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Avec la Saint-Valentin, quelques sites de jeux vidéo n'hésitent pas à nous présenter les héroïnes de jeu vidéo, celles qui font fantasmer les jeunes mâles. Prenons l'exemple de Bayonetta, héroïne du jeu éponyme et dernier jeu de PlatinumGames, le beat'em all de Hideki Kamiya édité par SEGA donnant naissance à une plantureuse héroïne aux formes suggestives.

Nous profiterons donc de l'occasion pour faire ressurgir une affaire déjà ancienne (fin août 2009) et assez peu médiatisée, celle du jeu rangé dans les Indie Games du Xbox Live : Soredemo, watashi wa aishiteiru. Il ne s'agit pas d'un jeu à proprement parler, mais d'une sorte de petite nouvelle (Event Scene) réalisée par le Japonais Naoki Sagawa. Il a été sujet à la censure sur le Xbox Live. Celui-ci relate sur son blogue que c'est Microsoft Europe qui avait premièrement menacé de supprimer son jeu du service. Dans une des scènes de l'histoire d'amour que vit la jeune fille avec le « joueur », elle se retrouve à un moment allongée, et Microsoft Europe voit dans cette scène trois « rappels visuels de l'agression sexuelle ». Le premier rappel est le fait qu'un des poignets de la jeune fille est pressé par la main de son amant. Le deuxième, la fille semble avoir été poussée par terre. Et enfin, on peut voir un sous-vêtement.

Bien que les raisons soient apparemment valables, nous pouvons nous étonner de voir aujourd'hui la nouvelle égérie Bayonetta faire pire, habillée en cuir dans le mode domina, au visage proche de la très fameuse colistière Sarah Palin, à sucer des Chupa Chups à longueur de cinématiques et de se déshabiller lors des attaques spéciales, sans faire sourciller personne.
Les causes invoquées pour le jeu de Naoki Sagawa cacheraient en réalité un problème de classification. Alors que le dernier jeu de SEGA est passé au crible par différents organismes de contrôle (PEGI pour l'Europe) qui décide de l'âge conseillé (déconseillé aux moins de 18 ans pour Bayonetta), les jeux du Xbox Live seraient vérifiés par les membres de la communauté eux-mêmes, c'est-à-dire par personne, selon trois critères : Sexe, Violence et Contenu pour les adultes. Ceci serait à l'origine du comportement extrêmement sévère de Microsoft ayant banni ce jeu de tout le service Xbox Live dans le monde, là où son auteur demandait qu'on le retire des territoires occidentaux si son jeu choquait ce public. Pour information, Soredemo, watashi wa aishiteiru a récolté 0/3 en Violence, 3/3 en Sexe et 1/3 en Contenu pour adultes.
L'autre raison vient peut-être également de l'aspect manga. Effectivement, beaucoup de jeux indépendants ne posent pas ce genre de problème parce qu'ils sont très facilement identifiables comme des produits pour adultes. Ici, il semblerait que la décision très (trop ?) sévère soit le résultat d'une surprise vis-à-vis d'un programme, qui, de prime abord, ne réservait pas une telle scène en son sein.

Pour réapparaître dans la catégorie dans laquelle le jeu avait été supprimé, le créateur a du se résoudre à retoucher la scène à l'origine de la suppression. La main de la jeune fille n'est plus tenue et sa jupe recouvre ses sous-vêtements. C'est désormais cette version censurée qui est disponible sur le Xbox Live.

 

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Commentaires

xgital
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xgital
toi tu devrais (re)voir la liste des pays signataires de la chartre onusienne des droits de l'homme et par extension celui des droits des enfants. Et quels engagements cela signifie pour les gouvernements en charge de l'appliquer. Prétexter la barrière culturelle s'est mépriser l'universalité de cette cause et minimiser l'urgence de combattre tout ce qui évoque de près ou de loin la pédophilie.

Affligeant de connerie ta remarque: "La perversion est aussi dans l'oeil de celui qui regarde."

Si je bat ma femme c'est qu'elle le mérite aussi hein !?!
GameB
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GameB
La perversion est aussi dans l'oeil de celui qui regarde. La culture visuelle occidentale est différente de celle orientale, elle est plus figurative (perspective, culture de l'image).
Juger ce qui n'est que des dessins avec des cheveux multicolores et des yeux de taille inhumaine, ayant un comportement issu d'une certaine culture sociale (les japonaises rougissent facilement et les amoureux ne s'embrassent pas en public par exemple), avec nos propres critères occidentaux est honteux.
Que des industriels comme Microsoft (ou Apple sur l'appstore) se mettent à l'abri des polémiques en supprimant arbitrairement les contenus est une chose. Que le péquenot moyen justifie cela en prétextant une lutte contre la pédophilie, et puisse se permette de juger la culture d'un peuple à l'orée des couvertures des journaux et des faits divers de son pays, c'est d'un égocentrisme et d'une intolérance rares.
Numerimaniac
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Numerimaniac
C'est une question complexe que celle de l'aspect juvénile. L'argumentaire pour dire que ce n'est pas de la pédophilie est qu'on ne doit pas voir dans le personnage de la lycéenne un "visage humain". On serait plus dans une représentation fantasmée que la monstration glauque.

C'est d'ailleurs l'un des problèmes des "standards internationaux" qui sont des standards occidentaux. Au risque de choquer, si le fantasme érotique japonais découlant d'une culture particulière est la mousmé (jeune fille)... Je me demande sur quelle base on peut dire "c'est pas bien" ou "c'est de la pédophilie".

J'aimerais préciser que les arguments que j'avance ne sont pas forcément ceux qui forment ma pensée et mon avis sur ce problème.
xgital
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xgital
Pourquoi ne pas aussi aborder l'aspect visuel très juvénile des personnages féminins ? C'est limite "apologie de la pédophilie" quand je vois certains mangas érotiques mettant en scène de jeunes écolières qui rougissent à la moindre allusion sexuelle... Pire, les petites statuettes à l'effigie de petites filles aux positions très explicites dont les blogueurs de GK sont friands. C'est écoeurant, dangereux. Une interdiction ferme s'impose.
Numerimaniac
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Numerimaniac
Personnellement, je comprends assez bien la raison de la stupéfaction (culture différente, autres standards érotiques, différences de représentations etc). Ceci étant dit, la sanction est, à mon petit à avis, disproportionnée, ce qui montre quand même la peur, l'angoisse même, de Microsoft vis-à-vis de ses programmes "non contrôlés" sur son service ;-)
seblecaribou
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seblecaribou
C'est quand même dingue que la violence à outrance ne gène personne, mais que l'idée d'un jeu un tant soit peu pornographique ou même juste érotique, ça fout les jetons au organismes de contrôle. En gros on a le droit de tronçonner des trucs dans GeOW, mais là il y a une évocation trop forte du sexe.
Bon après je peux capter si il y a une image "pronant" la prise de force de la jeune fille, m'enfin d'après ce que tu dis ça tient plus du camouflage que d'autre chose.

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Par Numerimaniac Blog créé le 29/12/09 Mis à jour le 11/02/12 à 21h04

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