Le Blog de Poufy

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Par Poufy Blog créé le 14/12/09 Mis à jour le 30/09/16 à 14h52

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Décryptage

Je vous propose d'écouter un extrait d'une conférence de monsieur Benjamin Bayart qui vous parlera obligatoirement :

L'intégralité est disponible ici, et c'est juste PASSIONNANT.

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Commentaires

Pedrobear
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Pedrobear
Vivement l’invention de l'imprimerie donc.
diccy
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diccy
Ouf, fini de regarder la conférence en entier: elle est très intéressante et instructive :). Ce serait dommage de se limiter à ce seul extrait :)!

@Celim

1) Si, l'Education Nationale est incompétente. J'en suis intimement convaincu.
Et quand je parle d'Education Nationale, je parle bien du système, de l'organisation, pas des profs (les profs sont de manière générale victime de l'organisation du système qui gère leur profession).
Ce système demande aux professeurs d'éduquer les élèves à la notation, à la compétition, à l'acceptation d'un maître (à penser ou à agir) et l'obéissance à celui-ci. Par tout un tas de procédés plus ou moins directs, mais on en arrive toujours à ça. Cette éducation étant ensuite nourrie et cultivée par les médias, ainsi que par le monde du travail, l'éducation parentale s'en retrouve elle aussi prise en tenaille dans ces vices.
Nourrir des cercles vicieux dans le cadre de l'enfance est à mon sens un signe clair d'incompétence.

2) Dommage, c'est très lié à tout le reste, étant donné qu'ils essayent de faire de l'internet, média encore un peu libre aujourd'hui, un média ressemblant aux journaux et à la télé, c'est à dire des médias unilatéraux.

3) Je peux t'assurer que les élites se sentent très bien entourés d'élites qu'ils choisissent ou qu'ils forment, et qu'ils voient d'un très mauvais oeil les autres qui se détachent du tas.
Qui dit élite, dit peu. Ils cultivent le fait que le savoir, la connaissance, l'argent, la vie même, ne sont pas donnés à tout le monde, et ils choisissent ceux qui sont méritants.

4) En gros, tu dis que l'information est détenue par ceux dont on décide qu'ils la détiennent. Que ceux qui ne passent pas à la télé n'y connaissent rien, que ceux qui ne sont pas édités dans des journaux n'ont pas de valeur, que ceux que l'on n'entend pas à la radio sont des incompétents. C'est résolument débile.
Si l'information peut venir de n'importe qui, de n'importe où. Tout le monde peut, sur internet, véhiculer de l'information. L'exercice de tri n'est qu'une question d'expérience, comme n'importe quoi dans la vie. Il nécessite du temps, de l'analyse, etc... mais cet exercice difficile est beaucoup plus sain que je rester le cul vissé sur son canapé à gober le JT de 20h.
De plus, ce partage massif d'informations, ainsi que l'accès illimité à celles-ci, permet d'engranger assez d'informations pour être en capacité de faire ce tri. Il ne rend pas le tri plus difficile à mon sens. Et s'il ne choisit qu'une voie parmi la foultitude de celles qui se présentent à lui... tant pis, ou tant mieux, peu importe, mais au moins, il l'aura choisie, elle ne lui aura pas été imposée. Et comme chacun ne choisira pas la même voie, cela permettra de ne pas tomber dans un vice de pensée unique et dirigée.


Les points sur les vertus du partage de l'information et de la culture sont très bien développés dans la conférence, que je recommande à tous chaudement de visionner en entier ;).
GlobZOsiris
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GlobZOsiris
Les premières catégories que délivre ce conférencier sont déjà représentées dans ces quelques réponses précédentes. hélé


PS: pour servir ses intérêts (sans pour autant nuire à ceux des autres), encore faut-il comprendre le fonctionnement de ce qui nous entoure et nous constitue, et non pas déverser son mal être.
JacksonSLAT36
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JacksonSLAT36
Internet est quand même un moyen d'accès à l'informations, je n'ai jamais eu autant soif de savoirs que depuis que j'ai internet et la possibilité de pouvoir lire et écrire sans limite. Après je pense que c'est comme tout, il y a les personnes capables et les personnes incapables.
BlackLabel
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BlackLabel
Il dit un peu n'importe quoi quand même. Les "trolls" n'apprennent pas du tout à argumenter. Ils affirment des choses, et quand on part en débat, ben ils continuent de les affirmer, usent de mauvaise foi, répondent à côté de ce qui les dérange voire n'y répondent pas. Et encore, là je dis les "trolls" pour reprendre sa formule, mais y'a aussi plein de gens très polis sur Internet qui usent de mauvaise foi ou sont au degré zéro de l'esprit critique mais écrivent tout de même des pavés.

Internet, c'est la foire aux malentendus, aux éternelles redites car l'autre te lis en diagonale tellement il est pressé de répondre, au "Chacun ses goûts !" et à la subjectivité crasse. Comme dit Celim, tu peux faire le choix de ne pas être constructif et de t'y complaire, là où lorsque tu discutes avec quelqu'un face à face, généralement celui qui sait fait autorité.
Celimbrimbor
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Celimbrimbor
Intéressante vidéo, dont je retiendrais plusieurs choses.

D'abord, la notion fondamentalement biaisée que met en avant l'intervenant au début, lorsqu'il établit que l'action sur l'Internet est une action "en publique". Cette affirmation est, selon moi, erronée, pour la simple et bonne raison que l'Internet est, malgré toutes les communautés qui y fleurissent, les jeux en ligne multijoueurs, les regroupements de blogs ou autre, une activité essentiellement privée, incomparable à la pression d'un débat public, par exemple. Lorsque le commentateur poste son troll ou son commentaire argumenté sur un forum, un blog ou un site, il n'est pas soumis aux interjections d'un public plus ou moins hostile ou aux encouragements de la foule, sur l'instant. Il est, au contraire, paisiblement installé sur un chaise, quelque part, vraisemblablement dans un environnement familier où il a pu s'accorder le temps de la réflexion et de la pensée. On retrouve cette forme de débat public dans le milieu universitaire, où le temps de réflexion s'étale dans le temps long. Ce qui me permet d'arriver à un second point, qui rejoint ce que je disais en commentaire plus haut et qui a été assimilé à de l'élitisme.

Le mécanisme que décrit l'intervenant dès qu'il dépasse la phase du troll est tout simplement un mécanisme de jugement par pair - dont je rappellerai, à tout hasard, qu'il est au fondement du métier universitaire, par exemple. C'est-à-dire que le troll ne devient pas commentateur éclairé simplement parce qu'il en a envie, mais parce qu'il se prend des baffes dans la tronche métaphoriques, par d'autres gens. C'est, ici, le mécanisme de l'école et de la note, en beaucoup plus violant car non réglementé, sinon par une NETiquette évanescente qu'on respecte selon son gré.
Dans un second temps, ce rabrouement perpétuel du troll, une fois analysé un petit peu, n'est rien d'autre que de l'élitisme pur et dur, du "Tais-toi, non seulement tu n'y connais rien, mais en plus tu l'étales." De l'envie d'empêcher l'abruti moyen de s'exprimer.
Ne vous leurrez pas. L'Internet est une machine à élites officieuses qui cherchent à faire concurrence aux élites reconnues. Quelle joie intense d'en pouvoir, adolescent, en remontrer à ce professeur pédant rencontré sur un forum et qui pensait connaître quelque chose à la culture "street".

L'apprentissage sur l'Internet ressemble donc fortement à l'apprentissage à l'école. Son système de notation y est même assez proche. Il est possible, je pense notamment à cette grande poubelle aux pépites insoupçonnées qu'est Agoravox, de noter des commentaires. Cette pratique existe un peu partout. Le modèle wikipedia est très amusant aussi : tout le monde - sous la houlette de quelques gardiens du savoir, des senior editors je crois - peut y écrire n'importe quoi. Comment l'information serait-elle erronée ? Je caricature à grands traits, redevenons plus sérieux.
Il faut à mon avis retenir la fin de cette intervention, quand M. Bayart énonce que, selon lui, le nombre de gens passant d'une étape à une autre, se réduit plus on monte dans la pyramide. Image non innocente, vous vous en doutez. On retombe sur ce fonctionnement élitiste par pair, qui en décourage certains, qui en agace d'autre, qui en propulse enfin des derniers vers l'écriture et la communauté, eux-mêmes devenant, à leur tour, des gardiens.
Ce mécanisme est pernicieux, car régulé par rien. Certes, il est agréable de voir les discussions évoluées du café du commerce aux tribunes des Échos - encore que... - mais la violence symbolique du mouvement générale ne doit pas être éclipsée. Dès que l'investissement devient un tant soit peu important, le coup de bâton est douloureux. D'autant plus quand il est injustifié. Là où un professeur est tenu de faire preuve de retenue - justement - dans sa correction des enfants, dans sa notation, au risque de rencontrer des parents furieux venus lui apprendre son métier, l'Internaute n'en a strictement rien à cirer. D'abord parce que le crédit, sur l'Internet, est une chose tellement vague et changeante que, que foutre ? Ensuite parce que l'absence de véritable relation publique - je te vois, tu me vois - les conséquences sont nulles pour le "je", mais pas forcément pour le "tu".

À petit niveau, l'Internet reste un espace fondamentalement égoïste - oh, métonymie - où l'individu revient, paisiblement, à la loi du plus fort. Or, de celle-ci, nous savons ce qu'en disait Rousseau et, si le bonhomme n'était pas clair à tous les niveaux, son Contrat Social a le mérite de l'être. On ne relèvera pas, dans cette optique, les derniers mots sur le rôle social du débatteur dans la démocratie.
Pour terminer, enfin, sur l'intervention de M. Bayart, je noterais qu'il dit, à mots couverts, que l'évolution ultime du commentateur sur l'Internet - cela fait très Pokemon, tout cela, ne trouvez-vous pas ? - est l'auteur. Il l'annonce, à demi-mots, lorsqu'il dit penser que la suite "n'a plus grand chose à voir avec Internet" (sic).
J'ajouterais à cette première conclusion une chose qu'il feint de ne pas voir ou qu'il oublie, que sais-je. Il s'agit du choix, volontaire, pertinent, s'inscrivant dans une pratique raisonnée et calculée, de ne pas vouloir être constructif. Le troll peut être un choix, de la même façon que le commentaire constructif peut l'être. Ils ne sont jamais que les deux mêmes faces, envers et endroit, d'une même pièce. Certains débats valent la peine d'être menés, d'autres non.


À présent, pour répondre à Faboloss, bien sûr que oui. Le contraire serait absurde. Je ne perdrais pas mon temps à dire quelque chose dans un espace où tout le monde s'en tamponne allègrement le coquillard si je n'étais pas persuadé de valoir plus, d'être meilleur et, donc, par là, de pouvoir apporter un avis éclairant et pas seulement une bêtise (in)sensée.

Enfin, en réponse à diccy, plusieurs points sont à reprendre.
1) L'éducation nationale n'est pas incompétente. C'est une exagération qu'il faut éviter lorsqu'on essaye de paraître un tantinet sérieux - vous aurez remarqué que M. Bayart ne tire par à boulets rouges sur cette engeance mesquine et incapable que sont les journalistes, mais qu'il parle toujours "du" journaliste "d'un" article. Les professeurs sont confrontés à des problèmes amusants et changeants, notamment le règne absolu de l'enfant roi et les familles qui ne comprennent pas comment leur petit chéri peut être ce monstre mal éduqué que leur décrit le professeur de mathématique. Ensuite, l'Internet et la pratique, justement, qu'en ont nos chères petites têtes blondes, est redoutable pour le prof'. Quand, dans n'importe quel cours, n'importe quel enfant peut, grâce à son portable, aller vérifier sur Wikipedia que ce qu'il vient de dire est juste ou faux et le faire immédiatement remarquer, c'est à se trancher les veines et n'enseigner que ce qu'on tient pour sûr.
(Petite parenthèse, sur le remplacement du savoir sur un mode vertical par le savoir sur un mode horizontal. Ce que j'ai appris, je le tiens de mes profs', je le tiens de mes livres. Aujourd'hui, la communauté est le premier vecteur de connaissance - on entend communauté au sens large, pour y englober l'Internet - et ce savoir est renforcé par le nombre. Une ânerie - ex. : Louis XVI est mort en décembre 1792 - n'est pas dangereuse tant qu'elle n'est défendue que par une personne. Elle devient absolument néfaste quand le plus grand nombre s'en empare. Ce que j'entends par là, c'est qu'il n'y a plus de garants logiques de sanctionnés de la connaissance. L'Internet, où la loi du plus fort bat son plein, ne demande, pour s'y faire une petite réputation, qu'un peu de temps - répondre sur l'instant, faire des recherches vaguement poussées - et une grande gueule.)
Et je ne vous parle même pas du discrédit que subissent les professeurs alors que, d'une certaine manière, leur métier n'est pas aussi facile qu'on le pense.

2) Rien à dire sur les médias, je n'y connais rien.

3) Faux. Une élite consciemment formée à nécessairement besoin de concurrence pour rester confortée dans son statut. On n'est pas élite face à une masse de crétins abêtis. On l'est uniquement face à quelqu'un qui le peut reconnaître. Le mécanisme de reproduction des élites est un mécanisme de cannibalisme où la génération suivante tue et bouffe littéralement la génération précédente. Cela dit, il faudrait distinguer les élites de pouvoir, les élites de l'argent, les élites du savoir et plein d'autres. Si elles entretiennent des liens parfois étroits, elles sont loin d'être identiques.

4) Faux. Donner à chacun la possibilité de s'exprimer est au contraire verrouiller l'information. Le mécanisme est très pervers. Il commence par un désarroi face à la quantité d'information qui tourne : un tel amas nécessite une certaine éducation / réactivité / expérience pour être trié, compris, digéré, que tout le monde ne possède pas. Il continue avec la sélection de sources préférés à d'autres. Il se termine avec l'hégémonie de ses sources, grâce à la bonne vieille loi du marché, qui règne sur l'Internet. Plus d'information, oui, au sens, plus de stimulation. Le résultat est plutôt simple : incapacité à trier, comprendre, apprendre et enfermement dans une sphère communautaire très restreinte.

En conclusion, quelques mots simples. L'Internet a tué l'information, car la juxtaposition du discours est la mort du discours.

Celim.
mojosav
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mojosav
@Celim
Tu peux développer s'il te plait?

L'idée que les internautes d'abord trolleurs, apprennent peu à peu de leurs échecs pour devenir des commentateurs voire des auteurs est intéressante, et est un phénomène qui sans aucun doute existe, mais j'ai un doute sur l'échelle.

Que dire de l'impressionnante capacité de déni ou de dissonance cognitive dont nous sommes capables en général, évitant toute prise de conscience de nos échecs, empêchant de fait toute possibilité d'amélioration de soi ?
Je connais énormément de gens dans ce cas, face aux obstacles et aux échecs ils préfèrent fermer les yeux et se raconter des histoires, la mauvaise foi en somme.
ackeron
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ackeron
l’éducation, à mon sens, n'est pas savoir faire des fractal ou faire une dissertation de 40 pages sans une faute. C'est savoir recevoir les informations et y réfléchir par soi même. Et sur la dernière génération que se soit internet, l'éducation parental ou national quelque chose n'a pas marcher de se coté là. C'était le but des lumières, faire évoluer le niveau de conscience d'un peuple pour que se peuple évolue.
diccy
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diccy
Lorsque la plèbe, comme tu dis, est abrutie d'éducation nationale incompétente et de médias abrutissants, ce cercle vicieux pouvant être transmis de parents à enfants, il est évident que leurs interventions ne soient pas toujours des plus constructives.

L'élitisme est une idéologie d'élites. Les élites perpétuent les élites, dans le but de ne surtout pas avoir de concurrence, et de pouvoir clamer haut et fort: "C'est une erreur de laisser parler la masse grouillante et débile, regardez ce qu'ils déblatèrent comme inepties!". Les systèmes d'éducation et d'information sont tenus par les élites élitistes.

Donner la possibilité à chacun de s'exprimer, c'est aussi la possibilité de libérer l'information (parce que l'éducation, c'est un peu plus délicat ^^'). La plèbe a donc des moyens autres que les grands médias pour s'informer. C'est une avancée notable dans l'Histoire de l'humanité.

Djo, qui n'a pas vu encore la vidéo non plus :D, mais qui a déjà entendu le parallèle donné dans le titre dans des interventions de Etienne Chouard il y a déjà quelques années ;).
faboloss
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faboloss
Poster un commentaire, c'est s'exprimer ! Tu te considère donc au dessus des masses ??!!
Celimbrimbor
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Celimbrimbor
J'ai toujours considéré que donner les moyens à la plèbe de s'exprimer était une erreur.
Je l'ai pu vérifier hier soir lors d'une soirée débat.

Celim, qui n'a pas encore regardé la vidéo, forcément.
Jaja
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Jaja
Intéressant je me demande dans quel categorie me ranger, je lis quotidennement le monde.fr mais quand je vois le niveau des commentaires je suis coupé dans mon elan de poster un commentaire (sauf exception mais faut chercher) ca me fait un peu penser aux commentaires de jeuxvideo.com d'ailleur, on y posterais bien mais quand t'a lu les commentaires t'es calmé pendant un mois d'avoir l'idée même de le faire lol
Noiraude
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Noiraude
Ecrire, oui, mais ô mon dieu les fautes :lol:

Édito

Responsable vidéo de Gameblog depuis 2009

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