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Olive Roi du Bocal

Olive Roi du Bocal

Par oliveroidubocal Blog créé le 28/12/09 Mis à jour le 18/12/18 à 17h05

J'ai pas la prétention de t'apprendre des trucs, de te faire réfléchir ou de t'imposer un rictus, mais je vais quand même essayer. De toute façon, je suis tellement cool que tu pourras pas t'empêcher de venir et de revenir. Tu vois, tu viens déjà de lire ce texte avec un plaisir non dissimulé :)

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Catégorie : Pas d'accord...mais alors pas du tout

  
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The Witcher 3 est très certainement un grand jeu. Il est beau, long, profond, varié et tout plein d'autres trucs qui font qu'il est bien. Sauf que voilà, je n'aime pas The Witcher 3. Et j'ai de très bonnes raisons d'être déçu par ce qui aurait pu être mon jeu de l'année mais qui rejoindra finalement le placard et la poussière.

Moi et le sorceleur.

Geralt est un ami qui a tout mon respect. J'ai même suivi ses aventures littéraires depuis quelques mois. Tenté dès le départ par The Witcher 3, je me suis dit qu'il serait bien de lire avant de jouer, poussé par les conseils de Plume lors d'un Live. J'ai donc lu l'intégralité de la saga du Sorceleur, dans l'ordre chronologique de l'histoire, et j'ai adoré. Comme souvent, ce type de grande épopée sur plusieurs tomes perd parfois un peu de sa substance, mais l'expérience globale est très bonne. A la manière du Pacte des Marchombres de Pierre Bottero ou de l'Assassin Royal de Robin Hobb, on s'installe petit à petit dans un monde dont les personnages deviennent familiers et dont on apprécie de vivre encore un petit bout d'histoire, même si seule la première partie reste vraiment grandiose.

...bref, quand j'arrive dans The Witcher 3, je ne suis pas perdu. Je n'ai certes pas joué aux deux précédents opus, mais je reprends le fil de l'histoire comme si de rien n'était. Et puis le jeu est magnifique, tant dans sa réalisation que dans sa direction artistique. Geralt est bien modélisé et son attitude correspond bien à ma vision du personnage. Je suis même très enthousiasmé par les premiers dialogues et leur impressionnante synchronisation labiale, même en Français.

Progression de jeu de rôle oblige, le personnage commence l'aventure avec pas mal de faiblesse et bien peu de force en lui, mais ça ne me fait pas peur; je crois avoir l'habitude des RPG. Il va donc me falloir progresser, apprendre, m'équiper. Ainsi commence l'aventure et la promesse d'une grande partie de jeu vidéo. Je pars donc sur le dos d'Ablette avec le coeur léger et sans le moindre a priori négatif. Le kif!

Un monde de chevalerie et de fantaisie, des monstres et de la magie, un héros qui combine les armes et les pouvoirs dans une longue quête, des choix omniprésents. Par bien des aspects, The Witcher 3 et Fable partagent certaines routes de l'aventure. Par bien d'autres ils s'opposent comme deux adversaires. Le premier impose sa profondeur quand le second clame son accessibilité. Et j'avoue que j'ai cru, avant de toucher The Witcher 3, avoir à faire avec un nouvel épisode de Fable, la profondeur, la grandeur et les possibilités en plus.

Il faut dire que j'ai beaucoup aimé Fable et sa première suite sur Xbox 360. Le joli voyage manquait surement un peu de possibilités, de réelle puissance et de challenge, la stratégie n'étant pas vraiment au coeur du gameplay. Mais comme on aime parfois les choses simples, Fable m'a juste emmené là où il fallait, au moment où il fallait. Je ne mets pas pour autant ce jeu sur un piédestal, mais lui trouve juste certaines qualités qui m'avaient attiré.

Sauf que dès les premières heures avec The Witcher 3, j'ai compris qu'il n'en serait rien. Prendre Geralt en main n'a rien de commun avec le Héros d'Oakvale. La profondeur du jeu de CD Projekt impose une certaine complexité à tous les niveaux. On est sur un jeu typé, moins accessible et dans lequel il faut rentrer, s'investir, pour pouvoir réellement en apprécier la richesse. Malheureusement pour moi, l'alignement des étoiles et quelques défauts de conception ont gravement impacté mon expérience. The Witcher 3 m'a demandé de souffrir. Non pas par son manque de qualités, mais parce que je m'y suis ennuyé, agacé, pour finir dans un état de désintéressement total. Il faut dire que je lui en ai trouvé des tares.

Les déplacements d'abord, plus lourds, trouvent plus d'obstacles que dans n'importe quel autre jeu de cette génération. Si Geralt est bien capable de passer certaines variations du terrain voire de grimper un peu, il peut se retrouver bloqué par un rocher plus bas que son genou, coincé par une chaise ou arrêté par un petit groupe de passants. Qu'il soit à pied ou à cheval, les blocages sont nombreux et gâchent l'immersion tant on est loin des normes actuelles mises à jour par Assassin's Creed, Batman ou Uncharted (lesquels me gonflent déjà parfois avec cette maniabilité assistée). La faute à plein d'éléments gênants partout, la faute à un univers immense et ouvert, rempli d'arbres, de cailloux, de chevaux, de barrières, de passants.

Et je ne parle pas des monstres, parce que les combats dans The Witcher 3 n'ont rien d'une sinécure. Alors OK, être tout puissant dans un monde dans lequel on débarque n'est pas forcément une bonne chose, mais là je me suis retrouvé frustré à plusieurs reprises et à un point que je ne m'imaginais pas. Il faut savoir que les combats sont très présents dans The Witcher 3, redondants même. Quand bien même la plupart ne sont pas obligatoires, il faut aimer le genre sinon c'est l'indigestion. Vous pouvez traverser une forêt, rencontrer des bandits de grand chemin ou des monstres des marais, et continuer de l'avant en n'ayant pris que quelques flèches dans le dos ou quelques coups de griffe sur la jambe. Mais il arrive fréquemment que l'on vous désarçonne pour mieux vous attaquer comme vous pouvez aussi décider de tenter l'affrontement. Normal pour un sorceleur, mais pas tant que ça pour qui a lu les livres, dans lesquels les combats de base sont rares. Après, c'est tellement mieux fait que dans un Red Dead Redemption, plus vicieux, moins "téléphoné" et visible, que ça n'a rien de choquant. Par contre, vous pouvez oublier les paisibles voyages. Une zone que vous venez de soigneusement de nettoyer se remplit de ses immondices au prochain passage. Et puis notez que vous serez toujours à la merci du pas de chance... ou plutôt du "Ah zut, j'étais pas si bien préparé"

Parce que la préparation, dans The Witcher 3, c'est la base essentielle pour votre survie. Sauf que c'est compliqué. Déjà au niveau des objets de soutien, j'avoue que c'est à n'y rien comprendre. Les regains de vie sont plutôt accessibles, denrées alimentaires assez faciles à reconnaitre (malgré la complexité du menu et de l'inventaire), bien qu'il soit vraiment difficile de savoir quelle quantité est nécessaire pour telle ou telle mission. Je suis resté bloqué un moment face à un boss parce que ma sauvegarde voulait absolument me faire revenir au début du combat alors que la traversée du "donjon" ne m'avait pas laissé assez de ces soutiens. 20 tentatives plus tard et donc 20 loadings dans les pattes, j'ai réussi à m'en dépêtrer...en rechargeant une vieille sauvegarde. Mais en attendant j'ai un peu eu l'impression de vivre un GIF avec temps de chargement d'une minute entre chaque diffusion. 

Quant aux autres types d'objets, comme les huiles, les potions ou même les armes, c'est juste un capharnaüm impressionnant de complexité. Déjà, il faut posséder les bons éléments pour l'alchimie, ce qui n'arrive que très rarement par hasard. Et alors que le nombre des possibilités dans ce domaine est juste énorme dès le début, il nous manque toujours une bonne partie des objets pour réaliser la potion nécessaire à l'affrontement qui approche. Donc, il faut mémoriser ou noter avant chaque passage chez le marchand, pour ne pas oublier de les acheter. Sinon, au petit bonheur la chance...ou la galère puisqu'il faudra multiplier les aller-retours avant chaque rendez vous important. Et ça, devoir repartir vers un magasin à 5 minutes de cheval, alors que la bestiole à occire est juste là... mais quelle plaie.

Et puis sincèrement, je n'apprécie pas de devoir gérer un tel inventaire, de stocker, de rationner, de répartir telle ou telle ressource pour telle ou telle potion... Surtout, Geralt étant un sorceleur, il affronte des monstres de types différents, demandant l'utilisation de magie et d'objets précis. Bon, vous pouvez tenter de la jouer Fangio, mais il est vivement conseillé d'utiliser les bons sorts et surtout les bonnes huiles pour vos armes. En gros, il est quasi obligatoire d'en comprendre l'utilisation, la réalisation et d'en stocker en quantités suffisantes en cas de surprise...sans non plus abuser sur les quantités.

Ah oui c'est vrai, si on est trop chargé, on est moins efficace en combat ... Surtout qu'à tous les articles communs viennent s'ajouter les objets de quêtes, de protection et de combat. De quoi devenir complètement barjot. Les armes par exemple, s'usent à une vitesse affolante et possèdent en plus des caractéristiques d'usure différentes après rénovation. On peut en ramasser après un combat, en trouver dans des coffres, chez des marchands, et même en fabriquer/rénover/enduire d'huile. Sachant qu'on a deux armes de poing sur soi, une arbalète, une armure complète avec plein d'éléments et encore pas mal d'autres petites choses, ça fait encore plus de détails à gérer. Et ces détails apparaissent minuscules sur mon grand écran. Peu d'explications, des chiffres et des pourcentages difficiles à comprendre au premier coup d'oeil, j'ai l'impression de jouer à un jeu pour initié, trop pointu pour moi, alors que je joue quand même depuis un petit moment maintenant. Mais là, c'est la migraine assurée, pire qu'Excel !

Clairement, dès la première journée de jeu, j'ai compris que The Witcher 3 ne me serait pas facilement accessible. Magie, arme de poing n°1, arme de poing n°2, arbalète, gestion des objets, et le tout en gérant parfois 3 à 4 ennemis plus vicieux les uns que les autres. Ils vous tournent autour, offrent peu d'indices quand à leur future attaque et vous défoncent la barre de vie à coup de dents ou de griffes. Si on compare à Assassin's Creed ou Batman Arkham Knight, où l'on est souvent pris en embuscade entre plusieurs ennemis, les combats dans The Witcher 3 se veulent moins lisibles, moins accessibles et bien qu'ils ne manquent pas de dynamisme, moins bien rythmés. Pourtant, les affrontements contre des monstres uniques sont carrément épiques et très très très réussis, mais dès que le nombre d'adversaires augmente un peu (et c'est ce qui arrive le plus souvent), c'est juste l'horreur (comme dans la vraie vie tu vas me dire...).

Mais la faute ne revient pas juste au nombre. La maniabilité est aussi fautive! Le sorceleur sait faire pas mal de choses. De la magie rudimentaire, des passes d'arme blanche, quelques cabrioles et un peu de tir. De quoi largement s'adapter aux différentes missions qui lui tombent sur le nez. Sauf que voilà, l'ensemble n'est pas "pratique". La connaissance des différentes magies (et des monstres qui y sont sensibles) est essentielle. De même que le choix d'une arme en argent ou en fer. Du coup, on s'emmêle les pinceaux rapidement, surtout quand on joue de façon sporadique... On brouillonne et c'est clairement fatal pour le joueur lambda. Alors oui, j'aurais pu démarrer le jeu en mode facile, histoire de me simplifier un peu cet aspect du jeu... sauf que ce n'est pas un problème de difficulté qui m'embête, mais de gestion. Comme pour l'inventaire, il y a trop de choses à gérer simultanément, pour un résultat vraiment trop complexe! Et puis... il y a .... la caméra.

Oui parce que la caméra en combat fait de son mieux, mais ne réussit pas à suivre le dynamisme des combats. Ennemis rapides et vicieux, volumineux, nombreux, dans les 3 cas elle vous oblige à redresser constamment la barre... ce qui n'est pas toujours efficace. Je m'en suis rendu compte dès le premier combat contre un griffon. La bête était très vive et assez volumineuse (genre 5 fois le poids du héros), elle courait, sautait et volait dans tous les sens, à plusieurs centaines de mètres parfois. Alors bien sûr, il y a le lock, mais celui-ci n'est efficace que si l'adversaire en face de nous est seul et proche...ce qui n'arrive pas très souvent. En cas d'attaque d'adversaires en nombre, attendez vous à recevoir des coups que vous ne pouvez pas voir venir. On en revient aux systèmes d'Assassin's Creed ou Batman qui "indiquent" l'attaque imminente...et pour lesquels ça se passe à peu près bien. The Witcher 3 ne fait pas aussi bien. C'est certes plus naturel au niveau du visuel, mais ça ne favorise pas l'exploitation du gameplay.

Autre point qui m'a complètement sorti de l'histoire, le nombre affolant de quêtes annexes. Clair que pour beaucoup de gens, c'est un avantage, surtout qu'elles sont bien scénarisées et mises en scène. Mais la quantité a, chez moi, débordé sur la qualité. J'ai l'impression d'être dépendant de dizaines de quêtes en simultané. C'en est à un point qui m'empêche de suivre l'histoire principale. OK, Geralt est un sorceleur, il faut bien qu’il vive, mais là c’est beaucoup trop à mon gout. Surtout qu’une bonne partie de ces quêtes n’est qu’une perte de temps. Bon, d’accord, l’épisode la chèvre m’a fait sourire, mais son principe se répète trop souvent. On nous demande d’être l’esclave de personnages qui n’ont sincèrement pas toujours besoin de nous, mais qui nous prennent un temps précieux, alors qu’on est quand même toujours censé être à la poursuite de quelque chose de sacrément important. Je vais pas vous spoiler l'histoire, mais le but de la quête de Geralt varie au fur et à mesure que l'aventure avance, et c'est légèrement plus "pressant" qu'aller glaner 3 infos bidons auprès d'un mec relou à coup de quêtes à la mord-moi-le-noeud !

Voilà, c'est exactement ça! Mais combien de temps on a perdu avec ce Baron sanglant? Il t'embrouille, il te manipule, tu vas récupérer la chèvre et t'obtient une info à moitié pourrie sur un truc que t'aurais trouvé 10 fois plus vite en questionnant l'assistant de l'ex-chaperon rouge alcoolique. Et en plus tu te tapes une course de cheval moisie, où évidemment mon canasson a bugué sur un caillou parce que j'ai pris à droite au lieu de prendre à gauche !!!! Nan mais c'est trop! Je déteste The Witcher 3 !!! Ca me gave au plus haut point ! J'ai essayé, j'ai forcé, je ne me suis pas amusé, point! On peut passer à autre chose maintenant? Parce que OK, y a des jeux qui me plaisent pas, les gouts et les couleurs ... mais là, j'ai l'impression que le jeu a tout me séduire mais qu'il fait exprès de m'en dégouter. Un comble quand même.

Ok, je me suis un peu emballé sur le dernier paragraphe. The Witcher 3 est beau, surement très sympa pour ceux qui ont le temps de s'y plonger... Parce qu'il faut vraiment s'y tenir, s'y engager, s'y concentrer. Mais j'ai beau faire l'effort, réessayer, ça ne passe pas. Il faut dire, je suis devenu un "petit" joueur. Quelques heures de libre par semaine pour y jouer...pour moi il faut que ça avance et assez vite. Oui, je suis le client idéal pour les jeux qui durent 10 heures parce que j'ai déjà trop de choses à faire à côté. Aussi et surtout parcequ'étant papa d'un petit de 3 ans, je ne peux pas trucider du monstre dans le salon à volonté. Il faut qu'il soit couché ou absent. Et puis j'ai peut être 10 ans de trop pour apprécier.... mais en fait je cherche des excuses plutôt qu'autre chose. Ce qui m'énerve et me blesse profondément, c'est que The Witcher a tout pour être mon jeu de l'année. Et j'enrage que ça ne passe pas. Je m'agace qu'il ne me fasse aucun effet autre que l'ennui. C'est clair, net et précis... JE N'AIME PAS THE WITCHER 3 ! Voilà !

 Olive Roi du Bocal

Note: Pour la petite anecdote, j'ai écrit cet article en voyage d'affaires, entre Varsovie, Lodz et Poznan ... 3 villes importantes pour Andrzej Sapkowski, l'auteur de la saga du Sorceleur. J'ai pas vraiment fait exprès. Le hasard a juste bien fait les choses. :)

 

Voir aussi

Jeux : 
The Witcher III : Wild Hunt
Plateformes : 
PC, Xbox One, PS4
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Bonjour,

Voici la suite de ma réfléxion sur l'insertion de liens entre articles/blogs de la communauté. J'avais fait un premier explicatif de mon intention, suite au passage en home d'un de mes articles. Cette propostion ne reflète plus mon intention actuelle, mais permet de savoir d'où je viens: Lien

Les différents commentaires m'ont permis d'avancer et donc de faire évoluer ma proposition d'entraide. Je souhaite mettre en place quelques chose de simple, axé sur le partage et surtout sur les goûts et les envies de chacun. Libre à chacun de participer évidemment. Mon premier article sur ce sujet se basait essentiellement sur un passage en Home de gameblog.fr, lequel avait généré beaucoup de vues sur les articles mis en avant. Plusieurs commentaires axés sur la prépondérence de la home dans ma proposition m'ont fait comprendre qu'il était possible que cette entraide soit constante et non focalisée sur un éventuel passage en Home.

Le but est essentiellement que les articles les moins visibles de par leur nature moins "clinquante", profitent d'autres articles au trafic plus important, ou que des articles ayant des points communs ou des thèmes proches puissent être liés. Un bon moyen de partager des thèmes qui nous tiennent à coeur, des articles de fond, des articles en relation avec celui en cours et qui ont peut être servi d'inspiration.

Je propose donc que chaque participant mette en fin d'article un ou deux liens vers ses articles préférés, qu'il en soit l'auteur ou non. Grâce à ça, ses propres vues génèreront automatiquement des vues vers les articles liés, surtout en cas de passage en home. Le lien peut avoir la forme classique du lien habituel, ou celle d'une image lien, en rapport avec l'image d'entête du blog ou de l'article (comme mis ici, en fin de cet article qui m'a servi de test). C'est facile et rapide à mettre en place, les outils de gameblog étant assez complets. Evidemment, on peut compter sur l'entraide au sein de la communauté pour que votre article adoré soit à son tour mis en avant par un autre blogueur.

Si vous êtes intéressé par le principe, faites le moi savoir en commentaire, en likant ou en MP. Je vous contacterai rapidement pour participer à ce petit projet.

Si vous voulez commenter le principe, merci d'utiliser l'autre article qui est à jour en suivant ce lien

Olive Roi du Bocal

 

 

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An 2000, Jet Set Radio, un monument de la Dreamcast, une entité à part, loin des jeux formatés de la génération Playstation. Une utilisation magistrale de la 3D et du tout récent Cell Shading, une direction artistique incroyable, une bande son moderne et branchée, le tout servi par une histoire de mômes faisant du roller et du tag pour marquer leur territoire. Que demander de plus?

Le contexte

A cette époque, j'ai 21 piges et les sports de glisse sont très à la mode dans le jeu vidéo (plus que maintenant par exemple). Le chef de file de ces disciplines vidéoludiques, c'est le grand maître Tony Hawk Pro Skater 2 et personne dans mon entourage ne me met tient la dragée haute. Je suis le roi de la roulette et puis c'est tout. Alors quand le test import de Jet Set Radio sort, mon cerveau bouillonne. Jet Set Radio est un jeu pour moi. Moi qui pratique le roller, moi qui aime la culture Jap, le Hip Hop et le Funk et moi qui aime Tony Hawk.

Dès sa sortie européenne, je fonce l'acheter à mon petit magasin de La Rochelle (c'est peut être un détail pour vous mais pour moi ça veut dire beaucoup) et le ramène sur l'Ile de Ré (Car oui j'y vivais à l'année). Je suis préparé mentalement à "subir" un réajustement de maniabilité. C'est même déjà Jeuxvideo.com qui me prévient: 

Bon, je suis pas un débutant, ça devrait passer tout seul.

Je chausse mes manettes

Au début j'ai effectivement du mal. C'est rigide, un peu trop sec à mon gout, les caméra sont un peu foireuses et je capte rien aux tricks. Par contre, je suis envouté par l'ambiance, enchanté par la bande son, donc je me laisse emporter par le scénario et l'enchainement de niveaux. Jet Set Radio n'est pas un jeu facile, la difficulté est présente dès le premier niveau et je ne réalise pas de suite le message que mon intellect essaie de m'envoyer. Ca met même plutôt du temps à se concrétiser.

Et puis vient une épreuve particulière. Un de ces défis que propose régulièrement Jet Set Radio pour faire rentrer de nouveaux personnages jouables. Ces défis sont simplement obligatoires, quand bien même vous n'en auriez rien à carrer d'avoir plus de monde dans votre équipe. En général, tout se passe bien et les défis ont l'avantage de vous "apprendre" à prendre des raccourcis ou de la hauteur, ce qui est une bonne chose.

Ce défi précisément propose d'intégrer Cube, une brunette tatouée et Combo une armoire à glace portant un Blaster sur l'épaule. Deux épreuves enchainées s'imposent à vous:

  • Pour valider Cube, vous devez enchainer quelques tricks précis, ce qui ne pose pas trop de problème
  • Pour intégrer Combo, vous devez battre le personnage principal à la course, sur un parcours assez long et passant dans les égouts.

Voici une petite vidéo pour vous faire une idée:

 Le problème a lieu précisément à 3min02 de la vidéo, lorsque Combo fait un petit saut pour prendre un escalier sur la droite. Notez qu'à l'époque, la vidéo n'est pas disponible, pas plus que les forum (je n'avais même pas internet à la maison, l'époque des cyber-cafés).

Ce petit saut, j'ai tenté de le faire près de 100 fois. J'ai tout essayé: y aller direct, tenter de grinder avant pour être direct sur la corniche, prendre de l'élan vers la gauche ... le saut n'est jamais passé du premier coup, me faisant perdre quelques secondes dans une course où la moindre erreur peut être fatale. Et fatalement s'est imposé à moi toute la lourdeur du jeu, de son gameplay, de ses caméra. L'histoire, la musique, l'ambiance sont passés au deuxième plan. Ce petit détail m'a bloqué pendant des heures entières et a eu raison de ma tenacité pourtant légendaire.

Et puisque le jeu m'imposait ce passage pour continuer de profiter de l'histoire, il retournait prendre la poussière dans les étagères pour ne plus jamais être réouvert...à jamais.

2013 - La remontée des souvenirs douloureux.

Au détour d'une promotion sur les jeux Sega sur le PSN, je recroise la bête immonde. Le souvenir lointain est resté parfaitement clair, mais j'ai une folle envie d'y rejouer. Surtout que Jet Set Radio Future est passé par là, avec sa maniabilité réajustée et sa difficultée redosée. Pour moins de 5 euros je me laisse tenter, prêt à en découdre avec Combo s'il le faut. Et surtout que les commentaires de Jeuxvideo.com me rassurent vraiment beaucoup:

 Et bien je vous le donne en mille! Bloqué au même endroit, précisément. 30-40 tentatives de plus, sans succès, et toujours impossible de passer à la suite. 

Sans compter que pour en arriver là, j'ai du braver ma critique intérieure qui me disait: "Tu vois, la maniabilité est pourrie...on dirait du Coolboarder", "Tu vois, les problèmes de caméra n'ont été que partiellement réglés", "Tu vois, la difficulté est toujours aussi élevée, uniquement à cause de la précision du personnage qui est foireuse" ... Une lutte contre moi même pour en arriver exactement au même point que 12 ans plus tôt.

Ah mais dégage maintenant !!!

Il est temps de te le dire maintenant cher Jet Set Radio... tu n'es pas un bon jeu à mes yeux. Tu as tous les ingrédients de l'apparât, tout ce qui faut pour être un must incontournable, mais ton gameplay n'est pas bon, mal pensé et surtout mal réglé... et sur moi ça a un effet dévastateur. Et quand je lis 17/20 - la liberté de mouvements est totale .... j'ai envie de pleurer tellement je suis pas d'accord...mais alors pas du tout d'accord:

  • La direction est trop réactive et pousse régulièrement à la faute
  • La précision des sauts est chirurgicale ... tu te rates d'un millimètre et ça passe pas
  • La caméra gère mal les changements de directions
  • Le principe de charge du saut est raté et trop restrictif dans les mouvements

J'ai donc effacé le jeu de ma PS3 et rangé la version dreamcast dans une armoire. Elle servira de punition la prochaine fois que mon loulou fera un truc vraiment grave! Oui je sais, c'est méchant, mais au moins il s'en souviendra!

Olive Roi du Bocal

 

 

 

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ICO fait partie de ces jeux qui ont eu un écho particulier et sont parés d'une aura de jeu culte au fil des années.

La presse unanime puis le bruit des joueurs en ont fait un jeu à part, tout simplement. Et rien à voir avec le succès commercial du jeu. Pour preuve mon souvenir parfaitement clair de cette rencontre entre le joueur éclectique que je suis et cette galette dont l'emballage cartonné arborait sans fierté un prix déclassé.

Ibiza, le retour

Octobre 2002. Je revenais d'une saison complète au Club Med d'Ibiza, en tant que GO. J'étais parti avec ma petite Game Boy Advance et avais passé plusieurs mois sans console de salon, ratant au passage la sortie de Final Fantasy X, de Gran Turismo 3 et de la dernière mouture de PES. Dès mon retour, le compte en banque bien plein, je fonçais au magasin du coin pour m'acheter la Playstation 2 avec quelques Joypad en main (n'ayant pas résillié mon abonnement, j'avais près d'une dizaine de magazines à peine lus).

J'ai couru directement sur les 3 jeux sus-cités, mais la frénésie de l'achat m'embarquait complètement...et ICO me faisait de l'oeil. Il était là, dans la vitrine, à un prix extrêmement bas (15€ précisément).

Ce jeu est un bijou, une oeuvre passionnée, le futur du jeu vidéo

Je me suis laisé convaincre et ait laissé la pochette vierge de tout contact pendant quelques semaines...le temps de gouter aux autres bijous que j'avais achetés.

A ton tour maintenant

Cinématique magnifique, introduction incroyable. Du style, vraiment. Il n'y a pas d'autre mot. La descente vers le coeur de l'histoire s'amorce. Me voilà enfin au sol, faible et fébrile, c'est à moi de jouer. Princesse me voilà. 

J'ai kiffé ... mais 10 minutes seulement. Voilà un jeu qui demande patiente et calme, quand je ne suis au final qu'une boule de nerf. Fin de partie, je fonce m'acheter le dernier SSX.

Retour quelques mois plus tard. Cette fois ci je me sens mieux. J'ai lu le test de Joypad, le vendeur ne m'a pas menti, ICO est un must, un jeu que tout joueur digne de ce nom doit avoir terminé. La portée de son message sur l'avenir du jeu vidéo doit bien pouvoir me traverser et me sublimer... Blablabla ... Cette fois ci je tiens 5 heures. 5 heures de torture. Je me fais chier comme jamais. Les énigmes sont justes nazes, molles, lentes, pleines d'aller-retours imbuvables. La caméra me gave, l'héroine me saoule, le héros est à vomir et les ombres finissent par m'emmener au pays du néant. Je n'y arrive pas. Trop jeune peut être.

Dix ans de carton

2012, ICO sors en HD sur PS3 et recommence à me titiller. Faut dire que cette histoire m'a gratouillé l'esprit tout du long.

N'ayant pas joué à Shadow of the Colossus, je me laisse tenter par la collection HD. J'ai muri, j'ai grandi, j'ai aimé Flower ... y a pas de raison que je n'accroche pas à ICO. 

Mais voilà que ça recommence. Au bout de quelques minutes, l'impression de me forcer à jouer m'envahit. Je suis têtu, comme un huitre. Cette fois ci j'irai jusqu'au bout. Si une énigme me pose problème plus de 5 minutes, si je me perds, je prends direct la solution sur le net.

Ca fonctionne à peu près bien, j'avance, je m'en sors, la belle a droit à sa citrouille, fin de partie.

Aujourd'hui j'ai compris. Je n'ai pas à rougir parce que je ne partage pas l'avis commun. ICO ne m'a pas plu, point. Que Yorda reste à jamais prisionnière de la sorcière ne me fait ni chaud ni froid. J'ai aimé des AAA, des jeux indés, des jeux mobiles des jeux bien et des jeux mal notés.

A mes yeux, le propos d'ICO est désservi par un gameplay lourdingue, une ambiance molle et une touche à garder appuyée tout du long. Je suis peut être passé à côté de quelque chose, mais je ne vois pas quoi.

Ah ben finalement vous non plus?

Et depuis que j'avoue cette faiblesse avec plus de confiance, voilà qu'autour de moi les langues se délient. Déjà je découvre qu'une grande partie de ceux qui faisaient de ICO un monument ne l'ont pas fini. Ensuite, plusieurs m'avouent qu'eux aussi trouvent ICO "mou", "gentil" et finalement pas si intéressant que ça...OUF, je ne suis pas seul.

Ebay sera mon sauveur. J'ai vendu mon jeu original, état neuf, dans sa boite en carton pour 35 euros. Même avec l'inflation j'y gagne. :)

 

 

 

 

 

 

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