purger à la source. Il y a d'ailleurs un truc que je n'ai pas tilté à propos du jeu avant de voir un épisode de Extra Credit à son sujet récemment ; c'est que l'un des succès du jeu nous récompense pour avoir abattu un certain nombre d'ennemis (succès que je n'ai pas débloqué lors de ma partie, puisque apparemment il est buggué) ; il se trouve que, comme par hasard, il s'agit du seul niveau de tout le jeu à n'avoir que des noirs comme adversaires. Transcrit de but en blanc : on vous donne un succès pour avoir abattu x noirs dans un niveau.

 

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Je ne sais pas ce qui me m'effraie le plus : de penser que les sujets que j'évoque ici n'ait été ne serait-ce qu'abordé brièvement, par une pauvre phrase dans le texte, parce que les testeurs ne les ont même pas vu, ou qu'ils n'en parlent pas parce qu'ils s'en moquent et que ça n'a actuellement aucune place dans un ''test'' de jeu vidéo. Putain de merde, on parle d'un jeu qui aborde un sujet très complexe politiquement sans aucun tact et aucune volonté d'en faire quelque chose et de deux autres titres qui sont au-delà de la connerie et carrément dans la haine raciale ou le sexisme de très bas étage ! Et tout ce que les testeurs trouvent à dire, c'est que c'est mal raconté ou que c'est pas assez graveleux. Mais sortez-vous la tête du cul bon sang !!! Vous êtes censé être la première ligne de défense. Tout le monde n'est pas équipé pour capter ce que j'ai mis ici en avant au premier run, mais c'est aussi pour ça que vous êtes là, pour vous assurer que ça ne passe pas comme une putain de lettre pleine d'anthrax à la poste. Et là j'accuse les journalistes de jeu vidéo, mais soyons clair, les joueurs aussi vont devoir se mettre un coup de pied au cul assez vite et revoir à la hausse leur préoccupations dans des jeux comme les shooters modernes qui ne prennent pas une seconde de réflexion pour délivrer un propos qui ne soit pas raciste, sexiste ou propagandiste avant même d'être incohérent et con. Pfffffiou...je vais en rester là pour ce billet, avant de devenir encore moins châtié, en rappelant encore une fois que ÇA N'EST PAS QUE DU JEU VIDÉO.

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Commentaires

seblecaribou
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seblecaribou
Disons que pour moi "Le miel n'est pas le miel sans le vinaigre" (Tom Cruise - Vanilla Sky B) ) Je ne crache pas sur un divertissement à la forme teubé, si dans le fond j'ai l'impression que le créateur sait ce qu'il fait et s'en sert pour détourner un peu la chose. Et je ne crache pas sur une soirée nanar non plus donc j'aime bien aussi voir des mecs et meufs qui sont juste cons et font n'importe quoi en utilisant les stéréotypes les plus pourris de l'univers. Le truc c'est que si on a pas le bon, on peut pas juger que le mauvais est mauvais et on peut pas s'en moquer. En somme, j'ai beaucoup de mal à passer une soirée nanar vidéoludique (genre en jouant à Ride to Hell) parce que malheureusement, j'ai pas beaucoup de contrepoids dans le domaine vidéoludique pour trouver ça drôle. Je finirais par trouver le boobs bouncing marrant, le jour ou beaucoup plus de jeu ne se serviront pas des "qualités esthétiques" des femmes (c'est vrai quoi c'est beau une femme) pour les définir. Je peux me foutre de la gueule d'un Vendredi 13 2 parce que Alien, Halloween etc existe. Dans le jeu vidéo c'est moins évident...beaucoup moins évident.
Waldotarie
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Waldotarie
Par contre je ne suis pas vraiment d'accord avec toi sur ce point précis : les divertissements ne doivent pas avoir un fond pourri. Jamais. En aucun cas. Parce que tout le monde n'est pas capable de faire la distinction entre la violence tarée et assumée d'un Duke Nukem (encore que je ne peux pas dire que DN Forever ne m'a pas fait tordre de rire, tant le niveau de vulgarité confinait au pathétique...) et un comportement à avoir dans la vie courante.
Rien n'empêche de faire un jeu parfaitement divertissant, défoulant, où l'on tue des centaines d'ennemis, sans avoir de de dérives... (Pas dur de le savoir, suffit d'avoir joué aux jeux post-PS2....).
Et bien entendu, de développer en parallèle encore et toujours des jeux plus intelligents, qui apportent une vraie réflexion (et qui émergent pour de bons ceux là !)
seblecaribou
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seblecaribou
Ou il y a ça oui :lol:
Waldotarie
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Waldotarie
(Ou alors, juste que tu as contaminé tout le monde sur ce site... :ninja:)
seblecaribou
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seblecaribou
Quoi qu'il en soit, je te pris d'avance de m'excuser si mon ton semble agressif, c'est simplement que je traîne sur le sujet depuis des années maintenant et que j'ai déjà eu cette conversation des dizaines de fois. Je constate cependant agréablement que cette fois-ci, tu es le seul vraiment t'offusquer (ou être en désaccord simplement) avec ce que je (et surtout pleins d'autres) en dis. Ça veut dire que depuis quelques années on progresse dans la bonne direction.
seblecaribou
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seblecaribou
@Roly: premièrement, tu confonds ce que le jeu véhicule et ce que le jeu veut véhiculer. Je suis persuadé que ni The Cartel, ni Splinter Cell ne cherchent à véhiculer des idées racistes et/ou pour l'interventionniste ultra-patriotique. Je doute que le degré de volontés des développeurs aillent jusque là, parce que sinon le jeu n'aurait pas abordé le sujet de cette manière, en particulier pour The Cartel. Sauf que dans les faits, que tu le veuilles ou non, que toi personnellement tu ais envie de le voir, de l'analyser ou non (et là je ne te critique pas sur le sujet, tu prends bien le jeu vidéo comme tu en as envie) le jeu véhicule quand même quelque chose. Quand DOA met en avant dans sa campagne marketing le côté libidineux du gamer qu'il vise, c'est sexiste: je doute que l'ensemble des personnes qui développent à Ninja Theory considère que les femmes ça s'arrête à une paire de seins qui rebondissent, mais dans les faits c'est ce que véhicule le jeu. Donc ça c'est une chose: toute création véhicule une vision du monde qu'elle soit consciente et voulue, comme avec des livres ou films engagés, ou que ça soit inconscient comme 80% des jeux de combats qui ont des femmes à gros seins parce que c'est le canon de beauté et qu'il faut flatter la rétine.

Deuxièmement

De 2, désolé, mais si, ça ne reste que du jeu vidéo. Un JEU. Je joue. Je suis là pour me détendre, m'amuser, et pas réfléchir sur la condition humaine et si le pauvre gars en face qui me tire dessus en fait il faisait ça pour nourrir son gosse et que ce soir il y aura environ 250 veuves et 750 orphelins à la fin de ma partie. RIEN A FOUTRE.


NON.

Pourquoi non? Pourquoi fermement? Parce que l'un n'empêche pas l'autre. Quand tu dis "je joue, je suis là pour me détendre" tu sous-entends que pour ceux qui veulent réfléchir, il n'y a pas de place. Tu dis que le média jeu vidéo ça doit être du fun point barre. NON. Quand je dis "ça n'est pas que du jeu vidéo" c'est une façon de dire, ça peut être fun et ça peut être sérieux. FUN ISN'T ENOUGH. Tu ne t'en rends sûrement par compte, mais cette façon de voir les choses que tu développe, c'est de l'égoïsme pur et simple. C'est comme si je te disais "bah moi j'aime les comédie romantiques dans le cinéma donc personne ne devrait avoir le droit de faire des drames" ou "ceux qui disent que le cinéma devrait parler d'autre choses que de trucs qui détendent bah ils ont pas le droit". Et avant que tu me répondes que c'est ce que je fais, je t'enjoins à relire et mon article et mes commentaires: je demande une cohabitation. Je demande plus de jeux qui se servent du potentiel HALLUCINANT, largement supérieur aux autres médias à mon avis, du jeu vidéo pour en faire plus et parler de l'être humain. Je ne demande pas la mise à mort des FPS bourrins, des jeux de voiture, des puzzle-game, je demande à ce que ceux qui abordent des faces de l'être humain, ou qui veulent utiliser un sujet d'actualité, le face dans le respect intellectuel des joueurs que ça DEVRAIT sous-entendre.

Alors non, ça n'est pas que du jeu vidéo. Le jeu vidéo ça véhicule des idées comme toute autre forme de culture. Ça ne veut pas dire que tous les jeux doivent être lisse, pas frivole, de bon goût, intelligent, qu'ils évoquent la sensibilité de l'humanité. Non, ça veut juste dire que pour l'instant, t'as tes jeux funs, et c'est très bien, mais moi j'ai pas beaucoup de jeux qui me parlent de l'être humain de bonne manière (les SH, MGS, Shadow of the Colossus, Shenmue, GTAIV, Mass Effect, Catherine...). Tu veux juste le fun, tant mieux pour toi. Et les autres qui s'en contentent pas? Ils crèvent la gueule ouverte?

Dernière chose et là je vais revenir sur le fait que je parle de test. Un critique, c'est censé être une personne qui prend du recul sur l'objet culturel qu'il/elle critique. Encore une fois, je n'ai pas écris qu'il fallait aller chercher de la signification là où il n'y en a pas. Mais quand on te montre toutes les femmes d'un jeu comme des Marie-couche-toi-là, sans aucune nuance (de toute façon quelle nuance on pourrait mettre à ça), je trouve qu'il faut quand même être soit bien aveugle, soit bien enfermé dans une idéologie machiste pour pas voir qu'il y a un problème de représenter la femme de cette manière.

Si tu veux, je suis pour le développement durable de la critique. Le développement durable, c'est économique+social+environnemental. Bah moi je veux de la critique durable: technique (gameplay et graph etc) +artistique+social. Toi tu te contentes de technique+artistique. Tu noteras que je n'enlève rien à ce que toi tu veux, je rajoute juste une composante. Et pour la dernière fois NON, je ne demande pas aux "testeurs"/critiques de donner son avis, mais simplement d'indiquer ce que dit l'objet et si c'est polémique ou sujet à débat, de le soulever. Si eux ne le font pas, personne ne le fera et ça ne sera jamais une composante de ce qui est important dans un jeu et ça c'est extrêmement triste.

Si les joueurs et les critiques et l'industrie au global n'avait pas cette idée bornée de limiter le média au fun absolu, immédiat et rien d'autre, des jeux comme Six Days in Fallujah ne mourrait pas avant même d'être sortis. Toi tu veux que Transformers, moi je veux Transformers, Casablanca, Le Parrain, 2001...
Waldotarie
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Waldotarie
Effectivement, d'ailleurs ça me rassurerait plutôt de voir que tu es seul à avoir exprimé un ressenti négatif, là où l'on pouvait craindre des attaques virulentes. Parce que certes, un livre, un film, de la musique ou un jeu vidéo, c'est avant tout faire pour se distraire, se divertir, et ça ne doit pas nécessairement réinventer le monde à chaque fois.

Oui, je place le jeu vidéo sur le même plan que d'autres médias, pour la bonne et simple raison que l'on peut tout simplement véhiculer un message avec.
Je dirais même que vu la place que ce média a pris en terme de popularité - tous âges et sexes confondus -, de poids financier, etc..., et compte tenu des évolutions techniques qui le permettent, le jeu vidéo DOIT raconter une histoire (ce que font tous les jeux vidéos récents qui ne se contentent pas d'un gameplay sans but d'ailleurs, souvent de la plus misérable manière).

Ceci étant dit, on peut donc lui appliquer les mêmes contraintes que pour les autres médias, et si une oeuvre est profondément raciste, profondément bête, sanguinaire, vulgaire ou que sais-je, elle ne fera que banaliser toutes ces formes de connerie humaine, et les rendre parfaitement normales et acceptables pour la masse de nos concitoyens qui survolent la forme sans jamais s'intéresser au fond, et dont la compréhension s'arrête au moindre bout de nichon ou à la moindre flaque de sang, sans jamais porter un regard critique sur quoi que ce soit. (parce que cela implique de la curiosité, donc c'est fatiguant, et à ce compte là, on va plutôt regarder TF1, au moins ça détend.)
Et donc, pour toutes ces personnes*, il est impératif de ne jamais tolérer de production dont le fond soit raciste, misogyne, xenophobe, antisémite, bêtement nationaliste ou belliqueux.

Un simple cours d'histoire t'apprendra que toutes les grandes guerres récentes ont été bâties sur ces thèmes, populistes, méprisables (alors qu'en fait ce n'était -presque- que des histoires de fric, mais ça...) Et tant que l'on tolérera la survivance de ces idées qui consistent à taper sur le voisin parce qu'il est vaguement différent, plus faible, plus riche, plus pauvre, plus ceci ou cela, l'espèce humaine stagnera, jusqu'à provoquer sa propre destruction.

Et dès lors, à tout ceux qui s'opposeront à moi, je répondrais :
"Nous n'entrerons pas dans la nuit sans combattre !" B)

*qui sont manifestement une immense majorité, il suffit de voir ce qui a du succès pour le constater...
roly
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roly
Je vais aller à contre courant de tout le monde ici, mais je n'ai pas du tout aimé l'article.
Alors oui, y'a des messages dans les jeux vidéos, mais à des degrés divers. Le but de certains, c'est avant tout de divertir. D'autres ont un message qui n'ont que but de faire plaisir au plus grand nombre. L'américanisme primaire de Medal of Honor, tout comme la campagne de pub axée autour du jeu à l'époque était bien de vendre un jeu comme "regardez comme nos vétérans de guerres sont des patriotes de la mort qui tue et dévoués etc."
Bref, y'a des jeux qui font réfléchir (et franchement, une poignée sur la masse) et je ne crois pas que c'est aux testeurs de parler de tout ça.

De 2, désolé, mais si, ça ne reste que du jeu vidéo. Un JEU. Je joue. Je suis là pour me détendre, m'amuser, et pas réfléchir sur la condition humaine et si le pauvre gars en face qui me tire dessus en fait il faisait ça pour nourrir son gosse et que ce soir il y aura environ 250 veuves et 750 orphelins à la fin de ma partie. RIEN A FOUTRE. Ton article engueule les joueurs ? mais désolé, j'aime le jeu et les tests tels qu'ils sont. Si tu penses qu'il y a une demande, créé ton site et fait les tests tels que tu les vois. Mais je ne partage pas ton point de vue. C'est pas aux testeurs de juger ou non le contenu d'un jeu. D'une part, parce qu'il y a autant d'affinité et de personnalités qu'il y a d'individus. Ce qu'un tel trouvera choquant (reprenons l'exemple du succès pour tuer x noirs) un autre trouvera ça amusant (= indifférence) voir carrément cool (= raciste). Comment juger d'un contenu via un test alors que les sensibilités sont totalement différentes.
Rien que la scène de shoot de l'aéroport de COD MW2 a scandalisé certains, et completement laissé indifférent.

Je crois sincèrement qu'un test se doit de rester dans la technique, et analyser le scénario mais sans s'impliquer personnellement. En gros, c'est clair que c'est le plus dur, analyser comment on ressent le jeu, mais sans aller dans les détails tels que tu demandes à les souligner. On s'en branle que les scènes de sexes sont habillées et ridicules dans le jeu dont tu parles en premier, le jeu étant de toute façon tellement merdique, c'est qu'un détail dans une mer de merde.

J'ai du mal à clairement exprimé mon désaccord mais je n'ai pas du tout apprécié ta conclusion, et tout le long de la lecture je me suis demandé ou tu voulais en venir. Oui les journalistes ne font pas dans le détail, et je persiste à dire qu'ils n'ont pas à aller dans le sens que tu demandes. Parce que désolé, ce n'est qu'un putin de jeu. Et je pense que notre désaccord commence là :)
Mais visiblement, je dois être le seul à le prendre comme tel par ici quand j'ai vu les 3 pages de commentaires dithyrambique à ton sujet.
Tulkas
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Tulkas
Très bonne article, mais il est effectivement dommage de pas avoir abordé le thème des FPS de guerre comme Call Of et Batelfield. Surtout quand on sait que 5 a 10% des revenue engendré se retrouve dans les caisses des constructeur d'arme en droit a l'image .
Pour info dans les Podcast de Silence on joue le problème est souvent abordé lors des test.
Kevin Le Super Heros
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Kevin Le Super Heros
C'est vrai que le traitement de fond est léger dès qu'il s'agit de jeu vidéo. C'est même pire qu'une non-compréhension de la réalité, c'est l'illogisme total des situations qu'on y joue. Des portes en bois indestructibles alors qu'on possède une hache, des ennemis invincibles, résistant à trois balles dans la tête. Des héros prenant des décisions stupides à répétition. Des personnages en total décalage avec leur univers. Qui n'ont aucune émotion quoi qu'il leur arrive.

Je demande pas aux jeux d’être réalistes, mais y'a quand même un minimum syndical. Vous croyez que les soldats américains n'ont jamais de doute quand à leur mission ? Qu'ils ne leur arrive pas de soupirer en regardant une photo de leur famille ? Qu'ils rentrent indemnes au pays ? Le problème du jeu vidéo c'est que c'est devenu ultra-bourré de clichés. Il y a quelques exceptions à la règle, mais c'est la règle. Ça leur couterait pas des millions d'embaucher deux scénaristes et un type avec une bonne culture générale. Étoffer un contexte enrichit un jeu, le rend crédible, et on se sent beaucoup plus concerné par le devenir des personnages. On a envie qu'ils s'en sortent.

Les missions de GTA V m'ont beaucoup désolé et fait rire à la fois tant c'est ridicule. Il me semble dans la vraie vie qu'un mec qui tuerait trois personnes serait vite mis hors d'état de nuire. Là on assiste à des massacres de masses de flics et de civils sans jamais de conséquences. Et les braquages.... ah, les braquages ! Si un jour vous voyez des braqueurs s'y prendre comme ça, je vous tire mon chapeau.

Les testeurs ne soulèvent jamais ou presque ces incohérences innombrables. Il faut dire que c'est devenu tellement banal dans les jeux vidéo qu'on n'y prête presque plus attention. Seulement c'est aussi ce qui empêche le jeu vidéo d’être considéré comme une art. Il faut du talent pour raconter des histoires. Là y'a pas ce talent, c'est des discours de comptoir de café.
flyingfox
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flyingfox
Excellent article. Ça fait peur, ce manque de prise de position des critiques sur le fond des jeux. Il n'y en a que pour la forme, comme avec les machines à laver et les mixeurs. Sauf que les machines à laver ne véhiculent pas des idéologies nauséabondes.
mamoru-sama
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mamoru-sama
Perso, rien que sur CoD4, à l'époque, j'ai pas supporté les 5 premières minutes. Ca puait la propagande merdique à plein nez, sans même parler des citations minables de Dick Cheney ou Condolezza Rice qu'on nous servait après chaque mort.

Et effectivement, ça m'a choqué de voir que seul jeuxvideo.fr avait eu les couilles de mentionner le problème.
Galak67
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Galak67
Félicitations pour ce bel article. Je partage ta conviction de base "ce n'est pas que du jeu video", il y a toujours un message, toujours, aussi simple soit-il. (Incroyable le sabre de Dark Vador est ...rouge). Il faut d'autant plus faire attention au message d'un jeu car lorsqu'on est actif, un message pénètre mieux. Et oui même Mario véhicule un message : ce qui compte dans la vie c'est s'enrichir et se consacrer à sa bien-aimée, même si on doit tout casser et écraser tout le monde sur son passage pour y arriver ! Vu comme ça, j'ai du mal à comprendre qu'on puisse l'associer au communisme (peut-être parce qu'il s'habille en rouge ?).

Par contre, concernant le reproche aux journalistes du jeu video de ne pas traiter cet aspect d'un jeu, c'est à dire décoder de manière simple le message du jeu, je suis plus nuancé. Sur le principe oui je trouverais ça bien qu'ils le fassent. De là à leur reprocher de ne pas le faire, oui et non. Comme tu l'as relevé plusieurs fois, ce sont des sujets compliqués et traiter le fond d'un jeu demande des ressources supplémentaires, puisqu'il faut prendre le temps de creuser un sujet, éventuellement contacter des spécialistes, je peux concevoir que quand on est déjà juste pour faire tourner le site on fasse l'impasse dessus.

Perso, ce qui m'inquiète vraiment c'est que j'ai l'impression (peut-être fausse) que beaucoup de joueurs "s'en tapent mais grave de chez grave" du message véhiculé par le jeu. Ils prennent leur jeu comme un produit, au pire ont un avis sur les mécaniques, au mieux sur l'expérience vécue mais alors un recul sur le message véhiculé, tu en demandes trop à beaucoup ;) Je peux me tromper mais je suppose que ce ne serait pas rentable du tout pour Gameblog d'y consacrer trop de ressource faute d'intérêt du public. Et malheureusement, en France de nos jours, la rentabilité est un maître mot sur l'intérêt général :(

Encore bravo pour ton article qui nous montre bien que le jeu video est loin d'être aussi mature qu'on voudrait bien le croire. Si les journalistes veulent vraiment que les jeux ne soient pas cantonnés à être des produits mais deviennent des oeuvres, la solution est à portée de leur main, il leur suffit de les traiter comme tel.

Le mot de la fin pour Gameblog, merci d'avoir mis l'article en home, c'est assez fairplay vu qu'il ne fait pas vraiment votre éloge mais fait avancer le débat.
Gordon
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Gordon
Je ne sais pas si réviser en profondeur le format des tests, tel qu'on le connait aujourd'hui, est vraiment nécessaire. Il est bien évidemment appelé à évoluer d'une façon ou d'une autre, mais je ne pense pas qu'accentuer la prise en compte des considérations citées plus haut soit quelque chose d'essentiel pour ce genre d'exercice.

Il me semble que des articles de fond, propres à traiter d'aspects polémiques, sous la forme de dossier ou autre, sont plus adaptés à l'analyse sociologique, de contexte géo-politiques, et à la mise en lumière de considérations morales. Ce n'est que mon avis, mais j'estime qu'il est plus intéressant que le joueur se forge sa propre lecture de l'oeuvre, dans un premier temps, plutôt que le journaliste "testeur" vienne de but en blanc lui expliquer comment l'appréhender dans son test. Je préfère de loin m'approprier l'oeuvre seul, et confronter ensuite ma lecture avec celle des autres, et pourquoi pas la faire évoluer à leur contact.

Pour moi, le test s'adresse avant tout aux personnes n'ayant pas encore fait le jeu et désirant savoir si son expérience est compatible avec leurs goûts vidéo-ludiques. Un article de fond s'adresse davantage à ceux l'ayant terminé. Pour moi il faudrait plutôt creuser de ce côté là plutôt que de remettre en question le test dans sa forme actuelle. Après c'est vrai que les sites pro généralistes ne proposent que rarement ce genre de papier.
Ityfalik
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Ityfalik

Ah les joueurs qui critiquent le sexisme d'un côté et regarde du porno de l'autre...


Ce n'est pas foncièrement la même chose. Une oeuvre de fiction, qu'on le veuille ou non, véhicule quelque chose. On peut appeler ça un message ou appeler ça autrement, peu importe. À partir du moment où on représente quoi que ce soit, et toute oeuvre de fiction est une représentation, on se responsabilise tacitement de ce qui y est montré/dit/représenté. Ce qu'on fait avec internet (ou avec sa main), n'engage que soit.
Et puis il me semble que tu fais une confusion entre la création d'une oeuvre d'une part, et sa consommation de l'autre. Visiter un site porno ne responsabilise pas forcément le consommateur du contenu des vidéos...

PS : Merci de mettre des guillemets quand tu me cites :)
seblecaribou
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seblecaribou

Pour moi relever ce genre de choses ne relève pas du militantisme, juste du bon sens.


Oui, complètement d'accord. Qu'on soit clair, j'ai pas l'impression de faire de polémique quelconque avec ce billet, ni de montrer une lumière quelconque. Je me demande simplement pourquoi c'est pas commun dans les critiques (de manière générale).

PS: ce pseudonyme déchire. Et si c'est ton vrai nom, tes parents sont de bon goût!
Justin Case
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Justin Case
Ah les joueurs qui critiquent le sexisme d'un côté et regarde du porno de l'autre...

Qu'on ne comprend vraisemblablement pas pourquoi on se retrouve à exterminer systématiquement des gens de couleurs sans aucune considération socio-politique sous-jacente. Pour moi relever ce genre de choses ne relève pas du militantisme, juste du bon sens.

Ce devait être une équipe de développement néo-nazi, certainement.
Yoann Shepard
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Yoann Shepard
Excellent ton article ! Je voudrais en revenir a la partie de Splinter Cell Blacklist car je suis entrain d'y jouer ( j'ai découvert la saga a ses débuts )

Alors, oui c'est une histoire pro américaine ou ils sont les plus gentil et les terroristes les plus méchants, etc etc ...

Mais ! Et cela a été dévoilé dans Conviction ( donc l'épisode juste avant ), il est question aussi d'un cartel fondé par des patriotes américain appelé Megiddo. Ce cartel a orchestré les événements décrits dans l'épisode Conviction qui visait a destituer la présidente Caldwell. ( C'est une femme au pouvoir, hé oui ). Alors oui, ca n'explique en rien le bien fondé mais ce cartel contrôle pratiquement tout comme une sociète secrete... ( je n'en dirais pas plus pour éviter de spoilé )

Enfin, il n'ya pas que Splinter Cell qui présente les Etats Unis comme les gentils de l'histoire propres sur eux : tout les jeux Tom Clancy et des séries comme NCIS ou Jag et j'en oublie certainement. Il ne faut pas oublié le public visé aussi : les américains. Allez dire a une veuve ou un orphelin de guerre qui ont perdu un proche militaire que sa famille est morte a cause de gentil terroristes ^^ Je ne défends pas du tout mais je comprend, je dirais ^^
Ityfalik
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Ityfalik

Merci pour cet échange Ityfalik et Loundra. Ça fait plaisir de lire ça (calme détendu pas de prise de tête, juste de la discussion...attendez on est vraiment sur Internet là?)


:lol:
seblecaribou
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seblecaribou
Merci pour cet échange Ityfalik et Loundra. Ça fait plaisir de lire ça (calme détendu pas de prise de tête, juste de la discussion...attendez on est vraiment sur Internet là?)
Ityfalik
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Ityfalik

@Ityfalik : Je vais lire de ce pas la critique GTAV de ce monsieur et me faire mon avis, merci pour le lien.Et merci également pour ces infos, c'est instructif, comme je n'ai pas la science infuse et parfois un manque de réflexion, c'est bien de trouver des gens comme toi (ou vous, bref osef) Tu as une bonne plume, j'ai du chercher 2 mots, tss ! :)


Merci :) C'est toujours un plaisir de discuter de choses intéressantes avec des gens intéressants.
Loundra
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Loundra
@Ityfalik : Je vais lire de ce pas la critique GTAV de ce monsieur et me faire mon avis, merci pour le lien.Et merci également pour ces infos, c'est instructif, comme je n'ai pas la science infuse et parfois un manque de réflexion, c'est bien de trouver des gens comme toi (ou vous, bref osef) Tu as une bonne plume, j'ai du chercher 2 mots, tss ! :)
Ityfalik
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Ityfalik

@Ityfalik : Vu comme ça je comprend mieux, merci d'avoir répondu à ma question.
Mais dans ce cas là, pourquoi les testeurs s'abstiennent-ils ce genre de remarques ? Je ne pense pas que les testeurs soient plus ignorants que d'autres.


Je pense que ça vient du pli qui a été logiquement pris au moment des premières publications dédiées aux jeux-vidéo, dans les années 80. À cette époque là les jeux, autant parce qu'ils étaient majoritairement destinés aux enfants que par les limitations techniques, ne laissaient guère de place à des considérations politiques, sociologiques etc. On testait raisonnablement les jeux pour leurs qualités ludiques, leur dose de fun et leur réalisation globale. Depuis, on a gardé sensiblement les mêmes outils critiques, sauf que les jeux, pour la plupart, n'ont plus rien à voir avec leurs grand-frères séculaires. Bien sûr, la critique a un peu évolué, et le papier que je lis ici en est la preuve tangible, mais les journalistes spécialisés ont du mal à s'émanciper de ces canons, pour la simple et bonne raison que soit ils y ont contribué (nombreux journalistes spécialisés actuels sont les journalistes papier d'antan), soit ils ont été biberonnés par ces mêmes magazines (les journalistes spécialisés actuels étaient les lecteurs de la presse papier d'antan).

Ce qui peut jouer en la faveur des arguments défendus par seblecaribou, et que je défends amplement, est, bizarrement, la prise en considération de plus en plus forte du jeu-vidéo par la presse généraliste. Des journalistes étant étranger à l'exercice du "test" (et ayant d'excellents plumes) commencent à s'attaquer au jeu, ou le font depuis plusieurs années mais en s'émancipant des sempiternels outils critiques dont je parlais plus haut. Je pense à des journalistes comme Olivier Séguret, qui fait des critiques, et non des tests de jeux-vidéo, et qui n'en est pas moins un connaisseur. La preuve en étant sa critique de GTAV dans le quotidien Libération.
Peut-être que ce genre d'épi-phénomènes va permettre à la presse spécialisée de se remettre en question lorsqu'ils verront que de plus en plus de journalistes ne venant pas forcément du média jeu-vidéo, font des critiques de jeux bien plus intéressantes que les leurs.
Loundra
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Loundra
@Ityfalik : Vu comme ça je comprend mieux, merci d'avoir répondu à ma question.
Mais dans ce cas là, pourquoi les testeurs s'abstiennent-ils ce genre de remarques ? Je ne pense pas que les testeurs soient plus ignorants que d'autres.
Ityfalik
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Ityfalik

D'accord, lors prenons l'exemple du dernier jeu cité : Call of Juarez : The Cartel. Qu'auraient du dire les testeurs ? Quel genre de résumé ? Et je pose sincèrement la question.


Comme le soulève seblecaribou, ils auraient pu dire qu'il est quelque peu problématique de stigmatiser des minorités en les explosant à coup de sulfateuse. Qu'on ne comprend vraisemblablement pas pourquoi on se retrouve à exterminer systématiquement des gens de couleurs sans aucune considération socio-politique sous-jacente. Pour moi relever ce genre de choses ne relève pas du militantisme, juste du bon sens. J'ose encore croire que l'anti-racisme n'est pas une valeur politique... mais une valeur tout court.

Édito

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