Le Blog de Platon21

Par Platon21 Blog créé le 16/06/12 Mis à jour le 06/11/18 à 09h40

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Catégorie : Cinéma / Blu-ray

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Cinéma / Blu-ray (Séries TV)

Depuis la diffusion de la série en 2010, je n'ai raté aucun épisode. Hélas, la saison 9 n'est pas arrivée à mi-chemin qu'elle ne m'inspire plus rien. (Attention aux spoilers).

Le problème posé par la chronologie

Les sauts dans le temps pausent question : le premier épisode de la saison 9 commence un an et demi après la bataille victorieuse contre les Sauveurs, la fin de l’épisode 5 nous propulse six ans après la disparition de Rick Grimes. Le problème, c’est que d’ici trois épisodes, la diffusion de la série sera stoppée. En effet, pour étaler dans le temps les bonnes audiences, la chaîne AMC préfère couper chaque saison en deux : les huit premiers épisodes en automne, les huit derniers au printemps. On peut se demander pourquoi les scénaristes nous privent de Rick dès l’épisode 5, alors qu’il reste encore trois épisodes ? Repartir sur une deuxième partie de saison 9 six ans plus tard aurait été préférable pour la cohérence de l’ensemble.   

Negan disparait avec Rick

Les scénaristes ont habilement joué : je pensais que Negan allait profiter d’une évasion spectaculaire grâce aux Sauveurs qui se sont échappés avec des armes sur le chantier du pont. Mais pas du tout : après un an et demi de prison, Negan a perdu tout ce qui faisait son identité. Ce n’est plus qu’un vieillard affamé qui ressasse le passé en attendant la mort. Autrement dit, Negan est fini, on ne voit pas comment il pourrait survivre aux six années du saut dans le temps. Et même si entretemps Negan était libéré, il n’aurait plus personne à qui s’en prendre puisque Rick a disparu. En perdant Rick, nous avons perdu Negan.

Les catégories A et B

Je pensais que Jadis faisait passer un test pour savoir si les personnes capturées étaient A (leader) ou B (suiveur), ce qui fonctionnait avec Rick et Negan. Le problème, c’est que ce serait un test stupide : Rick et Negan sont des leaders de fait, puisque Jadis voit parfaitement à qui elle a affaire en se frottant à leurs deux communautés respectives. Et Gabriel vient le confirmer : lui n’a pas du tout l’étoffe d’un leader. Néanmoins, Jadis finit par le classé dans la catégorie A parce qu’elle s’est rendu compte qu’il était prêt à tout pour survivre. C’est un excellent manipulateur qui a réchappé à des confrontations avec Rick, puis avec Negan, alors que tout le prédisposait à mourir : sa lâcheté, sa faiblesse physique, ses multiples trahisons. Dans ce nouveau classement, A qualifierait le degré de volonté de survie du sujet, A étant « fort », B étant « faible ». 

L’hélicoptère reste un mystère

Néanmoins, les scénaristes ne répondent pas aux questions que l’on se pose depuis plusieurs saisons : qui sont les mystérieux propriétaires de l’hélicoptère (vu dans les saisons 1 et 8 par Rick) qui approvisionnait la décharge de Jadis contre la remise de sujets A ?

Le test du zombie

Jadis fait passer un curieux test : il semblerait qu’avant de pouvoir embarquer un sujet, les propriétaires de l’hélicoptère exigent qu’il soit mordu par un zombie. Rick, Negan et Gabriel passent par ce test, bien qu’ils évitent la morsure juste à temps. On pourrait trouver cette idée débile : pourquoi se donner la peine de capturer un sujet qui va se transformer en zombie, alors que les zombies se ramassent à la pelle dans la nature ? Sauf si on considère que le sujet n’est pas encore changé en zombie, mais juste contaminé par le virus. Dans ce cas, il paraitrait probable que les propriétaires de l’hélicoptère disposeraient d’un vaccin en cours d’expérimentation. Jadis échangerait donc des cobayes sélectionnés par ses soins contre du matériel technologique et de la nourriture pour sa communauté à la décharge.

Conclusion : la série n’a plus d’enjeux

Ce ne sont que des hypothèses, et malheureusement ce n’est pas le reste de la saison 9 ni les saisons suivantes qui vont y répondre. En effet, Andrew Lincoln, l'acteur qui incarne Rick, a annoncé qu’il quittait la série Walking Dead dès l’épisode 5, mais que l’histoire allait se poursuivre dans un film en cours de production. Le problème, c’est que je ne me sens absolument pas concerné par le destin des nouveaux personnages qui arrivent à la fin de l’épisode 5. Pour moi, la série n’a pas seulement perdu l’acteur principal qui la portait à bout de bras, elle a également perdue tout son intérêt à force d'éviter de répondre aux questions légitimes, de faire des sauts dans le temps par facilité, et surtout de diluer son histoire dans des personnages / intrigues annexes.

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Cinéma / Blu-ray (Cinéma)

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LE CHOC DES FILMS DE SUPER HEROS

A ma gauche, Batman vs Superman de l'écurie DC Comics, 250 millions de dollars de budget pour une durée de 2h50 et un lancement en mars 2016. A ma droite, Captain America : Civil War de l'écurie Marvel, une durée et un budget similaires à son concurrent, et un lancement en mai 2016. Non seulement la sortie des films est extrêmement proche, mais leur thème même - la promesse de voir qui des Super héros est le plus fort - ne pouvait qu'accentuer le choc.

LE RESPECT DE L'UNIVERS

Batman vs Superman

Je le confie de suite : j’ai bien aimé la trilogie "Batman" de Christopher Nolan et les films de Zack Snyder (300, Watchmen, Sucker Punch). J’ai gardé en mémoire les combats homériques de son dernier film, Superman : Man of Steel, si bien que je partais conquis d’avance... Dans un premier temps, j’ai été ravi de retrouver l’ambiance de plomb des "Batman" de Christopher Nolan. Problème : chez Zack Snyder, j’ai trouvé ça gonflant à la longue, à l’image de Ben Affleck, qui garde la même expression constipée pendant 2h30. Le paradoxe, c’est que je l’avais trouvé à la hauteur dans Daredevil en 2003, où il incarnait déjà un super héros à l’histoire sordide et aux traits graves (beaucoup déteste Ben Affleck / Daredevil, ce n’est pas mon cas). Pourquoi la magie n’opère pas ici ? Je ne saurais dire... Peut-être par lassitude face aux mêmes procédés employés encore et encore.

Captain America : Civil War

Refroidi par le Marvel précédent, Captain America : Le Soldat de l'hiver, cet épisode Civil War ne partait pas favori. Quand on voit le résultat à l’écran, on a du mal à reconnaitre la BD originale d’Ed Brubaker, surtout que les enjeux géopolitiques passent quasiment à la trappe. Je suis également fan de la BD Civil War signée Mark Millar, mais, quelque peu désabusé, je n’attendais plus grand-chose de son adaptation cinématographique. Bien qu’il demeure des différences fondamentales avec la BD, je me suis surpris à apprécier le film. Comme d’habitude avec la série Avengers, pas la peine de reprocher à Chris Evans le charisme qu’il n’a pas, c’est Robert Downey Jr. qui porte le film sur ses épaules. Et il le fait de façon plutôt rafraichissante, puisqu’il perd son sens de l’humour et sa décontraction légendaire en raison d’une révélation qui réveille les traumatismes de son passé.

Le verdict

Contrairement à Batman vs Superman, qui est englué du début à la fin dans un nuage noir, Captain America : Civil War passe du pur divertissement (séquence d’ouverture avec Crossbones, puis bastons titanesques entre Avengers) à une progression beaucoup plus intimiste avec le drame familial de Tony Stark (Iron Man) et le sort cruel réservé à Bucky Barnes (Soldat de l'hiver).

L'HISTOIRE

Batman vs Superman

D’habitude, les scénarios signés David S. Goyer sont convaincants, mais ici c’est une catastrophe. Aucun enjeu n'est véritablement explicité, même si l'on comprend bien que Batman veut rentrer dans le crâne à Superman que si lui est pratiquement invincible, ce n'est pas le cas des hommes accidentellement  écrabouillés sur les lieux des combats. Le pire, c'est la scène tant attendue où Superman doit se rendre dans un tribunal pour rendre compte de ses actions face au peuple américain. On se dit : "enfin, il va y avoir un dialogue de plus de deux phrases et un peu de profondeur philosophique autour de la notion de justice". Sauf que non, un évènement de dernière minute interdit à Superman de décrocher le moindre mot, et sa rencontre avec l'une des plus importantes autorités humaines est donc purement et simplement sabotée. Il faudra se contenter d’un sous Joker en la personne de Lex Luthor (Jesse Eisenberg), qui soliloque sur la supériorité de son intelligence sur la force brute de Superman. Je n'ose faire de spoilers, mais entre le motif de réconciliation complètement risible entre Batman et Superman, et le fait que Loïs jette la lance de kryptonite dans l'eau, puis va la rechercher cinq minutes plus tard, il y a de sacrées incohérences. Dans le même genre d'absurdités : Hop, Wonder Woman arrive au milieu comme un cheveu sur la soupe ; Hop que je te place le super-vilain Doomsday à la fin histoire d’unir pour de bon Batman et Superman ; Hop que je te balance l'équipe de la "Justice League" façon teaser : Flash, Aquaman et Cyborg apparaissent une fraction de seconde. Fin des spoilers, et le rideau tombe sur le film. 

Captain America : Civil War

L'enjeu de la lutte entre Batman vs Superman et Captain America vs Iron Man est au fond le même : faut-il accepter de prendre ses responsabilités devant les instances de justice des humains, et par là même se voir priver d'une partie de sa liberté d'action (et donc de sa capacité de nuisance) au nom de l'intérêt général ? Les humains peuvent-ils se servir des Avengers / Justice League comme d'une arme ? Cela pose de vrais cas de conscience, surtout quel la situation s'envenime lors des joutes verbales dans le film Marvel. On pourrait dire que Captain America incarne le Premier Amendement de la Constitution des États-Unis d'Amérique, axé sur l'idéal de liberté individuelle, quand Iron Man fait sien le Second Amendement, basé sur le besoin de sécurité en collectivité. 

Le verdict

Batman vs Superman donne l'impression que Zack Snyder n'a pas daigné s'embarrasser d'une histoire, et qu'il a laissé libre cours à ses fantasmes visuels autour des deux héros légendaires de DC Comics. D'où l'impression d'un film qui n'a rien à dire ou presque, mais qui cherche à nourrir l'imagination des spectateurs par des images choc. Civil War parait en comparaison beaucoup plus équilibré dans sa narration, même s'il n'est pas avare lui non plus en rebondissements et exagérations.

L'ACTION

Batman vs Superman

A ce stade, il ne reste plus que les scènes d’action et les effets spéciaux pour éviter le naufrage. Dommage, l’affrontement entre Batman et Superman intervient très tard dans le film, et l’arrivée de Doomsday est elle aussi ultra tardive. Et les deux sont parasités par une série de flash façon stroboscope de boîte de nuit : le premier à cause d’un orage, le second en raison de la puissance phénoménale de Doomsday. Pourquoi avoir éprouvé la nécessité d’en coller pendant toute la durée des batailles ?! C’est mon ressenti personnel, mais j’ai trouvé les combats pratiquement illisibles, au point d'en être frustré.

Captain America : Civil War

J'ai détesté le film Ant-Man, trop humoristique, si bien que retrouver ce Super héros dans Civil War m'a fait l'effet d'une douche froide. Mais ici, ce personnage est bien utilisé - c'est-à-dire très peu - et les gags sont mieux dosés. Le retour de Spiderman est lui aussi étonnant, mais dans le mauvais sens du terme. On se fiche des histoires de licence avec Sony, et on n'en peut plus du rabâchage de l'adolescence de Peter Parker, déjà incarné trois fois par Tobey Maguire et deux fois par Andrew Garfield. Heureusement, l'introduction des personnages secondaires est courte, et leurs pouvoirs respectifs donnent dans de bonnes scènes d'action. Seuls manquaient à l'appel des Avengers Thor et Hulk, ce qui est dommage tant leur pouvoir de destruction est fascinant dans les films précédents.

Le verdict

Si l'on se concentre uniquement sur le combat entre Superman vs Batman et sur celui de Captain America vs Iron Man, il est très difficile de trancher tant l'un et l'autre déborde de violence et de savoureux coups en traître. On sent que les réalisateurs ont tout fait pour ne pas basculer au-delà de l'interdiction aux moins de 13 ans (et donc garder le grand public), ce qui est en soi un exploit.

L'AVENIR

Batman vs Superman

A l’arrivée, Batman vs Superman donne le sentiment d’un immense gâchis. En incluant des dialogues pour éclairer le propos, et en omettant les scènes inutiles, peut-être aurait-on évité de sombrer dans l’ennui, et le film dans le ridicule. Du coup, j’ai très peur pour le prochain Zack Snyder, Batman The Dark Knight Returns, et je n’irai certainement pas voir Justice League: Part 1 en 2017, qui s’annoncent tous deux mal partis. Par contre, celui qui suscite mon intérêt chez DC Comics, c’est Suicide Squad, à voir en août 2016.

Captain America : Civil War

J'ai passé un bon moment devant cet épisode des Avengers, dont j'ai néanmoins du mal à saisir le titre puisque Captain America n'est pas le héros du film. Toutefois, je m'interroge sur la suite à donner : est-ce que la réconciliation des Avengers va avoir lieu dès Infinity War Part 1 (mai 2018) ou Part 2 (mai 2019), ou éventuellement dans Iron Man 4 (mai 2020) ? En tant qu'introduction à une baston générale de Super héros, Civil War laisse entrevoir d'excellentes perspectives. Mais si vraisemblablement tous les conflits sont résolus à la fin de Civil War pour mieux débuter l'assaut contre Thanos dans Infinity War, ce film ferait bien pâle figure à côté de la BD. Hélas, en raison des répartitions de droits de licence, les X-Men et les 4 Fantastiques appartiennent à la 20th Century Fox (ce qui explique la sortie ultra rapprochée de Civil War le 27 avril et de X-Men: Apocalypse le 18 mai 2016), il y a des chances pour que la seconde possibilité l'emporte.

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Cinéma / Blu-ray (Cinéma)

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Je sors de l’avant-première du film Deadpool et… j’ai la banane ! J’ai passé un excellent moment dans une salle, qui à ma grande surprise, était comble. Pourtant, ce n’était pas gagné : la cote de popularité de Deadpool ne doit pas voler très haut en comparaison d’un Spiderman ou d’un Iron Man. Et les gens se sont malgré tout déplacé, et ne l’ont pas regretté à en juger par le volume et la fréquence des rires de mes voisins de sièges. Autre signe de la bonne humeur communicative : les trois-quarts de la salle ont attendu la toute fin du générique pour avoir la primeur de la scène bonus qui annonce le prochain film. Et c’est sans doute la meilleure scène post-générique "Made in Marvel" qui m’ait été donné de voir. La plus angoissante aussi, puisque la question du budget du prochain épisode est évoquée en pointillé, et je souhaite vraiment qu’une suite voit le jour.

Précisons toutefois que le film se suffit en lui-même, comme un certain "X-Men les origines : Wolverine" dans lequel Deadpool faisait bien maladroitement ses débuts au cinéma. Certes, Deadpool était propulsé à la fin comme le grand méchant de l’histoire, mais le réalisateur Gavin Hood et les scénaristes avaient piétiné le personnage de Comics, suscité une vague d’indignation chez les fans martyrisés… et également de l’appréhension puisque c’est le même acteur Ryan Reynolds qui interprète de nouveau Deadpool, dirigé par un parfait inconnu, le réalisateur Tim Miller.

Effacez ces images affreuses de votre mémoire, balayez vos doutes, le nouveau Ryan Reynolds / Deadpool lave plus blanc que blanc ! Enfin, plus marron que marron, avec les kilos d’humour pipi-caca ! Les producteurs chez Marvel et la 20th Century Fox ont écouté les critiques et se sont montré cette fois respectueux de l’esprit de la BD. J’ai même été surpris d’apprendre, après coup, que le film était seulement interdit aux moins de 12 ans en France (et déconseillée aux moins de 17 ans aux États-Unis). Il faut dire que le film ne lésine pas sur la violence en comparaison de "X-Men les origines : Wolverine", qui ne contient pas une goutte de sang ! De mémoire, jamais un film Marvel n’avait aussi loin dans le trash (Deadpool se régénère comme Wolverine, ce qui donne des scènes bien gores) et la violence psychologique (Deadpool subit à un moment une série de tortures assez longue et dure à regarder).

De même pour le sexe, ce qui me paraissait inimaginable s’est produit : oui, il y a du cul dans un Marvel ! Quant à la débilité légendaire du personnage, on a droit à la totale : des dialogues outranciers, des jeux de mots pourris, des clins d’½il à la culture des années 1990, un débit de parole insolent, et bien entendu le quatrième mur fréquemment brisé (mais de façon ingénieuse). "Les Gardiens de la galaxie" et "Ant-Man" sont très chastes en comparaison.

Moi qui possède pas mal de Comics dans ma bibliothèque, je dois dire que j’ai été désappointé de ne pas retrouver la trame imaginée par le scénariste Fabien Nicieza, où Deadpool est le cobaye des expériences du gouvernement Canadien dans le cadre du projet "Arme X" ("X-Men les origines : Wolverine"). Autre différence notable, si l’on retrouve le complice de Deadpool nommé la Fouine comme dans les Comics, son amie Blind Al est ici Noire. Il y a la volonté manifeste pour Marvel de ne pas se retrouver avec un casting 100% Blanc, et donc de toucher aussi le public Noir, comme Samuel L. Jackson / Nick Fury dans Avengers.

Revenons à l'histoire, le réalisateur a tablé sur un scénario qui s'éloigne quelque peu de la BD : l'action se déroule dans les bas-fonds de New York - peut-être pour ne pas donner une mauvaise image des Canadiens, qui sait. Sans être révolutionnaire sur le fond, la confrontation d’un docteur Mengele avec sa créature, Deadpool, se suit avec grand plaisir, bien qu'elle rappelle celle de Wolverine contre William Stryker dans les films X-Men.

En outre, Stan Lee fait un caméo sensationnel, et le dessinateur du personnage Deadpool, Robert "Rob" Liefeld, fait une apparition surprise. Quelques X-Men font temporairement équipe avec Deadpool (dont une stagiaire !) contre des Super-vilains (Ajax et Angel Dust) mais comme il le dit lui-même, ce sont des seconds couteaux "en raison des restrictions de budget" (évalué à 58 millions de dollars). Hugh Jackman est aussi convoqué… toujours de manière humoristique.

En bref, le film nous entraine dans l’univers régressif de Deadpool, et on en redemande. Mais comme un certain Kick Ass, il va être difficile de faire mieux que le premier !

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Cinéma / Blu-ray (Séries TV)

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Parfois, la vie vous réserve des gags savoureux. Tenez, pas plus tard qu'hier soir, je me suis plaint pendant une heure auprès d’un ami pour lui dire à quel point je détestais la série Daredevil sur Netflix. Pas parce qu’elle contient son lot de remplissage par épisode pour tenir 50 minutes. Mais pour son ambiance assez juste d’un New York poisseux, et son portrait fouillé des différentes mafias et du Super-vilain Kingpin (Le Caïd), que le Punisher à l’habitude d’éradiquer à la mitraillette. J’étais malheureux en raison du pillage effectué par les scénaristes de Daredevil sur les Comics de Franck Castle, ce qui réduisait à néant les chances de voir une série lui étant propre, puisque son univers allait être déjà archi connu par le grand public. 

Jon Bernthal sera le Punisher de Marvel

Et voilà que Netflix annonce ce matin que Jon Bernthal (Shane dans The Walking Dead) incarnera le Punisher dans la deuxième saison de Daredevil ! Me voilà rassuré : si les audiences grimpent à l’apparition de cet anti-héros, il y a de fortes chances que les producteurs de la chaîne réfléchissent à lui accorder sa série, voir plus... Cela fait déjà depuis 2008 que le Punisher a disparu des écrans, avec le troisième film "War Zone". Ne manquez pas la saison 2 de Daredevil ! Pour patienter, un trailer de 2012 qui n'a hélas jamais donné lieu à un long métrage :

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Cinéma / Blu-ray (Cinéma)

Smiley comédiesVoici le top des comédies récentes. Notez que les films qui n'apparaissent pas sont volontairement écartés - mais n'hésitez pas à me signaler vos coups de coeur, puisque ce dossier est régulièrement mis à jour.

 

Soyez sympas, rembobinez

Film réalisé par Michel Gondry, 2008

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Le pitch

Il a suffi que le gérant de l’un des derniers magasins de location de cassettes vidéo s’absente un moment pour que toute tourne à la catastrophe. Jerry, l’employé, n’arrive pas à expliquer comment il a effacé l’intégralité du contenu des cassettes du magasin. Une chose est sûre : il va devoir, lui et son ami Mike, rapidement trouver une solution avant le retour du patron et l'arrivée des clients.  

L'avis

Le réalisateur Michel Gondry nous a fait rêver dans Eternal Sunshine of the Spotless Mind et dans La Science des rêves. Jack Black nous a fait tordre de rire dans L'Amour extra-large et dans Rock Academy. Réunissez les deux, secouez le bocal et vous obtenez la comédie vitaminée Soyez sympas, rembobinez.

L’idée du film est de revisiter des classiques (RoboCop, 2001 : l'Odyssée de l'espace, Le Roi lion, etc.) par le principe loufoque du « suédage », avec en toile de fond une critique du système des copyrights et la dénonciation de la toute-puissance du lobby de l’industrie cinématographique.

   Whatever Works

     Film réalisé par Woody Allen, 2009

 Le pitch

Un homme d’âge mûr résidant à New-York à plaqué sa vie de grand-bourgeois pour l’inconfort d'un immeuble miteux, dans lequel il s'isole. A trop rêver du prix Nobel de physique, il a complètement raté sa vie sentimentale. Son divorce et sa tentative de suicide l’ont rendu boiteux et amère envers tout être humain. Mais un jour, il fait la rencontre de la jeune Melodie Saint Anne Celestine, et le vieux misanthrope qui croyait tout savoir sur tout, va de surprise en surprise.

L'avis

Woody Allen s’est souvent mis en scène, on ne s’étonnera donc pas de la ressemblance physique de l’acteur Larry David avec le réalisateur. Il s’agit de l’un des meilleurs Woody Allen de la période Melinda et Melinda / Scoop.

Le décalage des générations, entre le vieux philosophe et la jeune écervelée, nous emmène loin, grâce à des situations et des dialogues à la fois drôles et touchants.

Greenberg

Film réalisé par Noah Baumbach, 2010

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Le pitch

Lui, Roger Greenberg, la quarantaine,  s’installe chez son frère à Los Angeles. Il est dépressif, n’aime pas les gens, n'a ni boulot ni voiture. Elle, Florence Marr, rêve de devenir chanteuse, mais travaille "en attendant" chez les Greenberg comme femme de ménage. Il se noue entre les deux êtres lunaires une relation tout à fait improbable.

L'avis

Vous en avez marre de ces comédies romantiques qui se ressemblent toutes ? Bingo : Greenberg va vous frapper droit au coeur, vous surprendre, vous secouer.

Les rencontres, accidents cruels et malentendus hilarants se succèdent à un rythme  savamment dosé. Les deux amants se cherchent, s’entrechoquent, et bien malin qui pourra deviner comment le film va se terminer. Le plus beau rôle de Ben Stiller, tout simplement.

Very Cold Trip

Film réalisé par Dome Karukoski, 2011

Very Cold Trip

Le pitch

Janne, trentenaire finlandais, est un glandeur patenté. Vous vous souvenez du français Tanguy (2001) ? Janne, c'est un peu Tanguy qui serait passé à trente ans du foyer de sa mère à celui de sa copine, sans perdre ses mauvaises habitudes. Il passe ses journées au lit, devant la télé ou promène son vague à l'âme dans un bar miteux en compagnie d'autres glandeurs. Il ne sait pas quoi faire de sa vie, et sa copine Inari pourvoit à tous ses besoins élémentaires. Une requête banale d'Irani devient un obstacle insurmontable pour Janne, par exemple obtenir un décodeur télé pour pouvoir regarder ensemble Titanic, qui passe sur le câble. La paresse de Janne a empoisonné leur vie de couple au fil des années, si bien qu'Irani lui pose un ultimatum : soit il ramène à la maison un décodeur télé avant l'aube, soit elle le quitte ! 

Janne va devoir sortir du cocon quasi maternel pour affronter les dangers du monde, avec l'aide de deux autres glandeurs. Rien ne se passe comme prévu : Janne dilapide l'argent d'Irani en bière, et passe tellement de temps au bar du coin que les magasins électroménagers ferment les uns après les autres. Le dernier magasin ouvert est à 300 kilomètres... Le Trip glacial peut débuter.

L'avis

Very Cold Trip est une excellente surprise, avec des acteurs inconnus, mais plus vrais que nature dans leurs rôles de ratés. Les glandeurs sont d'autant plus désabusés que leur région, la Laponie, est ravagée par la crise économique : près de la moitié des hommes sont au chômage. Si bien qu'un arbre biscornu est devenu leur symbole d'infortune, un arbre auquel les hommes du coin se pendent depuis cinq générations. Comment, dans des conditions économiques et sociales catastrophiques, garder sa dignité et sa femme ?

Moi, député

Film réalisé par Jay Roach, 2012

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Le pitch

Le député républicain Cam Brady est assuré de se faire réélire en Caroline du Nord. Mais il est tellement sûr de lui qu'il commet gaffe sur gaffe, et finit par faire douter les frères Motch, deux industriels richissimes qui financent sa campagne. Ils jettent alors leur dévolu sur un parfait crétin nommé Marty Huggins, qui ignore tout des magouilles politiques. Alors que le jour du scrutin approche, Cam et Marty s'engagent dans un combat impitoyable où tous les coups sont permis. Dans l'ombre, les frères Motch tirent les ficelles et espèrent que le plus manipulable des deux sera élu. Leur but est de faire passer les lois les plus avantageuses pour leur firme, au mépris du bien-être des habitants, des salariés et du respect de l'environnement.

L'avis

Moi, député repose sur les épaules de deux excellents comédiens : Will Ferrell (de la bande à Judd Apatow) et Zack Galifianakis (Very Bad Trip). Pour le reste, si le scénario n'est pas très subtil, il a le mérite de dénoncer les conflits d'intérêts entre les hommes politiques et les industriels / financiers qui payent leur campagne. L'oeil du citoyen éclairé reconnaitra en filigrane quelques affaires hélas bien réelles : l'appétit sexuel démesuré de DSK, qui lui a fait perdre sa place au primaire de l'élection présidentielle de 2012 ; et le coût invraisemblable des campagnes américaines de Barack Obama et de Mitt Romney pour l'élection présidentielle de 2012 : 6 milliards de dollars. Le réalisateur Jay Roach a raison : il vaut mieux en rire qu'en pleurer !

C'est la fin

Film réalisé par Seth Rogen et Evan Goldberg, 2013

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Le pitch

Le gratin de la jeune génération d’acteurs américains (Seth Rogen, Jonah Hill, etc.) se réunit pour faire la fête dans la villa de James Franco à Los Angeles. Alors que l’alcool et la drogue tournent à plein régime, une catastrophe s’abat sur les Etats-Unis. Les tremblements de terre secouent le pays, et la maison de James Franco est bientôt la dernière a encore tenir debout. La gueule de bois sera sévère.

L'avis

On craignait le pire avec ce pitch minimaliste. Et pourtant, il n’en est rien : dans leurs propres rôles, les acteurs livrent une critique féroce du système hollywoodien et du rapport avec leur image médiatique.

Une autoparodie qui sent le vécu, mais qui prend des chemins inattendus quand l’isolement, la promiscuité et le manque de nourriture commencent à fissurer les apparences. Soutenu par un budget de 32 millions de dollars, cette comédie dispose d'acteurs en forme et d'effets spéciaux de bonne facture pour retranscrire la fin du monde. Il faut cependant mieux avoir vu le précédent film de Seth Rogen et Evan Goldberg, Délire express (qui comprend les mêmes acteurs), pour pouvoir apprécier tous les gags de C'est la fin.

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Cinéma / Blu-ray (BD-Manga-Comics)

Blade (1998)

Lire la partie 1 de notre rétrospective sur la saga Blade

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Film réalisé par Stephen Norrington (interdit aux moins de 12 ans)

Le pitch

Le film traite en parallèle l’ascension de deux êtres transgressifs : Blade (Wesley Snipes) et Deacon Frost (Stephen Dorff)  

Lorsque le chasseur Whistler rencontre Blade, alors âgé de 13 ans, il découvre que ce n’est pas un vampire ordinaire. La mère de Blade fut mordue par un vampire pendant sa grossesse, donnant ainsi la capacité à son enfant d’exposer son corps à la lumière du jour : il est né "Daywalker" (diurnambule).

Whistler, dont la famille fut massacrée par un vampire, décide d’utiliser Blade comme instrument de sa vengeance. Il développe un sérum qui stoppe la soif de sang. Blade est donc libre de refuser de faire du mal aux êtres humains. Il est ensuite entrainé aux arts martiaux et au maniement des armes et commence à traquer les vampires, l’un après l’autre. Blade est donc en quête de son humanité originelle, refusant sa condition de vampire.

Deacon Frost n’est pas né vampire et de ce fait est mal considéré par sa hiérarchie. Son ambition débordante le conduit à ouvrir de fausses boites de nuit destinées à piéger des humains et à organiser des orgies sanglantes.

Ce faisant, il entre en conflit ouvert avec les chefs de clans installés depuis des siècles, qui considèrent qu’il vaut mieux maintenir le secret de leur existence pour pouvoir survivre. Lui ne pense qu’à prendre le contrôle de l’humanité par la force. Deacon Frost fini par fomenter un coup d’état, et ses sbires capturent les vampires les plus éminents. Il les sacrifie pour utiliser leur sang et, selon un rituel occulte, devenir "la Magra", le dieu des vampires. Blade va tenter d'interrompre le processus magique, et sauver l'humanité.

La critique

Le Blade des années 1990 n'a plus rien à voir physiquement avec sa version d'origine, en dehors de la couleur de peau. Fini les lunettes disco, la coupe afro et le pantalon vert fluo. Place au cuir et au métal sado-masochiste. Fini la musique Soul des films Shaft, bienvenue au hard rock "industriel" à base de techno, qui colle mieux à l'ambiance de fin de siècle, et de fin du monde imminente.

La rupture formelle est telle que le créateur du super-héros Marv Wolfman n'est pas dans les crédits du film ! Il a menacé de poursuivre en justice Marvel, et obtenu que dans les épisodes suivants soit mentionné : "Basé sur les personnages créés par Marv Wolfman".

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Dans la fin originale, "la Magra" était un monstre géant. Heureusement, les spectateurs furent nombreux à se plaindre de l’absence de vrai combat entre Stephen Dorff et Wesley Snipes lors d'une projection test. Au fond, si l'on met entre parenthèse les péripéties du docteur Karen Jenson, le film se résume à la confrontation des "machos men" Stephen Dorff et Wesley Snipes. Priver les spectateurs de ce combat aurait été synonyme de suicide commercial.

Le film remanié propose un final spectaculaire qui a inspiré Matrix (qui sortira un an plus tard) entre Blade et Deacon Frost, dont la résistance est décuplée sous la forme "Magra", avec la régénération immédiate de ses membres perdus au combat. Matrix reprend à son compte bon nombre d'éléments de Blade : le style vestimentaire fétichiste en cuir, la profusion des combats à l'arme blanche, la musique métal "industriel".

Parmi les points négatifs, le jeu d'acteur de Wesley Snipes est limité à une seule expression : mâchoire serrée comme s'il était sur le siège des toilettes. L'histoire du docteur Karen Jenson, sauvée par Blade, n'a aucun intérêt. Enfin, les effets spéciaux ont bien mal vieilli, que ce soit l'aspect du sang ou la mise à mort fulgurante des vampires. 

Notez qu'à l'époque, l'investissement colossal de Marvel pour adapter sur écran une BD est une vraie prise de risque. Les films X-Men (2001), Spider-Man (2002), Hulk (2002) et Daredevil (2003) n'étaient pas encore sortis. Blade est donc le pionnier de la nouvelle vague des projets basés sur l'univers Marvel, et son succès au box-office à encouragé les producteurs de cinéma à exploiter ce vivier de super-héros. Le premier Blade a couté 45 millions de dollars à produire, et rapporté 131 millions de dollars. Un tel succès ne pouvait qu’appeler une suite.

Lire la partie 3 de notre rétrospective sur la saga Blade

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Cinéma / Blu-ray (BD-Manga-Comics)

L'héritage de Blade

Lire la partie 4 de la rétrospective sur la saga Blade

Les films d'action des années 2000 (trilogie Matrix), les films de vampires contemporains (Underworld) et les films de Super-héros (Batman de Christopher Nolan, Superman de Zack Snyder) doivent quelque chose au premier volet de Blade et à son scénariste phare David S. Goyer. Par contre, on ne peut pas dire que la franchise brille au niveau des adaptations en jeux vidéo.

http://i1-news.softpedia-static.com/images/news2/Blade-II-Cheats-PS2-2.JPG

 

Le studio Activision a tenté sa chance en 2000 sur PlayStation avec un jeu qui n'a que peu de rapport avec l'original (hormis les héros). Blade et Whistler parcourent des niveaux remplis de vampires dans un Beat'em all en 3D. Jouabilité exécrable, difficulté infâme, scénario idiot résume cette tentative de rapporter vite fait du cash sur le dos des fans. Seule la bande-son et le moteur graphique s'en sortent convenablement sur la première génération PlayStation.

 Activision persiste à la sortie du deuxième volet. Sauf que l'éditeur tombe sur un os : le jeu Buffy contre les vampires fait mieux à tous les niveaux. De plus, les joueurs déçus par le premier jeu deux ans plus tôt font preuve de discernement. Les ventes ne suivent pas, si bien qu'Activision abandonne la licence et aucune adaptation ne sort pour Blade 3.http://www.fightersgeneration.com/characters3/raven-t5x.jpg

C'est l'éditeur Namco qui va récupérer le personnage de façon non-officielle. Raven, apparu dans Tekken 5 en 2004, est un sosie parfait de Wesley Snipes. Même si le nom change, les fans sont heureux de pouvoir incarner leur Super-héros préféré dans un jeu de qualité.

Blade, un Super-zéro ?

On se demande encore comment Blade a pu passer aussi vite du statut de Super-héros à celui de Super-zéro... La faute à Wesley Snipes qui s’est laissé griser par le succès. Difficile de lui en vouloir quand on voit son parcours : il apparait au début des années 1990 comme second couteau (Soleil levant, Demolition Man). Et lorsqu’il obtient la vedette, c’est pour jouer dans des navets qui sont aujourd'hui tombés dans l'oubli (L'Extrême Limite, Drop Zone, Money Train, L'Art de la guerre).

Blade fait de lui une méga star pratiquement du jour au lendemain en 1998. Il profite non seulement de formidables cachets en tant qu’acteur, mais aussi des retombées financières mirifiques des films puisqu’il est l’un des producteurs, grâce à sa propre société : Amen Ra Films. L’entreprise de Wesley Snipes turbine à plein régime, le troisième film rapportant tout de même près de 130 millions de dollars. Une performance à comparer avec celle de Matrix 3 en 2003 : 742 millions de dollars ; de Underworld en 2003 (qui récupère l'essentiel des codes de la saga Blade) : 96 millions de dollars ; et de Hellboy en 2004 : pratiquement 100 millions de dollars.

Toutefois, un quatrième épisode de Blade n'est pas mis en chantier à cause d’un accrochage entre la star et le créateur David S. Goyer. Wesley Snipes était en effet dans un état lamentable durant le tournage du dernier film. Le Fisc américain commençait à s’intéresser de près à ses comptes bancaires, et l’acteur dormait très peu. Pour se calmer les nerfs durant la journée, il consommait des doses excessives de cannabis. Sa relation avec David S. Goyer s'était sérieusement déteriorée en raison de sa mégalomanie et de sa paranoïa grandissante.

Drogué, exténué et angoissé à l'idée d'être ruiné par le Fisc, Wesley Snipes a complètement disjoncté quand il a vu un figurant noir portant un t-shirt avec marqué dessus "déchet". Wesley Snipes cru que c’était le réalisateur qui lui avait imposé de mettre ça dans le but de le provoquer lui, la star noire. L'acteur Patton Oswalt, présent sur les lieux, témoigne :

« Wesley est arrivé sur le plateau, ce qu'il ne faisait que pour les gros plans. Pour tout le reste, c'était sa doublure. Et Wesley a attrappé le cou du réalisateur  D. S. Goyer en hurlant : '"Il n'y a qu'un seul autre noir dans ce film et tu lui fais porter un t-shirt qui dit déchet ? T'es qu'un putain de raciste ! " ».

Le lendemain, David S. Goyer débarqua sur le plateau avec une bande de gros-bras pour assurer sa protection. Patton Oswalt continue :

« Wesley a flippé quand il les a vu et il est vite rentré dans sa loge. Plus tard, il est venu voir D. S. Goyer pour lui dire qu'il était viré : "Je pense que tu devrais quitter le tournage. Tu es nuisible à ce film". Ce à quoi D. S. Goyer a répondu : "Et pourquoi, toi, tu ne quitterais pas le tournage ? On a déjà tous tes gros plans et on peut tourner la fin avec ta doublure'". Suite à cet échange musclé, Wesley et le réalisateur n'ont plus communiqué qu'avec des post-its ».

 

 Suite à cet incident, David S. Goyer ne veut plus jamais travailler avec Wesley Snipes, alors que pour le public, il ne saurait y avoir de Blade sans lui. Le créateur ne se démobilise pas pour autant et lance une série télévisée de 12 épisodes : la Maison des Chtons diffusée de juin à septembre 2006.

La série avec Kirk Jones dans le rôle-titre connait un bon démarrage, mais très vite, les audiences décrochent. La saison 2 prévue en 2007 est finalement annulée. David S. Goyer abandonne Blade pour écrire le scénario d'autres films de Super-héros : Jumper, Ghost Rider, les trois Batman de Christopher Nolan et le récent Superman: Man of Steel de Zack Snyder.


Difficile de relancer l'intérêt de Blade sans son intérprête fétiche. Néanmoins, son retour est exclu dans l'immédiat : l'enquête du Fisc américain aboutit à dénoncer une vaste escroquerie. Les juges harcèlent Wesley Snipes tant et si bien que le tournage du film Gallowwalkers, débuté en 2006 par Andrew Goth, devient infernal. Au bout du compte, l'acteur se voit condamné à trois ans de prison ferme pour fraude fiscale - à hauteur de 38 millions de dollars ! Grace à ses avocats, Wesley Snipes ne sera écroué qu'en décembre 2010.

Aussitôt libéré en 2013, Wesley Snipes a (enfin) terminé le film Gallowwalkers et a participé à Expendables 3. Au total, l'acteur aura perdu quatre ans de batailles judiciaires plus trois ans de prison. Sept années pendant lesquelles Blade 4 fut impossible, et compromettant sérieusement la carrière du Blade en chair et en os, aujourd'hui âgé de 52 ans.

Quant au Reboot de la saga Blade, Marvel a racheté les droits d'exploitation du personnage depuis 2011, et des scénaristes sont actuellement en train de voir comment faire le lien entre lui et les autres films de Super-héros "de couleur" en préparation : Luke Cage et la Panthère Noire. Mais Joe Quesada, grand créateur de Comics et directeur des studios Marvel, a estimé que ce projet restait secondaire par rapport aux Avengers et aux X-men. Ce sont les bénéfices tirés des blockbusters Marvel qui permettront de financer Blade. De leur succès dépend l'avenir des licences moins célèbres :

« Notre première priorité reste nos stars, nos icônes. Si on ne s’occupe pas d'eux d’abord, les autres Super-héros, quelle que soit leur race ou leur ethnie, ne pourront pas s’installer  ».

En 2013, David S. Goyer et Wesley Snipes ont déclaré tous deux avoir très envie de se lancer dans le Reboot... mais sans l'autre.

Cette rétrospective est dédicacée à Michaelhttp://www.lyricis.fr/wp-content/uploads/2012/09/Concours-Blade.jpg

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Cinéma / Blu-ray (BD-Manga-Comics)

Blade 2 (2002)

Lire la partie 2 de notre rétrospective sur la saga Blade

http://www.fidelou.com/wallpaper/img/blade2/blade2_3.jpg

Film réalisé par Guillermo Del Toro (interdit aux moins de 12 ans)

Le pitch

Deux années après la tentative de prise de pouvoir par Deacon Frost, rien ne va plus dans le royaume souterrain des vampires. Les différentes communautés doivent non seulement faire face à Blade, mais surtout à un étrange virus qui les change en cannibales retourné contre leur propre espèce.

Lorsqu'un vampire est contaminé, il se change en Reapers (faucheurs) et dispose d’une agilité et d'une force semblables à celles de Deacon Frost sous forme "Magra". Les vampires contaminés ne conservent ni leur intelligence ni leur personnalité, ils s'expriment simplement comme des animaux affamés. En contrepartie, ils ne sont plus sensibles à l'ail et aux armes en argent. Leur mâchoire ressemble beaucoup à celle de Predator (crochets sur les côtés, ouverture en deux de la mâchoire inférieure), et serviront de modèlent quelques années plus tard pour les infectés des jeux et films Resident Evil.

Eli Damaskinos, le plus vieux des vampires encore vivant après la purge opérée par Deacon Frost, organise une rencontre avec Blade.

Il le convainc d’unir ses forces à celle d’un commando de vampires chargé d’éliminer le premier porteur du virus, Jared Nomak.

Selon Eli Damaskinos, une fois la race des vampires complètement éteinte, les humains seront les prochains à servir de plats chauds.

Sans coopération minimale, les deux races n’ont aucune chance de survivre à ce fléau d'une nouvelle nature.

Blade comprendra bien tard que le chef des vampires s’est joué de lui. Jared Nomak décime effectivement les rangs vampires, mais il se moque de la domination du monde ou de propager un quelconque virus.

Il livre avant tout une croisade personnelle contre Eli Damaskinos. En montant l’un contre l’autre Blade et Jared Nomak, le vieux chef vampire pensait faire d'une pierre deux coups, et annihiler toutes menaces qui pesaient sur son royaume.

La critique 

Le réalisateur Stephen Norrington refuse de tourner la suite des aventures de Blade, estimant qu’il ne pouvait faire mieux. Les producteurs font alors appel à Guillermo del Toro, auteur de petits bijoux dans le genre "horreur" avec Cronos (1993), Mimic (1997) et L'Échine du Diable (2001).

Etant donné la qualité de ces films à petit budget, les fans de Blade retiennent leur souffle quand ils apprennent que la superproduction Blade 2 (avec une rallonge de 10 millions de dollars par rapport au premier volet) est confiée au réalisateur mexicain.

Guillermo del Toro commence par faire le ménage, ce qui se traduit par des choix a priori très étranges. Le docteur Karen Jenson n’apparait pas dans ce film - alors qu’elle avait survécu aux évènements du premier volet ! Par contre, le mentor de Blade, Whistler - qui s’était suicidé d’une balle dans la tête après avoir été mordu par un vampire - a un rôle de premier plan pendant l’ouverture du second film ! De même, la "Maison d’Erebus", conseil où douze chefs prenaient les décisions pour l'ensemble des communautés vampires, n'a plus aucun rôle. Certes, ils se sont fait décimés dans le premier film par Deacon Frost, mais on aurait pu s'attendre à ce que de nouveaux dirigeants émergent et fassent perdurer ce conseil.

Ces contradictions scénaristiques ne sont compréhensibles qu’en prenant le contexte du tournage du film. En effet, Matrix (1999) a marqué le cinéma d’action, au point même de pratiquement asphyxier le genre avec ses 463 millions de dollars de recettes. Même si Blade est l’une des influences de Matrix, la comparaison n’est pas à l’avantage du premier...

Guillermo del Toro décide de moins tenir compte de la cohérence, et privilégie ce qui fonctionnait dans le premier film : le duo Whistler / Blade face à un Super-vilain, les affrontements spectaculaires à l'arme blanche. Il ajoute sa touche personnelle : de l’humour, absent de Matrix. 

Chacune des apparitions de Jared Nomak se ponctue dans un affreux bain de sang, contrebalançant les situations plus légères du commando "Blood Pack" (avec Ron Perlman et Donnie Yen).

Le talent de Guillermo del Toro aidant, Blade 2 est infiniment supérieur au premier volet. Le ryhtme est soutenu, les effets spéciaux acceptables, et l'on ne s'ennuie pas une seconde.

L'ajout d'une nouvelle race, les "Reapers", aide à faire oublier la "Maison d’Erebus", élément majeur du premier volet qui faisait référence aux luttes de clans dans le jeu de rôle (et le jeu vidéo de 2000) Vampire The Masquarade. Avec un second volet de qualité, Blade accède au statut de Super-héros aux yeux du grand public, qui lui fait un triomphe avec 155 millions de dollars au Box-office.

Lire la partie 4 de notre rétrospective sur la saga Blade

http://basementrejects.com/wp-content/uploads/2012/05/blade-ii-reaper-mouth.jpg

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Sommaire

Partie 1 : Les origines du Super-héros

Partie 2 : Blade

Partie 3 : Blade 2

Partie 4 : Blade Trinity

Partie 5 : L'héritage de Blade

Partie 1 : Les origines du Super-héros

Crée par le scénariste Marv Wolfman et le dessinateur Gene Colan, Blade est un héros de Comic book apparu en juillet 1973 dans The Tomb of Dracula n°10, édité par Marvel comics.

Tomb of Dracula 10, 1973, His Name is Blade!

L'émergence dans les années 1970 de héros noirs dans les Comic book n'est pas anodine : les producteurs de cinéma alimentaient alors la vague de la "Blaxploitation". Le déclencheur du phénomène "Blaxploitation" est un film tourné en 1971 avec un budget de 150 000 dollars, Sweet Sweetback's Baadasssss Song, qui rapporta plus de 15 millions de dollars.

Tomb of Dracula 42 - Blood - Vampires - Castle - Soldiers - Guns

Suite à ce succès, les maisons de production acceptent de placer des personnes de couleur dans tous les médias à un rythme effréné, puisque cela rapporte de l'argent. Si le héros John Shaft est mis à toutes les sauces dans des romans populaires et des films, Blade investit le genre "horreur" et devient la version noire du vieux professeur Van Helsing, chargé de combattre Dracula.

 Marvel suit donc le mouvement en proposant en quelques sorte un quota minimal de héros noirs afin d'élargir son public (Blade, mais aussi Sam Wilson le Faucon, Luke Cage et la Panthère Noire chez Marvel ; Black Lightning et John Stewart chez DC Comics). Et de fait, la communauté Afro-américaine disposait auparavant de très peu de repères propices à une identification et à une revalorisation de son image.

 L'émergence de personnages différents des blancs atlhétiques comme Batman, Superman et Captain America est à rapprocher de la première Super-héroïne féminine, Wonder Woman. Le psychologue William Moulton Marston remarqua que les éditeurs utilisaient exclusivement des héros masculins avant la Seconde Guerre mondiale. En proposant l'idée d'une femme Super-héros, il bouscula les conventions et encouragea le lectorat féminin à acheter des Comic books. Blade suite la même logique, à la fois émancipatrice et commerciale.

 Lire la partie 2 de notre rétrospective sur la saga Blade

http://2.bp.blogspot.com/-Z_tL7S_oyLw/UnFV2oOE4ZI/AAAAAAAAJ5g/h41n35CofzA/s1600/tod+10+blade.jpg

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Blade Trinity (2004)

Lire la partie 3 de la rétrospective sur la saga Blade

http://www.hans-zimmer.com/~hybrid/djawadi/BladeTrinity.jpg

Film réalisé par David S. Goyer (interdit aux moins de 12 ans)

Le pitch

Depuis la décapitation de la "Maison d’Erebus" et la chute d’Eli Damaskinos, les vampires se cherchent un nouveau chef. Personne d’envergure n’arrivant à émerger et à résister à Blade, ils se tournent vers le passé, à l’origine du tout premier spécimen vampire : Drake (Dracula). Ce dernier à la particularité, outre sa force exceptionnelle, de se mouvoir en plein jour sans difficulté.

Une fois le père des vampires ressuscité, un stratagème est mis en place pour retourner les humains contre leur sauveur. Bientôt, une vidéo circule dans les rédactions de presse où  l’on voit Blade mettre en pièces un humain. Le document accablant convainc le FBI de constituer Blade ennemi public numéro 1. Pourchassé par les hommes et harcelé par des vampires plus motivés que jamais, Blade va devoir se battre sur tous les fronts.

http://www.comicbookmovie.com/images/uploads/Blade_trinity_av_gipi.jpg

La critique

Guillermo Del Toro est grandement félicité par les producteurs pour sa performance au Box-office sur Blade 2, mais il estime avoir tout dit. D’ailleurs, la fin de Blade2 ne laisse supposer aucune suite. Il s'intéresse déjà à un autre Super-héros : Hellboy, qui sortira sur les écrans en 2004, en concurrence avec Blade 3. C’est David S. Goyer, le scénariste du premier et du second film, qui hérite de la réalisation du troisième, par défaut. Parce qu'avec plus de 285 millions de dollars de recettes totales, les producteurs exigent plus que jamais un nouvel épisode.

Il a toutes les cartes en main, du scénario à la réalisation, pour faire le film dont il a envie. Ou presque, Marvel et les producteurs empiétant sur son travail lorsqu’ils estiment que le côté "horreur" risquerait de faire passer l’entrée dans les cinémas à une tranche d’âge supérieure, se privant ainsi de rentrées financières. Or, le but, si vous avez suivi, c'est justement d'engranger un maximum de dollars.

David S. Goyer explique par exemple que dans le scénario du premier film, Whistler utilisait comme cobaye un bébé vampire pour tester des armes. Cette scène où l’on voyait un bébé séquestré et torturé fut complètement censurée. Le réalisateur doit donc trouver un compromis entre des scènes gores - indispensables pour attirer les adolescents - et l’avis crucial du comité Motion Picture Association of America, chargé d’évaluer le contenu des films.

Au-delà de ce problème moral, je suis resté perplexe devant le film. Tout n’y est que caricature des précédents volets, à commencer par le commando humain nommé les "Nightstalkers", qui singe le commando vampire "Blood Pack". Les acteurs sont de seconde zone : Hannibal King (Ryan Reynolds) et Abigail Whistler (Jessica Biel), mais aussi les vilains Jarko Grimwood (le catcheur Triple H) et Drake (Dominic Purcell). Les dialogues sont plombés par des vannes qui tombent à plat. Quant aux combats et aux effets spéciaux, ils n’ont guère évolué depuis Blade 2.

Blade (Wesley Snipes) ne rencontre pas un Super-vilain à sa mesure comme le frimeur Deacon Frost (Stephen Dorff) ou le terrifiant Jared Nomak (Luke Goss). Et le pire, c’est que le film ne raconte que la confrontation entre Drake et Blade. Très vite, Whistler meurt (ce qui rétablit la situation amorcée dans le premier volet), l’enquête du FBI est éclipsée, et les enjeux narratifs restent dans le domaine de l'archi déjà-vu.

Le seul élément satisfaisant est l’approfondissement de la relation entre les vampires et les humains, certains étant devenus des "collabos" parce qu’ils pensent la fin de l’humanité imminente. Plutôt que de finir en chair à pâtée, certains humains au courant de l’existence des vampires se mettent à leur service, et espèrent en retour être mordus pour obtenir l’immortalité.

Lire la partie 5 de la rétrospective sur la saga Blade

Blade Trinity

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Édito

Passionné par la philosophie de l'art et la politique, je suis l'auteur d'une trilogie de livres sur le jeu vidéo dans ce qu'il a de plus dérangeant L'Histoire des jeux vidéo polémiques, je suis rédacteur pour le mook Pix'n Love, et également auteur de la biographie Yu Suzuki, le maître de SEGA et des "livres-jeux dont vous êtes le héros" L'épopée du Moine Guerrier et La Geste du Chevalier Errant Book pro

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