Un Monde en Images

Catégorie : Matériel

Signaler
Matériel (High Tech)
Voigtlander Nokton 35mm II

Voigtländer Nokton 35mm ƒ/1.2 ASPH II monté sur Leica M9

J'ai récemment découvert par hasard un objectif dont je n'avais jamais entendu parler, le Voigtländer Nokton 35mm ƒ/1.2 ASPH II, en lisant le guide Leica de Lloyd Chambers. Les quelques pages consacrées à cet objectif étaient tellement dythirambiques que je me suis renseigné plus sérieusement sur cet objectif.

Voigtländer est une marque d'appareils argentiques de type rangefinder et d'objectifs pour appareils à monture M, comme le Leica M9. Voigtländer a surtout pour réputation de proposer du matériel abordable aux utilisateurs d'appareils Leica, notamment pour les très grand-angles et les grandes ouvertures. J'avoue que je n'avais jamais vraiment prêté attention à cette marque en raison des reviews très moyennes de leur matériel. Je possède depuis quelques semaines un Voigtländer Bessa R3a (appareil argentique) mais je l'avais acheté d'occasion à très bon prix à un collègue par curiosité, pour enfin essayer la photo argentique.

Le Nokton 35mm ƒ/1.2 a changé tout cela. Toutes les reviews que j'ai pu trouver sont excellentes et j'ai donc craqué. Cet objectif a un rendu fabuleux, avec un bokeh très agréable et particulièrement crémeux. La séparation 3D fonctionne à merveille grand ouvert. Enfin cet objectif a des tons qui me rappellent les objectifs Leica classiques. Les performances sont bonnes à ƒ/1.2, malgré la présence de défauts comme de l'aberration chromatique et un petit manque de piqué, et deviennent excellentes dès ƒ/2.

Cet objectif est un petit bijoux qui vient compléter à merveille mon arsenal d'objectifs en monture M. Vous trouverez ci-dessous deux photos prises ce weekend avec cet objectif, ouvert à ƒ/1.2.

Emily
Julien

Matériel utilisé pour la photo de l'objectif :

  • Canon EOS 5D Mk III
  • Canon 24-70mm ƒ/2.8 L

Matériel utilisé pour les portraits :

  • Leica M9
  • Voigtländer Nokton 35mm ƒ/1.2
Ajouter à mes favoris Commenter (2)

Signaler
Matériel (High Tech)

Leica M9 & Leica Summilux-M 50mm ƒ/1.4

Les appareils photo équipés d'un rangefinder ont connu un grand succès entre les années 1930 et 1970. Ils ont depuis été largement remplacés par les SLR (single-lens reflex) que vous connaissez bien. Les DSLR sont aujourd'hui accessibles à tous et la qualité de leurs capteurs et objectifs est telle que nous pardonnons volontiers leur encombrement.

Les rangefinders ont un point commun très important avec les SLR, un système d'objectifs interchangeables. Un rangefinder vous offre donc une flexibilité comparable à un système plus moderne comme un SLR. Je dis bien comparable et pas égal, vous comprendrez un peu plus tard. L'avantage majeur des rangefinders est la taille du matériel. Les objectifs sont parfois minuscules et les boîtiers eux-mêmes sont souvent plus petits que des DSLR full-frame comme le Canon 5D Mk III ou le Nikon D800.

Quelle est donc la raison qui a poussé les rangefinders à disparaître ainsi ? Il y a plusieurs raisons, toutes liées au système de cadrage et de mise au point. Dans le reste de cet article, je vais prendre pour exemple un Leica M9, un rangefinder moderne numérique lancé en 2009. Leica est aujourd'hui la marque la plus connue pour ses rangefinders :

  • Leica M, le remplaçant du M9, dévoilé cette semaine à Photokina. Cette nouvelle version est équipée d'un capteur CMOS et permet d'utiliser un EVF (electronic viewfinder)
  • Leica M-E, un M9 sans le levier de sélection des guides de cadrage
  • Leica M9, un rangefinder full-frame équipé d'un capteur CCD sans filtre anti-aliasing
  • Leica M7, un rangefinder argentique, encore vendu par Leica notamment via le programme "À la carte"

Leica est le seul fabricant, à ma connaissance, de rangefinders numériques mais deux autres fabricants proposent des rangefinders argentiques : Zeiss avec son Zeiss Ikon et Voigtländer avec le Voigtländer Bessa. Zeiss et Voigtländer ont d'ailleurs eu l'excellente idée d'utiliser la même monture que Leica pour leurs objectifs ce qui a élargit le choix. Ces deux constructeurs produisent d'excellents objectifs bien moins onéreux que Leica.

Leica M8.2 & Leica Tri-Elmar-M 16-18-21mm ƒ/4 ASPH et son viewfinder externe

Voici donc à quoi ressemble un rangefinder. Ce Leica M8.2 est équipé d'un des deux seuls zooms que Leica a produit. Contrairement aux zooms dont vous avez l'habitude, celui-ci ne permet de choisir que parmi 3 longueurs focales : 16, 18 ou 21mm. Vous ne pouvez pas utiliser de focales intermédiaires. Il s'agit là d'un des gros désavantages des rangefinders : ils ont incompatibles avec les zooms ! Ce Tri-Elmar, qui n'est malheureusement pas le mien, est le seul zoom pour rangefinder disponible aujourd'hui et coûte près de $7,000 neuf.

Le Tri-Elmar illustre un autre énorme défaut des rangefinders, la grande difficulté à utiliser des objectifs grand angle. Si vous comparez cette photo du M8.2 avec celle du M9 au début de l'article vous ne pourrez manquer l'énorme viewfinder externe attaché sur la griffe flash du M8.2. Un viewfinder externe est indispensable pour utiliser des longues focales inférieures à 28mm ! Cela signifie qu'avec, par exemple, un 24mm vous devez réaliser le cadrage avec le viewfinder externe et faire la mise au point avec le viewfinder de l'appareil.

Examinons donc maintenant le viewfinder de l'appareil. Contrairement au viewfinder d'un SLR qui se trouve souvent proche du centre, le viewfinder d'un rangefinder est sur le côté, ici à droite sur l'image. La raison d'un tel emplacement est toute simple : les viseurs de rangefinders ne sont pas TTL (through the lens). Le viseur ne permet pas de voir ce que l'objectif voit. C'est un simple bout de verre qui traverse le boîtier. Si ce viseur était au centre, votre vue serait bloquée par l'objectif (ce qui arrive quand même avec le viseur sur le côté comme vous allez bientôt le voir).

Vous pouvez voir deux autres fenêtres sur le boîtier. Celle du centre, blanche, est un puit à lumière. Ce puit n'existe pas sur le Leica M9-P et le Leica M où il a été remplacé par des diodes lumineuses à l'intérieur de l'appareil. La raison d'être de ce puit vous sera dévoilée un peu plus bas. Enfin, la petite fenêtre à gauche est le viseur de parallaxe. Encore un attribut mystérieux du rangefinder dont vous allez bientôt comprendre le rôle.

Je vais maintenant vous montrer ce que l'on voit dans le viseur d'un rangefinder.

Vous pouvez observer trois choses importantes dans le viseur :

  • L'objectif Summilux-M 50mm ƒ/1.4 en bas à droite de l'image, qui obstrue une partie du viseur. Mes autres objectifs, un 28mm et un 35mm, ne sont pas assez gros pour obstruer le viseur. Ce problème explique pourquoi le Tri-Elmar a des trous sur son pare-soleil : pour voir à travers dans le viseur.
  • Deux aides au cadrage. Les rectangles discontinus vous montrent, très approximativement, ce que voit l'objectif. Les Leica M disposent de trois paires d'aide au cadrage : 28mm et 90mm, 35mm et 135mm, 50mm et 75mm. Vous voyez sur cette photo les aides pour objectifs 50mm et 75mm (le 50mm étant évidemment le rectangle le plus large). L'aide pour 28mm correspond au viseur en entier (voilà pourquoi un viseur externe est nécessaire en dessous de 28mm).
  • Le rangefinder lui-même, ce petit rectangle lumineux au centre de l'image.

Un Leica n'affiche donc pas grand chose dans son viseur. La seule chose que vous ne voyez pas ici est l'indicateur de durée d'exposition qui apparaît normalement en bas. Cette photo montre pourquoi le puit à lumière est indispensable. C'est lui qui permet d'afficher les rectangles lumineux dans le viseur via un système mécanique compliqué.

Le viseur de parallaxe sert pour sa part à afficher le petit rectangle au centre de l'image. Vous pouvez constater que l'image est dédoublée dans ce rectangle. Vous pouvez voir une version semi-transparente, presque fantomatique, du sujet. C'est là que réside le secret de la mise au point d'un rangefinder. En faisant tourner la bague de mise au point sur l'objectif, la seconde image dans le petit rectangle va se déplacer. La mise au point s'achève lorsque les deux images coïncident parfaitement, comme dans l'image ci-dessous :

Le système de mise au point est entièrement mécanique. La bague de mise au point de l'objectif bouge une tige métallique dans l'appareil qui déplace l'image parallaxe. Vous devez donc vous assurer que votre boîtier et vos objectifs sont parfaitement calibrés, une manipulation qui peut nécessite d'envoyer son appareil chez Leica.

Ce système de mise au point rend également l'auto-focus impossible. Il est difficile de faire la mise au point dans le noir ou lorsque vos yeux sont fatigués. Et vous ne pouvez faire la mise au point qu'au centre de l'image. Il va sans dire que vous devez être également très précis pour faire la mise au point lorsque vous ouvrez l'objectif à ƒ/2.8 ou moins (Leica propose un objectif qui ouvre à ƒ/0.95 et croyez-moi, la mise au point relève presque de la chance). Une belle galère en somme.

Les meilleurs utilisateurs de rangefinders sont capables de faire la mise au point sans regarder dans le viseur, simplement en réglant la distance directement sur l'objectif.

Le Leica M récemment annoncé constitue donc une petite révolution dans le monde des rangefinders. Son capteur CMOS permet d'utiliser un mode live view pour voir exactement ce que voit l'objectif et bénéficier du focus peaking (technique qui colorie sur l'écran les zones nettes de l'image pour faciliter la mise au point). Ce nouveau Leica dispose toujours de son rangefinder classique mais permet d'utiliser un viseur électronique externe pour rendre la mise au point plus facile.

Il est difficile de comprendre l'intérêt d'un rangefinder étant donné les incroyables limitations auxquelles vous devez faire face en tant que photographe. Le M9 reste néanmoins l'appareil avec lequel j'éprouve le plus de plaisir à prendre des photos. La simplicité du matériel vous permet de vous concentrer sur la prise de vue, les guides vous rappellent constamment de faire attention à votre cadrage et lorsqu'une photo est ratée vous ne pouvez vous en prendre qu'à vous-même. L'absence de zooms est également un excellent apprentissage. Les rangefinders ne sont assurément pas pour tout le monde et ne remplacent pas le SLR pour certains travaux. Le M9 me sert pour faire de la photo de rue et des portraits "au naturel". Le Canon 5D me sert quant à lui à faire des photos de paysages, de sport, etc.

Et puis il y a quelque chose de magique, de purement sentimental, à utiliser un appareil donc le système d'objectifs et de mise au point n'a pas changé depuis 1953, année de l'introduction du Leica M3. Vous pouvez utiliser des objectifs qui ont plus de 50 ans sur un Leica M9 et obtenir des photos d'aussi bonne qualité qu'avec des objectifs modernes. La simplicité des objectifs (du verre et du métal, aucune électronique) leur garantit une durabilité à toute épreuve.

J'espère que cette courte introduction aux rangefinders vous a plus et n'hésitez pas à me poser des questions en commentaire.

Ajouter à mes favoris Commenter (2)

Signaler
Matériel (High Tech)
My Prison

Saint-Tropez, France

Je suis souvent étonné de voir comment ma passion pour la photographie a évolué. Mon domaine de prédilection était dès le début, et reste toujours, la photographie de paysages. Cela ne m'a pas empêché d'essayer plusieurs autres genres au fil des années, souvent timidement et encore plus souvent brièvement. Un appareil photo a changé beaucoup de choses pour moi.

J'ai eu la chance de me faire offrir un Leica M il y a maintenant près de trois ans, un superbe appareil si différent et souffrant de nombreux problèmes. Cet appareil est malheureusement longtemps resté sur une étagère en raison de sa difficulté d'emploi et d'un mauvais choix d'objectif, un Leica Summicron-M 35mm ƒ/2, le seul que j'ai osé et pu me permettre d'acquérir à l'époque. J'avais choisi alors un 35mm après avoir lu de nombreux photographes vanter les mérites de cette longueur focale. Une focale qui ne me convient absolument pas. Je la trouve difficile d'emploi et ennuyeuse. Cette expérience m'a permis de découvrir que j'aime travailler très large (maximum 28mm) ou assez long (50mm et au-delà).

Très déçu de ne jamais utiliser ce magnifique outil, j'ai décidé il y a quelques mois de casser ma tirelire et d'essayer un autre objectif, le Leica Summilux-M 50mm ƒ/1.4 dont je suis immédiatement tombé amoureux. Le Leica M9 est ainsi devenu mon appareil le plus utilisé ces derniers mois, notamment pour réaliser des portraits de ma famille. Il m'a également redonné goût à la photo de rue, un type de photographie qui m'avait séduit lors de longs séjours en Chine et au Japon mais que j'avais peu pratiqué aux États-Unis et en France. Peu de temps après l'achat du 50mm je me suis tourné vers un 28mm (j'aurais préféré un 24mm ou un 21mm mais c'était moins cher) dont je suis ravi et qui me suit partout.

Je ne délaisse bien sûr pas les paysages, comme vous pouvez le voir sur ce blog, mais j'ai grâce au M9 élargit mon horizon et découvert une nouvelle façon de prendre et de partager des photos.

Matériel utilisé :

  • Leica M9
  • Leica Elmarit-M 28mm ƒ/2.8
Ajouter à mes favoris Commenter (6)

Signaler
Matériel (High Tech)
Rockaway Sunset

Rockaway Beach, Pacifica, Californie

le jour que j'attendais depuis près d'une semaine est enfin arrivé : un jour sans pluie pour aller voir de quoi est capable mon nouvel appareil photo, le Canon 5D Mk III.

Je ne vais pas vous embêter avec les détails pour le moment, je vais donc faire court. Le Mk III est un appareil fantastique qui améliore son prédécesseur sur tous les points. Les plus grandes améliorations concernent l'autofocus et l'ergonomie générale.

Si le sujet vous intéresse, laissez un commentaire et j'écrirai un article plus détaillé pour présenter le Mk III et le comparer au Mk II. Vous questions sont évidemment les bienvenues et je serais ravi d'y répondre.

Matériel utilisé :

  • Canon EOS 5D Mk III
  • Canon 17-40mm ƒ/4 L
  • Filtres neutres gradués Lee
Ajouter à mes favoris Commenter (8)

Signaler
Matériel (High Tech)
Leica Summilux-M 50mm f/1.4 ASPH

Leica Summilux-M 50mm ƒ/1.4 ASPH

Photo prise avec : Canon EOS 5D Mk II, Canon 100mm ƒ/2.8 L IS

Voici une photo de mon objectif préféré, le superbe Leica Summilux-M 50mm ƒ/1.4 ASPH. Cet objectif produit des photos magnifiques avec un piqué incroyable. Son seul défaut est son poids, environ 450 grammes en version grise.

Matériel utilisé :

  • Canon EOS 5D Mk II
  • Canon 100mm ƒ/2.8 L IS
  • Deux lampes blanches avec diffuseurs

N'hésitez pas à me poser vos questions dans les commentaires !

Ajouter à mes favoris Commenter (6)

Signaler
Matériel (High Tech)
Frankencamera
Frankencamera
Through the viewfinder

San Gregorio State Beach, Californie

Canon EOS 5D Mk II, Canon TS-E 45mm ƒ/2.8

Cet après-midi avait lieu un Google+ photowalk à San Gregorio State Beach, une plage située environ une heure au sud de San Francisco. Les photos ci-dessus montrent un ami et son matériel photo, un boîter Hasselblad 500 C/M avec un dos numérique PhaseOne 45. Le 500 C/M est un design datant des années 70 et qui a succédé au modèle 500, datant quant à lui de 1957 (soit quelques années seulement après l'introduction du système M de Leica qui est encore aujourd'hui utilisé dans le M9). Le 500 C/M est tellement simple qu'il ne possède même pas de moteur pour remettre le miroir en place après chaque photo, il faut le "rembobiner" à la main ! Le dos PhaseOne 45 est un grand capteur numérique moyen format de 39 Mpixels. Pour rendre honneur à cette combinaison de matériel moderne et ancien, j'ai utilisé l'objectif le plus curieux que j'avais sous la main, un Canon TS 45mm, un objectif tilt-shift.

Matériel utilisé :

  • Canon EOS 5D Mk II
  • Canon TS-E 45mm ƒ/2.8

N'hésitez pas à me poser vos questions dans les commentaires !

Ajouter à mes favoris Commenter (6)

Signaler
Matériel (High Tech)
Dials Panel

Panneau de contrôle de la salle des machines du porte-avion U.S.S. Hornet

1/60s, ƒ/1.4, ISO 320
Leica M9, Leica Summilux-M 50mm ƒ/1.4 ASPH

Storytelling

Explications sur l'atterrissage sur un porte-avion

1/1500s, ƒ/2.4, ISO 160
Leica M9, Leica Summilux-M 50mm ƒ/1.4 ASPH

Holding History

Photo d'une photo d'atterrissage

1/350s, ƒ/2.8, ISO 160
Leica M9, Leica Summilux-M 50mm ƒ/1.4 ASPH

To the Rescue

Détail d'un hélicoptère de sauvetage en haute-mer

1/60s, ƒ/2.4, ISO 400
Leica M9, Leica Summilux-M 50mm ƒ/1.4 ASPH

Alexandre

Mon frère

1/2000s, ƒ/2.0, ISO 160
Leica M9, Leica Summilux-M 50mm ƒ/1.4 ASPH

Watch Your Step

Détail du « hangar deck »

1/1000s, ƒ/2.4, ISO 160
Leica M9, Leica Summilux-M 50mm ƒ/1.4 ASPH

J'ai commencé la photographie il y a quelques années pour faire partager mon amour des paysages américains. Les lecteurs de ce blog l'auront d'ailleurs sans aucun doute constaté. Ce premier contact avec la photo m'a permis d'apprendre beaucoup de choses et de cultiver le désir de découvrir d'autres styles et particulièrement un dont j'aimerais parler aujourd'hui. J'ai en effet eu la chance inouïe d'acquérir il y a environ 18 mois un Leica M9, un « rangefinder » numérique qui a récemment bouleversé mon petit monde photo.

Le M9 fait partie du « système M » de Leica, introduit dans les années 50. Le premier appareil de cette série, le M3, date de 1954 et ses objectifs sont encore aujourd'hui compatibles avec le M9. Bien que le M9 soit un appareil moderne, comprenant un capteur Kodak CCD « full-frame » de 18 Mpixels, il emprunte de nombreux éléments à ses illustres ancêtres, tant par son apparence que par sa conception. Un rangefinder est très surprenant si vous avez comme quoi toujours utilisé des appareils de type « point and shoot » (comme l'excellent Canon S95) ou des (D)SLR (par exemple le Nikon D700 ou le Canon 5D Mk II). Les derniers modèles (M9 en numérique, M7 en film) sont en effet incapables, de par leur conception et philosophie même, d'offrir un système d'auto-focus. La mise au point se fait manuellement, à l'aide d'un ingénieux système de mécanique de parallaxe. Je ne vais pas rentrer dans les détails et je vous invite donc à consulter Wikipedia sur le sujet. Ce système de mise au point empêche également une composition « through the lens » (TTL). Quelle que soit la focale utilisée le viseur ne change pas et l'appareil affiche simplement des lignes brillantes pour estimer le résultat final. Enfin, les rangefinders, une fois encore en raison de leur système de mise au point, n'offrent que des objectifs à focale fixe (il y a quelques rares et coûteuses exceptions).

Je peux aisément imaginer votre réaction au paragraphe précédent. Qui donc voudrait bien, aujourd'hui, s'encombrer d'un appareil aussi difficile à utiliser ? Rassurez-vous, les rangefinders ont également des avantages. Je vais commencer par les avantages techniques. Grâce à l'absence de mise au point automatique, les objectifs de rangefinder sont petits, légers et offrent une qualité d'image exceptionnelle. Mon Leica Summicron-M 35mm ƒ/2 ASPH mesure une fraction de la taille et la moitié du poids de mon Canon 17-40mm ƒ/4 L. Dénués de mécaniques ou électronique compliquée, ces objectifs peuvent survivre pendant des décennies sans perte de qualité. Un objectif bien entretenu de 1954 fonctionne à merveille sur un M9 ! Leur taille permet de concevoir des optiques de grande qualité et d'obtenir de grandes ouvertures facilement (Leica propose un 50mm ƒ/0.95).

Un rangefinder offre un autre avantage important, une grande liberté. Le M9 ne possède que deux modes de prise de vue : priorité à l'ouverture ou exposition manuelle. La mise au point et le choix de l'ouverture se font manuellement sur l'objectif. Vous pouvez changer la sensibilité ISO et choisir entre RAW/JPG et couleur/N&B. Et c'est tout. L'absence de fonctionnalités avancées, compliquées ou inutiles vous permettent de vous concentrer sur l'essentiel, le cadrage et l'ouverture.

Je possède deux autres appareils modernes qui disposent de nombreuses fonctions, un Fuji X100 et un Canon 5D Mk II. Ces deux appareils sont à mon sens de superbes outils et je les utilise très souvent, bien plus souvent que le M9. Je les trouve en revanche ennuyeux. J'ai presque l'impression d'utiliser un ordinateur lorsque que je manipule ces appareils. La photo et mon sujet ne sont plus les uniques composantes de l'équation; je dois tenir compte de la complexité de mes outils. Je sais également que Fuji, Canon et bien d'autres ont annoncé ou vont annoncer des appareils similaires, trop similaires. Je ne suis plus aussi enthousiaste à l'idée des produits à venir que je ne l'étais pas le passé. Le M9, simple et discret, m'a redonné goût à la photo naturelle, la photo de tous les jours.

Les photos ci-dessus font partie d'une série prises à bord du U.S.S. Hornet, un porte-avion américain datant de la seconde guerre mondiale. J'ai encore quelques clichés de cette série à mettre en ligne mais je voulais les partager avec vous pour vous montrer à quoi ressemblent des photos prises avec un Leica M9. Ces images ont été prises en RAW et développées dans Lightroom 3. Les modifications effectuées en post sont minimes. Les superbes contraste et rendu des couleurs ainsi que le piqué extraordinaire sont possibles grâce à l'objectif que j'utilisais, un Leica Summilux-M 50mm ƒ/1.4 ASPH. Cet objectif est tout simplement fantastique, sans aucun doute le meilleur que j'ai utilisé. Le bokeh est magnifique et après avoir pris quelques photos avec je comprends enfin le « creamy Leica look » dont Steve Huff parle souvent.

Je publierai sans doute bientôt d'autres photos prises avec cet objectif. Je pense que le M9 et ce 50mm vont maintenant rarement me quitter.

Matériel utilisé :

  • Leica M9
  • Leica Summilux-M 50mm ƒ/1.4 ASPH
  • Le porte-avion U.S.S. Hornet

N'hésitez pas à me poser vos questions dans les commentaires !

Ajouter à mes favoris Commenter (7)

Signaler
Matériel (High Tech)
Équipement photo

Je pars ce weekend dans la vallée de la mort pour prendre des photos et j'emporte cette fois un dolly motorisé pour essayer, à nouveau, de capturer un timelapse de la racetrack playa. La dernière tentative fut un sacré échec, souhaitez-moi bonne chance ! Je pars avec un ami, également amateur de photographie, qui va lui essayer de faire un panorama avec un gigapan.

Ajouter à mes favoris Commenter (6)

Signaler
Matériel (High Tech)
Leica M8 (Front)

1/25s, ƒ/2.8, ISO 100
Hasselblad H3D 39, Hasselblad 100mm ƒ/2.8

La ligne éditorial de ce blog est de vous expliquer comment et où je prends mes photos. Le premier article sur Antelope Canyon est un excellent exemple de ce que j'aimerais partager avec vous. Dans cet article, je mentionne rapidement le matériel utilisé pour prendre la photo présentée. Aimeriez-vous que je publie aussi des articles sur le matériel et les techniques associées ? Laissez un commentaire pour me faire part de vos envies et de vos idées.

Cette photo d'un Leica M8.2 a été prise avec un Hasselblad H3D 39. Puisque j'étais en environnement contrôlé, j'ai pu conserver une sensibilité de 100 ISO, même à 100 mm. L'ouverture ƒ/2.8 permet d'attirer le regard sur l'appareil tout en offrant un arrière-plan crémeux. J'ai utilisé une lampe de poche colorée et une lampe de studio pour obtenir de jolis reflets dans l'objectif du M8.2.

Ajouter à mes favoris Commenter (8)

Un Monde en Images

Par Blog créé le 26/02/11 Mis à jour le 11/04/14 à 07h27

Ajouter aux favoris

Édito

Un Monde en Images est ma façon de vous faire partager ma passion pour la photographie. Je vous invite à découvrir avec moi des lieus étonnants, des paysages magnifiques et des moments de la vie de tous les jours. J'en profiterai également pour partager avec vous mes techniques et astuces.

Vous pouvez retrouver toutes mes photos sur les sites suivants :

curious-creature

Flickr
500px
Twitter

Je travaille chez Google depuis 2007, où j'ai passé 7 ans dans l'équipe Android. Je fais aujourd'hui partie d'un autre projet qui n'a pas été annoncé.

Archives

Favoris