PG Birganj

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Par PG_Birganj Blog créé le 24/06/12 Mis à jour le 29/06/15 à 10h06

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Critiques

Article publié la semaine dernière. Vous retrouverez sur Birganj, notre critique de Hotline Miami.


Deadpool est un personnage créé par Rob Liefeld pour la série New Mutants, ennemi de Cable (toujours de Liefeld), puis ami dans la série Cable & Deadpool. Même s'il est né dans les années 90, la côte de popularité du mercenaire a bondi dans la fin des années 2000. Mercenaire condamné par ses tumeurs, il accepte de devenir une expérience de l'Arme X, qui échoua. Le sadique Professeur Killbrew le dote d'un pouvoir auto-guériseur qui détruit sa peau pour pouvoir le torturer et expérimenter. Après tout ça, Wade Wilson devient Deadpool, c'est à dire un mercenaire sadique et atteint de sévère psychose. Il est une sorte de vilain à l'humour noir qui n'hésite pas à séquestrer une vieille aveugle pour lui tenir compagnie. Mais plus tard, Deadpool devient un héros, bien que toujours solitaire car psychologiquement trop instable pour faire équipe avec les X-Men (sauf dans l'équipe d'assassins secrète X-Force). Sa proximité avec le lecteur dû à sa capacité de briser le quatrième mur, où il sait qu'il n'est qu'un personnage de comics, le rend toujours plus populaire. Une sorte de Wolverine des années 90 acclamé de partout. Deadpool est dans X-Force, il a sa propre série et aime tripper avec d'autres héros comme Spider-Man ou Hulk dans quelques Team-Up. Même si Ryan Reynolds a interprété un Deadpool ridicule dans le film Wolverine : Origins, il y a toujours un long-métrage Deadpool en préparation. Donc, on en est là : Deadpool a son jeu vidéo.

Picsouvision

Les jeux Marvel édités par Activision ont toujours souffert de petits budgets, malgré la qualité évidente des studios de développement à la tâche. Si l'illusion pouvait fonctionner en début de gen avec les jeux Spider-Man en monde ouvert, voir la copie carbone de God of War avec le jeu Wolverine de Raven Software, la fin de génération ne nous rend plus dupe : les studios d'Activision ne sont pas là pour pondre de grands jeux ambitieux mais juste des petits jeux rentables. L'éditeur a beau être milliardaire grâce à ses recettes de Call of Duty et Blizzard, sa redistribution est plus que discutable. Le studio High Moon Studios a justement perdu 40 employés lors du bouclage du développement de Deadpool. Une honte d'autant que High Moon réussit tant bien que mal à toujours pondre de bons jeux malgré leurs limites budgétaires. La Mémoire dans la Peau et les jeux Transformers, soit un jeu par an, réussissent d'être plus que corrects avec de bonnes idées. Deadpool suit exactement le même chemin. Comment faire un bon jeu quand on a un budget low-cost à court de temps ?

Deadpool étant un mercenaire utilisant à la fois des armes blanches et des flingues, pas besoin d'être un spécialiste pour comprendre que le jeu est un beat'm all. Vous vous baladerez dans des niveaux plus ou moins alambiqués pour masquer une linéarité des plus classiques à marteler votre pad de XXXX ou YXY ou YXY pour découper vos ennemis copiés-collés en masse. L'esquive de Deadpool étant une téléportation, il suffit d'appuyer au bon moment pour éviter le coup très facilement et même pour surprendre l'ennemi de dos. Heureusement, le pouvoir de téléportation du mercenaire n'est pas naturel mais technologique, vous ne pouvez donc pas en abuser avant qu'il se recharge. Vous pouvez enchainer à peu près trois téléportations consécutivement, quelques coups plus tard et ça remarche. Plutôt souple avec un lock auto très flexible, le jeu se manie plutôt bien dans l'ensemble, le héros attaque comme il faut, jamais dans le vent et surtout peut couper son action en cours par une esquive pour des enchainements agréables au touché. Pour couronner le tout, vous pouvez combiner avec vos flingues. Cependant, High Moon fait le choix de passer en vue TPS plutôt que de pomper sur DmC. Un choix étrange car tirer en vue TPS dans un beat'm all n'est pas très fun puisqu'il brise toute la dynamique du corps à corps. Heureusement, le lock automatique s'enclenche quand vous êtes à proximité de l'ennemi. Rien ne vous empêche donc de faire valser votre ennemi en l'air pour le finir au gun par exemple. Certes, le gameplay n'y incite pas vraiment avec une vue TPS (induisant donc une visée, donc une distance recommandée) et sans aucun points de style sur l'écran mais c'est possible de combiner de la sorte. Il sera aussi possible de contrer l'ennemi quand le bouton B s'affiche au dessus de sa tête pour ainsi créer le plus d'enchainements possible en discontinue. Certains finishing moves très rapides, sans artifices de mise en scène, sont possibles en décapitant l'ennemi ou le fusillant face contre terre. Enfin, une bonne grenade pour déblayer le terrain reste une possibilité. Le jeu regorge de munitions en tout genre pour tout faire péter, tout est fait pour. Sans être révolutionnaire, Deadpool a son gameplay beat'm all efficace à défaut d'être spectaculaire : on tranche en souplesse, on shoot si possible des ennemis qui se multiplient par dizaine, tous copiés-collés certains plus résistants que d'autres, certains sont kamikazes, certains volent, etc. Bref, la recette ultra classique de la diversité fonctionnelle d'ennemis, à défaut d'une diversité de design. Tout ça est souple, tout ça se joue bien, sans accrocs, sauf des petits problèmes de caméras qui s'emballent en espaces fermés où l'on voit pas grand chose. Acculé dans un coin, il sera possible de ne plus voir votre personnage... Un peu chaud pour se défendre. Heureusement, comme le jeu est muni de lock, c'est rarement fatal mais ça reste inconfortable.

Efficace à prendre en main, ce gameplay reste néanmoins basique avec bien peu de combos possibles. Vous allez spammer votre XYX pour briser les gardes, le reste sera du martelage de XXX ou YYY. Rien de plus. Même s'il est possible d'acheter des nouvelles armes blanches (comme des saïs ou des choses plus débiles comme une massue) et guns (fusil à pompe, uzis), l'absence de travail de physique, de recul, de sensations de slash font que telle arme ou une autre ne change rien aux sensations de jeu. C'est dommage car les développeurs avaient fait en sorte de ne pas pouvoir tout débloquer en une partie. Mais étant donné que ça ne nous apporte pas vraiment de fun supplémentaire, c'est assez inutile.

Le reste du jeu étant une succession d'un tout petit peu de plate-forme facile (mais manuel), et de petites énigmes où il faudra retrouver des batteries pour refaire fonctionner des morceaux de Sentinelles pour ouvrir des accès. Rien de bien folichon. Ce qui gêne le plus est le moteur physique d'une rigidité digne de l'époque PS2. C'est simple, il n'y a aucune interaction avec le décors... Une table est ferrée au sol, les murs sont en acier trempé, la moindre bordure nécessite un saut manuel pour être franchi et on assiste même au retour de murs invisibles nous empêchant de sauter par dessus une rambarde. C'est très pauvre. Même visuellement, un héros aussi coloré que Deaedpool se retrouve finalement que dans les ruines de Genosha. C'est à dire : du gris, du marron, du vert militaire, des grottes, des égouts, des ruines... Bref, les décors sont fades, la modélisation est simpliste au possible (sauf le perso principal, mais un héros masqué en collant est plus facile que de modéliser des décors diversifiés). Le jeu est, disons-le de la plus simple des manières qui soit : moche. Non seulement il est techniquement totalement dépassé, mais il n'y a aussi aucun effort de diversité des décors d'une rigidité effarent pour cette époque. Deadpool est aussi muni de quelques guest-stars issus des X-Men. S'ils n'ont heureusement pas été redessinés (on a déjà vu des massacres de ce genre dans les Spider-Man), leur modélisation à l'aspect figurine de plastique sans once de vie fait peine à voir. Heureusement, la plupart apparaissent à l'écran, moins de deux minutes. Car la star, c'est Deadpool et rien que Deadpool.

Deadpool's Gamer Show

Jeu basique, techniquement dépassé, peu varié... Mais qu'est-ce qui nous incite à jouer à Deadpool ? Et bien, tout le capital sympathie du titre provient de son héros. Tout simplement. Tel un One Man Show, sans aucun script digne de ce nom (l'histoire c'est Deadpool qui se fait volé sa cible par Sinistre sur Genosha), Deadpool va tripper sur SON propre jeu. En effet, fidèle à son support papier, Deadpool est conscient d'être dans un jeu dont il en est la vedette. Il converse régulièrement avec un des dirigeants de High Moon Studios pour lui expliquer ce qu'il souhaite. Cela donne lieu à des situations des plus déjantés mais aussi ironiques. Pour expliquer leur budget fauché, High Moon trouve rien de mieux de l'expliquer de vive voix à travers le jeu : Deadpool a fait péter le budget à cause de ses explosions dans le premier chapitre ! Humour amer ou juste auto-dérision, on ne sait pas bien mais c'est typiquement le genre de blague où l'exercice du bris de quatrième mur est exploité intelligemment. Une sorte de double mise en abime où le développeur parle au joueur à travers Deadpool, lui même parlant régulièrement au joueur pour lui dire quoi faire dans le tuto, par exemple. Mélangeant ce petit jeu des développeurs avec les délires du personnage, on finit par se retrouver en plein milieu de l'aventure avec une séquence en vue de dessus imitant les Zelda... Ou un niveau sous forme de clin d'oeil à Castlevania, éliminant des squelettes sur fond de mur de briques. Cerise sur le gâteau, on a même droit à une parodie de Call of Duty en vue FPS. Deadpool invente des pièges complètement farfelues, digne des cartoons de Tex Avery, il trippe sur sa romance avec Lady Death, il s'imagine constamment être dans un harem, etc. Certains passages nécessitant de la discrétion (facultative), sa démarche silencieuse rappelle celle de The Mask avec de grand pas sur la pointe des pieds, pour finir sur une vieille blague impliquant tranchage de membres ou gun sur la tempe. C'est du gros délire à l'état pur. Le personnage est déjanté, cartoonesque, son doublage anglais est composé de trois voix différentes : la sienne et deux interprétant ses pensés. Tout ça in-game, il se parle à lui même, dans le brouhaha des gunfights et des hectolitres de sang, on rentre dans son propre trip blindé d'incohérences où Sinister, un des méchants les plus manipulateurs et vicieux des X-Men passe pour un gros clown. C'est normal, après tout c'est l'histoire écrite par Deadpool, réalisé par Deadpool avec Deadpool. Évidement, un puriste ferait remarquer que Deadpool est plus qu'un comique, c'est un personnage qui peut être plus profond que ça et que derrière certains délires se cache quelque chose de plus important (par exemple, dans une aventure, étant quasiment immortel, il cherche à se suicider en allant énerver Hulk). On pourrait aussi titiller et dire que ce One Man Show est décousu, qu'il y a bien mieux à faire avec Deadpool que de le balancer dans une ruine de Genosha avec un Sinister au look terriblement old school et bouffon (c'est une version à la musculature prononcée et des dialogues stéréotypés, alors que dernièrement Sinister est représenté comme très élégant, raffiné et surtout terriblement prétentieux). Mais le personnage en fait des caisses, il serait un acteur on dirait qu'il cabotine pour le plaisir de ses fans. Et ça marche. On se marre. On rit de bon coeur devant l'absurdité des situations, on rit comme on rit très rarement dans un jeu vidéo, tellement cet humour de BD est si exagérément bien reproduit. A partir de là, l'effet de plaisir et de fun étant présent, on peut en conclure que la mission est accomplie.

Budget honteux, graphiquement dépassé, physique ultra limité, gameplay heureusement efficace et fluide mais à la pauvreté évidente, Deadpool réussit à faire passer ce jeu fauché pour un jeu plaisant et terriblement drôle grâce à l'écriture de son personnage de comique violent. Un concept super limité mais qui fonctionne énormément. Le héros déblatte ses débilités, agit comme un crétin, s'imagine des choses peu avouables, n'arrête pas de converser avec le joueur comme il parle au lecteur de comic, bref l'adaptation est sur ce point, réussi. Un jeu à licence donc qui parlera surtout aux fans, mais réussira à décrocher quand même la mâchoire pour ceux qui découvrent le personnage. Attention, le jeu en lui-même est très très court (5H), il est laid, il n'est pas varié, son boss final est ridicule, il mérite un prix très réduit mais propose du fun rien qu'avec son héros. Parfait pour de la rigolade une après-midi.

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(Re)lire l'article, mis en page sur PG Birganj : en Une ou dans la rubrique "Critiques".

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Deadpool
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De temps en temps, l'article partagé sera en entier ou tronqué, ça dépendra. Mais si vous aimez lire tranquillement les articles, allez faire un tour sur PG Birganj devenu hebdomadaire pour profiter de la lecture, s’éloignant ainsi du train-train habituel du web 24/24.

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