Premium
Chroniques de l'abîme

Chroniques de l'abîme

Par Samizo Kouhei Blog créé le 31/12/09 Mis à jour le 14/08/13 à 10h35

Mon blog sur lequel je parlerai de mes coups de coeur (et de gueule) en matière de jeux vidéos, BD, cinéma, musique, lecture.

Ajouter aux favoris
Signaler
Triquites de jeux

Etant donné que j'ai fini l'histoire d'Assassin's Creed III il y a 5 jours, je peux livrer sereinement mes impressions sur un jeu qui a continuellement soufflé le chaud et le froid, avec des aspects fabuleux contrebalancés par des éléments foireux et inadmissibles. Retour donc sur un des jeux les plus attendus de l'année, dans un article qui n'a aucune prétention à se substituer à un test professionnel.

Pour des raisons évidentes, je déconseille à ceux qui n'ont pas fini le jeu de détourner les yeux de cet article bourré de SPOILERS.


En dressant sous forme de tableau à 2 entrées ce qui m'a plu et déplu dans le jeu, je me suis rendu compte qu'il y a presque autant de remarques des 2 côtés, mais que le positif l'emportait par son contenu. Avec du recul, certains points négatifs relèvent plus de choix audacieux plutôt de réelles faiblesses.

J'en prends pour exemple le prologue du jeu, qui s'étale sur 6 séquences (soit la moitié des séquences) et qui m'avait semblé très long, trop long. Avec le recul, je trouve que c'est au contraire un choix aussi culotté (pour les fans de la saga) que judicieux (pour ceux qui découvrent l'univers).

On incarne en effet au départ un certain Haytham Kenway, qui commet un assassinat en pleine représentation d'un opéra de Londres. Ce préambule est fabuleux : le décor est chatoyant, la foule très crédible. La suite, où on prend la mer pour l'Amérique, est tout aussi formidable : l'ambiance à bord du bateau est incroyable, et à l'instar d'Haytham, on découvre l'Amérique, un tout nouveau monde pour la licence après des aventures en Europe du Sud et au Proche-Orient

Cependant, j'ai vite déchanté devant une Boston très terne et une narration très déconcertante, où on sauve des personnages dont on ne connaît rien. Les défauts inhérents à la série montrent le bout de leur nez : popping des décors, combats approximatifs (malgré l'introduction d'un nouveau système de contre), jouabilité un peu trop riche. Les 2 séquences suivantes pourront faire fuir les plus sensibles aux problèmes techniques. Le point d'orgue est une mission d'infiltration cauchemardesque, avec une IA absurde, parfois stupide, souvent omnisciente. Autant dire que j'ai vite abandonné l'espoir de réaliser les objectifs facultatifs. Toute la partie "Assassinat" / "Discrétion", déjà fort peu satisfaisante dans les épisodes précédents, est complètement mis à l'amende face à un Dishonored. Je n'ai jamais réussi à faire un assassinat aérien satisfaisant. Il est du coup beaucoup plus facile de foncer dans le tas, tout le contraire de la philosophie des Assassins (la discrétion, la limitation des pertes humaines).

Pour autant, la fin de la Séquence 3 vaut largement les souffrances endurées : il s'avère qu'Haytham n'est pas un Assassin, mais un membre des Templiers, chargé d'établir une "antenne" dans les 13 colonies anglaises du Nord-Est (et d'enquêter sur une grotte contenant des informations sur les Anciens) ! Si on pouvait se douter qu'il est le père de Connor (ce dernier ayant été présenté du départ sur son métissage), les indices sur son appartenance aux ennemis jurés des Assassins sont très subtils !

 

Les 3 Séquences suivantes permettent d'introduire les bases du gameplay, avec l'enfance de Connor et ses premiers pas en tant qu'Assassin, et les nouveautés de l'épisode : batailles navales, gestion du Domaine ... et la Frontière. Autant le déroulement des missions principales est émaillé de problèmes et de bugs en tout genre, autant le contenu annexe immense rattrape le tout : en tant que métis anglo-amérindien, Connor passe beaucoup plus de temps dans la nature que ses prédecesseurs, et est un expert en chasse et en escalade d'arbres. Cet aspect, plus poussé que dans Red Dead Redemption, mériterait presque son propre jeu. Il en est de même pour les batailles navales, qui nous plongent dans une ambiance différente mais tout aussi (voire plus) captivante que la quête principale : poursuite de navires, combats au canon, abordage, lutte contre les éléments. Par contre, le contenu exclusif sur PS3, les missions "Benedict Arnold", sont inintéressantes au possible : très mal intégrées à l'histoire principale (j'ai pu y accéder avant la brouille définitive avec Washington) et au déroulement très poussif (espionnage, mêlée confuse).

L'histoire est la plus intéressante de la série. Loin des inquiétudes suscitées par le trailer clairement destiné aux Américains, on se rend compte que le manichéisme n'est pas de mise : ce n'est pas le combat des méchants Loyalistes contre les gentils Patriotes. Puisque l'histoire est écrite par les vainqueurs, on se rend compte que les exactions anglaises sont surtout des incidents montés en épingle par les Pères fondateurs, des échauffourées nées de tensions politiques et économiques. Les Templiers ont posé leurs pions des 2 côtés (on se rend donc compte qu'en dehors de Charles Lee, les Templiers présentés dans cet épisode n'ont pas de mauvaises intentions, même s'ils ont des méthodes contestables) tandis que Connor aide tout d'abord les révolutionnaires par sympathie avant de se rendre compte de leur hypocrisie (leur discours sur l'égalité des hommes et la conquête de la liberté face à la tyrannie mais qui cautionne l'esclavage). Suite aux révélations sur les attaques commanditées par George Washington contre son village (dans son enfance puis à Monmouth), Connor prend ses distances avec les révolutionnaires. Il ne les aide plus que pour s'approcher de ses cibles. Les Américains tout juste indépendants justifient sa défiance, puisqu'ils chassent rapidement le peuple de Connor pour accaparer leurs terres.

Connor est un personnage très intéressant, dont la naïveté n'a d'égal que sa férocité au combat. On suit sa construction en tant qu'adulte, ses convictions et ses désillusions (vis-à-vis de son père, de sa mission et de la Guerre d'Indépendance, qui scelle le sort des Amérindiens, tous mis au pas au cours des 100 années suivantes). Il est devenu Assassin un peu par accident et n'a de cesse de vouloir tracer sa propre voie.

Du côté de Desmond, il a enfin droit à des phases intéressantes, qui sont démunies de tout HUD pour un souci d'immersion. Son histoire connaît enfin une issue, plutôt satisfaisante de mon point de vue, même si elle relance une fois de plus la saga.

Enfin, pour la première fois dans la série, je me suis essayé au multi. Les modes de jeu sont intéressants et changent du tout-venant bourrin propre à l'expérience en ligne.

Si le II reste pour moi le sommet de la série, cet épisode III fort attendu souffre d'une finition technique plus que perfectible, comme si le soin avait été essentiellement porté sur le marketing et la communication. Pour autant, ne retenir du jeu que ses nombreux bugs -souvent cocasses, parfois irritants-, ce serait faire l'impasse sur tout le reste : un contenu annexe immense beaucoup plus peaufiné que le contenu principal, qui montre les limites techniques sans doute insurmontables sur cette génération. 

Voir aussi

Jeux : 
Assassin's Creed III
Ajouter à mes favoris Commenter (0)

Commentaires

Édito

Mon opinion sur l'actualité vidéoludique, mes impressions sur les derniers jeux auxquels j'ai joués, mes coups de coeur ou coups de gueule en matière de BD, cinéma, musique et dernières lectures.

PSN : samizo_kouhei

3DS : 2921 9505 3989 

Archives

Favoris