Indé, Néo, Rétro...

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Par Retromag Blog créé le 28/10/11 Mis à jour le 04/07/15 à 10h26

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jeu video rétro
 
La silhouette de Katsuhiro Harada semble ne faire qu'une avec celle de Heihachi Mishima. Le design supervisor de la série Tekken est mieux à même de nous expliquer cette personnification grâce à son diplôme de psychologie en poche. La fierté de ses parents. Ses premiers échanges de coups de poing, il les aura probablement faits sur les bancs de l'école. Mais son plus grand combat aura été de persuader ses parents du bien-fondé de son orientation professionnelle : "ils se sont sentis anéantis. Ils ont pleuré à chaudes larmes", confie Harada à l'édition en ligne du magazine Edge.
 
Ils avaient pourtant veillé à parfaire son éducation, bannissant les consoles de la chambre de leur rejeton "à mon plus jeune âge, les jeux vidéo étaient déconsidérés au Japon. Si vous aviez le malheur de fréquenter les salles d'arcade, des membres de l'association Parents-Enseignants venaient directement vous chercher. À vous les ennuis". Malgré la crainte d'être pris sur le fait, le téméraire Harada se joua des interdictions pour assouvir sa plus grande passion : "on m'a pris plusieurs fois la main dans le sac [...] ce petit manège a duré un long moment".
 
Ce qui ne l'a pas empêché d'intégrer "une prestigieuse université", à la grande satisfaction de ses parents. Même à l'âge adulte, cette dévorante passion qu'il voue aux jeux vidéo ne le quitte pas. Son diplôme en psychologie acquis lui donne de surcroît une certaine hauteur de vue sur son attachement sans borne à cette discipline : "ce que je faisais de mon temps libre ne pouvait plus souffrir de critiques de la part des adultes. Je joue assidûment, j'ai donc cherché un métier où je pouvais assouvir cette frénésie." Bien plus utile qu'un papier glissé dans un cadre fixé au milieu des photos familiales, sa formation de psychologue sanctionnée par son certificat lui donne les clefs pour comprendre la persistance de son engouement en faveur de ce média : "c'est vraisemblablement une compensation aux règles contraignantes assimilées dès mon enfance".
 
 
Les yeux illuminés par les univers faits de pixels suscitent en lui une vocation de développeur en herbe rapidement freinée dans son élan par la dureté du métier : "j'étais au collège, j'ai copié le code publié dans un magazine afin d'essayer en une semaine de réaliser un jeu. Le résultat était décevant." Sans se laisser démonter par cette mauvaise expérience, l'homme s'est donc tourné vers l'aspect commercial de cette industrie : "j'ai rejoint le secteur de l'arcade pour faire de l'événementiel". Il organisa ainsi des tournois et mini salons de Street Fighter pour le compte de Capcom. Là encore, par déformation professionnelle le fin psychologue exerce son regard instruit sur le comportement des joueurs. Il déplace les cabines d'arcade dans le but d'évaluer leur succès en fonction de leur emplacement et s'interroge sur l'influence qu'exerceraient certains types de boissons "sur le temps passé à jouer ainsi que sur l'argent dépensé".
 
Père et mère ne trouveront un motif de consolation dans l'orientation professionnelle de leur fils que lorsque celui-ci sera gratifié par Namco : "au cours de ma première année de travail, j'ai battu le record de ventes deux mois d'affilés", se félicite-t-il. L'ambition le gagne petit à petit. Sa position lui permet d'être à l'écoute de la clientèle, sa formation d'en déchiffrer les analyses comportementales et l'expression des attentes. Son excellence professionnelle reconnue par ses supérieurs lui ouvre les portes du développement de jeux. Tekken est en cours d'élaboration, Harada est chargé d'équilibrer le jeu, de travailler sur les données pour veiller à son efficience : "initialement, Tekken n'avait pas vocation à devenir un jeu de combat. Il servait de benchmark destiné à tester des modèles 3D. C'était au préalable une voiture à conduire".
 
 
La série Tekken a connu son heure de gloire, mais aussi des passages à vide. Le jeu de combat dans son ensemble tombe en désuétude ce qui impacte indéniablement le parcours commercial de la franchise multimillionnaire de Namco. Néanmoins, ces vents contraires n'entament en rien l'intérêt d'Harada en faveur de la psychologie humaine que ce genre de jeu véhicule : "il existe très peu de jeux vidéo qui suscitent des émotions aussi fortes dans un si court laps de temps". Ses premiers frissons commencèrent avec "Double Dragon, la dernière scène vous opposant à votre compagnon" pour ensuite se prolonger et gagner en maturité avec Street Fighter.
 
Katsuhiro Harada fête ses vingt ans de carrière chez Namco. Le même âge que la série qui a propulsé le créatif dans les plus hautes sphères du géant Namco Bandai. Est-il saisi d'une envie de déposer les gants ? Sa réponse ne fait pas de doute : "je suis toujours avide de résultats".
 
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Commentaires

Donald87
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Donald87
Avec ces commentaires, on peut dire "Ceci explique cela".
Masahiko666
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Masahiko666
Comme quoi, heureusement qu'il était un peu tête brûlée, sinon Tekken ne serait peut-être pas ce que l'on connait. Son enfance ressemble un peu à la mienne : pas de console à la maison, ça abîme la télévision, et surtout pas de salle d'arcade, ce sont des loisirs pour les abrutis (mais je ne me gênais pas, ce qui a purement annihiler mon argent de poche).
Kahnettan
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Kahnettan
Il reste toujours aussi à l'écoute ceci dit. :)

Jamais je n'ai vu de dev de jeux de combat aussi impliqué envers ses joueurs, c'est bien simple quand on parle de Tekken, on associe tout de suite à Harada.
Retromag
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Retromag
:lol: c'est sûr !
Donald87
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Donald87
Il a "la tête de l'emploi" pour Tekken ;)

Édito

L'exercice est tellement délicat lorsqu'il s'agit d'écrire son premier édito ! Comme le nom l'indique, Retromag est une nouvelle publication sur le rétrogaming dont je suis le responsable. Je vous présenterai ici, le magazine en cours de création. J'espère de tout coeur vous savoir nombreux à me suivre et à partager vos (vieux) souvenirs !

 

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