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Chroniques de l'abîme

Chroniques de l'abîme

Par Samizo Kouhei Blog créé le 31/12/09 Mis à jour le 14/08/13 à 10h35

Mon blog sur lequel je parlerai de mes coups de coeur (et de gueule) en matière de jeux vidéos, BD, cinéma, musique, lecture.

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Ciné

L'annonce d'un film sur Captain America avait de quoi laisser sceptique. Quel crédit pour ce personnage portant les couleurs (et le nom) des Etats-Unis pour un public en dehors de ce pays ? Ce serait mal connaître un personnage, qui loin d'être à la botte de l'administration américaine, porte des valeurs universelles (même si certains scénaristes, y compris parmi les plus doués, peuvent nous le présenter comme une brute à l'esprit chauvin et étroit). Créé par Joe Simon et Jack Kirby en 1940, 1 an avant l'entrée en guerre des Etats-Unis dans la Seconde Guerre mondiale, Captain America n'a rien de plus que tous les super-héros patriotiques créés dans ce contexte pour dégommer du Nazi ou du Japonais. Mais contrairement à beaucoup d'entre eux, il vivotera bon an mal an dans les années 1950, et se pliant au contexte politique de l'époque, devient un virulent anticommuniste. Mais le personnage tombe dans l'oubli très rapidement.

Il faut attendre l'épisode 4 de la série Avengers en 1963 pour que le héros revienne au premier plan. Il est découvert en état de cryogénisation et ne tarde pas à intégrer l'équipe, en devenant d'ailleurs l'emblème et le chef. Dès lors, l'histoire du personnage est considérablement enrichie : ses combats lors de la Seconde Guerre mondiale sont enrichis de super-vilains nazis (Red Skull, le baron Zemo), on apprend dans quelles circonstances son acolyte Bucky disparaît et que le Captain America des années 50 était un autre cobaye du sérum de super-soldat qui a pété les plombs et est devenu un extrémiste pur jus. Le personnage a connu une histoire tumultueuse, culminant dans Civil War et ses conséquences. Il est la tête de proue de l'univers Marvel suite à Heroic Age.

Effaçant le souvenir de 2 pitoyables adaptations en téléfilms dans les années 70, Marvel Studios continue de tramer son futur film Avengers avec ce film présentant le "premier Vengeur".

Le film fait le choix de replacer son héros dans son contexte de naissance, l'entrée en guerre des Etats-Unis, mais avec les touches fantastiques attendues dans le film de super-héros.

Steve Rogers est un gringalet plein de bonne volonté, mais dont la frêle constitution physique l'empêche de s'enrôler dans l'armée américaine. Bénéficiant d'un sérum de super-soldat dont le concepteur est tué immédiatement après la réussite de l'expérience, Steve Rogers s'est transformé en surhomme aux capacités optimales. Cela ne sera pas de trop contre les plans de Johann Schmidt, le chef de la division scientifique spéciale du régime nazi, l'Hydra.

Il plane sur ce film une délicieuse ambiance rétrofuturiste (les spécialistes parlent de Diesel Punk) : l'ambiance des années 1940 est fidélement reproduite, mais avec quelques entorses à l'Histoire (comme dans le film Rockeeter réalisé par le même réalisateur, Joe Johnston). Aussi, il ne faudra pas s'étonner de la présence d'une femme à un haut niveau de commandement dans l'armée, des armes laser et un ennemi encore plus redoutable qu'Hitler (au point que Captain America ne combat pas les Nazis mais une division parallèle qui prend son autonomie).

Le film évite de tomber dans les clichés habituels du "film de super-héros" (Green Lantern, je te vois) en évacuant la balourde séquence de maîtrise des pouvoirs (Steve Rogers n'est qu'un homme, certes au maximum de ses potentialités), les doutes (bien sûr le héros a ses moments d'abattement mais il ne pleurniche pas) ou la potiche de service (il y a bien un intérêt amoureux, mais qui ne se contente pas d'attendre le héros en soupirant et en se faisant enlever par le méchant). Les scènes d'action sont lisibles et fabuleuses (la retranscription des combats d'un homme plus fort que la normale est crédible, l'utilisation du bouclier formidable), les effets spéciaux et décors discrets et de bon goût (même si les sbires de l'Hydra ressemblent un peu trop aux sbires de Cobra dans GI Joe). Le discours patriotique est tourné en ridicule (avec un Captain America au costume pourri entouré de nanas sexys sur fond de chanson pouet pouet afin de vendre des bons du trésor) pour se recentrer sur le fait que Captain America est un héros avant même sa transformation, et dans un contexte très particulier (la Seconde Guerre mondiale).

On passe un très bon moment, avec ce film qui renoue avec un certain esprit du divertissement, avec ses personnages badass (sans tomber dans la caricature), ses explosions, son méchant à l'accent allemand dans sa base secrète, tout en évitant l'humour à 2 balles, les vannes à 10 centimes et les sous-entendus graveleux. Le casting est très bon, notamment en ce qui concerne le rôle titre (Chris Evans a quand même joué Johnny Storm dans les 2 nanars consacrés aux 4 Fantastiques).

Marvel tient là son meilleur film (un peu devant Iron Man premier du nom) et montre que tenir les rènes de son propre univers au cinéma assure le respect le plus total au matériau de départ. D'ailleurs, au delà de la continuité entre les films de la licence, j'ai noté quelques clins d'oeil à l'univers Marvel :

- Le costume de la première Torche Humaine à l'exposition Stark.

- Le visage d'Arnim Zola dans une loupe grossissante (le personnage est aujourd'hui un androïde dont le visage est sur le torse).

- Le caméo de Stan Lee à la remise de médailles ("je le voyais plus grand !").

La séquence post-générique fera hurler de bonheur ceux qui attendent comme le Messie le film Avengers.

 

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