Indé, Néo, Rétro...

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Par Retromag Blog créé le 28/10/11 Mis à jour le 04/07/15 à 10h26

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jeu video rétro
Souverain sur son marché domestique, Atari ne pouvait ignorer le Japon. Entre 1981 et 1983, ce territoire vierge de concurrents sérieux était surtout dominé par des consoles bon marché ou des produits d'importation hors de prix. Alors que Nintendo pataugeait avec sa gamme de Color TV, l'Epoch Tv Game avait pignon sur rue. Un bien piètre adversaire face au défi technologique que représentait l'Atari 2600. L'état-major américain décida de légèrement toiletter  sa console vedette avant de partir à la conquête de l'archipel. La machine sera rebaptisée Atari 2800 et s'habillera d'une coque inspirée de la 5200. Un excès de confiance qui lui coûtera cher.
 
 
La firme américaine pensait partir en terrain conquis. Son concept de plate-forme aux jeux interchangeables était révolutionnaire à cette époque. Pour les décideurs, cet avantage concurrentiel sera suffisant pour renverser tout prétendant, et ce malgré le vieillissement de la console (techniquement, elle n'a pas bougé depuis 1977). À l'automne 1983, le rouleau compresseur marketing se met en place et inonde les téléviseurs des foyers japonais. La société ignore royalement Nintendo et Sega dont la capacité de nuisance commerciale est considérée comme négligeable, en dépit du gouffre technique existant entre une NES et une 2800. Le catalogue de jeux vidéo constitué de plus de 400 titres submergera toute velléité concurrentielle, croyait-on naïvement au sein des hautes sphères décisionnelles d'Atari.
 
En réalité, Atari était pris à la gorge. Il lui fallait rapidement trouver un indispensable relai de croissance après la violence inouïe de l'implosion du marché nord-américain. Cette précipitation scellera le sort de la 2800. Avec seulement neuf titres lancés en 1983, la NES balaiera d'un revers de main l'offre pléthorique de la console d'Atari (30 jeux au lancement). Sega et son SG-1000 se cantonneront au rôle de figurant. Techniquement surclassé par la concurrence, et plombé par un surcoût de 10 000 yens (environ 100$/76€) par rapport à la NES, Atari se débat avec les détaillants noyés dans un océan d'invendus.
 
Une comparaison assassine
 
Cette conquête prend les allures de désillusions. L'accident industriel reste néanmoins absorbable pour le géant américain qui tentera de revitaliser son marché domestique cliniquement mort avec d'autres machines à plus forte puissance, mais sans succès notable. Ironie du sort, c'est avec la NES que le marché le plus dynamique au monde retrouvera des couleurs au grand dam d'Atari, furieux d'être relégué à un rôle figuratif dans son propre fief.
 
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Commentaires

Masahiko666
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Masahiko666
Pour l'Amiga, je n'ai jamais compris les défenseurs de l'Atari 520 ST. Musicalement, il était à des lieux de la machine de Comodore, avec sa carte son digne d'un Amstrad...j'étais pro Amiga, avec les nombreux music tracker qui l'accompagnaient...personnellement, j'ai commencé chez moi avec la Supernes (et encore, c'est mon frère qui me l'avait acheter dans une base américaine en Afrique).
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Idem, on avait choisi de jouer chez le pote qui avait une Atari 2600. Y'avait pas photo ! :D
Donald87
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Donald87
Marrant car j'ai connu ce genre de "compétition" ...
Moi avec mon Atari 2600 un pote avec le Vidéopac.
Puis, moi avec la Colecovision (CBS), le même pote avec une Intelvision (Mattel)
Ensuite toujours lui avec un Atari 520, moi avec un Amiga ... on n'a jamais eu le même "matos" ... :)
Masahiko666
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Masahiko666
Comme quoi, en Lorraine, on est vraiment arriéré pour certaines choses (notamment la culture, ça fait peur). Moi, les jeux vidéos, c'était chez deux copains qui se tiraient la bourre pour savoir qui aurait la meilleure console. Atari 2600 contre Vidéopac...bizarrement, tout le monde se retrouvait sur la Vidéopac, malgré le piètre catalogue vidéoludique proposé (et beaucoup de remake foireux, comme PacMan). Ensuite, le même gueguerre se mit en place pour la Nes et la Mastersystem. Là encore, on se tournait vers notre meilleur pote et sa machine de Sega, mais là, les jeux étaient quand-même de bonne qualité. Puis, tout le monde fut d'accord avec la Megadrive et la Snes, car chacun avait les deux bécanes (la Snes, surtout parce-qu'il y avait Street Fighter 2 dessus).
Donald87
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Donald87
Cela a permis d’échanger de bons souvenirs :)
Retromag
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Retromag
Pour ma part, je me rappelle ma mémorable échappée avec mon frère à la Samaritaine de Paris. J'avais 8 ans. En entrant dans cet immense magasin, j'ai cru me perdre. Le niveau jouet identifié, une fois en haut de l'escalator, un mur d'écran cathodique déversait un nuage de pixels, dans un fracas assourdissant de bips. Les consoles étaient toutes prises. Un seul vendeur-démonstrateur pour gérer une foule compacte qui se bousculait pour jouer. Je suis sorti du magasin la tête plein de rêves....
Masahiko666
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Masahiko666
@Donald : en tous cas, par chez moi, il n'y avait rien du tout...mais alors, que dalle, vraiment...pour acheter une console ou un jeu, il fallait passer par Jouetclub, et encore, les vendeurs n'y connaissaient rien du tout, et se contentaient de faire marcher les machines en jouant à un jeu de vaisseau spatial...
D'ailleurs, dans mon coin, avant l'apparition de géants comme Microarnaque ou le défunt (et peu regretté) Game, il n'y avait que de petites boutiques indépendantes ou sous contrat avec des chaînes (comme Dock Games ou Ultima).
Donald87
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Donald87
Micromania a ouvert son premier magasin dans les Alpes Maritimes à l'époque de l'Atari 2600 ... On pouvait acheter par correspondance des jeux en Import (Tigervision, Spectravision ...) ... Le temps des dinosaures :D ... Après, on sait ce qu'est devenu Micromania :) ... Quasiment une seule revue que beaucoup connaissent : Tilt :)
Masahiko666
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Masahiko666
C'est simple, à l'époque de l'Atari 2600, de la Vidéopac et des ordinateurs MO5 et TO7, il n'y avait aucun magasin spécialisé dans le jeu vidéo, ni dans l'informatique familiale. Les consoles et les jeux, ainsi que les programmes d'ordinateur s'achetaient exclusivement dans les magasins de jouet...et encore, je ne me rappelle pas avoir vu des TG ou des vendeurs exprès pour ces machines vidéoludiques...
Alors, de nos jours, lorsque quelqu'un se plaint que la France reçoit les nouvelles générations de consoles avec 6 ou 12 mois de retard par rapport au Japon ou aux States, qu'il ne se lamente pas trop car là, ce n'était pas mieux avant, mais alors pas du tout.
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Retromag

C'est vrai que, en France, étant donné qu'à l'époque, nous étions très mal desservis par les jeux vidéos (avec toujours quelques années de retard, 5 ans me semble-t'il pour la Nes), nous avions moins d'impact sur cette guerre des consoles, et on se contentait surtout des miettes laissées par le reste du Monde vidéoludique.


Tu rappelles de douloureux souvenirs, nous étions la 5ème roue du carrosse en Europe... Qui se souciait de nous à cette époque...
Masahiko666
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Masahiko666
C'est un peu le même problème partout, et pour n'importe quelle entreprise de n'importe quel secteur...faire gaffe à la concurrence, et surtout, savoir se remettre en question à tous moments. C'est toujours bien de pouvoir se reposer sur ses lauriers et de faire confiance à ses acquis, mais cela ne dure jamais très longtemps, et il faut pouvoir proposer des nouveautés, mais aussi se diversifier par rapport aux concurrents. Maintenant, c'est beaucoup moins vrai, car les Ps4 et autres Xbox One se ressemblent beaucoup, malgré quelques détails mineurs.
C'est vrai que, en France, étant donné qu'à l'époque, nous étions très mal desservis par les jeux vidéos (avec toujours quelques années de retard, 5 ans me semble-t'il pour la Nes), nous avions moins d'impact sur cette guerre des consoles, et on se contentait surtout des miettes laissées par le reste du Monde vidéoludique.
C'est peut-être pour cette raison qu'un nombre incalculable de jeux japonais (essentiellement des Rpg, malheureusement) ne sortent pas dans nos vertes contrées, le succès y serait trop aléatoire...
Retromag
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Retromag
Merci pour ces précisions Donald87, Atari avait donc faux partout, sauf chez lui :D
Donald87
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Donald87
Quand elle est sortie au Japon, elle ne pouvait pas rivaliser.
Quand elle est sortie en France, il n'y avait qu’elle et le Vidéopac de Philips (autant dire rien) ...
Puis vint la concurrence (Chez nous Mattel et CBS ...) mais elle a sorti vers la fin des petits jeux bien sympas : Pitfall, Mégamania (Activision), Démon Attacks (Imagic), quelques jeux Parker Brothers ...
Au japon, c'était foutu d'avance ...

Édito

L'exercice est tellement délicat lorsqu'il s'agit d'écrire son premier édito ! Comme le nom l'indique, Retromag est une nouvelle publication sur le rétrogaming dont je suis le responsable. Je vous présenterai ici, le magazine en cours de création. J'espère de tout coeur vous savoir nombreux à me suivre et à partager vos (vieux) souvenirs !

 

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