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Chroniques de l'abîme

Chroniques de l'abîme

Par Samizo Kouhei Blog créé le 31/12/09 Mis à jour le 14/08/13 à 10h35

Mon blog sur lequel je parlerai de mes coups de coeur (et de gueule) en matière de jeux vidéos, BD, cinéma, musique, lecture.

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Triquites de jeux

A l'occasion de sa "gratuité" en ce mois d'août pour les comptes Playstation Plus, j'ai enfin pu m'essayer à l'intrigant Spec Ops the Line, qui cache sous son aspect de TPS militaire générique une histoire d'une rare noirceur et au déroulement astucieux.

J'évacue très vite la partie gameplay et réalisation : le jeu est un TPS militaire, nous mettant aux commandes du Capitaine Martin Walker, qui avec 2 autres membres de la Team Delta, est chargé de retrouver le Colonel Konrad et la 33ème, qui n'ont plus donné signe de vie depuis leur tentative d'évacuer Dubai, victime de tempêtes de sable qui ont détruit en partie la ville. On retrouve toutes les composantes des TPS : couvert, gunfights scriptés avec différentes armes, possibilité de donner des ordres à ses coéquipiers. La seule originalité est de pouvoir utiliser les tempêtes de sable (scriptées) et les éléments de décor fragile (faisant effondrer des tonnes de sable) à son profit. De même la réalisation n'a rien de notable : les décors sont relativement vides, et seuls les environnements intérieurs, montrant toute l'opulence et l'extravagance de Dubai avant la catastrophe font un peu preuve d'originalité.

Pas de quoi se relever la nuit ... mais l'intérêt de Spec Ops TL n'est pas là.

SPOILERS

Le jeu commence de manière traditionnelle pour un jeu de ce genre et de cette (apparente thématique) : les valeureux soldats américains combattent des insurgés moyen-orientaux. Sauf qu'assez vite, la Team Delta affronte des soldats américains, la 33ème apparemment en rupture de ban. Walker ne tarde pas à découvrir que Konrad, qui avait sauvé sa vie en Afghanistan, a commis des exactions à Dubai, transformant la loi martiale en régime de terreur. L'histoire prend alors une tournure plus sombre, à peine contrebalancée par le mauvais esprit du DJ local, qui ponctue les nombreux affrontements du jeu par son humour noir et sa programmation musicale grandiloquente.

Mais ce qui n'aurait pu être qu'un jeu militaire un peu plus sombre prend une tournure complètement inattendue lors d'une séquence où les personnages bombardent les soldats "ennemis" avec du phosphore blanc (une arme chimique aux effets particulièrement atroces) et notamment un camp militaire. Sauf que le camp militaire en question était un camp de réfugiés ! On assiste alors à une scène d'horreur, de civils brûlés vifs et une mère tenant son enfant dans les bras pour tenter de vainement le protéger. Dès lors, les coéquipiers de Walker deviennent beaucoup plus réticents à suivre les ordres de Walker (et par extension du joueur), tandis que Walker, dans le déni total, sombre lentement dans la folie (ce qui se voit dans des exécutions de plus en plus brutales, des messages menaçants ou inquisiteurs dans les écrans de chargement, des hallucinations).

La suite du jeu n'est qu'une succession de traumatismes (par ailleurs tous du fait du joueur), laissant des traces psychologiques et physiques sur la Team Delta (ainsi Walker a la moitié du visage brûlé lors de l'opération foireuse de Riggs), et culminant dans la confrontation finale entre Walker et Konrad ... mort depuis des mois. Le Konrad en question est une construction de Walker pour justifier ses actes. Les fins du jeu sont multiples : Walker se suicidera-t-il devant l'horrible vérité ? Se livrera-t-il sans combattre à l'équipe de secours de l'épilogue ?

 Spec Ops the Line est une déconstruction multiple :

=> des jeux de guerre (montrant frontalement les conséquences de l'utilisation d'armes destructrices)

=> de l'interventionnisme américain (les actions du 33ème, de Delta et de la CIA qui risquent de plonger le monde dans une guerre impossible à gagner pour les Etats-Unis)

=> de l'héroïsme (Walker fait-il tout cela pour être considéré comme un héros ? Il se persuade en tout cas qu'il a commis ses méfaits pour faire le bien)

Spec Ops the Line est un jeu qui ne laisse pas indifférent, une adaptation officieuse d'Au Coeur des Ténèbres (le roman qui a inspiré Apocalypse Now), qui déconstruit brutalement le côté fun de la guerre telle qu'elle est vue dans Modern Warfare.

Voir aussi

Jeux : 
Spec Ops : The Line (PS3)
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Commentaires

Zinzolin
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Zinzolin
Oui, c'est dynamique mais pas parfait selon moi. D'accord, pour le multijoueur sinon : Les éditeurs m'énervent à singer Call of Duty ou Battlefield alors que les gens quittent rarement ces jeux pour essayer un multi similaire.
Cronos
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Cronos
par rapport aux exemples que tu cites, je le trouve plutôt bien fichu perso: c'est dynamique, avec des classes d'ennemis qui t'obligent à changer de position, tu peux donner quelques ordres, etc...
Le multi a par contre jamais été voulu par les devs, ça a été obligé par 2K et ils ont dû s'y plier
Zinzolin
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Zinzolin
@Cronos : En matière de fusillade et de maniabilité, Spec Ops fait pâle figure en comparaison d'un Uncharted ou d'un Ghost Recon : Future Soldier : La maniabilité se permet d'être approximative avec son système de couverture, les possibilités offertes par le sable sont réduites à des éléments scriptés...

Après, le gameplay qui va à l'encontre du propos : présence d'un multi-joueur deathmatch (yeah !), des munitions gratuites comme tu exécutes des ennemis au corps-à-corps (d'où ça vient ça ?!), des ralentis quand tu fais de jolies headshot ou tout simplement la jauge de trophée qui se remplit quand tu utilises une arme.

Personnellement, j'ai trouvé que le jeu avait échoué quand il a brisé le quatrième mur (la fin, le passage en hélico', le DJ qui parle de jeux vidéo) ce n'était plus un jeu avec un propos anti-guerre comme l'aurait été un film, non c'est un méta-jeu qui te fait questionner si tuer des pixels dans un jeu vidéo ce n'est pas un peu immoral --'
Cronos
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Cronos
Dans le scénario et ce qu'il veut dire, un gameplay aussi classique est finalement indispensable pour que son propos sonne vrai. Et quand on voit la majorité des licences qui sont finalement pas mieux en terme d'intérêt d'objectifs et de gameplay pur (Halo 4 que j'ai terminé récemment est un bon exemple: on avance, on tue des aliens, on explose des générateurs et c'est tout), on se dit que ce Spec Ops a été retenu sur son gameplay en tant que point faible uniquement parce qu'il n'a pas un univers fort. Mais les autres ne sont franchement pas mieux (Gears, Halo, CoD, etc...)
En tout cas, ce Spec Ops vaut clairement le coup!

Édito

Mon opinion sur l'actualité vidéoludique, mes impressions sur les derniers jeux auxquels j'ai joués, mes coups de coeur ou coups de gueule en matière de BD, cinéma, musique et dernières lectures.

PSN : samizo_kouhei

3DS : 2921 9505 3989 

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