In Tartiflette I Trust
Signaler
(Jeu vidéo)

Génération 2.0

Alors que je consultais un célèbre site anglais de news JV en continu pour guetter les dernières nouvelles une vérité m’a frappé. Voyez donc:

1)    Les développeurs de Batman Arkham Origin préfèrent développer de nouveaux DLC plutôt que de patcher le jeu

2)    Assassin’s Creed IV: bug correctif de la campagne solo et possibilité de jouer un DLC en stand alone

3)    Dongeon Keeper IOS par EA: impossibilité de noter le jeu en-dessous de 5/5 sur les stores

4)    La version XBOX ONE de COD Ghost baisse en perf techniques après un patch

 

Je continue?

 

Le point commun à tous ces jeux? Outre être des suites de suites avec peu ou prou d’améliorations, les titres arrivent sans finitions et en kit. Il y a une génération d’écart, soit une éternité en années console, c’eut été impensable. Le manque d’infrastructures internet obligeait les développeurs à mieux s’organiser pour sortir un produit finit. Aujourd’hui, Francis qui travaille au marketing d’un grand éditeur me l’avoue lui-même: “si le jeu est pas finit c’est pas grave. On balance une update de 3Go à la sortie du jeu et pis c’est tout.” Résultat: tu achètes un jeu, il met déjà 10min à s’installer sur le disque dur de la console puis encore 10min de téléchargement et d’installation du patch. Si tu ne joues qu’une heure par jour, un tiers de ton temps de jeu part aux oubliettes. Sans parler des temps de chargements longuets de l’ensemble des productions actuelles, jouer quotidiennement sur console de salon devient un parcours du combattant.

Un petit mot sur les season pass. Roger, un autre ami du markting, me l’avoue à demi-mot: “dans la boite tu trouveras un season pass pour 3 DLCs. On sait pas encore ce que c’est mais y nous faut un peu de blé donc on vend du rêve”. J’aurais plutôt dit du vent cher Roger….

 

Nintendo, le samouraï

Face à ces mutations de l’industrie, un petit développeur japonais résiste: Nintendo. Imaginez Claude François en fond sonore: “Le mal aimé, je suis le mal aimé”. C’est devenu une mode, tout le monde veut voir Nintendo faire des jeux sur smartphone. Cela me fait penser à l’époque où Domenech était sélectionneur: tout le monde était calife à la place du calife. Il suffit de lire de ci de là: “Nintendo est mort, Ils n’ont pas su s’adapter, Virez Iwata, etc.” La palme revenant à Patcher qui ferait mieux de se patcher pour éviter de dire des sottises: « Nintendo devrait abandonner la Wii U ». HAHAHAHAHA. Pardon, c’est plus fort que moi. Si chacun est libre d’avoir un point de vue sur la question plusieurs choses demeurent.

 

En terme purement industriel, force est de reconnaitre les erreurs marketing de la firme de Kyoto. Mais bon sang imaginez : un PDG qui, même si symboliquement, coupe son salaire par deux, et refuse de réduire la masse salariale pour faire du profit en fin d’année fiscale, c’est assez inouïe en occident. C’est d’ailleurs là toute la différence entre une vision américaine du business où l’on pense à court terme et une vraie stratégie de développement où, lorsque ça va mal, au lieu de faire des chèques de licenciement on embauche et on investit. Ca messieurs-dames, en consulting, ça s’appelle avoir une vision à long-terme et la position d’Iwata est extrêmement intelligente.

 

En terme de produit, Nintendo reste le gardien d’un temps où les jeux sont ce qu’ils auraient toujours dû être : accessibles mais avec du challenge, instantanés mais profonds, et surtout complets. Aujourd’hui, les jeux Nintendo, WiiU comme 3DS, sont des bijoux de finitions et d’exemplarité. Je comprends que l’on puisse reprocher à Nintendo de ressasser les mêmes licences mais c’est fait avec tellement de soins et d’amour. Pas de DLC, pas de patch day one, pas de bugs. Alors que le 60Hz semble être devenu la nouvelle marotte des haterz, la WiiU, rappelons-le techniquement inferieur à la next gène, propose des joyaux techniques en 60 Hz. Eurogamers a même couronné Mario 3D worlds “jeu le mieux développé de 2013”. Même Zelda sur 3Ds est un bijou de fluidité. Pensez-en ce que vous voulez mais Nintendo ne prends pas ces clients pour des pigeons contrairement à beaucoup d’autres.

 

Nintendo, l’artisan

Sans être fan hardcore de Nintendo (peu importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse) force est de constater que depuis aout 2013 je ne joue que sur WiiU et 3DS. La quantité de hits disponibles sur les deux supports est indécente. Si la 3DS n’a pas besoin de récap pour son année 2013, qui reste déjà dans l’histoire attardons, nous sur la WiiU. J’ai commencé par Earthbound sur Virtual Console. Véritable bijou du JRPG et pour la 1er fois officiellement disponible en Europe. Le jeu est un bijou d’écriture et d’humour qui n’a pas pris une ride. J’ai enchaîné par Pikmin 3. Un numéro 3 certes mais y-t-il seulement un jeu sortit en 2013 qui lui ressemble ? Zen, beau à en mourir et technique j’y ai passé de délicieuses soirées. Je continue avec The Wonderful 101. Je ne vais pas être très objectif car j’adule Hideki Kamiya, le divin designer, mais jugez plutôt: 100H de jeu et je suis loin d’en avoir maitrisé tous les aspects. Action sur-vitaminée, générosité dans le contenu, ambiance de dingue, technique à mourir : c’est à mon sens une des meilleurs productions de Kamiya. Sa plus complète et sa plus originale. S’en est suivit le remake HD de Zelda, chef d’œuvre intemporel. La sortie de Rayman Legends, une gemme d’une beauté inouïe et un bonheur en multi-joueurs. Et l’année s’est terminée en apothéose avec Mario 3D worlds (besoin d’en parler alors qu’il est dans les tops de tout le monde?). Mais que reste-t-il de Knack ?

 

 

Nintendo, je t’aime

Alors pas de jeux sur WiiU ? Je ne sais pas pour vous mais j’ai un travail, des amis, une femme, un bébé. Jouer est un luxe et je suis devenu plus exigeant. Pour moi Nintendo est le seul aujourd’hui à proposer du jeu instantané, fignolé et tout simplement fun.

Un dernier mot à tous les haterz: quand demain toutes nos licences chéries seront portées sur smartphone et donc injouables, quand tous nos jeux sortiront systématiquement en kit et finit a l’urine, avec des modes multi-joueurs qu’on ne lancera pas une seule fois, tout cela sera de votre faute. En condamnant Nintendo vous condamnez le dernier développeur à avoir gardé son intégrité et son amour du travail bien fait. Et croyez-moi : quand viendra l’heure du bilan, la WiiU, comme la Dreamcast, la Gamecube et toutes les autres consoles mal-aimees de leurs contemporains, sera reconnue comme culte. A bon entendeur.

Ajouter à mes favoris Commenter (2)

Signaler

Il est de ses titres qui marquent. Beaucoup d'entre vous se souviennent avec émotions de certaines oeuvres croisées aux détours des décennies précédentes et qui nous sont devenues cultes par leurs mécanismes de jeu, leur univers artistiques, leur histoire...

A l'heure de la nouvelle génération de machines il est bon de remarquer que beaucoup de promesses n'ont pas encore été tenues (c'est d'autant plus vrai pour les suites de licences à succès qui ont le malheur de tourner en rond sans réellement profiter du potentiel, peut être trop important, que propose la technologie d'aujourd'hui).

Et voilà qu'un titre, pesant moins d'un GO de données et en téléchargement pour 10€ vient boulverser l'ordre établi. Jamais je n'aurais pensé avoir ma plus grande émotion sur cette génération de machines via un titre téléchargé.

A l'heure où pour rentrer dans des frais de développement titanesques il est de bon ton de proposer de plus en plus de possibilités pour tuer ses ennemis virtuels, Flower prend toute l'industrie à contre courant en toute nonchalance et sérénité.

Ici le mal est l'homme symbolisé par son désir sans cesse inassouvi de prendre l'ascendant sur la nature. Le réalisateur nous propose d'incarner un pétale. Un simple pétale de fleur par lequel tout peut changer.
Pas une ligne de dialogue, pas une once d'histoire. L'histoire justement, c'est le joueur qui la fait au grès du vent, en redonnant des couleurs à la nature heurté par les actes de l'être humain.

Tout pourra être dit sur cette oeuvre. Il est donc bon de se pencher sur la leçon qu'elle peut donner à une industrie arrivant à maturité.
Flower nous démontre que:
1) Un jeu vidéo n'a pas nécessairement besoin d'une histoire alambiquée
2) Un moteur physique peu servir à autre chose qu'a tuer et détruire un environnement
3) Le public est près a recevoir et plébisciter l'innovation
4) Le jeu vidéo est encore une terra incognita

Ça peut être le cas d'une oeuvre comme, disons un puzzle games, qui reprennent les points énumérés plus haut. Oui, cependant quand ses titres se focalisent sur des émotions basées sur le challenge et le stress, Flower se focalise seulement sur les émotions, de toute nature. Au même titre que d'autre formes d'art (peinture, littérature). En ça, Flower nous ouvre les yeux sur les territoires encore vierges qui restent a fouler dans l'univers de notre média favori.

Et pour toutes ses raisons, Flower restera gravé dans ma mémoire.

Voir aussi

Jeux : 
Flower
Ajouter à mes favoris Commenter (0)

Signaler

Après avoir finit Resident Evil 5 (qui définitivement porte mal son nom) j'ai pris conscience d'une chose: depuis ma première partie de "Kung-Fu" sur NES jusqu'à ce générique de fin de l'oeuvre de Capcom combien de personnes ai-je tué?

Première question: pourquoi n'y ai-je pas pensé avant. Et bien tout simplement car cette vérité m'est apparue grâce, ou à cause, c'est selon, le réalisme des opposants mis en scène dans ce Resident Evil. Les yeux vitreux, la peaux pleine de sueur, une animation troublante d'humanité, etc. Sur ce point on ne peut que saluer les développeurs.

Autre élément déclencheur le tableau de statistiques de fin de partie:
Nombre de tués: 2.457
Ayant grandit en milieu rural il s'agit à peu près de la population de mon village d'enfance. Choc.

Quand je me débarrassais de mes opposant dans "Kung-Fu" à coup de poings et pieds, outre le fait que j'étais enfant, cela n'était absolument pas choquant en soi de "supprimer" une bouillie de pixel.
Aujourd'hui cette course au réalisme remet en question la moralité de nos acte. Tout est question de perspective...

Finalement dans Resident Evil 5 qui est le vrai mal: Tri-Cell, représenté par Wesker, qui fait des tests à grandeur nature sur un village africain, ou alors nous, joueurs, qui incarnons un duo de choc et de charme en exterminant tout ses "mutants" au physique bien trop humain pour justifier l'adage du "on ne tue que ce qui nous effraie"? La question mérite d'être posée.

Certes le cinéma, et la littérature avant lui, a proposé ses thèmes guerriers et le lot de morts, mais le fait d'être acteur et non spectateur de ses meurtres n'est-il pas gênant?

Autre calcul: si tout les joueurs du monde entier ont tué ne serait-ce que 100 personnes au cours de leur parcours alors l'humanité entière serait déjà décimée.

Ne serait-il pas temps que les joueurs s'acharne à atteindre d'autre but que la destruction pur et simple?
Noby Noby Boy semble ouvrir une nouvelle voie: les joueurs PS3 de toute la planète sont reliés entre eux pour atteindre un but commun autre que le nombre de morts maximal.

Je ne condamne pas les oeuvres violente et guerrière, j'avoue même sincèrement prendre un malin plaisir à m'y perdre, mais j'aimerais qu'un budget comme celui qui a servit à financer Resident Evil 5 , et que j'imagine conséquent, soit aussi utilisé pour d'autre expériences interactive. Notre média n'en sortira que plus grand.

Ajouter à mes favoris Commenter (1)

In Tartiflette I Trust

Par otacon74 Blog créé le 24/01/10 Mis à jour le 10/02/14 à 10h50

Savoyard pur souche, expatrie en Coree du Sud, je recherche desesperement du frommage. Si tu peux m'aider bienvenue a toi!

Ajouter aux favoris

Édito

Jeux video d'ici et d'ailleur.... surtout d'ailleurs en ce moment !

Archives

Favoris