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Chroniques de l'abîme

Chroniques de l'abîme

Par Samizo Kouhei Blog créé le 31/12/09 Mis à jour le 14/08/13 à 10h35

Mon blog sur lequel je parlerai de mes coups de coeur (et de gueule) en matière de jeux vidéos, BD, cinéma, musique, lecture.

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DVD / Bluray

 

Je n'avais encore jamais vu Grindhouse jusqu'à présent, la faute à une décision contestable de sortir les 2 films séparément au cinéma (Planet Terror réalisé par Robert Rodriguez et Death Proof, alias Boulevard de la Mort en France, par Quentin Tarantino) puis en DVD, trahissant l'esprit de ce projet qui consistait à ressusciter les doubles programmes du cinéma des années 1970, qui proposaient de voir 2 films de série B (voire Z) pour le prix d'un seul ticket. La sortie il y a quelques semaines d'une Intégrale (en Blu-ray et DVD) répare cette erreur, en proposant les 2 films en version Grindhouse (plus courtes) avec les fausses bande-annonces diffusées au cinéma (même si entre temps, Machete et Hobo with a Shotgun sont devenus de vrais films, et que d'autres films pourraient être tournés).

Les 2 films sont un hommage aux films des années 70, dans ses aspects techniques, avec une image délibérément « salie », des rayures, des faux raccords et même des bobines manquantes ou qui brûlent ! Au niveau des thèmes, on est en face de films d'exploitation plus vrais que nature : Planet Terror est un film d'horreur suintant et gore jusqu'au délire, plein de moments plus badass que nature, tandis que Death Proof est à la fois un slasher et un film de cascades de voiture (indépendamment de la patte « tarantinesque » sur laquelle je reviendrai par la suite. La violence et le sexe exsudent de ces 2 films (ainsi que des bande-annonces).

 

Grindhouse s'ouvre sur la bande-annonce de Machete, ou l'histoire d'un ouvrier agricole mexicain enrôlé par un sénateur véreux pour commettre un assassinat, mais qui se rend compte qu'il a été manipulé. Il veut se venger, à coups de machette s'il le faut. Entre temps, un vrai film a été tourné, gardant Danny Trejo (et son visage bien spécifique) en tant que héros.

Le « programme » débute avec Planet Terror de Rodriguez. Une petite bourgade du Texas est envahie par des zombies après la libération accidentelle d'un gaz expérimental lors d'une transaction entre un scientifique et des militaires. Les survivants tentent de fuir la voracité des gens contaminés et des morts revenus à la vie sous l'action du gaz. Il s'agit d'un film de zombies relativement classique mais complètement second degré, avec des maquillages purulents et sanglants à souhait, des transformations peur ragoûtantes, des mutilations et broyages de tête à foison, à ne pas mettre devant tous les yeux.

Le fun est clairement de mise, avec des explosions et des fusillades dans tous les sens et des nanas sexys qui ne s'en laissent pas compter. La musique, tous synthés dehors, est kitsch et horrifique à souhait.

 

Suivent 3 bandes-annonces qui pastichent le cinéma d'exploitation :

  • Werewolf Women of the S.S. : Un film prétendument réalisé par Rob Zombie (musicien, mais également réalisateur) mettant en scène des savant-fous nazis et des officiers féminins sadiques et lubriques. Aussi étonnant que cela puisse paraître, il existait effectivement dans les années 70 un courant appelé nazisploitation mettant en scène des nazis plus pervers et dépravés que jamais. Le sang et la nudité sont forcément mis en avant.

  • Don't : un pastiche des films d'épouvante de la Hammer (une firme britannique qui a produit de très nombreux films d'horreur, dont de nombreux Dracula avec Christopher Lee dans le rôle-titre). Le narrateur en fait des tonnes pour tenter d'intriguer les spectateurs avec une voix emphatique qui accompagne des images chocs mais qui ne donnent pas vraiment d'indication sur l'histoire du film.

  • Thanksgiving : Un slasher qui fait directement référence à la série des Halloween. Ici le tueur, déguisé en pèlerin, zigouille les adolescents bourrés d'hormones, lors de cette fête américaine. Le résultat est cependant bien plus violent que le film séminal de John Carpenter, et la fin de la BA complètement outrancière.

    Le but de ces films était de toute manière de repousser toutes les limites du bon goût pour inciter le public à mettre quelques dollars dans ces films tournés à la chaîne.

 

Le « segment » de Tarantino porte clairement sa marque : une reconstruction du film d'exploitation (ici un film mêlant suspense et cascades de voitures) qui permet au réalisateur de Pulp Fiction de montrer sa culture cinématographique et sa révérence envers ce cinéma bis : les références visuelles et musicales à l'époque sont légion, le choix de Kurt Russell, star du cinéma d'action des années 80, dans le rôle principal (celui d'un ancien cascadeur, Stuntman Mike, qui pourchasse les jeunes filles à bord de sa voiture modifiée) n'a rien d'innocent.

Le film est très verbeux, la tension permanente et la violence soudaine (d'ailleurs certaines scènes seraient de trop même pour une campagne choc de la sécurité routière). Les scènes de cascade sont très bien fichues (notamment grâce à la présence dans son propre rôle de la cascadeuse Zoé Bell, qui a tourné ses propres cascades pour une fois).

Death Proof est un « 2 en 1 », comme certains films de l'époque : hormis la présence de Stuntman Mike, il n'y a pas d'unité de temps, de lieu ni de personnages entre les 2 parties du film.

OEuvre de 2 cinéphiles effrénés, Grindhouse est à considérer comme un tout, un hommage à un certaine forme de cinéma, disparue aujourd'hui, et remise à l'ordre du jour à travers ces 2 longs-métrages et des bande-annonces alléchantes.

N'hésitez pas à faire un tour sur Nanarland si vous êtes curieux au sujet de ce cinéma d'exploitation

 

 

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Mon opinion sur l'actualité vidéoludique, mes impressions sur les derniers jeux auxquels j'ai joués, mes coups de coeur ou coups de gueule en matière de BD, cinéma, musique et dernières lectures.

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