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Chroniques de l'abîme

Chroniques de l'abîme

Par Samizo Kouhei Blog créé le 31/12/09 Mis à jour le 14/08/13 à 10h35

Mon blog sur lequel je parlerai de mes coups de coeur (et de gueule) en matière de jeux vidéos, BD, cinéma, musique, lecture.

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Triquites de jeux

Il ne s'agit pas d'une nouvelle "triquite" mais d'une version remise à jour de l'article originel sur la version Xbox 360, à l'occasion de ma partie sur la version Director's Cut sur PS3.

 

Deadly Premonition est un jeu qui m'a intrigué dès que j'en ai entendu parler sur le Net. J'ai pu constater par la suite qu'il ne laisse personne indifférent : jeu culte pour certains, escroquerie pour d'autres. Sa sortie confidentielle en Europe (uniquement sur Xbox 360, directement à un prix « budget », avant la sortie d'une version Director's Cut exclusive à la PS3 il y a quelques mois) n'est pas étrangère à l'aura du jeu. Les sites spécialisés se sont également déchiré à ce sujet, du 2/10 octroyé par IGN au 10/10 de Destructoid (note qui orne fièrement la version européenne du jeu). Julo a beaucoup apprécié le jeu. J'apporte ma modeste contribution au débat après avoir fini le jeu.

Définir le style de jeu proposé est une tâche complexe : le jeu est un mélange entre GTA (pour le monde ouvert), Shenmue (pour l'aspect « vie quotidienne » et la prise en compte de nombreux aspects comme manger, se raser, dormir) et Silent Hill (pour le passage dans une autre dimension plus inquiétante). C'est ce dernier aspect qui me rebutait le plus : je ne suis pas un grand fan de survival et de frissons devant mon écran. Au final, ces passages ne font pas vraiment sursauter, dès lors qu'on s'habitue à l'aspect dérangeant des ennemis, qui sont bien peu vivaces. En dehors de leurs rictus, ils sont plutôt risibles; Comment prendre effectivement au sérieux des jeunes femmes en robe à fleur ou des obèses en salopette ? Les ennemis, dans leur majorité, donnent bien peu de fil à retordre, d'autant plus quand on prend la peine de faire les quêtes débloquant les armes à munitions infinies. Ces passages d'action ont apparemment été introduits au chausse-pied pour le marché occidental, car d'après l'éditeur, les Occidentaux n'auraient pas voulu d'un jeu uniquement composé d'enquête et d'exploration (!). Leur intégration dans le jeu est assez maladroite, puisqu'on ne peut même pas dire si elles se passent réellement. Et ce n'est pas là le moindre mystère de ce jeu !

Les critiques négatives reposent en majorité sur la réalisation du jeu, qui est effectivement en retard de 10 ans. Les décors sont à peine dignes d'une Playstation 2 en début de vie, l'aliasing et le clipping infâmes. Les visages sont à peine corrects pour cette génération de console, mais la résolution atroce gâche tout. Le personnage le plus réussi à ce niveau est Emily Watt, la shérif-adjointe ... très inspirée de Naomi Watts !

Le comportement des véhicules est moins réaliste que dans GTA III (et ne parlons pas de la localisation des dégâts), les animations des personnages sont risibles.

Au niveau sonore, ce n'est guère mieux : les musiques sont mystérieuses et plutôt réussies (dans l'ensemble), mais peu nombreuses. Elles sont mixées n'importe comment, couvrant parfois les dialogues ou se déclenchant aux moments les plus inopportuns (un défaut corrigé dans le Director's Cut cependant).

On pourrait dire que si la réalisation pêche, le gameplay pourrait être en béton ... mais ce n'est pas le cas. Le protagoniste est aussi maniable qu'un tank, la visée (libre ou automatique) parfois peu précise. Heureusement, les ennemis sont bien peu réactifs et vous laisseront le temps de tranquillement les aligner. L'arme à feu de départ est peu puissante mais a des munitions infinies, cependant vous trouverez bien vite des armes bien plus redoutables. Le jeu est aussi entrecoupé de phases de QTE balourdes au possible.

Les critiques qui ne retiennent que les aspects techniques du jeu n'y voient effectivement qu'une immonde purge. Le prologue du jeu est de plus catastrophique : plongée directe dans un passage « Survival » avec la maniabilité lourde et le level design indigne d'un jeu current gen.

Mais l'intérêt de ce jeu est tout autre : une histoire fascinante, baignant dans l'étrangeté, avec des rebondissements (même si un bon sens de l'observation et certaines quêtes annexes permettent de devancer les révélations) et des personnages hors-normes. La fin est une des plus bluffantes jamais vues dans un jeu vidéo !

Le héros, Francis York Morgan, est incroyable : il parle à un ami imaginaire, débat avec lui de la musique punk et des séries B des années 1980, il accueille l'avalanche d'étrangetés avec un détachement inhabituel et n'hésite pas à plaisanter même quand sa vie est en danger. On s'attache aux habitants de Greenvale, pour lesquels on peut accomplir des quêtes annexes (à l'intérêt et aux récompenses variables) et on est happé par l'histoire. Le jeu, qui dure une quinzaine d'heures en ligne droite, peut voir sa durée de vie être étendue de manière considérable si on prend la peine de faire toutes ces quêtes annexes (en fonction des horaires, car l'heure tourne presque en temps réel et les habitants vaquent à leurs occupations).

L'ambiance et le pitch se veulent très proches de Twin Peaks, mais le jeu s'en détache progressivement pour acquérir sa propre identité.

Il faut voir ce Deadly Premonition comme le jeu d'un auteur, SWERY 65 (un cousin de Suda51?), bourré de défauts techniques et aux décisions éditoriales calamiteuses,  mais à l'histoire fascinante et sans tabous. Je pense sincèrement que l'auteur aurait dû en faire un livre ou un film (voire une série télé) ou d'avoir trouvé autre chose que des bras cassés pour la partie technique.

Un petit paragraphe en forme de coup de gueule sur la version Director's Cut du jeu. Contrairement aux promesses de SWERY 65, cette version n'apporte pratiquement rien à la version initiale, sinon quelques cutscenes (intéressantes ceci étant dit), une séquence de fin additionnelle (touchante) et un tout nouveau système de trophées (mais contraignant à faire toutes les quêtes secondaires pour le Platine). Aussi, ne cherchez pas de trace d'amélioration graphique (hormis la disparition du filtre verdâtre), de fins alternatives ou de changements dans le gameplay (et même d'une carte utilisable en jeu). Le jeu "gagne" au passage quelques chutes de framerate (sur un jeu déjà fini à la pisse) et des "bugs" graphiques (quand on donne un objet depuis son inventaire dans les quêtes secondaires) et de traduction ("ç" remplacé par "Ë")Je ne conseille donc cette version Director's Cut, uniquement sortie pour la hype, qu'à ceux qui n'auraient jamais fait le jeu sur Xbox 360 (le jeu est trouvable pour une vingtaire d'euros contre 40€ sur PS3) et qui n'ont pas la console. Dans tous les cas, un jeu qui n'a rien perdu de sa force en dépit des années et d'une 2ème partie dessus.

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Commentaires

Samizo Kouhei
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Samizo Kouhei
A ce niveau là, c'est presque de l'art.
Onink
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Onink
Tu m'a bien donné envie. Je vais attendre que le prix baisse un peu sur PS3. En tout cas quel dommage que le jeu soit si bâclé sur la forme...
Kaos
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Kaos
Tout a fait d'accord avec toi, d’ailleurs je rajouterais juste un seul point: Swery se doute bien que son jeu est une quiche au niveau des graphisme, ce qui me fait dire ça ce sont les monologue de York dans la bagnole: il partage son amour pour le ciné mais aussi pour les vieux films mal fichus, mais avec une très bonne histoire, il les affectionne particulièrement.
Je me demande s'il n'y a pas un rapprochement à faire avec son jeu: il faut gratter un peu pour trouver la petit lueur ^^
Mikadotwix
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Mikadotwix
C'est très bien rédigé.
Faudrait que je l'essaye un jour :)
Seishoujyo
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Seishoujyo
Tres bon resumé, je partage ^^

Édito

Mon opinion sur l'actualité vidéoludique, mes impressions sur les derniers jeux auxquels j'ai joués, mes coups de coeur ou coups de gueule en matière de BD, cinéma, musique et dernières lectures.

PSN : samizo_kouhei

3DS : 2921 9505 3989 

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