CARIBOU: Scholarship Edition

CARIBOU: Scholarship Edition

Par seblecaribou Blog créé le 05/02/10 Mis à jour le 22/11/13 à 06h02

Le quotidien d'un gamer, nanardeur, cinéphile, blondophile...

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Réflexions

 J'avais envie d'écrire un truc intelligent, fin et drôle sur Phil Fish. J'avais envie de faire une réflexion globale, de montrer que c'était symptomatique de quelque chose. Mais là je peine, parce qu'il n'y a pas de réponse facile concernant ce qui est arrivé au développeur de Fez et parce que je n'ai pas d'avis tranché sur la question. Donc je vous propose un gloubiboulga qui va revenir sur pleins de points qui m'interpellent dans cette histoire.

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Initialement, je voulais vous parler de la liberté d'expression qui a ses limites. J'avais commencé un premier texte que j'introduisais en parlant d'une commande sur priceminister moyennement satisfaisante ; au moment de noter le vendeur, je m'étais rendu compte que lorsque l'on note en dessous de 4/5 on est obligé de dire pourquoi on n'est pas satisfait. Je voulais mettre ça en parallèle avec Phil Fish et son « It sucks » concernant le jeu vidéo japonais moderne ; un extrémisme dans le propos qui lui a valu des quolibets constants pendant des semaines, quolibets qu'il aurait évité s'il avait été extrémiste dans l'autre sens. Personne ne se serait emparé de ses propos s'il avait dit : « It's the Best thing EVA PERIOD OF ALL TIME ». Une sorte de deux poids deux mesures. Mais ma réflexion ne m'a pas mené loin puisque dans l'ensemble, je ne suis pas de ceux qui apprécie cette façon de faire, d'y aller comme le pire des provocateurs en s'expliquant après avoir lâché une bombe.

Donc j'ai commencé à écrire un second billet où je parlais des magazines people qu'il m'arrivait de lire en Normandie pendant mes vacances d'Été chez mes cousins, quand la télévision était accaparé par la gent féminine en présence pour regarder Les Frères Scott (j'aime) ou Plus Belle la Vie (j'a...non je déconne). J'expliquais que c'est au cours d'une de ces lectures débilisantes et racoleuses à souhait que j'apprenais que Mel Gibson, le grand Martin Riggs de la tétralogie L'Arme Fatale ou l'excellent Mad Max dans la trilogie éponyme n'était en fait qu'un sombre connard alcoolique qui battait sa femme, la menaçait de mort depuis leur séparation et qu'il pouvait se targuer d'être un gros antisémite sous l'emprise d'un bon whisky. Ainsi, j'aurai expliqué que depuis cette malencontreuse lecture, je ne m'intéresse pas à la vie personnelle, ou plus généralement à la personnalité des artistes dont j'aime le travail, sous peine de me gâcher le dit travail. Cela m'aurait permis de dire qu'il est compliqué de faire la part des choses entre Fez et le comportement de son créateur, même quand ça n'est pas fondamentalement lié.

Du coup, je me retrouve là, sur cette page à divaguer. Je lis les avis sur différents sites francophones et globalement on parle de Fish. En revanche, sur les sites américains, on n'oublie pas deux autre larrons qui passent sous les balles : Jonathan Blow d'abord, souvent compagnon de mésaventure de Fish dans les coups durs. Lorsque l'on lit ses propres sorties, il n'y a pas de réelle opposition aux propos de Fish, si ce n'est que Blow fait un meilleur job (LAUL) côté communication en gardant des propos si ce n'est plus mesurés, au moins plus courtois. Ce qui au passage me fait dire que ce qu'on reproche, à juste titre, à Phil Fish ça n'est pas sa liberté d'expression mais bien sa façon de s'en servir.

 

L'autre larron, le troisième qui est légèrement omis de l'équation en France, quand on parle de l'histoire déjà (sauf sur JV.com) c'est Marcus Beer un chroniqueur de Gametrailers. Pour faire simple, l'homme s'est simplement lâché en parlant de Phil Fish et Jonathan Blow. Les considérant comme un duo sous le nom de blowfish (un poisson venimeux de la famille du fameux fugu) il a mis en avant ce qu'il considérait comme un manque de reconnaissance envers à la fois Microsoft, premier éditeur de leurs jeux à succès, et envers la presse vidéoludique. Je passerais sur les insultes pour en venir directement au problème : rien n'oblige personne à parler de sa création et à donner son avis sur tout et n'importe quoi. L'idée de Marcus Beer est de dire que le journalisme et la création ont un lien. Le créateur fait le jeu et profite de la promotion médiatique lorsqu'il en parle ; en échange le journaliste à le droit de venir lui poser des questions quand un événement se produit et le concerne potentiellement. Ici, nous avons toutes les traces de l'orgueil très mal placé. Le créateur ne doit rien à personne, ni aux journalistes, ni aux joueurs. C'est précisément ça que devrait défendre toute personne qui aime la création en général et le jeu vidéo en particulier. Bioware fait une fin peu satisfaisante à Mass Effect 3 pour la plupart des joueurs ? C'est triste mais c'est comme ça. Ça a été écrit par quelqu'un et ça doit être respecté, dans la mesure où ça n'est pas insultant pour qui que soit bien sûr. Libre à n'importe qui de critiquer cette fin, ou les choix artistiques ou de gameplay, ce que je ne manque pas de faire moi-même régulièrement. En revanche demander expressément une autre fin, non. 

Cette histoire qui finit par la sortie du monde vidéoludique d'un de ses créateurs indépendants, c'est du même tonneau. Il n'y a pas ou ne devrait pas avoir lien, ni complice, ni traître entre la presse et la création ou entre les joueurs et la création. Je n'apprécie pas du tout l'attitude globale de Phil Fish. Je n'ai rien contre le fond de ses déclarations, mais la manière de faire ne me semble pas la bonne. Pour autant, être littéralement insulté, de manière précise sur sa personne (lui-même lance des insultes mais c'est souvent plus généralisé) par un journaliste dans le cas présent, censé rester relativement neutre, et surtout par des milliers de joueurs, je trouve ça inadmissible. On exige rien de personne. Je trouve simplement scandaleux que personne ne trouve ça scandaleux.

Aussi vide de sens que l'on puisse trouver la fin de Mass Effect 3, rien n'aurait du obliger Bioware à la changer ou à l'expliciter si ça n'était pas prévu dans la création du titre initialement. Les joueurs ont parlé pour les développeurs, mais les joueurs ont parlé comme des consommateurs de ce qui devrait être considéré comme une oeuvre et pas comme un produit.

Dernier point sur lequel j'aimerais revenir. Il l'a affirmé lui-même par un tweet mais on aurait pu s'en douter ; malgré sa bipolarité supposée (je n'y crois pas trop mais soit) ça n'est pas à cause de cet incident en particulier qu'il a annulé Fez II ou qu'il a décidé de quitter le milieu du jeu vidéo. Je reste persuadé (et j'espère) qu'il reviendra sur sa décision mais en attendant, c'est bien pour le climat général qui l'entourait lui, et le milieu du jeu vidéo avec, qu'il arrête et non juste à cause de cet incident. Certains ne pourront s'empêcher de dire que l'on récolte ce que l'on sème et que ses diverses sorties sur Twitter lui auront finalement explosé à la figure. Je leur jetterais difficilement la pierre, étant moi même un apôtre du karma ; soit bon, un jour ça te retombera en bien dessus. En attendant, je ne peux m'empêcher de penser que ça n'a rien de très étonnant.

À y regarder largement, j'en reviens toujours à la même chose : il y a un vrai problème dans la manière dont est traité la création dans le jeu vidéo. Que Phil Fish agisse comme un connard, je pense que l'on sera tous plutôt d'accord sur le sujet ; c'est dommage et ça nuit à l'image de son jeu. Certains arriveront à séparer l'homme et son jeu, d'autres non, soit. En revanche, qu'un journaliste se permette de dire que lui ou un autre créateur, qui au passage n'avait rien demandé, doivent à leur éditeur et au journalisme vidéoludique leur succès, ça n'est pas tolérable. Le jeu est bon parce que le développeur le développe tel qu'il est, dans la mesure de ce qu'il lui est possible de faire en terme financier et technique. Fez est un excellent jeu parce que Phil Fish a mis 5 ans à le faire avec une idée de game design en tête et certainement pas parce que Microsoft ou la presse ont décidé que de le mettre en avant. Ce que fait Marcus Beer ici, c'est mettre la charrue avant les boeufs. On peut bien sûr féliciter Microsoft au moment T de son investissement d'avoir eu le nez creux et d'avoir soutenu Fish. Je pense que ce dernier est loin d'être l'ingrat pour lequel on le fait passer. En revanche, sous-entendre qu'un développeur, quel qu'il puisse être, doit allégeance et loyauté à un éditeur qui a publié son jeu précédent, c'est simplement de la connerie. Tri-Ace a fini par quitter Squarenix parce qu'ils n'étaient pas satisfaits des exigences de cet éditeur après Infinite Undiscovery et Star Ocean 4 (ces deux catastrophes). De même pour les membres d'Infinity Ward ou d'Harmonix avec Activision (ceci étant dit ils ont quitté la peste pour aller au choléra en allant chez EA).

 

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Arrêtons dès à présent de croire qu'un développeur doit sa réussite à quelqu'un d'autre que lui. Bien sûr qu'on ne peut nier la nécessité d'un appui financier. Bien sûr qu'on ne peut nier le souci voire la nécessité de plaire à un public. Mais ce n'est pas parce qu'un éditeur, des journalistes ou des joueurs rendent service à un développeur, le mettent en avant pour un de ses titres que celui-ci a une dette à vie envers eux. Le jeu vidéo n'est pas une MAFIA !

Voir aussi

Jeux : 
Fez, Fez II
Sociétés : 
Polytron
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Commentaires

noryac
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noryac
En même temps quand t'es developpeur de jeux vidéo t'en à rien à fou*% des journalistes.
Par ces échanges avec les critiques, c'est lui même qui à mis ces journaliste à une place qu'ils n'ont pas.
Comme dit précédemment tu recoltes ce que tu sèmes.
BlackLabel
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BlackLabel

imprime le d'abord avant de te torcher avec. Ça seriat dommage de salir ton écran :)


Image IPB

B)
regisRquoi
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regisRquoi
Très bon article, des bonnes idées dans le fond, je suis plutôt d'accord avec l'ensemble :)

Par contre je trouve que sur la fin tu t’emmêle un peu les pinceaux entre succès et qualité.
Hop je cite: "En revanche, qu'un journaliste se permette de dire que lui ou un autre créateur, qui au passage n'avait rien demandé, doivent à leur éditeur et au journalisme vidéoludique leur succès"
Là, je suis pas d'accord, Fez doit son succès à microsoft et à la presse qui lui a fait de la pub, c'est indéniable. En revanche il est vrai que Fish a fait un travail de très grande qualité sur le jeu (qui est excellant) et ça, ça n'a rien à voir avec la presse ou qui que ce soit d'autre.
Phill Fish doit son succès à la presse et à microsoft mais il ne leur doit rien car le jeu est bon et qu'il l'a fait lui même sans l'aide de la presse.
diegowar
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diegowar
Personnellement je suis contre le fait de limiter la liberté d'expression d'aucune façon sous prétexte qu'on est une personnalité médiatique (ou peu importe comment vous voulez l'appeler). N'importe qui devrait avoir le droit de dire ce qu'il veut, peu importe si ça va toucher des milliers ou millions personnes (et j'ai même envie de dire : surtout si ça va toucher du monde, ça serait du gâchis de ne pas profiter de sa portée si l'on a quelque chose qu'on a envie de dire). Oui certaines personnes sont influençables, et alors ? Pour moi ceux qui vont être enclins à faire une chose plutôt qu'un autre parce qu'ils ont vu un logo quelque part ou parce que Justin Bieber l'a dit, eh bien ils ne peuvent s'en prendre qu'à eux-mêmes et c'est tant pis pour eux. Est-ce que ça veut dire pour autant que les gens sur le devant de la scène ont le pouvoir de modeler la société à leur guise ? Je ne pense pas, mais même si c'était le cas, j'ai envie de dire tant mieux, faites un peu bouger les choses, mettez des nouvelles idées dans les gens, attisez la flamme. Je trouve ça nul de vivre sous un parapluie rose qui filtre les informations, les préformate pour ne pas choquer le gugus moyen.

Bref, ceci dit, je trouve l'article sympa, et juste pour réagir sur le tout début : il n'est pas tout à fait anormal qu'on n'ait pas à poster d'avis lorsqu'on met 4 ou 5 étoiles, car lors d'un achat, ça veut simplement dire que tout s'est bien passé (et il n'y a pas grand chose à dire généralement).
mathew600
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mathew600
Je suis d'accord avec ton article.


Le problème vient du journaliste et de Phil Fish qui à abuser de ça liberté d’expression.
seblecaribou
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seblecaribou
@Leconnarddeservice: imprime le d'abord avant de te torcher avec. Ça seriat dommage de salir ton écran :)
Noiraude
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Noiraude
Encore un qui porte magnifiquement son pseudo ^^
Nigel.rpgamers
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Nigel.rpgamers
Excellent article, et je suis d'accord sur le fait qu'on ne doit pas devoir quoique ce soit envers l'éditeur, notamment pour des raisons de liberté de création et de réalisation. mais il y a quand même un monde entre cracher sur ceux qui l'ont soutenu financièrement en se comportement comme un enfant gâté (Ce que fait Fish), et leur cirer les pompes...
Noiraude
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Noiraude
J'approuve ton texte au plus haut point Seb. Mais un truc me turlupine : on confère à Beer le statut de journaliste. Or, ce mec n'est rien d'autre qu'une sorte de super-blogueur, qui n'a jamais été soumis à la déontologie de la presse. J'ai le plus grand respect pour les PR managers de sociétés d'édition de jeux vidéo (ce que Beer a été jusqu'en 2008), mais fondamentalement, ce n'est pas le même métier. Que ce type ait franchi les bornes n'est donc pas nécessairement étonnant. Je pense qu'un "journaliste" - oui, cette espèce qui est dans le collimateur de tout le monde en ce moment, et ceci sans le moindre sens de la nuance ou même la plus petite réflexion sur le fait que tous ne sont pas à mettre dans le même sac - n'aurait jamais versé dans ce type de propos. Ah, et pour reconnaître un journaliste, il y a un truc tout bête : ça s'appelle une carte de presse. Et il y en a beaucoup moins qu'on le pense qui sont distribuées par-delà la France et le monde. Faites l'expérience, demandez leur carte aux gars qui se revendiquent de cette profession, vous verrez le résultat...
Yoann Shepard
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Yoann Shepard
Article vraiment interessant ! Je partage ton point de vue mais je suis du camp du "Bien fait pour toi Fish" On a tous notre liberté d'expression et le lascar n'avait pas tout a fait tord sur les jeux japonais de maintenant mais de nos jours, quand on ouvre sa gueule par devant, on se fait démontés par tous les côtés ... Il aurait du continuer tranquillement ses petites affaires et a la sortie de son jeu, là il aurait pu faire et dire ce qu'il voulait.
Neferith
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Neferith
Article interessant, même s'il ne changera pas le peu d'admiration que j'ai pour Phil et surtout sa réaction de diva.
redfive
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redfive
Excellent article. Le jeu video est encore jeune. Et le developpement indie encore plus. Gageons qu'il apprennent vite à faire abstractions des haters, comme le font les cinéastes indépendants ou n'importe quels autres artistes.
Kasai
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Kasai
Excellent post. La situation, selon moi, se résume malheureusement à des querelles de trolls. Autant le journaliste n'a pas été fin, autant Phil n'a pas pour habitude de l'être plus... S'il a subit cette fois une critique gratuite, il s'est permis souvent d'en faire aussi (certains prétendront que c'est argumenté... Non, les mots restent crus, sans finesse, avec une envie de revisiter le dico de l'insulte...)
seblecaribou
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seblecaribou
@Fache: oui j'ai pas cru bon de le repréciser parce que c'était même pas la "gratuité" de l'intervention de Marcus Beer que je trouvais débile mais vraiment l'intervention en elle-même.

@Liehd: hélas, trois fois hélas.

@Celim: quand c'est dit par toi, ça me réchauffe le coeur :D
Celimbrimbor
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Celimbrimbor
J'utilise ma liberté d'expression et vous envoie tous vous faire mettre.

Celim, allez en prison, ne passez pas par la case départ, ne touchez pas vingt milles francs.
Le Gamer aux Mains Carrees
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Le Gamer aux Mains Carrees
A mon avis, il y en a même plusieurs, qui excèdent d'ailleurs le seul cadre du jeu vidéo pour éclabousser tous les domaines créatifs estampillés, de près ou de loin, "divertissement". Hélas. :(
seblecaribou
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seblecaribou
@Liehd: qu'il le pense et le dise, ça à la rigueur peu me chaut. En revanche que d'autre puissent penser pareil et que ça soit effectivement ce qui se passe, une sorte de lien malsain qui forcerait les indés en particulier (les gros avec leur marketing abrutissant en ont moins besoin) à devoir se plier au jeu des journalistes...bof bof. Après je suis d'accord sur le fait qu'un dev n'est pas obligatoirement porteur de parole d'évangile pour son média et à se titre, les journalistes devraient avoir le choix de filtrer s'ils pensent qu'un dev dit de la merde...sauf que ça serait trop bête en terme de clics de faire ça.

Je ne fais pas de distinction. Je dis qu'ils sont mutuellement indépendants et que si ça n'est pas le cas, il y a un sérieux problème. Et il y a donc un problème.
Fachewachewa
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Fachewachewa
Pour rappel, ils ont envoyé chier game informer pcq ils leur demandaient de commenter des RUMEURS...

Sinon j'aime bien, parce que tu parles de troll positif au début, c'est bien de sensibiliser les gens à ça @[email protected]
Le Gamer aux Mains Carrees
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Le Gamer aux Mains Carrees
Comme d'hab', un super beau billet, malgré une introduction frustrante puisqu'elle nous en fait miroiter d'autres que nous ne lirons jamais.

Je suis à la fois en accord et en désaccord avec ce que tu écris.
En accord, parce que je ne trouve pas scandaleux que tu trouves tout ça scandaleux, au contraire, je te rejoins.
Par ailleurs, je fais partie de ceux qui trouvent que Fish récolte ce qu'il a semé, ce avec quoi tu n'es pas en désaccord non plus.
Par contre, là où ça coince, c'est au moment où s'établissent des distingo "sous prétexte que", qui n'ont pas forcément lieu d'être. Si Fish veut dire que "le jeu vidéo jap craint", il en a le droit. Un droit dont il use ou n'use pas selon son degré de diplomatie, d'empathie, d'honnêteté intellectuelle et d'humilité. De la même façon, si un journaliste veut dire que "tel ou tel jeu doit son succès à la presse vidéoludique", de mon point de vue, il en a également le droit. Dont il usera ou n'usera pas, selon les mêmes critères. Et pour des raisons identiques.

Perso, je suis pour qu'on arrête de faire n'importe quoi de la soi-disant "liberté d'expression" et que, comme pour toutes les libertés, on s'impose des limites parce que nous avons conscience d'appartenir à un "tout" et de ce qu'appartenir à ce tout implique (ce qui, pour moi, relève directement de l'intelligence, dans son sens le plus strict). Mais on peut aussi poser, a contrario, que tout le monde doit avoir le droit de dire tout et n'importe quoi. Pourquoi pas ? C'est équitable, à défaut d'être sensé.

Mais pour moi, il n'y a pas à établir de distinction entre les individus, en la matière, même pour de bonnes raisons. Ici, par exemple, ce n'est pas parce qu'on développe des jeux vidéo qu'on a forcément un point de vue pertinent à faire valoir sur l'ensemble du média. Si quelqu'un se donne le droit de répondre aux questions de manière incorrecte, pourquoi ceux qui posent les questions n'auraient-ils pas le droit de faire le contraire ?
Dheltaa
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Dheltaa
Enfin un bon post sur le sujet.
seblecaribou
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seblecaribou
@Defdan: il dit que c'est une autoroute à deux sens. Et c'est pas le cas. Comme le dit un journaliste de Giantbomb qui a réagit aux propos de Marcus Beer, les développeurs ne lui doivent RIEN (pas même le fait qu'ils viennent faire la "promo" de son jeu en l'interviewant au moment de la sortie) et inversement, les journalistes ne doivent rien (pas de faveur de une etc) aux développeurs.

Si Blow et Fish veulent envoyer chier les journalistes quand ça les chante, c'est leur droit le plus stricts, qu'ils jouent le jeu de la promotion gratuite ou pas. Si les journalistes sont vexés de la situation, c'est leur problème. Les journalistes n'ont pas de devoir d'exposition des développeurs (et on le voit bien avec beaucoup de bons jeux qui restent dans l'ombre) mais les devs n'ont pas plus de devoir de réponses aux journalistes.
DefDan
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DefDan
Tu te trompes sur le sujet : Marcus Beer ne dit pas que créateur et journaliste ont un lien. Il reproche à Blowfish de ne pas aider ceux qui l'aident. Quand ils viennent parler de leur jeu, ils sont bien contents, mais quand les journalistes viennent leur demander leur avis, ils les envoient chier.

S'ils envoyaient chier les journalistes tout le temps, ça serait pas pareil.
benoitm_us
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benoitm_us
Pfff encore un papier bien mal écrit et complètement hors sujet.
Nimmegil
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Nimmegil
C'est typiquement le genre d'affaire qui laisse un malaise derrière elle...
Sur le fond je suis totalement d'accord avec toi, le journaliste était pas en position de faire les remarques sur l'attitude de Phil Fish vis-à-vis de qui que ce soit (sauf peut-être vis-a-vis de la presse), mais c'est le fait qu'il l'ai fait qui laisse songeur.

Il y a un probleme quelque part, Marcus Beer a réagis naturellement, le droit qu'il s'est arrogé, il s'en pense détenteur, parce qu'investit (par qui ?) d'un certain pouvoir...
Comme si tout le travail artistique n’était rien comparé a la puissance d'exposition que représente les médias, qui font la pluie et le beau temps vidéo-ludique...

Le jeu-vidéo en tant que tel n'est peut-etre pas une mafia mais les fondements de son industrie on l'air d'être sacrement vicié. (Pas qu'au détriment des joueurs)
Voron
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Voron
Je suis parfaitement d'accord, amen.

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