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Chroniques de l'abîme

Chroniques de l'abîme

Par Samizo Kouhei Blog créé le 31/12/09 Mis à jour le 14/08/13 à 10h35

Mon blog sur lequel je parlerai de mes coups de coeur (et de gueule) en matière de jeux vidéos, BD, cinéma, musique, lecture.

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Triquites de jeux

Je n'attendais pas the Last of Us avec particulièrement d'impatience. A dire vrai, les premiers tests élogieux m'ont inspiré  encore plus de défiance : après tout, Uncharted 3 avait eu de très bonnes notes alors que c'était un jeu particulièrement paresseux. Et puis les premiers retours de joueurs sont arrivés. Je devais en avoir le coeur net. Après quelques reventes, je me suis procuré le jeu à moindre coût. Et après l'avoir fini, je rejoins la foule des convertis.

The Last of Us est la vision du Survival (pas seulement Horror) par Naughty Dog. On pouvait s'attendre à une réalisation étincelante, on l'a. On s'attendait à des personnages forts, ils le sont. Là où j'avais des craintes, c'est sur la répétitivité du gameplay et une durée de vie courte et/ou rallongée artificiellement (les gunfights interminables d'Uncharted 3). Ici, le jeu alterne phases de discrétion, combats (courts et âpres) et de longues plages d'exploration dans un monde où la nature a repris ses droits. Même si on se trouve dans un monde post-apocalyptique, l'univers est très verdoyant et souvent ensoleillé (à part quand on se balade dans des souterrains ou des hôtels à l'abandon). Certaines scènes dénotent par leur calme ou leur poésie alors que le danger rôde (le troupeau de girafes qui paisse tranquillement à Salt Lake City). Même si je ne suis jamais réellement tombé à court de ressources, les combats sont souvent tendus, entre certains ennemis impossibles à tuer à mains nues et armes à feu qui font très mal. L'accent est donc mis tout naturellement sur la discrétion, car on incarne pas un surhomme.

La durée de vie est longue pour un jeu du genre, surtout venant de la part de Naughty Dog (une quinzaine d'heures de jeu en Normal) et l'histoire reste passionnante de bout en bout, grâce à une mise en scène exemplaire. Après un prologue poignant, où on assiste en direct à l'apocalypse des Infectés (dont l'origine est scientifiquement plausible), place à un voyage initiatique entre un homme de 50 ans et une ado de 14 ans, qu'il doit escorter vers un lieu sûr, à des milliers de kilomètres de son lieu de départ, Boston. L'histoire prend vraiment son ampleur dans la partie Hiver.

SPOILERS

On incarne Ellie dans la majeure partie du chapitre. Le début laisse entendre que Joel n'a peut-être pas survécu à sa blessure de la fin de l'Automne. Ellie est amenée à rencontrer David, le chef d'une communauté ... dont le duo a massacré une bonne partie des hommes durant l'automne ! Cette idée est intéressante, car elle montre que Joel et Ellie ne sont que les héros désignés, et qu'ils se révèlent aussi impitoyables que les ennemis dans un contexte aussi désespéré. Je regrette seulement que l'impact soit minoré par le fait que David soit un cannibale et surtout un pédophile. Ce chapitre a définitivement fait basculer ce jeu dans la catégorie des titres d'exception, avec sa succession de scènes chocs (Ellie qui s'échappe en faisant un énorme coup de bluff, son combat traumatisant contre David, et Joel qui montre toute sa détermination, alors qu'il est blessé, en massacrant ses ennemis - qui commencent à fuir en désordre quand il les tue un par un dans le village de vacances  !- puis en les torturant).

De même la fin est sans concessions, avec Joel qui hypothèque les chances de vaccin en sauvant Ellie, même si rien ne prouve que l'opération aurait marché ni même que les Lucioles soient réellement compétents. La fin est donc volontairement ambigue mais fait de Joel un des personnages les plus déterminés à sauver ses proches quoi qu'il en coûte - peut-être même plus encore que le héros de NieR, qui a au moins l'excuse d'affronter des monstres qu'il ne comprend pas-.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, Naughty Dog a parfaitement relevé le défi en livrant un jeu qui fera date, dans une thématique maintes fois rebattue (l'apocalypse zombie / infectée), avec un traitement sans concession et des personnages forts. Encore un taquet à l'homme qui je jure que par les polygones pour véhiculer des émotions ! Même si Bioshock Infinite garde la couronne pour cette année (avantage à sa direction artistique), the Last of Us fait un vice-champion plus qu'émérite !

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Édito

Mon opinion sur l'actualité vidéoludique, mes impressions sur les derniers jeux auxquels j'ai joués, mes coups de coeur ou coups de gueule en matière de BD, cinéma, musique et dernières lectures.

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