Indé, Néo, Rétro...

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Par Retromag Blog créé le 28/10/11 Mis à jour le 04/07/15 à 10h26

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jeu video rétro
 
Air connu : le visage rond comme un ballon, il picore des citrons, c'est lui... Hideki Kamiya, le volubile créatif derrière l'extravagante production The Wonderful 101. Bien qu'il déteste les protocoles, le voilà pourtant contraint d'accepter d'être torturé de questions (consensuelles) avec le passage obligé des Iwata Asks. Ce personnage très talentueux, mais indiscipliné, est mal connu du grand public.
 
Piqué dès son plus jeune âge par la passion du jeu vidéo, il raconte son parcours du combattant pour assouvir cette soif qui ne le quittera plus. Ses parents désargentés et stricts ne pouvaient lui offrir les consoles de salon du moment (Intellivision, Atari 2600...). Ces produits d'importation étaient en effet hors de prix. Alors, ce petit dégourdi écumait les grands magasins voire se faufilait à l'intérieur de lieux réservés aux classes supérieures (non sans subir des taquineries) pour jouer. Il lui arrivait de jouer des poings également, son copain de quartier possédait l'objet de toutes ses convoitises et malgré son comportement tyrannique avec le jeune Kamiya, l'envie de jouer était la plus forte. Ce n'est qu'à son entrée en cours moyen que ce dernier s'offrit une Famicom. Avec le petit pécule gagné à chaque passage en classe supérieure, il acquit un trésor de guerre.
 
Le jour de la commercialisation de la console de salon de Nintendo, il se leva à 4 heures du matin avant de constater sur place qu'une file indienne s'était déjà constituée. Revenu bredouille de son escapade matinale, un ami de la famille lui proposa de le dépanner d'une Famicom accompagnée de quinze jeux pour 30 000 yens (230€). Il restera silencieux sur l'origine de cette offre providentielle (tombée d'un camion de livraison ?).
 
mmmmm... je perçois des bioparticules...
 
Est-ce par obligation contractuelle ou par sincérité, Kamiya déclare avoir passé ses plus belles années sur la toute première console à vocation internationale de Nintendo. Son éveil au processus de développement d'un jeu vidéo se manifesta à la lecture d'un entretien entre Shigeru Miyamoto et le créateur de Xevious, Masanobu Endo paru dans la publication officielle Famicom. Cette vocation s'affirma au collège. Ses premiers pas furent hésitants. Sans savoir par où commencer, il acheta un ordinateur Nec PC-8801 dans le but d'apprendre à programmer. Mais très vite, le démon du jeu prit le dessus avant qu'un sursaut provisoire ne vînt lui rappeler ses premières intentions. Ses efforts furent laborieux, le découragement le gagna rapidement. Mais à force de tâtonnement, le créatif réussit son examen d'entrée chez l'éditeur Capcom (il postula chez Nintendo qui rejeta sa candidature). Chaperonné par Shinji Mikami qui embrassa peu ou prou le même parcours initiatique sinueux, l'homme prend ses marques grâce au succès colossal de Resident Evil.
 
Il travailla en tandem dans la réalisation de l'épisode deux de la franchise montante de l'éditeur. Cette expérience professionnelle se révéla extrêmement douloureuse. En effet, rien ne se passa comme prévu "j'avais totalement foiré. Je disais oui à tout ce que l'on me proposait, le résultat s'était avéré catastrophique. Nous avions dû reprendre tout depuis le début et dire adieu à un an et demi de travail". Kamiya endossera l'entière responsabilité de cet écueil : "c'était l'une des licences qui focalisait toute l'attention de Capcom". Les soubresauts qui ont émaillé le développement de cette suite s'étaient propagés dans la société comme une trainée de poudre. L'homme dit en avoir profondément souffert : "les collègues me fustigeaient du regard en chuchotant 'c'est lui ! C'est le gars qui a coulé Resident Evil 2'. Ce fut un choc très dur".
 
Bien que la pilule reste amère, il dit avoir tiré les leçons de ces troubles professionnels : "je prenais des décisions sans planification préalable, je subissais toutes sortes de pression, j'avais baissé mes propres critères qualité pour gagner l'approbation (de ses pairs). Mais au-delà de tout ça, il était important pour moi de le ressentir intérieurement". Okami et Viewtiful Joe ont également connu sous sa direction, une refonte totale de leur direction artistique et conceptuelle. Le style graphique si particulier d'Okami fut changé en cours de production tandis que pour Viewtiful Joe : "alors que j'avais terminé la carte, les problèmes de conception étaient survenus bien plus tard." C'est en usant de trucs et astuces décalés dans le but de corriger ses erreurs que ce titre déjanté gagna en maturité et cohérence.
 
Un pastiche d'Iwata reprenant sa gestuelle de chef de gare SNCF
 
Beaucoup de chemin parcouru avant de servir sur un plateau d'argent The Wonderful 101. Grâce à toutes ces méandres, l'indomptable Hideki Kamiya est devenue une valeur sûre de cette industrie.
 
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Commentaires

KingTeDdY
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KingTeDdY

j'ai jamais compris cette polémique, ni de sa part, ni de la part (prétendument) de ses collègues autour de RE2. Qu'il y ait eu une mésentente entre Kamiya et Mikami, okay. Que le jeu ait été produit dans la douleur, certes. Mais non seulement il s'est hyper bien vendu, mais en plus c'est un des épisodes plébiscités par les aficionados de la saga. Bon après c'est mon préféré, donc je suis forcément biaisé niveau regard dessus, mais je capte pas pourquoi il renie tant ce jeu.


Oui enfin, justement le jeu a subi un gros retard "à cause de" Kamiya. Ce qu'il avait proposé à Mikami et Capcom ne convenait pas et le développement a dû être repris du départ. Ca l'a fout toujours mal pour une boîte, même pour Capcom, de devoir recommencer un développement. C'est du pognon de perdu. (D'autant que la promo du jeu fut un gros mic-mac à cause de ça, des screens de l'ancienne version se mélant à ceux de la version finale lors de la campagne promotionnel, idem pour les infos sur le jeu)
C'est pour ça que ses collègues lui faisaient la gueule. Et quant au jeu final ce n'est pas tant le jeu de "Kamiya" que le jeu de "Kamiya chapeauté par Mikami".



Mais l'ironie dans tout ça c'est que même si RE2 est excellent et fut un grand succès, la version de Kamiya (RE1.5) semblait lui être largement supérieure! Pleine d'audace, de bonnes idées prometteuse et bien plus logique dans son déroulement et sa direction artistique. (Un exemple : Mikami a insisté pour remplacer le commissariat moderne de 1.5 par le musée reconverti de la version finale pour "ne pas dépayser les fans du premier opus et de sa vieille maison".)
D'ailleurs malgré toute cette polémique, Capcom (Et même Mikami!) ne s'est pas gêné pour piller RE1.5 d'un tas d'éléments de gameplay, de séquences de jeux et d'idées d'ennemis pour les Resident Evil qui sont sortis par la suite!



En tout cas cette interview fait plaisir. Il a l'air de vraiment considéré que ce n'était pas sa faute et qu'il s'est plié à la volonté des autres. C'est bien. Fut un temps quand il parlait de RE2 c'était grosso modo "Mikami avait raison j'ai fait de la merde".
DemaH
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DemaH
Je n'ai jamais acheté une console que pour un jeu, et je suis pas prêt à le faire! Je pense par contre acheter W101 et attendre que la Wii U baisse drastiquement de prix, et qu'il y ait au moins 3 bons jeux sur cette console (W101, Bayo 2 et Xeno U).
Yao
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Yao
@ Demah >> Je comprends mais en même temps, t'as vraiment tord !!! Une fois que tu l'as testé tu ne penses qu'à ce jeu !! Il s'annonce dantesque !!! Perso, c'est UNE PUTAIN DE KILLER APP à lui seul il justifie l'achat de la machine !!!
DemaH
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DemaH
J'ai toujours été fan de Kamiya depuis DMC.
Il n'y a qu'un génie pour faire un jeu pareil en 2001. (En europe, on était mal à cause du 50hz!).

Contrairement à un Kojima, Hideki Kamiya à diriger plusieurs titres/séries (MGS, Zoe, boktai et Snatcher) pour Kojima contre Resident evil 2, DMC, Okami, Bayonetta, Viewtiful Joe et W101) avec un savoir faire qu'on retrouve difficilement ailleurs.
Pour moi, c'est un peu le Miyamoto de la génération PS2 (et PS360), tout ce qu'il touche se transforme en or.

Par contre, je suis très embêté car pour la première fois, je n'achèterai pas un jeu de Kamiya en day-one. Les raisons me semblent assez évidente.

De mon avis, les joueurs (et la presse) devraient se montrer plus respectueux et mieux suivre un tel créateur, il n'y en a pas beaucoup des comme lui..
hayabusa
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hayabusa
voila un mec qui a du talent avec un putain C.V pas comme l'autre tabernac phil poiscaille.
seblecaribou
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seblecaribou
@Crab: je sais bien que RE1.5 a été une cata de développement, mais le résultat final, le RE2 qui est sorti était génial quand même. Ce qui me pose problème (toutes proportions gardées) c'est que finalement c'est comme si Mikami disait qu'on l'avait fustigé du regard et qu'il était dégoûté de RE4 parce qu'il y a eu 4 proto du jeu (dont un qui est devenu DMC).
Karcel
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Karcel
Merci pour cet article, fort intéressant. Vivement vendredi prochain pour goûter à son prochain jeu!!
CrabFlavour
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CrabFlavour

j'ai jamais compris cette polémique, ni de sa part, ni de la part (prétendument) de ses collègues autour de RE2. Qu'il y ait eu une mésentente entre Kamiya et Mikami, okay. Que le jeu ait été produit dans la douleur, certes. Mais non seulement il s'est hyper bien vendu, mais en plus c'est un des épisodes plébiscités par les aficionados de la saga.


Le RE2 dont il parle ne s'est pas "hyper bien vendu", il n'est jamais sorti. C'est bien ça qui le chagrine.

Enfin si, on peut dire que le proto s'est bien vendu mais bon...
Casval
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Casval
seblecaribou

"mais je capte pas pourquoi il renie tant ce jeu."

Il le renie parce qu'il ne considère pas ce jeu comme étant le sien. Il faut bien comprendre que Kamiya partait vraiment dans tout les sens quand il s'agissait de créer un jeu sans se rendre compte qu'il fallait tailler dans le gras afin d'éviter de faire exploser le budget.
Devil May Cry, Okami et surtout Viewtiful Joe ont en fait les frais ce n'est vraiment que tout récemment qu'il s'est mis à travailler de façon plus ordonnée.
Retromag
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Retromag
J'ai appris beaucoup de chose aussi en l'écrivant. Ce type est à surveiller de près...
Masahiko666
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Masahiko666
Voilà une multitude d'anecdotes que je ne connaissais pas du tout...et c'est fort intéressant...merci à toi.
Retromag
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Retromag
Jeter à la poubelle un an et demi de boulot, à mon avis la facture avait dû être salée pour Capcom. C'est ce qu'il doit se reprocher et puis son égo à souffert aussi. Sinon oui, il a excellemment rebondit... :)
seblecaribou
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seblecaribou

C’est le gars qui a coulé Resident Evil 2’. Ce fut un choc très dur



j'ai jamais compris cette polémique, ni de sa part, ni de la part (prétendument) de ses collègues autour de RE2. Qu'il y ait eu une mésentente entre Kamiya et Mikami, okay. Que le jeu ait été produit dans la douleur, certes. Mais non seulement il s'est hyper bien vendu, mais en plus c'est un des épisodes plébiscités par les aficionados de la saga. Bon après c'est mon préféré, donc je suis forcément biaisé niveau regard dessus, mais je capte pas pourquoi il renie tant ce jeu.

Sinon, ce mec est un génie absolu. À partir du moment où t'as créé le BTA de poseur avec DMC et que tu lui as mis un coup de pied au cul avec Bayonetta...t'as plus rien à prouver à personne.
corwin
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corwin
on a l'impression qu'il reste sous estimé au japon. En europe il a pas mal d'aficionados

Édito

L'exercice est tellement délicat lorsqu'il s'agit d'écrire son premier édito ! Comme le nom l'indique, Retromag est une nouvelle publication sur le rétrogaming dont je suis le responsable. Je vous présenterai ici, le magazine en cours de création. J'espère de tout coeur vous savoir nombreux à me suivre et à partager vos (vieux) souvenirs !

 

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