PG Birganj

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Par PG_Birganj Blog créé le 24/06/12 Mis à jour le 29/06/15 à 10h06

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Critiques


Quand Sony annonce son Super Smash Bros-like à l'E3 2012, les fans Playstation sont hilares ou désappointées. Une repompe de Nintendo ? Mais avec quels personnages ? C'est pour les gamins, les fans Playstation sont badass de toutes façons ! Ca sent la loose, ça sent le désespoir, bref, vous l'avez compris, le jeu n'était pas franchement attendu... Un comble pour un jeu s'adressant avant tout aux fans de la marque. Néanmoins, PS All-Stars mérite tout de même qu'on lui accorde un oeil, ne serait-ce que pour voir son personnage favori éclater ceux qu'on ne peut pas piffer mais aussi pour ceux qui se sentent lésés par les jeux de baston au public de plus en plus restreint et hardcore.

Sony et son public éclectique

Le but premier de ce genre de jeux est de voir un maximum de héros qui nous ont apporté plus ou de moins de plaisir dans leurs aventures respectives, devenir des icônes à part entière au point de lancer des gueguerres pour savoir qui était le meilleur. L'équipe de Superbot y va de bon coeur et amène sur le ring toute la clique de franchises exploitées par Sony : Nathan d'Uncharted, Kratos de God of War, Cole d'inFamous, Sackboy de Little Big Planet, un Hellgast de Killzone, etc etc. Ok, très bien, des héros de franchises Playstation 3 plutôt récentes qui parleront beaucoup aux jeunes joueurs. Heureusement, Sony n'oublie pas quelques anciens comme PaRappa the Rapper, Jak & Daxter, Ratchet de Ratchet & Clank (un des rares anciens encore bien exploités) ou encore Ape Escape qui feront plaisir aux fans des années 90 où il manquera l'immanquable Crash Bandicoot... La licence appartient à Activision. Impossible de savoir si Sony a essayé de négocier ou a renié son ancienne mascotte (qui tire tout de même la tronche désormais, avouons le) mais on sent dans ce roster de 20 personnages une grande dépendance aux franchises récentes. Histoire de palier ce manque, on reprochera par souci d'honnêteté à Sony d'avoir fait appel aux éditeurs-tiers pour compléter leur casting avec du Big Daddy de Bioshock, Heihachi de Tekken, Raiden dans sa version Metal Gear Rising, etc. Petite surprise, un spécial Ninja Theory est présent puisque leur version de Dante est jouable tout comme Nariko de Heavenly Sword, le jeu ayant eu le malheur de débuter avec le lancement foiré de la PS3, en 2007. Cependant, malgré ce tour de passe-passe peu glorieux, le joueur en ressort avec une palette de personnages finalement marquants et relativement différents pour proposer de la diversité. Car le but est avant tout là : faire plaisir aux fans. C'est d'ailleurs la première phrases des crédits de fin de jeu : « Merci aux fans Playstation ». Ce côté fanboy est bien ressenti non seulement par les personnages mais aussi avec les stages inspirés de jeux Playstation divers qui s'animent au fil des combats où se mélangent les genres. Ainsi, vous verrez un Metal Gear Ray défoncer le décors du Maitre Oignon de PaRappa, par exemple. Des décors prenant vie et se modulant en mélangeant les scènes plus ou moins marquantes vécues sur Playstation. Ce fourmillement est ressenti pendant tout le jeu qui se veut avant tout festif. Les personnages à 4 maximum sur le tableau sautent partout, esquivent, tabassent avec des effets spéciaux à tout bout de champs. Les attaques spéciales accompagnées d'effets de lumière, les personnages qui volent, les pièges présents dans les décors forment un véritable fourre-tout visuel. Si l'on pouvez craindre une énorme incohérence graphique, puisque contrairement à Nintendo, on ne peut pas dire qu'il y ait une « patte Sony » englobant l'ensemble de leur catalogue, il n'en est rien grâce à ce mélange assumé des univers. Complètement incongrue, le décors s'effritant laissant apparaître une hydre en plein univers de Patapon participe à la loufoquerie de voir Sackboy mettre une mandale à Kratos.

Sur ce point, le jeu fait attention de ne pas se prendre au sérieux et c'est bien du fun qui se dégage de cet réunion dépareillée. Plus dans l'absurde que dans le souci de cohérence d'un Smash Bros, finalement.

La baston pour tous

Mais ce fun visuel ne serait évidement rien sans gameplay digne de ce nom. Contrairement à ce que l'on peut penser avec ses à priori, le but de Superbot reste de faire un jeu de baston. Pas un beat'em all allégé, ou jeu hybride. Cependant, le jeu est conçu pour être accessible en une poignée de minutes grâce au tutoriel de lancement du jeu. Vous avez trois types de coups : légers au corps à corps (carré), un peu plus puissant généralement avec une meilleure allonge (triangle) et une espèce de launcher, où les coups feront souvent voltiger l'adversaire (rond). A chacun de ses boutons y est accolé 4 coups, selon la direction de son joystick. Enfin, l'ensemble change plus ou moins légèrement lors d'une attaque sautée. Mine de rien, c'est déjà pas mal. Le but du jeu n'est pas de réduire la barre de vie de son adversaire mais de l'éliminer grâce à un coup spécial. Le joueur qui a éliminé le plus d'ennemis gagne, en cas d'égalité c'est celui qui s'est fait le moins éliminé qui remporte la manche. Pour enclencher ses attaques spéciales, il faut remplir sa jauge comme n'importe quel jeu de baston. Et pour ça, il faut taper son ennemi à fond. C'est là que le jeu devient intéressant, si l'on atteint assez vite sa première jauge spécial (il y a trois niveaux), pour monter le reste et être efficace implique de avoir gérer des combos. On ne s'y attendait pas de cette façon mais oui, il a bien une gestion de combos dans Playstation All-Stars. Mais pour ça, il faut trouver les bons enchainements tout seul comme un grand et donc bien connaître les coups de son personnage pour ainsi rattraper son ennemi après l'avoir « lancé », savoir sauter avec bon timing pour enchainer, savoir enchainer un bas+carré et un avant+carré et finir sur un triangle par exemple. Bref, oui, mine de rien, il y a une marge de progression dans ce jeu. Si en plus, on y ajoute la capacité d'esquiver et de parer les coups d'un clic de L1, on a quelque chose de plutôt varié et technique.

Le jeu va très très vite. Répondant au doigt et à l'oeil, votre personnage va sauter partout dans ces niveaux plutôt grands, muni de plates-formes ou de pièges aux parois. Ainsi, le jeu peut vite devenir bordélique à l'écran au point de perdre de vue son personnage. Il n'y a pas de tag battle, c'est du 1vs1vs1vs1, chacun pour soit, donc inutile de vous acharner sur un seul ennemi sous peine de vous faire planter dans le dos. Ainsi ça voltige de tout partout et la concentration qui requiert de placer un petit combo fait que parfois (souvent) on perd de vue notre ennemi acculé par un autre. Ce petit problème de lisibilité est un peu gênant car même si ce joyeux bordel est volontaire pour simuler l'éclate, l'efficacité de cette astuce de fun atteint vite ses limites. Si le jeu obtient, en théorie, un gameplay vraiment solide et surprenant de simplicité mais aussi de diversité, il peut vite dans la pratique être un handicap favorisant le bordel. On comprend cette volonté de ne pas trop se prendre au sérieux mais ce manque de lisibilité, malgré la présence d'indicateur de couleur, empêche le joueur finalement de s'attarder sur un gameplay qui ne demande qu'à s'épanouir entre les mains du joueur progressif.

Avec un tel gameplay rapide et en plus incluant une gestion de combos, ne soyez pas étonnés si les personnages issus des beat'm all sont largement avantagés. Un Kratos souple et varié, une Nariko agile avec une bonne allonge, un Raiden vif comme l'éclair et évidement un Dante archi complet font sentir une Fat Princess un peu minable. Les personnages un peu plus lents qui n'ont jamais été conçus pour ce genre de jeux sont donc assez handicapés. Bien sûr, étant donné que le but du jeu n'est pas d'éliminer l'ennemi mais de savoir placer ces attaques spéciales, certains bons joueurs réussissent à tirer parti de personnages plus lourds. Ceux là sont souvent munis d'attaques à distance et donc au timing bien différent. Il y en a pour tout le monde. On y verra aussi différents niveaux de finition. Là où un Kratos va voir sa palette de coups clairement diversifiée en fonction de ses sauts et postures, Raiden aura la même qu'au sol. Évidement, ça s'appelle « Playstation », ça justifie pourquoi un Cole est muni de features vraiment cools comme voler ou faire un ride d'éclair au sol et non un personnage multi-support... Juste que ça implique des déséquilibres en terme de plaisir.

Le brouillon chic

Pour s'éclater avec tout ça, on préféra largement un bon multi-joueurs, c'est assez évident. Le fun à 4, entre potes permet aussi de passer outre les défauts de gameplay évoqués plus haut. Le but étant du plaisir, tant pis si un de nos sauts n'accroche pas la plate-forme ou si on se retrouve à l'autre bout de l'écran en un coup. Seulement, on ne peut pas dire qu'il y ait beaucoup de matières à exploiter ce gameplay. Du mode arcade, du tournoi en ligne et de l'entrainement. C'est tout. Les tournois en ligne ne concernant que du matchmaking avec ou sans classement et l'expérience accumulé en ligne sert en solo. Non pas que votre personnage gagne en puissance ou autre mais en faisant augmenter son niveau, vous débloquez des goodies : costumes, pose d'intro, de fin, musique, icônes et images pour personnaliser son écran en ligne. C'est tout. Le mode solo permet de découvrir l'histoire de chacun résumé en une poignée d'écrans fixes très très cheap. On sent que le développement a été rapide (rendez-vous compte : annoncé en juin 2012, sorti en novembre de la même année... d'habitude, il y a 1 an dans le meilleur des cas entre l'annonce et la sortie d'un jeu Sony).

Parlons finition, le jeu n'est pas là pour mettre une baffe graphique mais pour se détendre : coloré et à la modélisation plutôt simple mais évidement respectueuse des jeux dont il emprunte les personnages, les décors s'animent et se détruisent sans un pet de ralentissement... Même en ligne. Jeu nerveux oblige, il fallait un netcode au poil et on peut dire qu'on l'a. C'est tout aussi vif qu'offline, même si on le répète, son contenu y est basique. On notera le doublage français reprenant ceux des jeux d'origine pour tous les personnages à l'exception de Dante et Raiden dont les jeux respectifs ne sortent qu'en janvier 2013. Mais ne vous attendez pas à une prose particulière, les dialogues sont succincts et même plutôt risibles, clairement pas aidés par les introductions plates sans aucun intérêt. L'ensemble du jeu fait soit enfantin, soit pas terminé. C'est très étrange comme sensation car parcourir les menus du jeu donne un côté jeu fauché avec ses menus à listing et gros caractère alors qu'in-game on y insiste pour créer un ensemble assez décalé et absurde. Superbot n'a probablement pas pu fignoler l'idée de metling-pot jusqu'au bout, comme s'il avait fallu envelopper le projet à l'arrache. Ou peut être un public mal ciblé par Sony empêchant de tourner le jeu au second degré.

Cross-Play Royale

Playstation All-Stars Battle est aussi un jeu exploitant à fond le cross-play avec la Playstation Vita. Pour tout achat du jeu sur PS3, vous avez droit à une copie Vita. Il ne s'agit cependant pas de code, il faut lier la copie de votre jeu à votre compte PSN. Si votre Vita n'a pas le même compte PSN que sur PS3, ça ne fonctionnera pas ! Attention, donc. La version Vita est strictement la même que sur PS3. Graphiquement c'est la même chose, on a juste des menus optimisés pour l'écran réduit de la portable. Les deux versions partagent tout ensemble, à la fois leur netcode mais aussi et surtout leur sauvegarde. Ceci mérite cependant une explication. Le partage de sauvegarde entre copies PS3 et Vita ne se déroule uniquement par internet. Pendant que vous jouez, le jeu enregistre sur votre console bien entendu mais aussi probablement une copie en cloud (pas de panique, l'abonnement PSN+ n'est pas nécessaire), qui sera ensuite récupéré dès l'allumage de votre Vita wifi ou 3G allumé. Mais voilà le problème : être tout le temps connecté à Internet. Si vous faites une partie solo pour débloquer des bonus mais sans avoir connecté votre console (pour n'importe quelle raison), alors la sauvegarde ne sera pas dispo en cloud et ne sera donc pas récupérée par l'autre version. Cette dépendance dit « moderne » à Internet est une véritable plaie, elle poursuit aussi la politique de bridage instauré par Sony sur leur Vita. En effet, si vous ne mettez pas votre jeu à jour, pas de jeu en ligne. Pas de jeu en ligne, pas de cross-save. Et il est désormais impossible de copier des sauvegardes manuellement, même en branchant sa Vita sur sa PS3. Si vous dites « pas de problème, il suffit juste d'être à jour », on va tout de même rappeler que toutes les connexions internet de France ne sont pas les mêmes, que chaque joueur a ses habitudes de jeu et n'est pas forcé de se connecter à tout bout de champs... Et surtout enfin, que de se taper une mise à jour de 195Mo (patch 1.02) sur DEUX versions n'a rien de très ergonomique. Conclusion : cette fonctionnalité pourtant fort utile est dans la pratique assez pénible à utiliser, surtout si vous n'avez pas une très bonne connexion. Pour boucler, on n'est évidement pas fan de la politique de DLC introduit, puisque le personnage de Kate de Gravity Rush et Emmett Graves de Starhawk sont annoncés, accompagnés d'un nouveau stage. Comme pour la came, la première dose devrait être gratuite pendant deux semaines.

Sur une durée plutôt restreinte, Playstation All-Stars Battle Royale réussit son pari en évitant le ridicule et la pâle copie de Smash Bros, tirant sa force de sa plus grande faiblesse : l'incohérence. On nous offre ainsi des combats dynamiques aux styles bien différents mais affirmés dans des décors pastiches mêlant les univers dans tous les sens. C'est ainsi décomplexé, décontracté, fun à jouer à plusieurs, que ce soit quatre joueurs autour d'une PS3 ou munis d'une PS Vita ou en ligne avec les deux consoles. En revanche, passé un certain délai, la maitrise de son perso fétiche ne suffit plus et le manque de modes (même farfelues) et de goodies plus funs que des costumes et poses de victoire (c'était le moment de faire péter les wallpapers et avatars PSN avec un jeu pareil) se font cruellement ressentir. On a là un jeu avec un gameplay plutôt solide, un roster qui a du charme et pour tous les goûts mais le reste du contenu est trop succinct pour rendre le jeu attractif sur la durée. Or, un jeu pour fans tire sa puissance sur l'orgie de bonus qu'il a à offrir. Il y avait pourtant matière.

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(Re)lire l'article, mis en page, sur PG Birganj : en Une ou dans la rubrique "Critiques".

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