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Je ne suis pas qu'un numero

Par numeroVI Blog créé le 12/12/09 Mis à jour le 09/12/13 à 14h46

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Attention, cet article est une analyse du film qui nécessite de l'appréhender dans sa globalité et qui spoile donc totalement le scénario. Bien que la force du film ne repose pas exclusivement sur son histoire, l'expérience qu'est IRREVERSIBLE pourrait s'en trouver amoindrie pour ceux qui lisent ce post avant d'avoir vu le film. J'attire également l'attention sur le fait que le film a été interdit aux moins de 18 ans dans de nombreux pays, et aux moins de 16 ans en France. Il est particulièrement violent et dérangeant, et ne convient véritablement qu'à un public averti.

Vous voilà prévenus.

  



Petit rappel de l'histoire : Un vieil homme (« héros » du précédent film de Gaspar Noé) soliloque dans un appartement sordide et raconte qu'il a fait de la prison car il a couché avec sa fille. Il précise qu'il recommencera. Dans la rue, devant une boîte gay « Le Rectum » (!), Marcus (Vincent Cassel) est amené inconscient sur une civière, alors que Pierre  (Albert Dupontel) est menotté et sort entre deux policiers, visiblement choqués.

Quelques minutes plus tôt : Marcus est dans la boîte gay et cherche un type appelé « Le Ténia ». La caméra est ivre de colère, les basses sont oppressantes, le backroom gay est un enfer peuplé de dégénérés dépravés. Marcus pense trouver Le Ténia, qui lui brise le bras et tente de le violer devant un public hilare. Pierre attrape un extincteur et défonce le crane de l'agresseur jusqu'à le réduire en bouillie.

Quelques minutes plus tôt : une caméra virevoltante suit Marcus dans sa traque du Ténia. Pierre le suit à contre coeur, tente de le calmer, mais la colère est trop forte. La nuit parisienne est hostile et glauque. Son périple agressif lui apprend que le violeur qu'il cherche est surnommé Le Ténia et qu'il se trouve dans une boîte appelée Le Rectum.

Quelques minutes plus tôt : Marcus est un peu ivre mais il rit avec Pierre sur le trottoir, en cherchant un taxi. Un policier l'empêche de passer car on évacue une civière. Il reconnaît Alex (Monica Bellucci), le visage en sang et inconsciente. Il hurle sa douleur. Pierre est sous le choc et a du mal à répondre aux questions du policier qui l'interroge sur la victime du viol. Il retrouve Marcus sur le trottoir, et aucun n'arrive à parler. Deux malfrats les approchent et leur proposent de retrouver celui qui a fait ça contre un peu d'argent. Pierre tente de dissuader Marcus, qui ne veut rien entendre.

Quelques minutes plus tôt : Alex quitte une fête, seule, et s'engage dans un passage souterrain. Elle croise un couple dont l'homme se met à frapper sa compagne au moment où elle arrive à leur niveau. Puis il se retourne vers Alex, l'agresse, la viole et la laisse pour morte. On constate que l'agresseur n'est pas l'homme que Pierre a tué au début du film.

Quelques minutes plus tôt : Marcus et Pierre sont à une fête. Marcus est pénible, il prend un peu de coke et roule quelques pelles à des filles. Pierre lui demande d'arrêter de faire l'ado et de penser à Alex. Ils la rejoignent dans la pièce voisine, mais Marcus l'énerve. Elle veut rentrer, pas lui. Elle décide de partir seule. Pierre lui dit que ce n'est pas prudent.

Quelques heures plus tôt : Alex, Marcus et Pierre sont dans le métro. On comprend que Pierre et Alex ont eu une histoire. Ils rient, parlent de sexe comme des ados et de leur passé.

Quelques heures plus tôt : Marcus et Alex se réveillent nus dans les bras l'un de l'autre. Ils s'étirent, se chatouillent, se chamaillent. Alex va prendre une douche pendant que Marcus part acheter une bouteille pour la fête prévue le soir. Après son départ, Alex fait un test de grossesse. A son sourire, on comprend qu'il est positif.

Quelques jours plus tôt : Alex est baignée de soleil et couchée sur une couverture dans un parc. Des enfants crient en jouant autour d'elle. La caméra s'envole vers le ciel. Un dernier message s'affiche sur un écran noir : « Le temps détruit tout ».

 


  

IRREVERSIBLE est un film choc. Impossible d'en parler juste après l'avoir vu. Je peux comprendre qu'on le rejette, qu'on refuse d'être agressé par ces images, qu'on le déteste. Ce sentiment est d'autant plus fort si on n'arrive pas à passer la première moitié du film, et qu'on rate donc ce qui lui donne tout son sens. Il faut digérer le film, encaisser le coup. On en sort sidéré, en colère et, dans mon cas, dans l'incapacité la plus totale de dire si on a aimé ou non. Et puis le temps fait son office. Pas un jour sans que le film ne trotte dans la tête. Pas seulement les images violentes, mais bien le film en son entier et toutes les couches de réflexion qu'il contient. Au final, ça m'est apparu comme une évidence incontestable : oui, IRREVERSIBLE est un grand film. A plusieurs niveaux. Tentatives d'explication.


La maîtrise absolue de l'art cinéma

Comme l'aime ou qu'on le déteste (et il fait tout pour, le bougre!), il y a bien une chose qu'on ne pourra pas enlever à Gaspar Noé : c'est sa maîtrise incroyable de l'espace, de la caméra, de la mise en scène et de la direction d'acteurs. Des scènes les plus glauques au plus lumineuses, il fait preuve d'une maestria impressionnante et qui ne peut que laisser admiratif.

IRREVERSIBLE n'est pas une descente aux enfers mais son opposé : une remontée au paradis. Et la forme du film est en parfaite adéquation avec son propos. La caméra agressive et folle du début laisse peu à peu place à une image posée, douce et aérienne dans les derniers plans. Noé utilise au début du film des basses imperceptibles, qui font vibrer la cage thoracique, provoquant une véritable oppression, qui sont une bouillie sans forme et qui laissent place, petit à petit, à l'immortelle 7ème symphonie de Beethoven, musique divine et ciselée.

La direction d'acteurs, qui ont improvisé la totalité des dialogues, est également parfaite. Cassel impressionne en colère aveugle, Dupontel est impérial dans son rôle de raisonnable qui semble voir à l'avance le destin atroce qui les attend et Bellucci incarne à la perfection l'amour d'abord violé et sali, puis lumineux et sans limite.

J'en termine par ce qui finalement m'agaçait le plus avant d'avoir vu le film : le montage ante-chronologique. J'y voyais un truc de cinéaste, un parti pris artificiel, pour donner un peu d'ampleur à une bête histoire de vengeance (ratée qui plus est). D'un point de vue purement technique, c'est là aussi époustouflant. Le film est constitué de 12 plans séquences, qui sont donc montés à l'envers mais qui s'enchaînent sans la moindre coupure dans la narration. En réalité, et j'en arrive au fond du propos, le film ne pourrait pas exister autrement, et n'aurait strictement aucun intérêt. Ce montage à l'envers, c'est le coeur même du film, la colonne vertébrale de son propos. 


Le coup de poing et ses cicatrices

Sous ses aspects de film choc épate bourgeois, et si l'on arrive à aller au delà de la nausée provoquée par sa première moitié, IRREVERSIBLE se révèle être un film profond, loin de l'image agaçante véhiculée par son réalisateur, qui, en interview, semble n'être intéressé que par le fait de provoquer. Je ne sais pas si Noé a été dépassé par son film, qui serait en quelque sorte plus intelligent que lui, mais il est difficile de croire que son oeuvre recèle autant de niveaux de lecture à son insu. Ceci dit, c'est une question annexe, l'important étant ce qui reste une fois la lumière rallumée.

Comme je l'ai dit, le film m'a poussé à la réflexion comme rarement. Je ne suis visiblement pas le seul, puisque dans une interview, Monica Bellucci raconte qu'une journaliste lui disait avoir détesté le film à sa sortie de la salle, s'étant sentie agressée par ce qu'elle venait de voir. Mais qu'elle s'est ensuite rendue compte que quatre jours plus tard, elle était encore en train d'en parler. IRREVERSIBLE, c'est exactement ça. Et s'il trotte autant dans la tête, c'est qu'il réveille tout un tas de réflexions, d'abord inconscientes puis qui finissent par prendre forme. Voici quelques unes d'entre elles. Je ne prétends absolument pas à l'exhaustivité et je suis bien conscient du caractère parfaitement subjectif de cette analyse. Elle sera d'ailleurs fortement variable d'un individu à l'autre, en fonction de la sensibilité de chacun et de la façon d'appréhender le coup d'extincteur dans la tronche que constitue IRREVERSIBLE.

 

La vengeance est un plat qui te revient dans la gueule

IRREVERSIBLE, c'est avant tout l'histoire d'un type qui veut se venger. C'est clairement affirmé par Marcus dans une de ses répliques : « la vengeance est un droit de l'homme ». Et pourtant, il faudrait vraiment faire preuve de mauvaise foi pour taxer IRREVERSIBLE d'apologie de la vengeance. En définitive, Marcus et Pierre se trompent de cible et tue un « innocent ». Et lorsque Pierre lui enfonce le crâne, sans déchainement de haine, il n'y a aucun soulagement. Rien n'est arrangé et il n'y a pas de happy end. La seule solution pour trouver un peu de bonheur, c'est de revenir en arrière et de se souvenir des bons moments. Ce que fait le film. Car après la vengeance, il n'y a que le malheur.

 

Ce moment où tout bascule

C'est une banalité de dire qu'IRREVERSIBLE parle de l'irréversibilité de certains actes. Il évoque avec fureur ces embranchements où nos choix marqueront nos vies à tout jamais. C'est parfaitement et terriblement illustré par la scène du meurtre à l'extincteur : Pierre donne un 1er coup qui l'entraîne dans un engrenage impossible à arrêter. Il n'a plus le choix, il doit aller jusqu'au bout et le tuer, maintenant qu'il l'a défiguré. Avant de porter ce 1er coup, tout est encore possible. Après, l'enfer s'ouvre sous ses pieds. Rien ne pourra le faire revenir en arrière, à cet instant où sa vie n'avait pas encore basculé. Le personnage de Pierre est d'ailleurs passionnant car il est à la fois le héros malheureux et l'oracle. Celui qui passe la majeure partie du film à mettre en garde Marcus, qui essaye de le raisonner. Qui le retient, qui lutte pour ne pas le suivre, comme s'il sentait ce qui se profile et le sombre destin qui l'attend. C'est lui qui dira à Marcus en entrant dans la boîte où se jouera le drame : « Arrête, ça va dégénérer »...

On retrouve cette même idée lors de la terrible scène de viol. Cette dernière est particulièrement atroce parce qu'elle s'étire en longueur (c'est un plan séquence de 9 minutes, difficilement soutenable). Et là aussi, il y a un basculement. Il y a cet instant où le violeur pourrait la laisser partir. Ce moment où il la pénètre et bascule à tout jamais dans l'horreur, aux conséquences indélébiles.

Et tout au long du film, il y a tous ces moments où Marcus pourrait abandonner sa quête absurde de vengeance, s'occuper de sa femme, ne pas la laisser partir seule, aller la voir à l'hôpital.

En nous montrant d'abord les conséquences des actes avant les actes eux-mêmes, le film démontre amèrement qu'il était possible, voire facile, d'éviter les drames qui vont se nouer. Mais la vie est une succession de choix, aux conséquences qui ne sont heureusement pas la plupart du temps aussi tragiques, mais qui sont toujours irréversibles. On fait des choix, qui vont conditionner tout le reste, contrairement à ce que déclare Alex à ses deux compagnons, lorsqu'elle leur explique qu'elle lit un livre slon lequel il existerait pour chacun un destin, écrit à l'avance. L'écho avec ce qui va lui arriver quelques heures plus tard est assourdissant. Il l'est d'autant plus qu'au moment où le spectateur entend cette réplique, il a déjà vu (subi) la scène du viol...

 


Regarde ce monstre qui sommeille en nous

C'est un thème fascinant, qui n'a rien de nouveau au cinéma. De M le Maudit à Killer Inside Me, le cinéma explore fréquemment la face sombre des hommes. Ces hommes qui malgré toutes les horreurs qu'ils peuvent commettre n'en reste pas moins des humains. Et là encore, le montage à l'envers d'IRREVERSIBLE permet de mettre douloureusement en lumière cette réalité. A s'en tenir à la première scène, cet homme qui écrabouille le visage d'un de ses semblable ne peut pas faire partie de la race humaine. Le film nous apprendra pourtant que c'est un professeur sans histoire, qui n'a jamais fait de mal à personne. Le seul qui prendra la défense d'un(e) prostitué(e) violemment interrogé(e) par Marcus quelques heures plus tôt. Les scènes de la fin, dans lesquelles Pierre plaisante innocemment avec ses amis, raisonnent d'autant plus fort qu'on sait ce qui l'attend.

Qu'est ce qui peut amener un homme à commettre une horreur pareille ? Peux-tu jurer, toi spectateur, que tu n'en feras jamais autant ? Voilà les questions que Noé nous lance et auxquelles il est évidemment difficile de répondre.

Nous avons organisé notre monde pour canaliser notre fureur et notre agressivité. Mais nos bas instincts peuvent ressurgir à tout moment. Parce que notre morale n'est finalement qu'une règle qu'on s'impose, barrière parfaitement artificielle.

Cette question est d'ailleurs reprise dans un cadre plus large, dépassant l'individu : la plupart d'entre nous vivons à côté de ce monde de la nuit, caché, dans laquelle se perdent des hommes agressifs, violents, obsédés et malades. Ils n'en sont pas moins des hommes. C'est une réalité, deux mondes qui refusent la plupart du temps de se croiser. Une réalité qu'on veut oublier, mais ce monde existe aussi. Il est la part sombre de notre société comme il y a une part sombre en chaque individu.

 

Le bonheur est là, juste au creux de ta main

Ce serait une erreur fondamentale de penser qu'IRREVERSIBLE est un film qui ne parle que de l'horreur et de la monstruosité. En tout cas, pour moi, ce n'est pas son sujet principal. Il est évident qu'en montrant frontalement deux crimes atroces, qui marquent la rétine, il peut donner de prime abord cette impression. Mais en réalité, IRREVERSIBLE est un film qui fonctionne sur le contraste. En montrant l'horreur (et en la montrant en premier), il veut souligner la fragilité et la valeur du bonheur. IRREVERSIBLE ne montre pas l'horreur, il montre la lumière.

Car qu'y a-t-il de plus précieux que ce qui peut être perdu à chaque seconde ? Noé est finalement un grand romantique : son film déclare que l'amour est magnifique, qu'il est le coeur de notre vie, ce qui lui donne du sens. Mais qu'il est aussi incroyablement fragile.

 

Mignonne, allons voir si la rose

IRREVERSIBLE est enfin une extraordinaire métaphore de la vie elle-même. Des joies qu'elle procure, mais aussi de son absurdité.

On comprend alors qu'IRREVERSIBLE n'a de sens que parce qu'il est monté à l'envers. On commence par la mort, terrible, dénuée de sens, injuste et injustifiable. Puis on remonte vers la lumière. On revient au quotidien. Ce quotidien pendant lequel on choisit d'oublier ce qu'on ne sait que trop : tout ça finira par la mort. Chacun finira par décrépir et mourir. Le temps finira par passer, aussi beau et heureux soit-on. Chacun d'entre nous le sait, et la plupart d'entre nous choisit de ne pas y penser. Le montage du film est l'illustration parfaite de cette réalité : on quitte les personnages dans leur quotidien heureux, tout en sachant que leur histoire finit mal. On a simplement envie de l'oublier et de profiter avec eux de ces moments avant la souffrance.

Loin d'un constat désabusé, Noé utilise ce procédé pour nous inviter à profiter des moments de bonheur car, même si on a choisi de l'oublier au quotidien, ils auront une fin. Nous perdrons les êtres qui nous sont chers et nous finirons par disparaitre. Car le temps détruit tout. Car c'est l'absurdité de la vie. Mais étrangement, ce qui reste en sortant d'IRREVERSIBLE, ce sont les images de bonheur, de plénitude entre Alex et Marcus. La lumière qui les baigne et les cris de joie des enfants.

Avec IRREVERSIBLE, Noé nous force à regarder la réalité de notre condition, pour nous aider à mieux apprécier notre réalité quotidienne. Le bonheur est au creux de nos mains, surtout ne pas aller chercher ailleurs si on l'a trouvé sous peine de le perdre, surtout ne pas oublier qu'il ne durera pas toujours.

 



Alors IRREVERSIBLE, comme tout chef d'oeuvre, n'est pas exempt de défaut. D'abord, le panneau final avec l'accroche « Le temps détruit tout » a un petit côté adolescent qui découvre la philosophie et assène des banalités affligeantes. Finalement, le propos du film n'a rien d'extraordinaire, et il pourrait en tout état de cause se passer de cette déclaration un rien pompeuse, tant les dernières images du film sont fortes.

Je me suis également longuement interrogé sur la nécessité de la violence graphique. Le message du film serait-il moins fort si on ne voyait pas dans le moindre détail le meurtre à l'extincteur ou le viol ? Peut être. Ayant personnellement beaucoup de mal avec la violence à l'écran, j'aurais préféré ne pas voir ces images insoutenables. Mais après tout, c'est la réalité. Un meurtre, c'est sanglant et insoutenable. Un viol, c'est interminable et insoutenable. Le fait que nous allons disparaître l'est tout autant.

Je laisse cependant à chacun le soin de savoir s'il peut ou non supporter ces images. J'attire l'attention du potentiel spectateur sur le fait qu'IRREVERSIBLE n'est pas un voyage sans secousses. Il peut véritablement choquer de façon profonde et indélébile. Il faut le regarder en connaissance de cause, vouloir être dérangé, subir l'épreuve. Il est tout à fait honorable de ne pas le vouloir (comme certains préfèrent ne jamais penser à la mort). On peut aussi choisir de se plonger dans l'ombre et la crasse, pour être ensuite encore plus ébloui par la lumière.


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Commentaires

seblecaribou
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seblecaribou
Tiens bah je l'ai relu du coup ton article en entier. Je l'ai adoré une seconde fois. (je n'aime toujours pas le film mais c'est un plaisir à lire)
Neuro
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Neuro
très bon article! commence par Seul Contre Tousl
numeroVI
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numeroVI
Merci!

J'ai bien envie de voir Enter the Void du coup!
Fachewachewa
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Fachewachewa
Déjà, très bon article :)
Ensuite, j'ai pas du tout aimé ce film :) Mais je suis quand même content de l'avoir vu (et je savais pas à l'époque pour le viol et l'extincteur...)

J'ai pas aimé pcq ça donne vraiment trop l'impression que Noé est dans son trip je suis un grand réalisateur intéressant, alors qu'au final ça donne surtout bien mal à la tête. Mais si c'était que ça ça pourrait passer, mais j'ai aussi trouvé que le coup du film à l'envers était pas justifié, que c'était un truc de plus pour faire genre, à la mode après Memento.

Alors ce que tu dis sur ça dans ton article est super intéressant, mais j'ai pas trouvé ça vraiment bien fait (le mode à l'envers hein, pas ton article !). Et je pense que j'aurai préféré le film dans l'ordre, avec peut être les deux scènes calmes de la fin toujours à la fin, en flashback tout simplement. Ca aurait rendu le film plus intéressant a mon gout.

Par contre au niveau de la violence, je trouve que vu le film c'est justifié, ça fait toujours le mec qui fait ça pour choquer et faire parler de lui, mais bon.

Sinon de Noé j'ai vu Enter the Void et là j'ai bien aimé, c'était juste vraiment trop long. Après c'est toujours assez spécial et mal-de-cranogène, mais j'ai trouvé le film beaucoup plus intéressant. Le seul truc qui m'a vraiment saoulé c'est ce trip épileptique genre 2001 au début :D
numeroVI
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numeroVI

Je tenais aussi à dire que, pour l'anecdote tout à fait personnelle et égoïste, j'ai eu l'occasion de travailler avec une fille qui avait été assistante décoratrice sur le film, notamment sur le Rectum. Et le but du jeu était de trouver les trucs les plus glauques possibles! :D



Et d'ailleurs, j'avais aussi oublié que le mec recherché dans le Rectum s'appelait le Ténia. :genre:


En lisant la fiche Wikipédia, je suis tombé sur ce lien, qui est une déclaration d'un acteur du film (Fistman!), pas super glamour...
The-reaper
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The-reaper
Je tenais aussi à dire que, pour l'anecdote tout à fait personnelle et égoïste, j'ai eu l'occasion de travailler avec une fille qui avait été assistante décoratrice sur le film, notamment sur le Rectum. Et le but du jeu était de trouver les trucs les plus glauques possibles! :D



Et d'ailleurs, j'avais aussi oublié que le mec recherché dans le Rectum s'appelait le Ténia. :genre:
numeroVI
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numeroVI

Parmi les très nombreuses qualités de ce film, il y a celle de donner l'occasion à des gens brillants d'en parler brillamment, en bien ou en mal : c'est un véritable plaisir de lire ta critique. J'ai adoré ce film, et je suis ravi d'en croiser un écho à un moment où je ne m'y attendais pas.

Merci pour cet article !


Image IPB
Yilduz
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Yilduz
Parmi les très nombreuses qualités de ce film, il y a celle de donner l'occasion à des gens brillants d'en parler brillamment, en bien ou en mal : c'est un véritable plaisir de lire ta critique. J'ai adoré ce film, et je suis ravi d'en croiser un écho à un moment où je ne m'y attendais pas.

Merci pour cet article !
numeroVI
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numeroVI

Tres bon article ! J'ai plus qu'a regarder le film !


J'espère que tu ne t'es pas trop spoilé en le lisant avant... :/
Kakao
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Kakao
Tres bon article ! J'ai plus qu'a regarder le film !
cyril56
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cyril56
Et Enter The Void. Faut que je matte IRREVERSIBLE.
numeroVI
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numeroVI

Et Requiem for a Dream <3


Il est sur ma liste des "A voir, mais j'ai un peu peur". Avec Délivrance, notamment. (oui, j'ai honte de mes lacunes).
Poufy
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Poufy
Et Requiem for a Dream <3
numeroVI
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numeroVI

La vie c'est souvent d'la merde, il ne fait que retranscrire.


Ce que j'apprécie dans IRREVERSIBLE, c'est qu'il ne se limite justement pas à dire que l'homme est un loup pour l'homme, qu'il est pourri à l'intérieur etc... Il montre aussi sa part lumineuse.
canard-sucrey
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canard-sucrey
Pavé César.
numeroVI
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numeroVI

Avant je t'aimais bien. Désormais je t'aime. Pour moi Noe est un putain de grand :) Depuis Carne, découvert en VHS par hasard, je suis accro. La vie c'est souvent d'la merde, il ne fait que retranscrire. Seul Contre Tous est également une claque dans la tronche, rien que le monologue d'ouverture tronche la gueule net.


Ce qui est étonnant, c'est qu'en interview, il fait plus adolescent content d'avoir dit un gros mot et fait un doigt d'honneur, que réalisateur profond et prodige qui a un message à délivrer. C'est presque dommage.

Bon, après son oeuvre (je n'ai pas vu ses autres films) n'a pas besoin d'être expliquée. Comme toute oeuvre, elle te parle ou non. Moi, j'ai eu vrai choc, dans le même sens qu'un tableau de Dali peut m'avoir marqué alors qu'il laissera quelqu'un d'autre indifférent. Sur ce plan là, IRREVERSIBLE est une vraie oeuvre d'art, allant bien au delà du débat sur la violence au cinéma.
mordo
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mordo
Avant je t'aimais bien. Désormais je t'aime. Pour moi Noe est un putain de grand :) Depuis Carne, découvert en VHS par hasard, je suis accro. La vie c'est souvent d'la merde, il ne fait que retranscrire. Seul Contre Tous est également une claque dans la tronche, rien que le monologue d'ouverture tronche la gueule net.
Zaza
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Zaza
Je ne suis qu'on ne peut plus d'accord avec l'ensemble de ton article ! C'est un film à te remuer le cerveau pendant un bon moment, il marque au fer rouge. L'utilisation du montage à l'envers t'apaise mais l'effet "extincteur" est toujours là. Ce qui m'a le plus "choqué", c'est finalement le plan du viol qui paraît finalement extrêmement long : un vrai supplice, je me suis sentie violée par le son et les images, et ça reste dans un coin de ma tête...
J'ai une curiosité qu'on peut éventuellement qualifier de morbide mais surtout je voulais savoir jusqu'où l'humain pouvait aller dans la représentation de la cruauté à l'état pur. C'est chose faite et je trouve que ce film aura eu un impact plutôt positif : je ne sais pas si je pourrais le revisionner un jour mais ce dont je suis sure c'est que je n'oublierais jamais ce film et que si autant de cruauté peuvent sortir de l'imagination d'un réalisateur, l'inverse est aussi possible : sublimer la beauté et l'innocence.
numeroVI
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numeroVI

De toute façon je mets un j'aime quand même parce que l'article est très bien.


C'est bien gentil. Moi je te fais un bisou!

J'aimerais ajouter aussi (je ne crois pas avoir lu cela dans ton magnifique mais long post) la mise en abyme voyeuriste de Gaspar Noé dans la scène de viol, interminable, insoutenable, sans coupure, sans chichis, sans gros plans. Cette scène qui renvoie à la mise en scène de la scène de sexe, notamment pornographique, qui en fait oublier le côté presque bestial, inhumain, violent de l'acte en lui-même. Qui nous met plus que mal à l'aise dans le fait qu'on observe cela sans pouvoir rien faire, sans pouvoir rien dire, de façon malsaine. C'est d'autant plus fort que la plupart des gens qui sont allés voir le film savent que cette scène était présente dans le film. Ca met encore plus mal à l'aise, on ne peut jamais détourner le regard longtemps, ça nous renvoie à notre lâcheté d'être humain devant un acte d'une violence inouie mais pourtant d'une banalité presque tragique. Et ça sert aussi de miroir à mon sens à notre société pornocrate, qui met du sexe à toutes les sauces et qui banalise parfois les pires perversités.


C'est tout à fait vrai, et j'aurais pas mieux dit.
The-reaper
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The-reaper
Je n'ai jamais été autant d'accord avec la critique d'un film. J'ai vécu la même expérience en voyant ce film, je me suis pris une claque indescriptible, je suis sorti violemment secoué par ce film. Et curieusement, la scène qui m'a le plus retourné, c'est cette scène finale, avec Monica Bellucci découvrant sa grossesse. Mis en parallèle avec tout le reste du film, on est encore plus secoué, ce bonheur qu'on découvre, ce moment de joie, de plaisir qui arrive après 1h de souffrances physiques et psychiques.

J'aimerais ajouter aussi (je ne crois pas avoir lu cela dans ton magnifique mais long post) la mise en abyme voyeuriste de Gaspar Noé dans la scène de viol, interminable, insoutenable, sans coupure, sans chichis, sans gros plans. Cette scène qui renvoie à la mise en scène de la scène de sexe, notamment pornographique, qui en fait oublier le côté presque bestial, inhumain, violent de l'acte en lui-même. Qui nous met plus que mal à l'aise dans le fait qu'on observe cela sans pouvoir rien faire, sans pouvoir rien dire, de façon malsaine. C'est d'autant plus fort que la plupart des gens qui sont allés voir le film savent que cette scène était présente dans le film. Ca met encore plus mal à l'aise, on ne peut jamais détourner le regard longtemps, ça nous renvoie à notre lâcheté d'être humain devant un acte d'une violence inouie mais pourtant d'une banalité presque tragique. Et ça sert aussi de miroir à mon sens à notre société pornocrate, qui met du sexe à toutes les sauces et qui banalise parfois les pires perversités.


Pour terminer, je dois avouer que je n'ai jamais pu revoir le film. J'avais acheté le coffret collector contenant le film + "Seul contre Tous" (le premier film de Noé), mais je n'ai jamais eu le courage de le relancer.

Et Seul Contre Tous m'a proprement donné la nausée. Autant j'ai trouvé Irréversible très maîtrisé, autant je n'ai jamais compris le propos de ce film nihiliste et à la moralité douteuse.
seblecaribou
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seblecaribou
De toute façon je mets un j'aime quand même parce que l'article est très bien.
seblecaribou
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seblecaribou
Bah en fait, le problème c'est que c'est facile de mettre mal à l'aise par la mise en scène. Je me souviens d'un film d'horreur nase que j'ai vu l'année dernière (je sais plus c'est quoi c'est un peu dommage) où t'as une scène dans une boîte de nuit et où t'as une lumière strombo à la con avec de la techno super fort d'un coup. Bah au bout d'une minute de cette scène j'avais grave mal au crâne, alors que le film était nase.

Moi je trouve que le problème de Irreversible c'est un peu ça. Dans l'absolu c'est même pas la scène de viol horriblement longue ou le massacre du début avec l'extincteur (que même ceux qui n'ont pas vu le film connaissent) qui m'ont dérangé mais vraiment la façon dont c'est filmé qui donne la migraine. Je crois d'ailleurs que c'est le premier film où été obligé d'accéléré le début parce que j'en pouvais plus du son.

Bon après évidemment c'est discutable, c'est juste mon point de vue :)
Mais tu vois dans le genre qui met m'a mis mal à l'aise psychologiquement et physiquement mais seulement par le propos et comment il m'a été servi il y a L'Echelle de Jacob, que j'ai trouvé absolument fantastique.
numeroVI
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numeroVI
Je comprends (et je respecte) ton point de vue. Ceci dit, je trouve qu'un film qui arrive à te faire ressentir physiquement un malaise par sa mise en scène, c'est justement très fort. Surtout qu'encore une fois, ça ne s'arrête pas à ça, puisque vient la 2ème partie, lumineuse et apaisante.
seblecaribou
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seblecaribou
Je vais être honnête, pour moi c'est le pire film jamais fait mais genre ever. J'ai beau bien entendre tout ce qu'on me balance, je suis désolé je lui reconnais absolument pas les qualités dont tu parles. La caméra qui tourne comme si le caméraman était bourré avec une musique qui franchement est juste là pour te faire mal au crane point barre, je trouve que c'est de la malhonnêteté. En gros pour être sûr que tu sois mal à l'aise sur le sujet qu'il veut traiter (et qui globalement pourrait être bien à voir) le mec te fous la gerbe, mais physiquement.

Moi je regarde pas des films pour me rendre malade physiquement, et si ça devait vraiment arrivé faut que ce soit par le sujet et pas par la "mise en scène" calamiteuse et en plus faite comme ça. Je suis content que tu l'ais apprécié, mais pour moi c'est le degré zéro du cinéma. Le cinéma pour le cinéma.

Édito

J'ai longtemps hésité avant de me lancer dans la rédaction d'un blog. Je ne sais pas si j'aurais quoi que ce soit d'intéressant à dire! Finalement, on verra bien.

Il y aura, je pense, toutes mes facettes, l'avocat, le gamer qui n'a jamais eu la PS2, le cinéphile, le vieux connard et toutes mes lacunes et partis pris. Quelques blagues aussi. Enfin, c'est pas garanti non plus.

 

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