Indé, Néo, Rétro...

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Par Retromag Blog créé le 28/10/11 Mis à jour le 04/07/15 à 10h26

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jeu video rétro
Dans l'esprit des stratèges de Sony, le passage de témoin entre la PlayStation 2 et la PS3 coulait de source. Mais, quelle que soit la taille du succès d'une console et la longueur du cycle pendant laquelle elle prospère, le marché reste versatile. Il arbitre davantage en faveur de l'offre qui lui est proposée à l'instant T plutôt que par rapport à l'attachement à une marque. Sony l'a appris à ses dépens pendant cette génération HD qui n'a finalement exercé qu'une moindre prise sur les joueurs qui ont porté au firmament le constructeur entre 2000 et 2006.
 
Avec la PS4, les experts en marketing cherchent à retisser artificiellement ce lien, à renouer avec cette lune de miel qui a s'y fantastiquement fonctionnée (150 millions de PS2 dans le monde) en faisant table rase d'un passé immédiat... compliqué. Les éléments de langage reposent en effet sur l'humilité, le monolithique (le jeu et rien que le jeu), la puissance hors norme néanmoins docile du hardware. Qui de mieux que Mark Cerny dont la modestie du propos se devine aussi sur sa silhouette, pour promouvoir dans le verbe et dans le geste, cette nouvelle image ? L'homme s'est donc plié à un marathon médiatique depuis le PlayStation Show de février dernier jusqu'à son lancement afin d'expliciter dans un langage châtié (exercice délicat pour un programmeur émérite) le renouveau de cette précieuse philosophie : "la PS4 est l'aboutissement d'un consensus avec la communauté des développeurs [...] nous avons été à leur écoute. Les joueurs ont réservé un triomphe à nos deux premières machines, nous sommes revenus sur l'origine de leur succès planétaire."
 
Il sera rapidement rejoint par d'autres cadres tels que John Koller, vice-président de la branche marketing US qui perçoit dans l'engouement des premiers jours de la commercialisation de la PlayStation 4 de fortes similitudes "avec la PS2, nous avions dû contenir une forte demande, nous étions harcelés de questions quant à sa disponibilité. La même chose se reproduit avec notre nouvelle console". Écho identique dans les commentaires de Fergal Gara, responsable de Sony UK : "l'économie de la PS4 est plus proche de celle de la PS2 qu'elle ne l'est de la PS3. Les composants de cette machine étaient très chers à fabriquer [...] avec notre nouvelle plate-forme, nous avons compressé les coûts".
 
 
Les ficelles marketing sont grosses, cependant elles sont étonnement reprises par l'ensemble des acteurs de l'industrie. Qu'ils soient neutres ou hostiles à Sony. Lors d'une expertise inhabituellement médiatisée, une poignée d'ingénieurs hardware travaillant pour Microsoft a commenté la finition extérieure de la PS4 de manière élogieuse : "(sa robe) rappelle celle de la PS2 Slim, l'une des plus belles consoles jamais construites". Ce sera le seul argument positif noyé dans un déluge de coups de griffe. Des cabinets d'analyse financière ont également cité l'ancienne console vedette de Sony. Ils prévoient dans ce retour aux fondamentaux, des capacités commerciales proches de la PlayStation 2.
 
Cette comparaison est tout de même tirée par les cheveux. Cette période faste est exagérément fantasmée. La seconde console du géant japonais propulsait l'arrogance de Sony Computer à son paroxysme. Précisément celle qui a préparé le terrain au fiasco relatif de la PS3. Les composants électroniques (Emotion Engine et Graphic Synthesizer) avaient été fallacieusement présentés comme des processeurs sans équivalent dans le monde. À ce titre, des tableaux comparatifs douteux avaient déclenché l'ire d'Intel. Des développeurs avaient dans le même temps claqué la porte (Oddworld) ou se sentaient prêts à le faire, pointant du doigt la complexité outrancière de l'architecture interne de la PlayStation 2.
 
Pour ma part, j'avais croisé le chemin d'un programmeur travaillant pour l'éditeur Infogrames, plusieurs mois avant le lancement de la console en Europe. Le numéro un français de l'édition avait commandé en masse des kits de développement de la PS2. Ils avaient tous été bien réceptionnés avec pour seule note explicative, une feuille écrite en... japonais !
 
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Commentaires

Masahiko666
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Masahiko666
J'ai déjà vu cela, mais où...et surtout quand...
Buros_1st
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Buros_1st
non en province , a coté de l'espagne :)
Retromag
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Retromag

@Buros_1st : oui je l'avais en jap a la sortie , mais j avais encore ma boutique a cette époque, je l ai eu moins cher que les prix afficher a paris


ceci explique cela... Ta boutique était sur Paris (RP) ?

pas vendue en façade...le fait de la faire essayer à ses clients, je n'appelle pas ça demander de montrer patte blanche...mais là, je parle d'un magasin en particulier...


Sony avait fait une descente dans les magasins de République. Des consoles ps2 avaient été saisies dans certaines boutiques, des avertissements sans frais pour d'autres. Chaque "client" était devenu suspect, les responsables de magasins soupçonnaient leur voisin de les avoir dénoncé... C'était une ambiance particulière, mais cela ne les a pas empêché de continuer à les vendre sous le manteau à des clients qui ne ressemblaient pas à un agent de Sony.
Masahiko666
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Masahiko666
@Retromag : pas vendue en façade...le fait de la faire essayer à ses clients, je n'appelle pas ça demander de montrer patte blanche...mais là, je parle d'un magasin en particulier... Et comble de l'ironie, le vendeur faisait tourner un jeu Ps1 dessus (Vagrant Strory en Jap), histoire de ne pas trop éveiller les soupçons (ce qui était idiot, puisque la machine était bien en vue, sans compter les cartons japonais bien en évidence sur le comptoir, au milieu du magasin).
Buros_1st
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Buros_1st
oui je l'avais en jap a la sortie , mais j avais encore ma boutique a cette époque, je l ai eu moins cher que les prix afficher a paris :)
Retromag
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Retromag

me semble (j'en suis même assez sûr) que la commercialisation de la PS2 Japonaise en France était interdite, dixit Sony. Pourtant, le magasin de Nancy spécialiste en jeux et accessoires jap et US en avait une en démo, et vendait quelques uns de ces monolithe noir à quelque-chose comme 15.000 boulettes...et sans transformateur pour le courant français légèrement trop puissant pour la console...


Juste ! mais elles n'étaient plus vendues en façade. Le client devait montrer patte blanche avant de lui vendre. La Dreamcast aussi avait été interdite un temps.
Donald87
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Donald87
Effectivement l'anecdote est sympa ... et en ce qui concerne la PS 4, je vais attendre sagement quelques mois.
Masahiko666
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Masahiko666
Il me semble (j'en suis même assez sûr) que la commercialisation de la PS2 Japonaise en France était interdite, dixit Sony. Pourtant, le magasin de Nancy spécialiste en jeux et accessoires jap et US en avait une en démo, et vendait quelques uns de ces monolithe noir à quelque-chose comme 15.000 boulettes...et sans transformateur pour le courant français légèrement trop puissant pour la console...
Retromag
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Retromag
Oui, le fruit du hasard en plus. Tu l'as achetée en jap ? Sur Paris, les premiers prix étaient à 7000/8000 frcs ! :o
Buros_1st
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Buros_1st
sympas la petite anecdote du gars d'Infogrames a la fin? Je me souviens aussi de la difficulté de trouvé des bons jeux a sa sortie (Japonaise) et cela a durée un ans avant de voir un blockbuster arrivé, mais bon après un paquet de bombes est arrivées :D

Édito

L'exercice est tellement délicat lorsqu'il s'agit d'écrire son premier édito ! Comme le nom l'indique, Retromag est une nouvelle publication sur le rétrogaming dont je suis le responsable. Je vous présenterai ici, le magazine en cours de création. J'espère de tout coeur vous savoir nombreux à me suivre et à partager vos (vieux) souvenirs !

 

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