Le Blog de Parker

Catégorie : Cinéma

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Cinéma

On continue notre plongée dans le sombre et dérangeant univers de Lynch en s'attaquant aujourd'hui à Mulholland Drive, sorti en salle en fin d'année 2001. Film restant tout de même un peu moins hermétique que pouvait l'être Lost Highway, tout en gardant toutefois la richesse symbolique des films de Lynch

Grand film donc, dont vous pouvez admirer les récompenses sur l'affiche du film. 

Synopsis :

Hollywood, suite à un accident dont elle sera la seule survivante, Rita se retrouvera amnésique. En quête d'identité, sans aucun repère ni ami, elle fera la rencontre de la jeune Betty cherchant à devenir une grande actrice. Aidée par celle-ci, Rita tentera de retrouver enfin sa mémoire. 

Cast' et Réal' :

Naomi Watts, Laura Elena Harring ou encore Justin Theroux, un excellent casting et donc d'excellents acteurs. Naomi Watts étant tout simplement bluffante en jeune femme en quête de célébrité et de reconnaissance. Laura Elena Harring n'est pas en reste et s'avère être brillante en femme fatale amnésique. Un casting irréprochable donc, les seconds rôles n'étant pas en reste, la plupart s'inscrivant dans la veine des films de Lynch à savoir du personnage trouble, mystérieux ou complétement malade. 

Badalamenti signe encore une fois la parition musicale et encore une fois il fait de l'excellent boulot. Jouant sur ce que l'on pouvait voir sur Twin Peaks, l'utilisation à contre emploi de la musique. Le tout se veut étrange mais diablement réussi. 

C'est au niveau de la réalisation que l'on peut être perturbé de prime abord. Il faut savoir qu'à la base, Mulholland Drive devait être un téléfilm et peut être par la suite une série télé. Comme avait pu l'être Twin Peaks et son film Fire walk with me. Le problème étant que la chaine refusera ce pilote ainsi que l'idée d'une série. Il faudra compter sur l'aide de Canal qui décidera de croire en ce projet. Changement radical toutefois, cela doit sortir au cinéma. 

Ainsi le téléfilm ayant été déjà tourné, Lynch doit retourner d'autres scènes pour que le format colle avec le cinéma. Ceci expliquant le grain purement télé lorsque l'on voit Mulholland Drive pour la première fois. 

Hormis cette petite anecdote, le tout reste du Lynch pur et dur. Une réalisation anxiogène au possible pour les néophytes et hautement symbolique pour les autres. Chaque plan, chaque scène et chaque geste est, avec Lynch, lourd de sens. Rien n'est fait au hasard. 

Une critique acide :

Jouant avant tout sur les symboliques, Lynch nous présentera ces deux jeunes femmes que tout semble opposer au départ. L'une est blonde, l'autre est brune. L'une est pure, incarnant la naïveté, la sortie de l'enfance, encore pleine de rêve et d'espoir. La brune quant à elle, semble sombre, tout droit sortie d'un roman policier, sans passé, brisée en quelque sorte, elle semble représenter le résultat des attentes de la blonde. L'une est le rêve, l'autre la réalité. 

Au même titre qu'un Romero critiquant l'american way of life d'un Reagan dans son magnifique Day of the Dead, Lynch s'attaquera aussi à cette vision purement américaine par le biais de ses deux héroïnes. Cherchant ainsi à représenter la désillusion que peut provoquer cette Way of Life. 

Cette critique continuera notamment par le biais d'acteurs secondaires. Lors, notamment, de la discussion dans le café de deux jeunes, l'un racontant son rêve. Son rêve étant sa rencontre avec un monstre hideux au détour d'une ruelle. Rêve que son ami voudra lui faire revivre, sorte de thérapie, en l'amenant dans une ruelle derrière le café. Un monstre surgira bien au coin d'une ruelle, faisant s'évanouir par la même occasion le jeune homme. Mais lorsque l'on regarde d'un peu plus prés, ce "monstre" n'en est pas un, ce n'est qu'un SDF, dont les vetements et la saleté le font passer pour un monstre aux yeux de certains. 

Il est ici question du décalage entre ce monde, riche et bien pensant et l'autre monde, celui de la réalité et de la pauvreté.

 

Une vision du cinéma : 

Il en sera de même pour le cinéma où Lynch nous donnera sa vision de son fonctionnement. Une vision nous présentant le cinéma comme un marché régit par les producteurs, imposant leurs choix sans discuter avec le réalisateur. Ces deux hommes étant à la solde d'un nain vivant handicapé, vivant seul dans une grande salle rouge. Lynch abordant ainsi le système complétement absurde qu'a le cinéma et la création de film. 

Il en est de même pour cette jeune actrice se voyant refuser le rôle du film sous pretexte que les producteurs en ont décidé autrement. 

En developpant sa vision du cinéma, Lynch nous présente un système complexe, briseur de rêve et de carrière. Système allant au delà du concept de talent et ne cherchant avant toute chose quà satisfaire la production. Production pensant avoir toutes les clés en main pour satisfaire le spectateur. 

 

Un fil narrateur plus simple à suivre :

Même si moins complexe que pouvait être Lost Highway dans sa construction narrative, Mulholland Drive reste quand même assez obscur lors d'un premier visionnage. Le film restant assez clair durant toute la première partie, on cible les enjeux ainsi que les liens entre les personnages sans trop de difficulté. Ce n'est quà l'ouverture d'une certaine boite bleue que le film commencera à prendre des tournures plus étranges.

Alors que Lost Highway posait la question de la schyzophrénie, Mulholand Drive se place dans le rêve. Jouant sur ce qui est révé par le personnage principal et ce qui ne l'est pas. Choisissant une narration simple pour commencer, Lynch la rendra beaucoup plus complexe et abrupte une fois la boite ouverte. 

Dès lors, le film se perd en flashback, retour au présent et vision fantasmée. De là, facile de perdre le spectateur ne sachant plus trop où commence la réalité et s'arrête le rêve. Chaque scène prenant alors un tout autre sens, une toute autre symbolique. Et ce n'est qu'une fois interprété que l'on comprend le drame se déroulant devant nos yeux. L'histoire d'un rêve brisé, une carrière ratée ainsi qu'une histoire d'amour impossible en ce milieu. 

Conclusion :

Il serait facile de continuer encore et encore sur la portée symbolique du film mais ce serait aller à l'encontre de la vision de Lynch, laisser au spectateur la possibilité d'y voir ce qu'il veut y voir. 

Mulholland Drive est donc un film exceptionnel, moins troublant que Lost Highway mais tout aussi profond et beau à la fois. Un film à voir absolument.

 

 

 

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Un petit Fincher en ce dimanche enneigé ?

The Game est le troisième métrage du réalisateur de Se7en ou plus récemment du remake de Millenium. Grand réalisateur s'il en est, Fincher nous propose de plonger avec ce film dans sa sombre vision d'une société où seul l'argent et l'égoisme font lois.

Synopsis : 

NIcholas Von Orton est ce que l'on peut appeller un modéle de réussite. Travaillant dans le milieu des transactions financières, possédant une immense demeure et n'ayant aucun problème d'argent. Seul petite ombre au tableau, le divorce avec sa femme. C'est lors de son anniversaire que Nicholas recevra de la part de son jeune frère, une étrange carte lui proposant de participer à un jeu...

Cast et Réal' : 

Michael Douglas en tête d'affiche jouant le rôle de Nicholas Van Orton. Rôle lui allant à la perfection, Douglas jouant avec brio l'homme riche désabusé, aigri et sans aucune considération pour autrui. C'est Sean Penn que nous retrouvons dans le rôle de son jeune frêre fraichement sorti d'une cure de désintoxication. Aux côtés de ces hommes, Deborah Unger s'en sort pas trop mal en tant que serveuse croisant la route de Nicholas.Deborah, pours les gamers, jouera Dahlia Gillepsie dans l'adaptation ciné de Silent Hill. Du beau monde en somme pour ce film.

Comme cité précedemment, The Game est le troisième film de David Fincher. C'est deux précédents films étant alien 3 et Se7en. Très bon réalisateur, Fincher le prouvera encore une fois avec ce film. Tout est clair, lisible et va à l'essentiel dans sa mise en scène. 

Une grande force du film est cette capacité de toujour rester dans le flou quant à la présence du jeu durant le film. Quand est ce que le jeu commence ? Qui fait partie du jeu ? Qui est derrière le jeu ? Tout le film réussira à garder ce suspens tout du long tout en gardant toujours cette ambiguité permanente.

Un jeu : 

Sous couvert de l'utilisation du principe de jeu, Fincher nous montrera sa vision de la société ainsi que de l'individu. Se servant ainsi des mises en situation du héros pour traiter les travers du monde actuel. Le film se voulant tout d'abord comme une critique de la réussite américaine, réussite enrichissant quelques personnes et laissant sur le carreau bons nombres de pauvres. 

Cette critique se fera par la mise en place d'un système, le jeu, brisant chaque point de la réussite de ces fameux Golden Boys. 

Tout commencera par un simple refus. Le refus d'un homme pour participer à un jeu. Nicholas se voyant refuser de participer à ce système pour des raisons qui lui resteront à jamais inconnues. De ce refus, se faisant à la suite de simples tests mentaux et physiques du héros naitra la première critique de Fincher. L'impossibilité de réussite sur une simple question physique ou mentale pour cette homme à qui l'on a jamais rien refuser où l'echec n'est pas possible.

Puis le film s'attaquera aux blessures "personnelles" de notre héros. Faisant ainsi apparaitre une femme, d'abord semblant hors de tout soupçon puis jouant sur l'ambiguité, elle incarnera ce qui fait défaut à Nicholas, une présence féminie à ses côtés. Une présence forte refusant l'homme pour ce qu'il est à savoir Nicholas, riche et dédaigneux envers les gens. 

C'est aussi du côté des vieux démons de Nicholas que l'on trouvera cette réflexion sur le suicide. L'associant à l'échec pour le héros, cette idée passera toutefois dans l'esprit de Nicholas quand tout semblera contre lui, quand il n'aura plus le courage d'affronter. Mourir quand on a plus rien. 

Ainsi, chaque élément du film servira à briser cet homme pour le dépouiller de tout ce qui faisait ce qu'il était, le rendre ainsi nu et vierge. 


Une renaissance :

Ce n'est qu'aprés avoir dépouillé ce golden boy que Fincher mettra à mort ce personnage pour lui permettre de renaitre. C'est ainsi par le biais du cercueil que Fincher opérera cette transformation. Nicholas se réveillant dépouillé de tous ses biens dans un pays étranger. Seul sa montre reste à son poignet, vestige d'un ancien temps ou simple souvenir de son pére. 

Par ce procédé, Fincher nous présentera un héros vierge d'influence, n'ayant rien à perdre et ne cherchant ainsi que les réponses à ses questions. De là, commencera cette quête d'un homme devant apprendre ce qu'il n'a jamais su faire. Commencera les galères d'argents, les transports en commun etc... Ce qui parait anodin pour nous est pour cette homme quelque chose de nouveau. Ces moments renforceront l'idée de renaissance. 

 

Oui mais...:

Au delà de toutes les bonnes intentions de Fincher pour nous présenter cette société pourrie par le biais de cette homme, la sauce ne prend pas. La faute à un message d'un optimisme navrant. L'idée de ce Golden Boy repenti, ayant apparit de ses erreurs et comprenant ainsi la souffrance d'autrui ne fonctionne pas. 

L'homme que l'on nous présentait d'un égocentrisme ahurissant au début du film ne peut être celui que l'on retrouve à la fin. C'est malheureusement là que le film pêche le plus. Car malgré une excellente intrigue, ainsi qu'une réalisation aux petits oignons, le message sous-jacent n'est pas crédible. L'idée d'une redemption tombe à plat. 

Mais que mon pessimisme ne vous gache pas l'envie de voir le film, vous y trouverez peut être une message d'une grande beauté, l'idée qu'un homme aussi pourri soit-il, peut toujours changer à partir du moment où on le pousse à changer. 

Conclusion :

Petite critique servant plus à vous donner des pistes pour le film et non à vous en expliquer son déroulement. Excellent film malgré un fin brisant un peu toute la critique que le film posera, The Game restera quand même un excellent divertissement pour qui aime le suspens. 

Le film n'aurait pas du à mon sens nous présenter cette fin. Que je m'explique, la finalité ne me dérange pas, au contraire, elle renforce cette idée de "jeu" tout puissant. C'est l'aprés qui sonne creux à mes yeux. 


 

 

 

 

 

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Cinéma

Article perilleux s'il en est, aborder Lost Highway de manière simple et concise. Oeuvre d'une profonde étrangeté, d'un désarmant hermétisme mais surtout d'une incroyable profondeur.  Je tiens tout d'abord à préciser que je ne suis pas coutumier du cinéma de Lynch, je ne l'ai connu qu'à travers son excellente série Twin Peaks. Série qui, aprés visionnage ne m'a donné qu'une seule envie, voir le reste des films de ce fameux Lynch. 

Pourquoi commencer par son film le plus dur à comprendre ? Souvenir de jeunesse, moi regardant le début du film étant gamin alor qu'il passait sur la 5 à l'époque. 

Synopsis : 

Fred Madison, saxophoniste, est marié à la belle Renée qu'il soupçonne d'avoir une relation extra-conjugale. Sa vie basculera dans l'horreur et l'incompréhension le jour où il commencera à recevoir d'étranges vidéos...

J'aurai pu étendre plus le synopsis en abordant la relation entre le couple ou la nature de ces étranges vidéos mais autant laisser un peu de surprise pour les quelques uns n'ayant pas vus le film.

Cast et Réal' :

Au casting, on retrouve l'excellent mais trop souvent sous-estimé Bill Pullman en Fred Madison. L'acteur rentre à merveille dans le rôle de cet homme perdu avec ses démons. Dans le rôle de sa femme, Patricia "Medium" Arquette, véritable beauté fatale du film. Viendra se greffer à ce duo, Balthazar Getty, Gary Busey ou encore Robert Loggia. Au passage, Manson fera une courte apparition dans le métrage.

Niveau réalisation, Lynch signe ici un film d'une grande froideur, jouant avant tout sur les lieux clos, l'espace incertain ainsi que la disproportion entre le lieu et l'acteur. Le tout sonne comme une sorte de Procés d'Orson Welles, le côté anxiogéne en plus. La photo renforce cette grande froideur en insistant avant tout sur des couleurs froides. 

Au niveau sonore, Badalamenti signe le score, les joueurs le connaissant certainnement pour son boulot sur Farhenheit de Quantic Dream. Il signera aussi plus tard la BO de Drive. On retrouve aussi du Manson et du Rammstein durant Lost Highway. 

Deux histoires en une :

L'introduction du film semble donner le ton. Une voiture roulant dangereusement vite, mordant en permanence la ligne jaune. Plusieurs idées commencent à germer, franchir la ligne, être des deux côtés ou ne pas savoir où se placer. Puis le film commence. Durant la première heure tout semble plus ou moins clair, Fred Madison vit sa vie de saxophoniste, ne sait pas faire l'amour à sa femme et reçoit d'étranges vidéos d'un homme s'introduisant chez pour les filmer alors qu'ils dorment. 

Et la cassure s'opère. Par le biais de la dernière vidéo montrant à Fred, lui-même tuant sa femme au pied du lit. Dès lors, l'on commence à se perdre dans cet univers étrange. Lynch enfonce le clou en faisant tout bonnement disparaitre Fred du film pour le remplacer par ce jeune Pete incarceré à la place de Fred dans la prison. Il fera revenir Fred lors du dernier acte du film, lorsque la vérité sera enfin dévoilée. Chouette programme non ? 

Que tente de faire Lynch à ce moment ? Nous faire une sorte de film à sketch ? Traiter un thème en le portant dans deux situations différentes ? On tente tout d'abord d'y voir le traitement du passage à l'acte qu'elle soit refoulé d'une part pour Madison et assumé ensuite pour Pete. Cela semble plausible, crédible même. La grande force de ce film étant de pouvoir faire naitre bons nombres de théories toutes plus ou moins valables. De plus, Lynch refusant d'expliquer son propre film et préférant laisser le spectateur se faire son avis, il sera donc difficile d'obtenir une vision "officielle".

Un homme pour deux individus :

La thèse de la schizophrénie semble être celle que l'on voit le plus. En effet, le film ne serait alors que le traitement de cette maladie à travers Fred Madison. Cet homme vivant le meurtre à travers ses différentes personnalités. L'une saxophoniste, l'autre garagiste.

 Cette thèse peut se valider grâce à un point précis du film. Une réplique même, le thême de la discussion étant de savoir si le couple posséde une caméra chez eux. De ce dialogue découlera toute la suite du film. On y voit ainsi la vie d'un homme vivant le meurtre de sa femme et ensuite le réinterpretant totalement à travers le regard de Pete le garagiste. 

- I like to remember things my own way 

ou encore :

- How i remembered them...Not necessarily the way the happened

Oui je fais travailler vos talents en anglais. 

L'idée de schizophrénie parait donc probable et même logique en un sens. Le spectateur tentant au final de se raccrocher à ce qu'il peut comprendre et essaiera de placer le film d'une point de vue psychanalytique. C'est ce que l'on tente tous de faire lors d'un visionnage de film un peu complexe, on veut y voir des rapprochements avec le comportement humain, maladies mentales et autres.

L'enfer d'un homme :

Mais lorsque l'on creuse encore un peu, il est possible de voir autre chose. L'idée de l'enfer surgit assez vite une fois la thèse de la scyzophrénie ecartée. 

En effet, il faut partir du principe que Fred, accusé du meurtre de sa femme et donc condamné à mort, se fait bel et bien tuer pour son crime. Qu'il meurt dans sa cellule par culpabilité, le meurtre de sa femme l'empêchant d'accéder au repos ou bien qu'il meurt officiellement sur la chaise importe peu. 

L'idée étant que suite à sa mort, son péché voyage avec lui, amenant Fred dans l'enfer, son enfer. Revivre pour l'éternité le meurtre de sa femme sous différents visages et de différentes manières. Ainsi Pete n'est que l'incarnation de la culpabilité de Fred, le forçant à vivre la même chose inlassablement. L'image de l'autoroute ouvrant et cloturant le film sonne comme une route sans fin ou Fred/Pete ne sera accompagné que par la même vision pour l'éternité.

Mais encore... :

Car oui il est encore possible d'y voir autre chose. Les idées citées précedemments ne sont que des ébauches, des pistes pour le spectateur. 

Une piste intéressante reste le rôle que joue l'homme à la caméra dans le film, celui ci pouvant représenter le réalisateur lui même, filmant dans le film. Le créateur et ses créations. 

Autre piste, la seule phrase de Lynch sur son film, permettant d'éclairer un tout petit peu le film  : 

« Deborah Wolliger, l'attachée de presse de la production, avait trouvé dans un livre le terme de "fugue psychogénique", que je trouve très beau ; c'est musical et ça désigne un état où une personne adopte une identité et une vie totalement différentes, tout un monde nouveau. Cette personne a toujours les mêmes empreintes digitales et le même visage, bien sûr, mais intérieurement, pour cette personne, tout est nouveau ».


Conclusion :

Lost Highway est une oeuvre troublante. Semblant hors d'atteinte au premier abord, le film ne se laissera apprivoiser qu'aprés plusieurs visionnages. Chaque vision permettant de gratter un peu plus la couche de mystère dont le film semble être entourée.

Une oeuvre dérangeante et boulversante en un certain sens, Lost Highway est à voir pour tout amateur de cinéma étrange et profond. Lynch signant ici un petit bijou de réfléxion macabre. 

 

 

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Cinéma

C'est aprés une longue absence que je reviens entretenir ce blog. Il faut les regarder les films pour pouvoir abreuver les rubriques quand même ! J'ai donc visionné beaucoup de trucs, beaucoup de mauvais trucs quand même. 

Nous allons donc commencer cette nouvelle anéee par un film sorti il y a un petit moment, que j'ai d'abord souhaité revoir une autre fois pour en faire une critique.

Première critique en cette nouvelle année pour dérouiller mes doigts engourdis par l'alcool et la nourriture.

Synopsis :

Nous sommes en 690 en chine pour être précis, année de l'ascension au trône de Wu Ze Tian, première impératrice de Chine. C'est dans une ambiance de fête que d'étranges meurtres vont semer le trouble et menacer l'intronisation de Wu Ze Tian. Elle fera appel au seul homme semblant capable de résoudre ce mystère, Dee, encore en prison pour s'être révolté contre l'accés au pouvoir de Wu Ze Tian. 

Dee en roman :

Il est bon de noter que Dee ou Ti est à la base un personnage ayant réellement existé ayant vécu de 630 à 700. Véritable détective si j'ose dire, il réussira à résoudre bons nombres d'enquêtes.

Avant d'être transposé au cinéma, Dee fut adapté en roman sous la plume de Robert Van Gulik. Cet auteur, néerlandais mort en 1967, écrivit de nombreux romans sur ce juge. Je ne vais pas m'étendre sur ce sujet, mes connaissances se limitant à ce que je peux glaner sur le net à ce propos...

Cast :

Tsui Hark à la caméra, réalisateur de 7 swords, Black Mask mais aussi Il était une fois en Chine, Le syndicat du Crime 3 ou bien..Double Team. Oui Double Team avec Van Damme et Dennis Rodman. Véritable réussite visuelle, chaque décor , chaque lieu ayant bénéficié d'un soin tout particulier pour en faire ressortir sa beauté. Le tout se voit renforcer par la mise en scène de Tsui Hark, insistant sur la grandeur et la magnificience d'un lieu ou nous étouffer par la suite dans un sombre marché fantôme. 

Devant la caméra car oui il faut des acteurs devant la caméra pour faire un film, nous retrouvons l'excellent Andy Lau, le pourri dans Infernal Affairs. Toujours constant dans son jeu, il est un petit peu la valeur sûre asiatique du moment.

 À ses côtés Carina Lau que l'on a pu déjà voir dans 2046 de Wong Kar-Wai, jouant le rôle de l'impératrice Wu Ze Tian. Excellente dans son rôle, incarnant parfaitement la froideur du pouvoir et la sensibilité de l'être humain une fois seule. Viendra s'ajouter Bingbing Li, dans le rôle de Wan'er, assistante de l'impératrice chargée de surveiller Dee dans son enquête. 

Une enquête passionnante :

Le film se veut avant tout un métrage grand public. Ne lésinant pas sur les scènes d'actions et les moments de bravoures, le film n'en reste pas moins une enquête avant tout. Ainsi le film se laisse suivre avec beaucoup de plaisir, on suit Dee et l'on tente avec lui de voir clair dans le jeu de certains, on tente de voir le vrai dans le faux et ainsi de prévoir les futurs trahisons. Le film s'apparent dès lors à une sorte de Nom de la Rose asiatique, on évolue au sein des reines du pouvoir pour y trouver le coupable. Dès lors vous pouvez vous amuser à revoir le film pour cerner directement les coupables et voir comment l'intrigue se met en place avec brio et maitrise. 

Mais le film est aussi comme abordé précedemment, un film d'action. Attendez vous à voir de l'action purement asiatique à savoir des gens possédant une agilité hors du commun et donc à la faculté de se mouvoir un peu partout dans l'espace sans subir de quelconques problèmes gravitationnels. On est dans la lignée d'un Tigre et Dragon pour que vous saisissiez bien. Il sera donc courant de voir des troncs voler, des charettes lancées à la force du pied ou encore des retournés acrobatiques dans un seul saut. Du grand n'importe quoi mais toujours classe, toujours beau à regarder et surtout toujours d'une grande lisibilité. 

Un second niveau de lecture :

Detective Dee avant même d'être une enquête ou  un film d'action est avant tout un film politique. Du moins un film posant de grandes questions sur la politique et ses conséquences. Il faut tout d'abord savoir que l'action prend place alors que va monter sur le trône la première impératrice de l'histoire, véritable boulversement à l'époque. En effet, il était courant et le sera encore pendant longtemps que succéde le fils au trône. C'est donc dans un contexte de changement politique que l'action prendra place. De plus Dee, héros du film est ce que l'on peut percevoir comme un conservateur, il incarne la vieille école, prônant la tradition et ne voyant le changement que comme un trouble potentiel et non une évolution quelconque.

Ainsi avant tout le film se veut être le parcours d'un homme et son questionnement sur le pouvoir en place et sur ses propres convictions politiques. On le suivra donc observer son propre camp et ce qu'il est prêt à faire pour rester au sein du pouvoir. Mais aussi l'on observera cette impératrice froide au premier abord, se révélant d'une grande humanité lorsqu'il le faut mais faisant aussi preuve de force dès lors que son pouvoir est en péril.

C'est là que réside la force du film, on suit l'histoire avec interêt mais ce n'est que lors du dernier acte que l'on prend conscience de ce que l'on vient de regarder. Il est necessaire de voir le film plusieurs fois pour comprendre l'ampleur du thême abordé. Le film prenant une toute autre tournure. Le final du film résonnant encore, final que je ne peux dévoiler par respect pour vos chastes yeux mais aussi pour ne pas vous gacher la surprise. 

Conclusion :

Detective Dee est à l'image des films asiatiques que l'on trouve sur tous les etals dans les grandes surfaces, jaquette agréable faisant penser à un simple film d'action teinté de fantastique, on pense y voir un film comme tant d'autre. C'est là que l'on se trompe, Dee est bien plus. Detective Dee est une réfléxion sur l'homme et ses convictions, sa capacité à accepter le pouvoir ou à le rejetter en bloc. Mais Dee est aussi agréable et à le mérite d'être un film que tout le monde peut voir sans aucun souci, certains n'y verront que des pieds volants, d'autres des décors magnifiques et certains noteront la portée du film. Un film que je ne peux que vous conseiller chaudement.





 

 

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Cinéma

Plutôt que d'aborder l'oeuvre originale, à savoir The Hitcher de 1986 réalisé par Harmon, je vais me pencher sur le remake et faire une sorte de double critique. Vous montrer à quel point vous devez voir l'original et fuir ce remake.

 

Je vous renvois toutefois sur l'émission + ou - Geek abordant les grands méchants si vous voulez une bonne critique de l'original. 

Synopsis :

Jim et Grace est un jeune couple bien sous tout rapport. Ils sont jeunes et beaux. C'est sur la route que nous allons les trouver, en direction de la maison de leurs amis où ils comptent passer un agréable moment. Comme vous vous en doutez, cela ne se passera pas bien. C'est en effet aprés avoir accepté de prendre en stop un étrange inconnu que les ennuis vont commencer...

 

Cast :

 

On retrouve à la réalisation Dave Meyers, que l'on connait surtout pour Hitcher étant donné que cela semble être son seul et unique film. De là à conclure qu'il a stoppé sa carrière aprés avoir vu le résultat de son remake, il n'y a qu'un pas que je franchis avec plaisir. On est face à une réalisation somme toute assez banale, de jolis plans, une photo pas trop dégueulasse mais sans génie et une mise en scène anonyme. La marque de fabrique des remakes pop-cron en gros...

Un point sur la musique avant de continuer sur les acteurs. Assez dégueulasse dans son ensemble et symbolique de son époque. Du rock passe partout sans âme et sans grand talent. On évite tout de même les horreurs auditives de certains films d'horreurs (Oui Scream 4 c'est toi que je regarde !).

Au cast, pour le trio de tête nous pouvons admirer Zachary Knighton vu dans diverses séries comme House ou encore Bones. Dans le rôle de la jolie et charmante copine, les habitués des Frères Scott seront en terrain connu car c'est Sophia Bush qui occupe le rôle. Et enfin, le meilleur pour la fin, le méchant se voit interpréter par l'excellent mais Sean " Winter is coming" Bean. Acteur que j'apprécis fortement au passage, que ce soit dans Game of Thrones ou bien encore le génial Black Death.

Un cast assez respectable même si le gros de l'acting se trouve dans les mains de Bean, n'attendez pas voir du talent ou du jeu dans les rôle de l'héroïne ou de son copain.

Un point qui fache :

Je commence tout d'abord par un point du scénario qui m'a plus ou moins dérangé. Le choix d'une héroïne pour tenir le rôle principal. Il faut savoir que l'original nous présentait l'histoire d'un jeune homme au volant de sa voiture prendre en stop un étrange inconnu sur l'autoroute. De là allait commencer un road trip sanglant plein de symbolique et de puissance émotionnelle. Dans ce remake, exit le garçon seul et bonjour le couple en voyage. Autant l'idée de changer le sexe du héros ne m'aurait pas dérangé s'il n'avait pas d'importance dans l'original. Ne voyez pas là de la misogynie quelconque. J'ai adoré le remake de la nuit des morts vivants par Savini. L'idée de remplacer le héros à l'époque noir, devenu involontairement avec le temps un icône noir du cinéma, par une jeune femme semblait tout à fait approprié. En effet l'on pouvait y voir un changement social. La femme symbolisant le féminisme de ces années là et permettait d'y voir la représentation de la femme forte. De même pour un Silent hill de Gans, qui mieux que la mère pour aller chercher son enfant ? 

Tout ça pour vous dire que ce changement dans ce remake sonne faux. Il n'est là que pour nous présenter une jeune et jolie jeune fille et ainsi inclure un bête élément sexy dans le film. On y retrouve donc du mini-jean et du haut de jeune petite amie que l'on a du voir dans pas moins de 43000 films de ce genre. De même là ou l'original construisait une tension sexuelle entre les deux protagonistes, le remake détruit cette idée en axant les sentiments par la présence du couple. 

Un autre point qui fache aussi :

Si ce n'était que ça...le film aurait pu être agréable à regarder. Ce n'est pourtant pas le cas. Le remake semble vouloir détruire tous les points iconiques de l'original. Là ou le film de base créait un doute quant à l'existence de ce tueur pendant toute la première partie, le présentant toujours avec le héros lorsqu'il est seul et n'apparaissant pas au début quand il y a du monde. Le remake annule ce principe par la présence du couple, difficile de croire que le couple soit atteint de schizophrénie commune non ? 

Oubliez aussi la préstation hallucinante de Rutger Hauer, véritable tueur d'une froideur à couper le souffle. Oubliez cette homme semblant voir en ce héros, le seul moyen de mourir et ainsi de mettre fin à sa folie meurtrière. Ici tout sonne réchauffé et parait comme un cahier des charges à remplir. C'est bien simple, à certains moments on sent que le réal' à voulu ressortir une phrase de l'original pour montrer au spéctateur qu'il avait bien vu le premier...

Un petit dernier ? :

Là où l'original nous contait l'histoire de ce jeune homme tentant de fuir ce meurtrier tout en fuyant la police l'accusant de meurtres pour aboutir sur un final glaçant, le remake lui décide placer le film sous le signe de l'action et du grand n'importe quoi. 

Le plus choquant reste cette scène culte du camion. Je vous situe le moment : Aux abords d'un Motel, le tueur, dans un camion a auparavant attaché le compagnon de l'héroïne à l'arrière du véhicule et à son chargement. Signifiant ainsi que s'il accélére le jeune homme va se retrouver scindé en deux parties. L'original propose une scène similaire mais c'est une jeune femme ayant aidé le héros qui se retrouve à l'arrière du camion. Là ou le film d'origine réussissait à créer une tension hors du commun et symbolisait le combat du jeune homme à passer à l'acte à savoir tuer le meurtrier, le remake lui ne fait que copier cette scène. Le tout sonne sans saveur et sans aucune émotion. 

C'est bien simple, le film passe complétement à côté du fait qu'avant de raconter l'histoire d'un simple road trip sanglant, le film se voulait aussi une sorte de symbolique du passage adulte, l'idée d'assumer la conséquence de ses actes. 

On passera aussi sur cette volonté dans les remakes à tout vouloir justifier. Ainsi la fin du film tente maladroitement de trouver un sens aux meurtres du tueur. On assiste donc à un pathétique "tuer c'est cool".

Navrant ...:

Ce remake est un peu à l'image de ce que l'on voit récemment, on remet au gout du jour de vieilles licences ou de vieux films cultes en cherchant avant tout à se faire de l'argent dessus sans comprendre l'essence même du film de base. Hitcher n'est pas un cas isolé malheureusement, il suffit de voir les immondes Vendredi 13 ou autres massacres à la tronçonneuse pour contempler l'étendu des dégats. 

Conclusion :

J'aurai du me méfier, un film qui commence en annonçant que c'est une prod' Michael Bay ne pouvait qu'augurer le pire. J'avais raison. Fuyez ce film et plongez vous dans l'original, petit bijou d'époque et véritable performance pour Rutger Hauer, prouvant encore une fois qu'il est un excellent acteur.

 

 

 

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Cinéma

 

Voici une petite vidéo chopée sur le bon site : http://www.celluloidz.com/

Taxi Driver vu par Gondry ( Science des rêves, Be Kind Rewind ) : 

Il y a peu de moyen mais beaucoup de talent ! 

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Cinéma

J'étais pas super chaud pour le voir, j'aurai aimé que ma salle de ciné diffuse Livide à la place. Comprenez, le film avait ce côté un peu trop "arty" pour moi, ça avait la gueule du film de genre chiant comblant ses vides scénaristiques par une soi disante volonté de la part du réal' pour renforcer son idée du je ne sais quoi. Et puis voila quoi, un film sponso France Info, moi ça me fait peur.

J'avais tort.

Shame est beau, choquant, triste mais surtout d'une grande justesse. Je m'en vais vous expliquer tout ça ! 

Synopsis :

Brandon est un homme normal, boulot normal et vie plus ou moins nomal. Un mal étrange touche pourtant Brandon depuis longtemps déjà, l'addiction sexuelle. Brandon réussit tant bien que mal à cacher ce mal auprés de ses collégues, ce n'est qu'à l'arrivée de sa jeune soeur, Sissy, qu'il aura de plus en plus de mal à cacher sa double vie.

Cast :

Je ne connaissais pas Steve McQueen avant, j'avais entendu parler de Hunger, son film sur la grêve de la faim en prison mais j'ai toujours eu la flemme de le voir. C'est donc avec un regard vierge que je me suis préparé à regarder son film. En plus il y avait Fassbender ( le Magneto du dernier X-Men ) ainsi que Carey Mulligan ( la belle de Drive ).

Revenons un instant sur les deux acteurs principaux. Fassbender prouve encore une fois son grand talent et joue tout en justesse pendant tout le métrage. Il en va de même pour la petite Mulligan, petite soeur d'une grande fragilité cherchant le réconfort auprés de son frère, figure de proue à ses yeux. 

Le film se voit ainsi porter par ces deux acteurs, jouant chacun excessivement bien sans jamais tomber dans un quelconque sur-jeu.

Une réalisation juste :

Aussi bon soient les acteurs, il faut savoir les filmer pour le voir. Et McQueen le fait bien. Filmant toujours prés de ses personnages, on les accompagne tout au long du film. Donnant ainsi une impression de promiscuité avec le héros du film. La photo reste quant à elle assez sobre même si l'on peut contempler à certains moments des plans d'une grande beauté. 

Mais le véritable atout du film reste la mise en scène des moments du quotidien. Allant du simple petit déjeune au repas avec une jolie fille, le tout sonne avec une incroyable justesse. Le réalisateur semblant capter avec brio les quelques petits éléments différenciant une scène de film et une scène réelle. Il suffit de voir la scène dans le restaurant, tout est parfait. Que ce soit les blancs de gêne ou bien les dialogues anodins, tout est fait pour être crédible. 

Le film parlant de sexe, vous n'echapperez donc pas à de nombreuses scènes chaudes. Je reviendrais plus tard sur certaines d'entres elles. Je vais m'attarder sur une scène maintenant pour confirmer la justesse du film. La scène dans l'hotel entre Brandon et sa jeune secrétaire. Jamais scène de sexe n'avait resonné en moi comme aussi crédible. Le jeu entre les deux, la capacité à donner envie à l'autre ainsi que le passage à l'acte. La caméra semble même de trop durant ce passage. Comme si lon assistait à quelque chose que l'on ne devait pas voir, on se sent comme un voyeur.

Le sexe c'est le mal : 

Cherchant à traiter de l'addiction sexuelle, Steve McQueen nous conte l'histoire de Brandon, ne vivant que par le sexe et pour le sexe. Se cachant de ses collégues, allant se masturber dès lors que quelque chose le contrarie, remplissant son appart' de revue et autres accesoires pornos. Allant même jusquà acheter un portable simplement pour aller voir du porno.

Très vite le spectateur comprend que l'addiction de notre héros n'est en fait que le catalyseur de sa haine, de ses soucis et de ce qu'il refoule. Incapable de réagir autrement, incapable de s'enerver quant il le faut, ni de devenir violent, notre héros se réfugie dans le plaisir coupable du sexe. 

Ainsi très vite le sexe apparait comme une forme de violence pour le héros. Que ce soit aprés un echec ou bien lorsqu'il ne peut faire l'amour dès lors que l'on y implique des sentiments. Le final résonne ainsi comme une énorme scène de violence et de haine pour le héros envers sa propre personne et son incapcité à ressentir. 

Une réalisation en deux temps :

En effet, le réalisateur semble vouloir dissocier les scènes entre elles. Plaçant certaines d'entres elles dans une imagerie de film alors que d'autres sonnent comme le miroir de la réalité. Prenons l'exemple de la scène du bar au début du film. Tout sonne faux, que ce soit les gens qui dansent ou bien la manière qu'aura le boss de Brandon pour draguer certaines filles. Tout s'inscrit dans une logique de film basique. Le réalisateurs pointant du doigt le manque de crédibilité de ses scènes en règle générales. 

Il en va de même pour les scènes de sexes. Certaines semblant sortir tout droit d'un film, froide et violente. Alors que d'autres s'inscrivent parfaitement dans la réalité. La grande force du film reste aussi de réussir à montrer du sexe sans donner envie de sexe, on se sent soit comme voyeur ou alors on fait face à une scène de sexe que l'on sait violente pour le héros.

Un frère et sa soeur :

La relation entre ces deux personnages est intéressante. Motivé par l'envie sexuelle pour notre héros, tentant de la refouler en éloignant sa soeur dès qu'il le peut et l'envie d'un frère protecteur pour la jeune soeur. Chacun s'aimant tout en se repoussant dès qu'il le peut.  La scène où Brandon tente de s'endormir et voit sa soeur le rejoindre car il fait froid sur le canapé traduit parfaitement leurs sentiments. 

On sent l'amour pourtant entre ces deux personnages. Chacun aimant l'autre à sa manière. 

Une relation d'une grande force, qui sera pour notre héros le seul moyen de changer. Changer pour sa soeur et ainsi voir sa souffrance.

L'addiction :

Je peux comprendre que l'on ne soit pas tous atteint de ce problème. Le film ne traite pas que de cela. Cette addiction reste en filigrane au sein de l'intrigue. Un autre message semble pouvoir se lire au fur et à mesure. La perception du sexe au travers de notre société. La pornographie, internet, les magazines etc..tout semble faire echo à cette génération vivant avec des codes faussés. 

Il est donc facile d'y voir non pas un jugement mais un constat sur une société vivant dans l'artificiel. Les rapports sans lendemain ou même cet idéal féminin construit à travers les dames de papiers glacés. L'incapacité d'y mettre du sentiment. On peut aussi y voir la question de la performance, notre héros ne pouvant faire l'amour à une femme semblant l'apprécier vraiment car il pense qu'elle le jugera, qu'elle jaugera même ! Il n'est ainsi plus dans le rapport sans jugement avec une prostitué. 

Conclusion :

Au final, Shame est beau mais aussi d'une grande violence. Traitant d'un sujet assez difficile, McQueen devant éviter de tomber dans l'aspect purement racoleur du sexe. Il en ressort une oeuvre d'une grande richesse, la quête d'un homme cherchant à changer ce qu'il est. 

Un film à voir. Vraiment.

 

 

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Cinéma

Hellraiser et moi, c'est une longue histoire. Tout commença par une étrange attraction, lui dans son videoclub tronant fièrement dans la rangée des films d'horreurs et moi encore tout jeune, fasciné par cette jaquette présentant un homme écorché tenant une mystérieuse boite.

Puis, arriva une veille de noël où je mis la main sur la box comprenant l'intégrale de la série. C'était il y a quelques années déjà. Et là commença une grande histoire d'amour et de haine pour cette série de films. Le premier épisode me fascina, étrange conte romantique n'ayant pas prit une seule ride, j'eu du mal à m'en remettre. Le second enfonça le clou en me proposant de me plonger encore plus loin dans la mythologie des Cenobites et donc du déjà culte à mes yeux, Pinhead. 

La suite de la série se fit comme un voyage en montagne russe, pleins de sensations pour quelques épisodes dont le III,IV et V et une grosse retombée dans le moyen voir le médiocre pour le reste. La série m'acheva lors d'un ultime épisode présentant mon fier Pinhead comme un simple Serial Killer de bas étage. La série était morte à mes yeux. 

Mais jour, par le biais de la toile, j'appris que les réal' d'à l'intérieur était en passe de faire une remake du premier épisode. Mais tout le monde connait la suite, différents entre la prod' et les réals, visions du scénar en opposition pour au final voir le projet leur echapper des mains. 

Et j'apprends récemment que pour éviter de perdre les droits de la série, la boite de production force le tournage d'un épisode à la va vite pour que le tout reste dans leurs mains. Ce qui évite donc que le tout revienne au studio de Barker, père de la série. 

Pourquoi faire une intro aussi longue ? Pourquoi faire une intro plus longue que la critique du film ? Parce que. 

Synopsis :

Deux jeunes bourgeois décident de fuir leurs cocons familials pour partir au Mexique, Tijuana pour être précis. Là-bas ils rencontreront des prostitutés, de l'alcool et un vieil SDF moisi leur vendant la fameuse "énigme" des Cenobites. 

Casting, réal et tout le reste :

Aux commandes, nous retrouvons ce bon Victor Garcia...comment ? Vous ne le connaissez pas ? Mais attendez il est le réalisateur de...attendez..de..ah non en fait de pas grand chose à part ça.  Bon bah je passe au casting alors. Sinon je suis sur que c'est gentil monsieur hein...

Pour le film vous retrouverez de sombres acteurs peu connus du grand public et même du petit public aussi en fait...quelques uns sortent de séries télés et d'autres sortent de..quelque part.

Pour les Cenobites, Pinhead n'est plus interprété par l'acteur habituel. En effet Doug Bradley ayant senti l'aspect un peu faisandé du film a décidé de ne pas y participer. Et pourtant il a fait des Hellraiser biens nazes avant. On doit donc se coltiner un Pinhead tout gras, ayant certainnement beaucoup mangé entre le dernier épisode en date et celui là. Le reste des Cenobites reste assez discret. 

Une histoire de maison :

Le déroulement du film reste assez classique. On suite les péripeties de nos deux jeunes bourgeois à travers une cassette retrouvée par les parents aprés leurs disparitions. On les voit se bourrer la gueule, tenter de draguer des femmes mais surtout tenter d'ouvrir une étrange boite à la fin de la vidéo.  C'est en tentant de faire le deuil de leurs enfants présumés morts que les deux familles verront l'un des jeunes rentré en sang à la maison. 

S'ensuivra ensuite une longe explication sur les mésaventures des jeunes mais aussi pourquoi l'un d'eux à survecu. Arrivera ensuite un retournement de situation assez risible, l'arrivée des Cenobites et Paf ! fin du film. 

Oui, le film dure en tout et pour tout 1h15, ce qui reste court mais assez long pour qu'il ne se passe pas grand chose quand même. 

Ce qui m'amène à aborder l'un des nombreux défauts du film. Son rythme. Il ne se passe rien, on s'ennuit ferme en attendant l'arrivée d'un peu de sang ou de nos chers Cenobites. De plus le faible budget du film force le tournage à se dérouler dans trois piéces. Une maison, une cave et une chambre. Si encore le réalisateur arrivait à jouer sur la tension, le suspens pour faire vivre son film, on arriverait à ne pas s'endormir mais ce n'est pas le cas. 

Une réalisation...particulière :

Le manque de budget ne doit pas rester non plus une excuse pour justifier l'aspect cheap du film. Vous aurez le droit à de jolis filtres bleus lorsqu'il fait nuit, jaunes pour mexico et sans filtre et donc encore plus moche pour le reste du film. Vient s'ajouter un manque total de talent à la réalisation pour Garcia, le bonhomme filmant le tout avec peu d'aisance et encore moins de talent. 

Parlons un peu des effets spéciaux. Il y a beaucoup à dire, autant les Cenobites restent plus ou moins fidèles aux originaux autant le reste semble passer à la trappe. La location des costumes ayants sans doute bouffée le budget du film. 

J'en veux pour exemple la fameuse salle de torture. On y retrouvera donc un Pinhead bien propre, un set de Barbecue au centre faisant vaguement penser à un engin pour faire souffri, deux pauvres lesbiennes mal maquillées au fond et...quelques chaines qui trainent. C'est tout. Il y a mieux tout de même.

Et...le reste :

Vous qui aimez la série d'origine, oubliez tout, oubliez la symbolique des anciens films, l'étrange lien entre l'amour et la souffrance, le symbolisme de cet "enfer" et la représentation de Pinhead. Ici vous ne trouverez que vide scénaristique et symbolique. Ici on peut devenir Cenobite sur un claquement de doigt et foutre la merde. 

Conclusion :

Après un Hostel Part III affligeant de médiocrité, je souffre à nouveau. Brisant tout l'interêt de ma série, annihilant sans problème tous les codes des premiers films, oubliant toue la portée symbolique, le dernier Hellraiser est une sombre purge à offrir à quelqu'un que vous n'aimez vraiment pas...et encore.

Le film portant bien son nom au final, la révélation que la franchise est morte. 

 

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Cinéma

Il arrive un moment où il faut aller au bout des choses. Savoir plonger encore plus profondémment dans la médiocrité et le non-sens total. C'est donc par un dévouement total envers vous que je me suis attelé à la tache ingrate du visionnage d'Hostel Part III. 

Ceux qui parcourent le blog sont au courant du peu d'amour que je peux porter à Eli Roth et à sa lucrative licence qu'est Hostel. Je ne vais pas vous résumer le principe de sa série, aller faire un tour sur les critiques des deux précédents opus pour vous mettre à la page ! J'ai toujours eu du mal à comprendre le succés de cette série, faussement irréverencieuse, faussement choquante et surtout bourrée de clichés faisant passer Saw pour une licence intelligente. C'est vous dire... 

En plus de véhiculer des clichés, la série se permettait même quelques messages forts douteux sur l'homoséxualité ou bien la vision de la femme en générale. 

Mais penchons nous sur ce....film.

Synopsis...ah bon ?

Scott va bientôt se marier. Oui, il a beaucoup de chance. Jeune américain bien sous tout rapport, Scott va donc bientôt célébrer son mariage avec la non moins jeune et bien sous tout rapport, Amy. Seulement voilà, avant de se marier, il faut faire la fête. C'est donc avec sa bande de pote que le jeune Scott part à Vegas. Amy quant à elle reste chez elle pour...je sais pas, elle fait ce qu'elle veut.

Alors que tout se passe pour le mieux, notre groupe d'ami écumant les bars, casinos et autres joyeusetés, le tout commencera à prendre une tournure un poil plus glauque dès lors que l'un des leurs disparaitra au lendemain de la fête. Vous vous doutez bien que le disparu n'a pas eu un éclair de bon sens pour quitter le tournage du film mais qu'il a plutôt été kidnappé par l'agence qui sévit depuis le premier épisode.

Une réalisation de folie et un casting de prestige !

J'ai eu une sorte de sursaut d'espoir ( oui c'est possible ) lorsque j'ai réalisé qu'Eli Roth était producteur éxecutif et non réal', on allait ainsi peut être avoir quelque chose de plus sympathique que d'habitude. Puis, j'ai vu le nom du réalisateur, Scott Spiegel. Peu connu, il est le réalisateur de The Nutt House ainsi que My Name is Modesty. Ce qui laissait présager...bah pas grand chose en fait. 

S'ajoutera à cela, des acteurs, Brian Hallisay pour le rôle de Scott, Thomas Kretschmann en Flemming ainsi que John Hensley, seule tête connue à mes yeux, jouant Justin. Les autres on s'en moque un peu, ils resteront pas assez longtemps à l'écran.

Vegas bitch !

La grande partie du film se déroulera donc à Vegas. La ville des excés. Ce qui reste un point de départ intéressant, on imagine bien l'agence se fondre dans Vegas pour proposer des attractions différentes. Pouvant ainsi donner une vision assez sympathique de la société. Celle ci autorisant tout et n'importe quoi dans cette fameuse ville. On aurait même pu y voir une critique d'une société complétement anesthésiée, cherchant la violence comme ultime moyen de se sentir vivant. 

On aurait même pu y voir cette fameuse agence fondue dans la masse de jeu, comme s'il n'était qu'un nouveau jeu en plus et rien d'autre. Permettant ainsi de se poser des questions sur l'individu.

Mais en fait non, le film se déroule au début à Vegas puis se déroule le reste du film dans un batiment isolé loin de tout. Ce qui a certainnement du permettre de faire des économies pour le film. Filmer un couloir doit couter beauoup moins cher que tourner à Vegas.

What happens in Vegas stays in Vegas !

Vegas permet toutefois au réalisateur de montrer toute l'étendue de son talent, à savoir faire du clip. C'est assez hallucinant en fait, tout est fait de manière clippesque. Que ce soit l'arrivée à Vegas, la présentation des jeux de la ville ou bien des femmes peu vétues. On croirait voir un clip, on s'attend même à certain moment à voir débarquer un type chanter. En plus de cela l'on doit se taper des acteurs tous plus pénibles les uns que les autres. Entre le héros complétement vide toute expression ou bien son meilleur ami sorte de Barney Stinson du pauvre ainsi que ses deux amis, le type prêt à coucher avec n'importe qui ou bien l'handicapé dépressif car il est handicapé.

Cela permet aussi au réalisateur de nous montrer que Vegas est une ville avec beaucoup d'argent, de jeu et de femmes. Et c'est à peu prés tout. Mais bon, on se dit que ce n'est que la première partie, le film vient de commencer et quand la boucherie commencera on va enfin pouvoir prendre son pied.

Quelques bonnes idées tout de même !

Et enfin le film démarre vraiment. On aperçoit une agence ayant évoluée, encore plus organisée qu'avant. Son principe est différent. En effet cette fois on ne peut pas aller tuer une jeune gourgandine dans une cave sombre avec tous les instruments de torture possible. Cette fois le tout se déroule devant un public, public qui peut parier sur les réactions de la victime ou bien sur l'arme que choisira le bourreau. 

En clair ça donne ça : On peut parier sur la première phrase que prononcera la victime, s'il dira qu'il a une famille ou demandera à l'aide. On peut aussi parier sur le fait que le bourreau tuera sa victime avec une perceuse plutôt que la petite cuillère en plastique. 

Le principe est donc sympathique. Cela aurait pu être encore mieux s'il ne fallait pas compter sur des effets spéciaux cheap au possible ainsi que sur la volonté du réalisateur à ne montrer rien. Il n'est même pas possible de faire appel à la sacro-sainte imagination, le tout est tellement mal foutue que rien ne marche.

Il suffit de voir le pauvre ére et son bras tranché, crédible si l'on ne regarde pas sous le bras pour y voir une étrange bosse grosse comme....un bras plié. Je pourrais aussi parler de ces coups de couteaux donnés avec telle vigueur qu'on se demande comment cela peut faire du mal à qui que ce soit. 

Mention spéciale pour le jeune femme mourrant d'une balle dans la fesse. 

Bizarrement c'est du DTV...

On ne retrouve donc à aucun moment l'ambiance bien crade des deux derniers opus. En fait ça ressemble plus à une sorte de téléfilm de fin de soirée. Le genre de truc passant tard le soir.

Le film n'évite pas les clichés, que ce soit sur la femme encore et toujours représentée comme une grosse allumeuse ou bien l'agence dépeint comme une repère de marginale. L'idée d'en faire un lieu où n'importe qui peut s'adonner au plaisir du meurtre restait une des rares bonnes idées du second épisode. Attendez vous donc à voir de la gothique, de la fille nue et autre petits plaisirs coupables.

Mais restons sérieux. Le gros problème du film reste son incapacité à créer une quelconque tension. On a pas l'impression de voir un film d'horreur, on se demande même si le réalisateur n'a pas cherché le genre du film pendant le tournage. Les enjeux sont obscurs, l'agence est au second plan et la fin est juste moisie. 

Conclusion !

Toute bonne chose à une fin et je m'en vais de ce pas finir ma critique de ce film. Hostel Part III est donc un très mauvais film, plongeant encore plus la médiocrité que pouvait représenter les opus de Roth. Se bouffant tous les problèmes des deux opus sans la maitrise relative d'Eli Roth pour filmer. 

Ce film cherchant à utiliser la licence sans au final la comprendre vraiment...

 

 

 

 


 


 

 

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Cinéma

 

Et voila, dernière partie de l'interview avec Rurik Sallé, une ultime partie sur ses projets persos que ce soit dans la musique ou bien le cinéma. Et oui c'est fini, mais bon fallait bien que ça s'arrête à un moment ! Ce fut super agréable pour moi de rédiger toutes ses questions et surtout d'avoir pu l'interviewer. C'est un exercice que j'aimerai vraiment refaire ! 

Profitez mes amis ! 

 

- Parle nous un peu de tes projets persos, tu es acteur, musicien, et journaliste ou  j'en oublie ?  :

Tu oublies que je fais de bonnes sauces salade. C'est peut-être un détail pour vous, mais...

En temps qu'acteur, j'ai fait brièvement partie d'un conservatoire dramatique à Paris il ya quelques années, mais je n'ai pas trouvé ce que je cherchais et je me suis cassé. Maintenant, je travaille régulièrement le jeu avec une amie qui est coach. Acteur, c'est une vraie vocation, pas une lubie passagère... Ça fait très longtemps que je le fais en dilletante, et j'ai décidé il y a quelques temps de faire passer cette passion au premier plan. Je n'ai pas de types de rôles préféré, j'aime tout jouer. À travers mon travail avec Manu Lanzi, j'essaye aussi d'apporter au jeu une dimension plus « physique », parce que j'aime beaucoup les scènes d'action. Je viens de tourner un court-métrage fantastique/dramatique dans lequel j'ai le premier rôle, Innocence. C'est un personnage torturé, et j'ai un aussi affrontement assez brutal avec un adversaire. Le tournage était intense, on a tourné cette scène à 23h, il y avait de la poussière partout, c'était sale comme il faut... J'ai aimé aussi jouer des personnages plus farfelus, comme dans Zombinladen ou Bloody Christmas 2. Je rêve de jouer des personnages très noirs, très méchants, comme des choses plus naturalistes, dramatiques ou carrément absurdes... J'ai vu Polisse, c'est un bonheur pour les acteurs, j'aurais adoré faire partie de cette troupe ! Je ne m'impose pas de limites particulières. Qu'on joue ou qu'on fasse autre chose, il me semble qu'il ne faut pas faire les choses du bout des doigts.

 

Je suis effectivement aussi musicien depuis que je suis très petit. J'ai toujours eu des instruments dans les mains, en plus de ma petite flute secrète. C'est assez spontané et d'ailleurs, d'une manière générale, je fais beaucoup confiance à l'inspiration et l'instinct. En tout cas pour ma part, ça a toujours été le moteur d'idées bien meilleures que si j'y avais réfléchi des heures. « L'Imprudence », disait Bashung. J'ai fait beaucoup de musique sur ordinateur, à l'époque de l'Amiga. Il faudrait d'ailleurs que je les foute en ligne un de ces jours, histoire de les faire vivre ! Parce qu'elles ne respirent pas, coincées dans leurs disquettes de plastique bleu. J'ai aussi fait partie de quelques groupes, assez variés, avant de monter mon propre groupe rock Nu Kaiju. J'étais chanteur et guitariste, il y avait un bassiste et un batteur. Le bassiste, Olivier Mezzadri, avait joué quelques années à Los Angeles, dans un groupe appelé Casino Drive. Il avait même joué au Budokan à Tokyo, et auditionné pour Ozzy Osbourne avant qu'il ne trouve Robert Trujillo ! Après Nu Kaiju, je suis parti vers la musique de films, notamment la b.o. d'un long-métrage muet de DW Griffith, « La Conscience Vengeresse », qui est sorti en dvd ici. Ensuite, il y a eu les bandes originales de 13 courts-métrages de Griffith. C'était un truc de fou : 3h30 de musique, composée, jouée et mixée en 20 jours ! Ahah... France 3 les a tous diffusés, certains assez récemment. Je pense d'ailleurs en sortir une sélection en cd bientôt, pour faire vivre les morceaux. C'est une musique un peu étrange, parfois. Cédric Delelée a parlé de la b.o. de La Conscience Vengeresse dans Mad, en citant John Carpenter et le Kronos Quartet. Ca m'a beaucoup touché ! Mais touché quoi ? Ah ça... Coquins...

 

- D'ailleurs en parlant d'acteur, c'est bien toi dans le court métrage sur Zombin Laden ? Un projet avec des amis ? 

Oui, c'est bien moi ! Ou un sosie homonyme ? En ces temps de clonage, plus rien ne devrait nous étonner. Je ne connaissais pas Clément Deneux, le réalisateur, avant le tournage. On s'est rencontrés, on a parlé du projet, et on s'est bien entendu. Clément est un mec cool, et il a du talent. Le tournage s'est partagé entre Paris et Belle-île en mer. On a bien rigolé, notamment avec mon pote maquilleur David Scherer, et en même temps c'était très pro tout ça ! François Reumont, le chef op', a fait une très belle lumière. Je trouve le film très réussi. Zombinladen a cartonné, on parle d'un million de vues sur internet. Il s'est retrouvé en « une » de Dailymotion, Ecrans, sur le site de Tf1... C'est mérité, parce que le sujet est fou, et le film est vraiment bien foutu.

 

- Tu es aussi le présentateur de Panoramad et Cinémad, peux tu nous expliquer le déroulement d'une de ces émissions ? Préparation, improvisation ? 

La préparation consiste, pour moi, à regrouper les infos, à préparer le sommaire. Une fois que je sais ce dont je vais parler, une fois que j'ai sélectionnées les bandes-annonces, les sujets, c'est de l'impro totale. Il n'y a pas une ligne, en 300 émissions, qui ait été écrite ! On me l'a pourtant suggéré, au début, mais si j'avais écrit mon texte, je me serais fait chier rapidement, les gens aussi, et j'aurais déjà arrêté. Cette émission reste vivante parce qu'elle me fait marrer aussi. Si je me faisais chier, je ferais également chier les gens. Pour moi, c'est autant une émission d'information qu'une performance. Et je pense que c'est aussi ce qui plait aux spectateurs, ce ton libre, vivant, imprévu. Avant une prise, je sais de quel sujet je vais parler, mais je ne sais jamais ce que je vais dire ! 

 

- Tu participes à l'émission + ou - Geek, comment  en es-tu venu à travailler dessus ? 

David Frécinaux, le producteur et animateur de l'émission, connaissait mes émissions sur Mad-Movies.com. De mon côté, j'avais entendu parler de Daroo Productions, sa boite, et je l'avais croisé au festival de Gérardmer lors d'un débat. Une nuit, alors qu'on errait nus dans le bois de Boulogne, un gyrophare de la police nous a éclairés. On s'est reconnus l'un et l'autre, et on s'est fait jurer de ne jamais révéler notre secret. Pour sceller le pacte, nous avons décidé de travailler ensemble sur une émission TV. C'est devenu + ou - Geek, émission mensuelle diffusée sur Vosges Tv et Dailymotion. Oui, Vosges Tv ça fait toujours rire, parce que les gens se disent « ahah, une chaîne qui sent le sapin !! », ou alors « une chaîne locale ? Ahah, mais moi je ne regarde que Tf1 !! ». Et pourtant, une chaîne locale, ça touche des millions de personnes... Vosges Tv est dispo sur la freebox, les Vosgiens la regardent, n'importe qui peut la regarder en fait, et elle a un gros avantage : ses dirigeants sont accessibles, ils ont le matos, des studios, et les projets se font rapidement. J'ai été vachement impressionné de ce qu'ont accompli les gens de Daroo Productions en si peu de temps, sérieusement. Sur une chaîne majeure, ce qui leur a pris quelques mois aurait pris plus d'un an.

 

 - Question geek donc, joues-tu ? Et si oui à quoi ? Un jeu culte ? 

Je ne joue plus beaucoup aux jeux vidéos ! D'abord parce que je n'ai pas l'électricité chez moi, et ensuite parce que je n'ai pas de console. Pourtant, j'adore les trucs comme GTA, Max Payne... Ou même les trucs de guerre. Mais si je commençais à jouer aux jeux, je ne foutrais plus rien. C'est un piège, ça prend des heures et des heures, et j'ai trop de projets dans lesquels je suis ravi de m'impliquer pour pouvoir passer 5h par jour sur des jeux. Mais j'aime bien ! Quand j'étais petit, je jouais beaucoup aux jeux d'arcade dans les salles ou les cafés. Ca coûtait 1f la partie, t'imagines ça ? 1 franc ! 15 centimes d'euros ! A la fin, c'était 2 euros, 12,50f. C'est ce qu'on appelle de l'inflation, ou je ne m'y connais pas. J'ai aussi beaucoup joué sur Amiga. Puis quand c'est devenu trop compliqué, genre « pour donner un coup de pied, tourne à droite, puis gauche, puis haut, puis bas, puis le tout à répéter 45 fois », j'ai un peu laissé tomber. Mais mon rêve était d'avoir une borne d'arcade, une vraie, comme dans les café. Je l'ai réalisé : j'en ai deux ! Avec des trucs mega old-school, comme Vigilante, Shinobi, Double Dragon, Crime Fighters... D'ailleurs, il y a 2h, je me suis fait une partie de Street Fighter II', mais sur un émulateur sur mon ordinateur. 20 minutes, ça m'a suffi, juste pour voir que j'étais encore capable de botter le cul de cette salope de Ryu avec M.Bison.

 

- Tu me disais travailler pour le prochain film des réalisateur d'à l'interieur, Livide, comment as-tu été amené à travailler pour eux ? 

Je connais très bien Alex et Julien, ce sont de vrais amis. Ils connaissent aussi ce que je fais, comme je connais leur travail. On a parlé de la possibilité que je fasse un morceau pour Livide, et je suis passé au montage voir la scène qu'ils voulaient que j'illustre, celle du pub, où les trois personnages principaux sont en train de parler et s'engueulent. J'ai alors composé le titre « Tonight, Every Night », puis je l'ai enregistré avec deux des musiciens de mon groupe Fugu Dal Bronx : Franck Barraud à la basse, et Marie-Anne Favreau au violon. Un troisième larron, Alexis Cotterau, a joué de la batterie, tandis que j'ai fait la guitare et le chant. La chanson a plu à Alex et Julien, ils ont décidé de la garder pour le film, et elle accompagne maintenant toute la scène du pub. C'est un titre assez mélancolique, mais aussi rock, avec pas mal de parties de violon, un truc assez évolutif. Dans la foulée, ils ont également choisi une autre chanson à moi plus ancienne, qui s'appelle « Croissant's », et c'est cette chanson qu'on entend à fond lorsque Felix Moati allume l'autoradio quand les trois personnages sont dans la voiture et qu'elle ne démarre pas, et que les trois gosses en masques de Halloween débarquent... Ces morceaux, on peut les trouver en téléchargement sur www.rurik.bandcamp.com. Allez jeter une oreille ! Et allez voir Livide, qui sort le 7 décembre en salles !

 

- Parle nous un peu de ton groupe, Fugu Dal Bronx :


Fugu Dal Bronx qui, en vieux gallois, signifie « mange donc des cornichons, grognasse, et cesse de geindre comme une fougère », est un groupe de rock instrumental, un truc dont je rêvais depuis un moment, et qui regroupe une violoniste (Marie-Anne Favreau, donc), un bassiste (Franck Barraud, donc aussi), un batteur (Paul De Castro), et moi à la guitare. Nous avons aussi Randy aux claviers, mais il n'aime pas trop qu'on parle de lui. Il est curieux, Randy... 

Pour décrire la musique, Franck a l'habitude de dire qu'on joue des chansons, où le violon remplacerait la voix... Le violon, c'est un instrument incroyable. Et Marie-Anne, elle joue vraiment bien ! Le groupe est influencé par le rock, le metal, mais aussi par la musique de film... François Gaillard, réalisateur de Blackaria, m'a parlé de Megadeth en écoutant Fugu. Certains ont cité Goblin... Vous savez, il y a cette phrase : « parler de la musique, c'est comme danser de l'architecture ». Je suis assez d'accord ! J'adore des mecs comme Carpenter, Morricone, Goblin, Kilar, Silvestri pour Predator 2, et des groupes comme Megadeth ou Danzig... Il y a des trucs chez Dimmu Borgir qui sont hallucinants, qui évoquent des images, comme l'incroyable « Kings of the Carnival Creation » par exemple. C'est un morceau délirant. Dans Fugu Dal Bronx, il y a peut-être un peu de tout ça, toutes proportions gardées... Mais une chose est sûre, on ne copie rien, on s'en fout. Les morceaux ne sont pas des citations, et n'ont pas de format pré-établi. Sur notre 5 titres qui sort bientôt, on trouve autant un rock froid, distordu et mécanique comme « Insistation » qu'une mélodie acoustique mélancolique comme « Musoo ». 

 

- Certains internautes me demandaient quand allait sortir l'Ep de votre groupe. Une date ? 

Notre Ep s'appellera « Ti Nedo To Xtro », et à vue de nez je dirais qu'il sortira juste après Noël, donc courant janvier 2012. Soit quelques mois avant la fin du monde... D'où l'intérêt de ne sortir qu'un Ep, cinq titres. Personne n'aurait eu le temps d'écouter avec attention 10 titres alors que l'apocalypse est à nos portes. On a un un site qui permet de se tenir au courant, www.fugudalbronx.com. La jaquette du cd est géniale, c'est une amie peintre qui l'a créée. On la postera très bientôt sur le site ! On va aussi bientôt commencer à travailler sur un clip, et 2012 sera l'année des concerts pour Fugu Dal Bronx. Le dernier, on l'éspère, sera sponsorisé par Paco Rabanne.

 

- Et enfin, l'interview touche à son sexe, un mot pour la fin ? 

Que l'interview touche à son sexe, c'est une bonne chose, mais j'aimerais autant qu'il touche au mien !

Le groupe : www.fugudalbronx.com

L'actorat : www.ruriksalle.com

Les chansons de Livide : rurik.bandcamp.com


Je me permets de rajouter les liens pour les feignasses, des différentes émissions : 

 Cinémad et Panoramad : http://www.mad-movies.com/

+ ou - Geek : http://plusoumoinsgeek.com/accueil.html

 

Le blog va reprendre une acitivité plus ou moins normal sauf si vous arrivez à me choper le numéro de Romero ou Argento pour que je puisse recommencer et mourir heureux.

 
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Le Blog de Parker

Par Parker32 Blog créé le 21/07/11 Mis à jour le 07/04/14 à 08h51

Un blog pour réfléchir sur le cinéma, les livres et les jeux vidéos

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Édito

 

Voila un petit moment déjà que je voulais commencer un blog. Ayant pour ambition le journalisme, je me suis dit :

Quoi de mieux qu'un blog pour s'entrainer à écrire des articles ?

Alors que va être ce blog ? Normalement un Blog sur notre culture Geek, je m'explique: je vais tenter de faire des critiques, analyses , sur le ciné, les bouquins ou encore les jeux vidéos. 

Bon, je suis conscient que ma visibilité ne sera peut être pas énorme mais tant que quelques personnes me lisent et soit donnent un avis sur l'article ou sur le style d'écriture, bah ça me va ! 

 

Voila ! Bonne (prochaine) lecture ! 

 

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