Le Blog de Raoul, le chien cinéphile

Par raoulcinephile Blog créé le 22/03/11 Mis à jour le 25/09/11 à 09h56

Je m'appelle Raoul et je suis un bouledogue français. Je suis également cinéphile. Du coup, comme je bouffe de la pellicule, voici mes critiques et mes extraits vidéos.

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Critiques

Un loser magnifique 

Depuis la sortie récente de Fighter de David O. Russel avec l'excellent Christian Bale (en doutait-on seulement ?), webzines et magasines papiers se remémorent les films de boxe les plus marquants du septième art. S'il ne devait en rester qu'un, un peu comme la vieille litanie des Highlanders, ce serait pour moi, sans contestation possible, Rocky premier du nom.

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Film magnifique à bien des égards, on suit la destinée d'un loser magnifique. Rocky Balboa, boxeur de seconde zone, prometteur mais au potentiel gâché à cause d'un environnement peu propice au bon développement (pauvreté, violences, promiscuité gênante...) le conduisant, la survie toujours la survie, à faire de mauvais choix comme travailler pour une sorte de mafia locale.

Rocky est un loser mais pas un loser détestable car aigri, violent et vulgaire. C'est un peu l'anti Raging Bull. Face à l'antipathie provoquée par le personnage de De Niro, Stallone lui compose un portrait de l'immigré italien, un peu paumé, un peu raté, mais avec un coeur gros comme ça, jamais haineux.

Et c'est bien là toute la force de Stallone, figure qu'il ne cessera de réutiliser dans quasiment tous ses films. Lui qui incarnait des bad boy dans ses premières prestations (Death Race de Paul Bartel, Bananas de Woody Allen) va, suite à ce premier grand succès, devenir le mec sympa, musclé et bonne pâte du cinéma américain. Poussant à l'excès une telle figure, Stallone s'y enfermera quelque peu. De quoi déclencher un déversement de bile de la part des détracteurs mais, avouons-le, un peu comme un doudou pour le nourrisson, Sly incarne pour l'adolescent/l'adulte un tel roc de confiance qu'il suffit à nous redonner confiance en l'être humain. Le type qui devra se battre, toujours se battre, pour surmonter tous les problèmes de la vie. Cette vie qui nous semble si proche de la nôtre (problèmes familiaux, financiers...).

Le combat ou le film dans le film

Un peu comme un court métrage, pouvant largement se suffire à lui-même, même si cela est faux tant une telle séquence est le point d'orgue du développement précédent (cette lutte, à tous les niveaux, de ce brave boxeur, le combat de boxe vient clore en beauté le film. Ce qui, là encore, sera un gimmick de la série, le spectateur attendant ce moment épique où tout se dénoue. Comme un grand show à l'américaine.

Le combat final, voilà ce qui démarque la série Rocky des autres films de boxe. Exagéré, disons stylisé, emphatique, spectaculaire, la précieuse séquence cumule à peu près tout cela. Rocky encaisse, donne, encaisse, redonne. Rarement un match a été aussi en adéquation avec la mentalité de son boxeur. Un battant, éternel perdant se relevant après chaque coup, se jurant de ne jamais baisser les bras tant que l'espoir demeure.

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Là où un Fighter joue les timides, où l'on ne ressent pas l'intensité de l'affrontement, les moments de faiblesse, de doute, Rocky premier du nom, comme les autres globalement, arrivent à nous tenir en haleine en jouant les montagnes russes grâce à ce prisme déformant. Tout est si gros que l'on a l'impression de voir deux dieux grecs s'écharper devant nous. Le visage de Rocky, boursouflé, sanguinolent, à la fin de quasiment chaque grand match telle une matérialisation de ce gigantisme.

Que dire du dénouement de ce fameux premier grand match, une défaite de Rocky. Mais une défaite aux allures de victoire tant l'étalon italien s'est battu courageusement. Lui, le boxeur de seconde zone, heureux d'avoir réussi à accrocher le champion du monde des poids lourds. Preuve ultime, par les poings, que ce déjà vieux boxeur, patte folle (gaucher), en a dans le ventre. Qu'à force de volonté, de sueur, on peut faire bouger les choses. Moral fétiche de Stallone, une thématique qui lui tient à coeur. Sorte de survivance du rêve américain. Douloureux mais vivace.

Un fond social crédible

L'autre point fort du film, c'est ce fond social que développe la saga Rocky. Jamais anecdotique, elle nous montre cette Amérique des délaissés, des immigrés se battant pour survivre, la boxe étant justement un moyen répandu pour cela, de l'autre côté du pont. C'est l'Amérique des suburbs. Rocky s'entraîne mais jamais dans de bonnes conditions, il foule les trottoirs crasseux, chasse les poules...Il fait avec ce qu'il a, pas grand-chose, mais cherche à bien faire.

Même la relation amoureuse de Rocky n'a rien de simple. Il est timide, maladroit, et aborde la soeur de Pauly, Adrienne, qui travaille dans une sorte d'animalerie. Elle n'est pas vraiment belle comme lui qui porte les stigmates de la boxe (malgré son nez préservé, il aime à le rappeler). Deux individus de la working class, pas vraiment beaux, pas de grandes études, pas de grandes destinées. Leur union finale, après cette « brillante » défaite, en est d'autant plus touchante. Deux losers qui s'unissent, le bonheur comme point de mire et un léger dépassement des embûches de la vie en plus.

Conclusion 

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Excellent film selon mon pote Riton

Alors, il vaut quoi ce film ? Excellent film, qui vieillit bien malgré le poids des années, Rocky premier du nom demeure sans conteste l'un des plus beaux films sur la boxe. Tant pour la sublime musique de Bill Conti que la prestation de Stallone, l'intelligence de son scénario, de son personnage. Rocky Balboa, simple personnage devenu aux Etats-Unis un véritable mythe, quasiment une légende urbaine. Il y aurait tant à dire sur cette saga, restons-en déjà à ce premier opus.

L'article d'origine : http://raoulcinephile.over-blog.com/article-critique---rocky-john-g-avildsen-70573946.html

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Commentaires

Édito

Pendant que mes maîtres travaillent, moi je me regarde des films bien tranquille sur le lit. Cool la vie de chien.

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