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Warp Zone

Par Poisan Blog créé le 03/02/10 Mis à jour le 19/04/11 à 15h51

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Bilan 2010

De l'avis général, 2010 semble avoir été marquée par l'abondance de bons jeux, pas forcément tous originaux mais globalement très aboutis dans leurs domaines respectifs. La moyenne étant tirée vers le haut, rares étaient les navets - et par conséquent d'autant plus faciles à discerner, donc à éviter. Je ne peux pas vraiment dire que j'ai joué à de « mauvais » jeux cette année. En revanche, il y a eu quelques « déceptions » : des titres dont on était en droit d'attendre mieux, plus de fun, plus d'originalité et plus d'intelligence aussi.

Final Fantasy XIII : aussi digeste qu'un chou Fal'Cie

Final Fantasy XIII était une déception attendue. La direction prise par la série depuis les épisodes PS2 a tendance à m'ennuyer. Au coeur du problème : le manque de fantaisie, qui est pourtant l'argument principal de la licence. Il semblerait que Final Fantasy n'ait pas réussi son passage au parlant. Lorsqu'ils ne sont pas carrément stupides, les dialogues reflètent un vide soporifique noyé sous un jargon aussi abscons que repoussant (ici, les termes lourdauds de L'Cie et Fal'Cie). Au romantisme naïf japonais, qui avait pourtant marqué les plus beaux moments de la série (l'histoire d'amour de FFVIII, les délires introspectifs de Cloud dans FFVII), se mêle l'atroce accent américain des personnages qui dénature totalement l'esprit du jeu. Cette greffe entre Orient et Occident donne naissance à une chimère très peu charismatique. Final Fantasy n'est plus vraiment japonais, en tout cas pas chez nous. C'est désormais une caricature de l'exotisme japonais vu par le prisme du concept japo-niais pour occidentaux. Qui peut supporter les cris (pour le moins ambigus) que pousse Vanille à longueur de temps ? Qui peut endurer la soupe nauséabonde qui sert de thème officiel à cet épisode XIII ?

À force de vouloir draguer le public occidental, il semblerait que les grandes séries japonaises se soient complètement reniées. Après Resident Evil et son orientation action, Final Fantasy et sa suite de couloirs. J'ai bataillé pendant des heures, refusant d'abandonner le jeu tant que je n'avais pas foulé les étendues de Pulse que les critiques annonçaient paradisiaques. Quand je suis enfin arrivé sur place, j'ai constaté un espace certes plus grand, mais tout aussi vide que les lieux parcourus précédemment. Des combats, encore et toujours des combats. Je n'ai pas tardé à laisser tomber et à recommencer une partie de Final Fantasy VIII qui m'a à nouveau scotché jusqu'au bout.

Il m'a quand même fallu beaucoup de temps avant de lâcher Final Fantasy XIII. Premièrement, la réputation de la série a tendance à favoriser l'indulgence. Deuxièmement, la virtuosité des cinématiques peut donner envie de continuer (je parle de la mise en scène et de la qualité technique, toutes deux époustouflantes, évidemment pas du contenu complètement débile). Troisièmement, et c'est ce point qui fait que Final Fantasy XIII n'est pas un mauvais jeu : le système de combat est à la fois audacieux et passionnant. Mais la suppression de la liberté d'exploration, du mystère, des villes, des personnages non-jouables, des quêtes secondaires, des recoins, des méchants charismatiques, du grand voyage et surtout l'absence des pères spirituels Hironobu Sakaguchi et Nobuo Uematsu ont eu raison de moi.

Castlevania: Lords of Shadow : le dilemme du vampire sans âme

Déception paradoxale, Castlevania: Lords of Shadow m'a donné beaucoup de plaisir de jeu tout en m'attristant par son manque criant de personnalité. S'il est vrai que le jeu est généreux et complet, on pourrait ajouter qu'il est plus aisé d'être généreux lorsqu'on a tout volé aux autres. Qu'importe que l'esprit de la série ait été ou non respecté (je la connais trop mal pour pouvoir juger), le fait que ce Lords of Shadow ressemble à un best-of des jeux d'action de ces dernières années m'a particulièrement irrité. Certains y ont vu des clins d'oeil, je n'y vois pour ma part que des références mal digérées. L'exemple des colosses repris de Shadow of the Colossus (au pattern près) est d'autant plus critique qu'il s'agit des premiers boss que l'on rencontre dans le jeu ! Au lieu de nous installer dans un univers propre pour ensuite s'affranchir de certains codes et s'amuser avec des références vidéoludiques, Lords of Shadow commence par une série d'impostures.

La suite du jeu est un voyage à travers un fourre-tout de créatures, de lieux magiques, d'énigmes et de combats certes travaillés (hormis de récurrents problèmes de réglage) mais très superficiels. Finalement, on n'est pas si loin de Final Fantasy XIII et de sa suite de couloirs : on traverse des mondes aussi hétérogènes qu'éphémères, on multiplie les rencontres avec des personnages archétypaux qu'on ne reverra jamais par la suite, on avance dans une surenchère dramatique qui ne laisse que mieux apparaître de grosses ficelles.

Sur ce point précis, Lords of Shadow m'a déçu. Avec la présence d'Hideo Kojima au générique, je m'attendais à rencontrer des personnages plus creusés et à suivre une narration plus complexe. Il n'en est rien. Lords of Shadow reprend malheureusement les grands poncifs éculés du jeu vidéo et finit par verser dans le grand guignol. Un satyre se transforme en robot. Satan en personne apparaît pour finir... à poil (son sexe et ses fesses restent cachés par un nuage providentiel). Quant au « twist » final, il me fait penser qu'Highlander III n'était peut-être pas un si mauvais film...

Bref, les monstres sont impressionnants mais on reconnaît trop souvent les seconds rôles de certaines scènes du Seigneur des anneaux. Le vieux Zobek est sympa mais je préférais quand il était joué par Sean Connery. La femme de Gabriel me rappelle celle de Kratos. Le moine aveugle, je croyais qu'il était mort dans l'incendie du Nom de la rose. Quant à mon ami Pan, je ne comprends toujours pas pourquoi il s'est pris pour un Transformers.

Il est triste qu'un jeune studio comme Mercury Steam n'ait pas su faire preuve de plus d'audace, de plus d'originalité, en imprimant une vraie patte à cette sorte de reboot. Certes, Lords of Shadow est un bon jeu mais il souffre d'un manque d'imagination qui me désespère. Reprendre des éléments éculés pour les resservir tels quels me laisse perplexe. Prions pour que le jeu vidéo ne reste pas aussi peu aventureux dans son cheminement artistique. Les références sont faites pour être digérées ou perverties, mais Lords of Shadow, lui, se prend au sérieux. C'est là le pire. On est très loin du second degré kitsch et de l'énergie punk de Bayonetta. Très, très loin.

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