La 44ème dimension

La 44ème dimension

Par pouilleux Blog créé le 14/06/10 Mis à jour le 11/03/17 à 22h05

Bienvenue dans la 44ème dimension!
N'attachez pas vos ceintures, détendez vous, le personnel de bord saura prendre soin de vos oreilles, vos yeux et votre esprit avant le crash.

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Catégorie : littérature

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Considéré comme la pierre angulaire de l'oeuvre de Steinbeck, Les raisins de la colère est resté scotché à mes mains une semaine durant. Une semaine, j'ai vécu sept jours au rythme de la famille Joad. L'intrigue prend place dans l'Amérique profonde décharnée des années 40. Le centre des États Unis est touché par le Dust Bowl, la sécheresse transforme ces états en paysages lunaires où le moindre pas soulève des nuages de poussières et où l'agriculture est impossible. Contrainte de tout abandonner, la famille Joad entasse ce qu'elle a de plus précieux dans un vieux fourgon et file en direction de la corne d'abondance de l'ouest américain : l'éblouissante Californie. Un voyage auquel prennent part plusieurs génération d'une même famille dans des conditions épouvantables.

Dans ce roman, deux récits s'alternent: celui de l'épopée de la famille Joad et celui de l'Amérique de l'époque. Une véritable référence pour aborder la crise de 29 puis le Dust Bowl qui aggrava la situation déjà précaire d'une catégorie d'américains. Ces américains gravement touchés par la crise sont ces petits propriétaires qui vivaient du fruit du travail de leur terre. Ces américains représentaient l'héritage de Thomas Jefferson qui voulait faire en sorte que l'Amérique reste une nation agraire reposant sur des petits fermiers, indépendants et vertueux. Ce sont des centaines de milliers d'américains qui partent sur les routes pour quitter la poussière et espèrent trouver un travail en Californie. L'accueil de ses populations en Californie leur réservera de cruelles surprises que vous découvrirez au milieu du roman. Un classique à lire et relire en ces temps difficiles où nos acquis sociaux sont attaqués et où le système veut faire payer l'échec des financiers aux populations. 

«No work till spring. No work. And if no work - no money, no food. Fella had a team of horses, had to use'em to plow an' cultivate an' mow, wouldn' think a turning' 'em to starve when they wasn't workin '.Them's horses - we're men. » 

« Pas de travail avant le printemps : pas d'argent et pas de pain.Quelqu'un qui a un couple de chevaux et qui leur fait tirer la charrue ou la herse ou le rouleau, il ne lui viendrait pas à l'idée de les chasser et de les envoyer crever de faim parce qu'il n'a plus de travail. Mais ça c'est des chevaux ; nous on est des hommes. »

Dewa.

PS: si tu pleures pas en lisant ce roman, tu es un monstre. 

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Parfois quand on a envi de lire un bouquin, choisir ce dernier sur un coup de tête peut se révéler être une bonne idée. Ce fut le cas pour une de mes dernières lectures : Slaughterhouse 5 de l'américain Kurt Vonnegut (Abbatoir 5 en France).

Je ne savais rien de cet auteur avant de croiser ce livre à la bibliothèque. « Un magnifique roman sur l'honneur de la guerre dans la veine de Catch 44 de Joseph Heller » était écrit sur la quatrième de couverture.

Slaughterhouse 5 est un roman court mais extrêmement complexe (mais pas compliqué). Nous sommes ici en présence d'un enchevêtrement de récits. Voici le récit principal, celui qui constitue la charpente de l'intrigue : l'auteur endosse le rôle de narrateur et explique (dans les dix premières pages du roman) combien il lui est difficile d'écrire ce livre qu'il veut consacrer au désastre de la destruction de la ville de Dresde par les alliés en 1945. Puis rapidement nous rentrons dans la « véritable » histoire du roman.

Notre héros, Billy Pilgrim est chez lui, sa fille est à ses côtés. Billy est en fin de vie et raconte des histoires incohérentes à cette dernière. Billy aurait été enlevé par les extraterrestres. Trois pages plus tard, Billy est au Luxembourg, nous sommes en 1945 et la guerre touche à sa fin. Il fait partie de l'armée américaine et est sur le point de se faire cueillir par les soldats allemands en patrouille. Il devient alors prisonnier de guerre. A partir de là, les allées et venus dans les couloirs du temps ne vont cesser jusqu'à la fin du roman. Ces allées et venus se font de manière tellement fluide et cohérente qu'elles en arrivent à faire perdre toute notion de temps au lecteur qui ne discernera qu'avec difficulté le présent du passé ou même de ce qui tient de l'imagination de Billy.

Un épisode de la vie de Billy éclaire cette narration originale. Des extraterrestres expliquent à Pilgrim qu'eux, à la différence des humains, voient le monde en 4 dimensions. Ainsi quand un extraterrestre regarde un être humain il le voit à différentes étapes de sa vie simultanément, si bien qu'une personne morte est toujours visible à travers leurs yeux.

Slaughterhouse 5 est un de ces livres qui marque bien plus par son style que par le thème traité. Et comme tout bon livre il ouvre une réflexion pas uniquement sur la guerre mais aussi sur la vie et la mort.

Dewa.

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Vous vous êtes sûrement déjà demandé à quoi les chiens pouvaient bien penser ? Des rêves remplis de nonos comme dans les dessins animés de Pluto ? Pour Paul Auster pas vraiment...Dans Tambouctou le narrateur est un vieux toutou répondant au nom de Mr. Bones et qui nous raconte l'histoire de son maître mourant Willy. Willy dont la seule préoccupation avant sa mort est de trouver une famille d'accueil à Mr. Bones. Pour se faire il décide de partir à Baltimore pour y retrouver la seule personne qui n'eut jamais compté pour lui, son professeur d'anglais Béa Swanson. Commence alors un long voyage pour Mr. Bones, qui après la mort inéluctable de son maître se retrouvera auprès de différents maîtres. Voyage d'un chien au cours duquel se développe toute une réflexion autour du concept de la liberté : vaut-il vivre libre et vagabond sans le sou ou dans le bien être d'une prison doré en banlieue pavillonnaire mais se voir dicter le cours de son existence par la trilogie boulot/transport/dodo ? Aucune importance ici, pour Mr. Bones l'important étant de pouvoir rejoindre Willy dans l'autre monde Tombouctou.

Dewa.

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Mr. Vertigo est la dixième oeuvre sortie en France du très prolifique auteur américain francophile Paul Auster. Dans ce court roman, le vieux Walter Claireborne Rawley nous narre l'histoire de sa vie : de sa rencontre avec le maître Yehudi dans sa prime enfance à ses dernier jours en compagnie de Yolanda et son fils Yusef. Entre les deux : l'initiation du jeune Walter sur fond d'histoire des Etats-Unis. Toutes les grandes dates de la première moitié du 20ème siècle y sont mentionnées et correspondent à un moment important de la vie de Walter. Du mardi noir à la seconde guerre mondiale en passant par la grande époque du Ku Klux Klan, tous ces événements marqueront la vie de Walter l'homme aux cents vies. Walter le symbole d'une Amérique métissé en pleine construction, l'enfant blanc recueilli par un père juif, une mère indienne et un frère noir. Un roman qui me rappela fortement les classiques de Mark Twain, Tom Sawyer et Huck Finn, un clin d'oeil à cette dernière oeuvre y est d'ailleurs présent. Comme toujours avec Paul Auster, on notera une foule de petits détails qui finissent par avoir leur importance et révèlent leurs secrets au fil de la lecture. Pas de place pour le hasard dans cette oeuvre, tout finit par s'imbriquer et s'expliquer. Petit bémol : la version française passe à côté de quelques jeux de mots de mots qui échapperont aux anglophobes, les autres comprendront sans trop de mal je pense.

Si vous cherchez un récit magique (dans tous les sens du termes...) et un cours de civilisation étasunienne du début du 20ème siècle, je ne peux que vous recommander la lecture de ce chef d'oeuvre.

Dewa.

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A la lecture du seul titre, les initiés de Pynchon se diront qu'ils ne vont pas être pris au dépourvu. Et c'est bien vrai. Ce roman, le dernier en date du mystérieux auteur new yorkais nous plonge une fois de plus au coeur d'une enquête policière sur fond de complot d'état, à la manière de La vente à la criée du lot 49. Nous voici en Californie du Sud dans les années 60 en pleine période hippie. Doc Sportello, détective privé camé va voir sa petite amie Shasta, ou devrais-je dire une de ses nombreuses fréquentations se faire enlever ou disparaître, on ne sait pas en fait, tout ce qu'on sait c'est qu'elle s'évapore le lendemain d'une journée où elle eut une conversation très sérieuse avec Doc lui implorant de l'aider à faire en sorte que son patron ne soit pas victime d'un mauvais coup. Avec la disparition de Shasta commence l'enquête qui ménera Doc aux quatres coins de cette terre californienne en pleine mutation. Un territoire où se confronte les néonazis, les nationalistes noirs, les entrepreneurs mafieux, les prostitués, la musique, l'argent, le sexe et la drogue (beaucoup de drogue...). La drogue dont Doc Sportello se goinfre comme pour mieux supporter les changements du paysage californien, des changements qui s'opèrent du jour au lendemain. Pour retrouver Shasta, Doc va vite se rendre compte qu'il va devoir braver non seulement ses ennemis mais aussi ses alliés car ses alliés se révéleront parfois être ses ennemis et vice versa.

Toujours aussi bavard, Pynchon s'adresse là clairement à un lectorat patient. Lire Vice Caché c'est comme entrer dans un labyrinthe sans fil d'Ariane dans le noir.   

Dewa.

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Voici un roman que je voulais lire depuis un moment, deux and je crois. N'étant pas un grand spécialiste de littérature contemporaine japonaise, je passe régulièrement à la librairie et choisis mes bouquins un peu au hasard en examinant la table « romans - asie ». Je note les livres qui m'intéressent sur une liste qui commence à devenir sérieusement longue...Dans cette liste se trouve Yuu Nagashima - Barococo.

Yû Nagashima est un jeune romancier qui bizarrement est aussi connu pour ses critiques jeux vidéos intitulé « je game moi non plus » qu'il publie sous le pseudo de Bourbon Kobayashi au Japon, en Suède (?) et à Taïwan (lu en troisième de couverture). Rentrons dans le vif sujet à savoir l'intrigue. Ce roman commence à Tokyo dans une boutique d'antiquité du nom de Barococo et se termine à Paris chez Françoise. Le lecteur suit le vendeur de cette boutique, dont on ne sait ni le nom, ni l'âge dans ses activités quotidiennes : ouvrir la boutique, faire bouillir de l'eau, préparer du féca ou plutôt du café, déplacer des objets et nettoyer les vitres. Toute la magie de ce roman réside en sa capacité à rendre universel le sort de cet homme à la situation instable, sorti de la fac mais pas encore installé professionnellement parlant. Une situation qui ne le dérange pas vraiment. Cependant il apparaît comme invisible ou plutôt transparent aux yeux de ses amis qui eux ont tous un statut social : étudiant, marié, divorcé, propriétaire, peu importe...Au moment où il décide de quitter son quotidien, un événement important va avoir lieu qui l'aménera à une conclusion pleine de sens: la vie est « un voyage qui va durer, durer indéfiniment.»

En un mot Barococo est un roman court au style simple et décontracté qui vous amènera à vous poser des questions sur votre propre existance, les différentes phases de la vie, le sens du voyage au fil d'une intrigue passionante.

Dewa.

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Ma première visite à Tokyo a été une expérience pleine de contraste et d'antagonismes. Cette ville tentaculaire fait cohabiter le gigantesque et la miniature, l'indifférence et la proximité, le béton et la nature...Tokyo : ville schizophrène par excellence. En surface, Tokyo semble déshumanisée, tout ces codes et règles font des tokyoïtes des androïdes qui marchent au pas évoluant comme sur des rails. Mais ceci n'est qu'une facette de Tokyo. Si on zoome sur cette ville l'expérience tokyoïte se retrouve complètement renversée. 

Le charme de cette ville est à mon avis son absence de centre contrairement aux grandes capitales européennes. Tokyo est composé d'une multitude de petits centres et d'une infinité de lieux de vie microscopiques à l'échelle de la ville : que ce soit un petit restaurant de ramen de 9 mètres carré, un petit parc, une boutique ultra spécialisé en sous sol...Bref, les rencontres inattendues sont bien plus fréquentes en ces lieux.

C'est à cette échelle microscopique, à Hibiya Park, que l'intrigue de Park Life se déroule. Dans ce court roman d'à peine cent pages, Yoshida Shuichi capte l'essence de ce qui vient bousculer la monotonie de la vie citadine. La démarche originale de Yoshida Shuichi consiste à mettre au second plan la vie quotidienne (boulot métro) et à se concentrer sur les moments les plus anodins de la vie. L'histoire commence avec un homme employé d'un grand  magasin qui rencontre une femme dans le métro. Il décide alors d'aller se vider l'esprit dans le parc de Hibiya et retrouve la femme rencontré dans le métro. Ensemble ils comtemplent ce parc et ses visiteurs.

Un bouquin qui se lit d'une traite, une bouffé d'air pur dans nos vies étriquées.

Dewa.

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