Rêves électriques

Rêves électriques

Par Noiraude Blog créé le 17/09/10 Mis à jour le 04/09/17 à 00h15

30 ans de passion pour les jeux vidéo, le Japon et le cinéma, ça laisse forcément des traces. Vous voulez en savoir plus?

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Catégorie : Japon

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Japon (Voyage)

Hello tous !

Ca commence à devenir une petite tradition. A chacune de mes escapades en terres nippones, j'ai pris l'habitude de vous ramener quelques images, mais j'aime aussi avoir l'une ou l'autre petite anecdote à vous raconter pour partager un peu de l'ambiance unique de ce pays à nul autre pareil. Et ça tombe bien : les circonstances particulières de mon dernier voyage - quelques pépins physiques avec lesquels il a fallu composer là-bas - m'ont amené cette année à découvrir le pays sous un angle encore un peu différent (une petite semaine durant, on ne fait pas toujours ce qu'on veut avec son emploi du temps). Et c'est ce point de vue que j'entends vous présenter dans la bafouille qui suit.

En cette fin de mois de mars, j'avais ainsi prévu de profiter de la période de Hanami pour retourner du côté de Tokyo. Bénéficiant d'une promotion inespérée chez Qatar Airways (385 euros le billet A/R au départ de Paris), quelques amis et moi-même nous sommes donc envolés au pays des cerisiers en fleurs. Avec cette satisfaction immédiate à l'arrivée: nous tombions pile un ou deux jours avant la fameuse floraison. La fête allait donc battre son plein durant le week-end suivant dans le parc de Ueno, à Tokyo, et nous comptions bien être de la partie. Idéal pour boucler la semaine qui démarrait.

 

A la rencontre des Tokyoïtes

Au fil de ce huitième voyage au Japon, j'ai choisi de marcher, au moins en partie, sur des sentiers que j'avais déjà souvent arpentés. C'est une contrainte inévitable lorsque vous partez avec des personnes qui n'ont encore jamais visité le pays. Heureusement, le Japon est de ces destinations qui ne vous lassent jamais. Tokyo est une découverte à chaque voyage, notamment, tant ses quartiers sont mouvants, changeants au fil des multiples chantiers qui rythment les hauteurs en journée, et les axes routiers une fois la nuit tombée. Quintessence de l'esprit nippon, au passage, dans cette approche de la gestion de la voirie: ici, l'on ne bloque jamais un axe aux heures de pointe, on commence à bosser après minuit, lorsque le flot de véhicules s'est tari, et l'on s'arrête à cinq heures, lorsque démarrent les premiers métros et que les salariés redonnent vie aux quartiers.

Et puis il y a l'humain. Partout. Inévitable. Et toujours surprenant. S'offrir un Yakiniku à volonté (en 90 minutes) à Shibuya, et croiser la route de jeunes mariés qui entendent célébrer en votre compagnie - on se sera bien évidemment laissé tenter. Déguster quelques yakitori à Shinjuku, et tomber sur un groupe d'agents du fisc avec qui vous partagez le saké avant de faire le tour des lieux de vie nocturnes du quartier en leur compagnie (ils vous auront invité toute la nuit, c'est leur sens de l'hospitalité)... Et accessoirement rentrer brin éméché à l'hôtel, dans un taxi que vous aurez partagé avec l'un de ces sympathiques amis de fiesta qui a encore moins supporté l'alcool que vous. Tokyo, pour peu que vous parliez un minimum le japonais, c'est une incroyable promesse de rencontres, de découverte de personnes dont on a parfois une image un peu faussée, en Occident. Il y a bien sûr autant de caractères que de Japonais, et tout le monde n'a pas nécessairement le sens de l'accueil chevillé au corps, mais nombre de Nippons savent se montrer étonnamment ouverts et désireux de nouer contact avec des gaïjins, pour peu que vous fassiez preuve d'un minimum de respect. C'est une vérité que j'ai pu vérifier à plusieurs reprises là-bas, et qui s'est encore confirmée cette fois-ci, peut-être même plus qu'à l'accoutumée.

 

Mais revenons à nos moutons. Au menu du voyage, donc, cette année, les grands quartiers tokyoïtes, un petit tour à Akihabara (pour d'ailleurs constater qu'après une longue période de disette, les bons jeux et les bons prix y font leur timide mais bien réel retour, mais aussi pour profiter des jeux d'arcade, dont l'excellent Star Wars Pod à 360 degrés et du surprenant Dragonball Zenkai), une virée à Ginza par un dimanche matin pour découvrir qu'on a pris l'habitude, ce jour-là, de piétonniser la gigantesque avenue dès midi, et quelques escapades ici ou là dans des quartiers moins fréquentés - quelques rues peu passantes de Minami Senju et Asakusa, qui ont bien du charme, une petite halte à Ikebukuro pour y découvrir quelques chemins de traverse à l'ombre des cerisiers, et quelques heures passées à se perdre délibérément au hasard de stations de métro totalement inconnues - un exercice que je ne saurai que trop vous conseiller si vous voulez vraiment découvrir la ville autrement.

Et puis, plus grand chose.

Un petit pépin physique, et il a fallu que, bien vite, je limite mes balades. Mais à quelque chose malheur est bon: lorsque vous n'avez plus la possibilité de vous déplacer comme vous le souhaiteriez, vous cherchez des alternatives. Et au Japon, ces alternatives passent souvent par les sources thermales. Logique, d'ailleurs. A quoi bon se trouver sur une île volcanique si ce n'est pas pour en profiter ?

 

Les petits charmes inattendus d'Odaiba

Pas facile de trouver de tels équipements à Tokyo. Les bains publics existent bien, mais ils sont souvent pris d'assaut et manquent un peu de côté exceptionnel qu'on cherche quoiqu'il advienne quand on est dans un pays étranger. Heureusement, il y a tout de même quelques solutions. Dont celle de l'oedo-onsen monogatari. Histoire d'optimiser le trip, j'ai pris la direction de l'île d'Odaiba, où se trouvent des bains où se croisent chaque jour des milliers de Japonais. Incroyable installation au coeur de l'île artificielle: le lieu ressuscite, avec un kitsch désarmant, l'ambiance du Japon traditionnel. Le prix de l'entrée est un peu élevé (environ 25 euros), mais l'expérience le mérite assurément.

Une fois entré dans le saint des saints, après avoir enlevé vos vêtements (oui, tous), pour enfiler le yukata, vous vous retrouvez dans une sorte de galerie centrale où s'entrechoquent les mondes, les cultures, les personnes, les loisirs. Dans ce petit monde aux couleurs du Japon pré-Meiji, vous pouvez faire un peu de shopping et acheter des babioles ou des pâtisseries à emporter, vous pouvez déjeuner, dîner, goûter, boire un coup ou franchement vous pinter. Vous pouvez jouer à la chasse aux canards, ou tout simplement poser devant la tour centrale qui fait fureur auprès des jeunes couples nippons. Les appareils photo crépitent, les enfants courent partout, le brouhaha est omniprésent, mais diable que cet univers plaisant. Il s'en dégage une envie presque enfantine de jouer au temps d'avant, on s'observe, on s'amuse, on engage la discussion pour peu que l'on ait un peu de temps.

Et puis il y a ce contraste incroyable. Sitôt engagé dans les zones d'eau, le calme reprend ses droits. Quelques petits bassins mixtes, en extérieur, permettent d'abord de tremper ses pieds dans l'eau brûlante tout en discutant avec ses voisins. Puis vient le temps des bains. Là, chaque sexe a son espace dédié. Les femmes disparaissent sur la gauche, les hommes filent vers la droite pour rejoindre un dernier sas avant la partie de fesses à l'air. On enlève le peu de tissu qui nous reste sur le corps, on se lave soigneusement avant d'entrer dans l'eau - c'est une règle absolue des onsens, vous serez très mal vus des Nippons si vous ne la respectez pas - et on se détend.

Les bassins ne sont pas tous identiques, découvre-t-on doucement. La température de l'eau varie fortement de l'un à l'autre, ainsi que ses propriétés minérales. Et si la plupart des bassins sont en intérieur, deux rottenburos donnent malgré tout sur l'extérieur, permettant de profiter de l'air frais printanier. On s'y délasse, on se laisse aller, on papote avec l'un ou l'autre Japonais curieux de nous trouver ici, on se félicite avec lui du plaisir de ce petit moment privilégié de tranquillité quand, soudain, la plupart des baigneurs rejoignent l'intérieur et que vous pouvez profiter du bassin sans  avoir à vous serrer. Et vous y coulez quelques heures paisibles, sans voir le temps passer. De l'art d'occuper une journée, l'air de pas y toucher.

 

En route pour la montagne !

Bien sûr, rien ne vaut un véritable ryokan avec onsens pour se requinquer. Alors ni une, ni deux, c'est  vers le nord-ouest de Tokyo, à la lisière de la préfecture de Fukushima (mais tout de même à plusieurs centaines de kilomètres du site de la catastrophe, la préfecture est très grande), que nous sommes allés. Quelques heures de train pour rejoindre la montagne, faire halte dans la charmante petite ville de Takasaki, passer en vitesse par celle de Minakami pour attraper un taxi et rallier aussi vite que possible le Takaragawa onsen onsenkaku. De quoi l'on parle ? D'un incroyable ryokan traditionnel niché dans la montagne, au bord d'un torrent aux eaux limpides, et doté de rottenburos sans équivalent dans le reste du Japon.

Les rottenburos, ce sont les bains extérieurs. Le Takaragawa onsen onsenkaku en possède pas moins de quatre sur près de 700 mètres carrés, dont trois mixtes et un réservé aux femmes. Vous y allez, ici aussi, dans votre tenue d'Adam, mais la pudeur a le droit de s'exprimer par le port d'une petite serviette par ceux qui ne seraient pas totalement à l'aise avec l'idée de la nudité. C'est étrange comme la timidité européenne s'efface en ces lieux, d'ailleurs: il ne faut guère que quelques minutes pour s'accommoder de la chose et ne plus y prêter attention. D'autant que, pour cette occasion, vous êtes vite accaparés par un autre sujet: à cette altitude, il fait encore frais à la fin mars, et il n'est pas rare de voir la neige tomber. C'est exactement ce qu'il nous est arrivé. Je vous laisse imaginer la scène: vous vous baignez dans des eaux à 55, voire 60 degrés, tandis que la neige tombe et blanchit, au fil des heures, le paysage de carte postale dans lequel vous vous prélassez.

Je ne vous cache pas que j'ai très largement abusé de la chose: s'il est d'ordinaire conseillé de ne pas dépasser 20 minutes dans les eaux des onsens, c'est en heures que le bonheur s'est cette fois mesuré, là-bas. Au point aussi que je me suis éveillé très tôt le lendemain matin pour pouvoir immortaliser cet incroyable panorama sans gêner les baigneurs - avant de retourner à l'eau moi-même une dernière fois. Ce sont ces photos qui illustrent les mots que vous lisez. Vous pouvez aussi y découvrir quelques-unes des spécialités qui sont servies en ces lieux. Si le prix de la chambre peut sembler assez onéreux (environ 250 euros la nuit pour une chambre deux personnes), il est en réalité très raisonnable si l'on considère qu'il comprend l'accès aux onsens, mais aussi le dîner - de la cuisine japonaise traditionnelle - et le petit déjeuner - japonais ou "western", au choix.

Je précise ici que ce n'est de loin pas le premier ryokan avec onsen que je fais au Japon. Mais c'est à mon goût l'un des meilleurs et des plus sympas...

 

Et vint Hanami...

Autant dire, donc, que c'est des étoiles plein la tête que je suis retourné vers Tokyo pour profiter du week-end. Changement radical d'ambiance, puisque le temps de l'escapade, les cerisiers avaient fini de fleurir. Et le parc d'Ueno d'être envahi par des dizaines de milliers de personnes: c'est une coutume à Tokyo, lorsque les cerisiers ont fleuri, l'on vient entre amis, en famille, pour pique-niquer à l'ombre des arbres. Là encore, un incroyable spectacle, et une superbe occasion de faire la fête, les stands fleurissant eux aussi un peu partout pour accompagner l'événement. Un final parfait pour un voyage qui le fut, l'un dans l'autre, tout autant.

Et vous, vous partez quand ?

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Japon (Voyage)

Hello tous,

Une fois que l'on quitte Hakone par Odawara, c'est la route vers le sud qui s'ouvre devant vous. Le sud, qui est sans doute synonyme d'une des escales les plus passionnantes que vous pourrez faire au Japon : Kyoto l'historique, celle où l'on flâne le long du chemin des philosophes, celle où l'on renoue avec une autre vision de la ville, loin de l'image d'une gigantesque métropole comme Tokyo. Le Japon de la tradition.

[Comme toujours, pensez à cliquer sur les photos pour les afficher en haute définition]

Le Shinkansen qui vous mène vers Osaka s'y arrête, au bout d'un peu moins de deux heures de trajet. Sortir de la gare ne prend que quelques instants, mais encore faut-il immédiatement s'orienter correctement. La station principale, qui distribue toute la ville et ses environs, est en effet gigantesque - on se perd facilement dans ses galeries souterraines - et, surtout, regarde aussi bien vers le Nord que vers le Sud de la cité. Ce que vous recherchez, c'est la grande sortie Nord, celle qui vous met face à la ville historique. Pour ne pas vous tromper, il y a un moyen très simple : rejoignez, au deuxième niveau, la longue galerie traversant la gare dans le sens nord-sud et cherchez la sortie qui vous met face à la tour de Kyoto. Là, vous serez sûr de vous diriger vers le pôle magnétique de cet hémisphère.

Connaître ce point cardinal est important, à Kyoto, car il va vous permettre de trouver les quartiers historiques de la ville sans trop peiner, la cité étant construite sur un modèle de damier (rues perpendiculaires, à l'américaine). Une fois que vous aurez rejoint votre hôtel et déposé vos valises (beaucoup de ces logements se trouvent justement au nord de la station), vous aurez en effet deux options qui s'offriront immédiatement à vous. Soit aller vers l'Est, où se trouve Gion, le fameux quartier des geishas, soit privilégier l'Ouest et ses temples fabuleux. Le premier peut être rejoint à pied, sachez-le, tandis que le second vous demandera un moyen de locomotion.

Mais Kyoto n'est pas une cité gigantesque, à l'instar de nombreuses villes japonaises. Ici, tout est à taille humaine et, surtout, à portée de baskets. Traverser la ville est un exercice qui peut certes se pratiquer en bus, en métro ou en taxi, mais sachez que vous y perdrez beaucoup de l'âme des lieux, qui se prête à la flânerie et aux escapades dans les quartiers d'habitation. Pour notre part, nous avons opté cette année pour la location de bicyclettes, peu onéreuse. Pas de crainte à avoir : au Japon, le vélo est une institution et l'on se déplace aisément à travers la ville grâce à ce moyen de locomotion. Hormis dans le quartier de Gion, il est de plus relativement aisé de stationner son deux-roues : nombre de petits parkings sont à votre disposition pour peu que vous soyez un peu observateurs - stationner sauvagement son vélo, cela ne se fait pas ! Quant au cadenas, il est évidemment mis à disposition par le loueur... Avec ce petit côté amusant qui vous fera vite constater que nombre de Kyotoïtes n'en possèdent même pas. Le braquage de bicylettes n'est pas un sport très couru dans ce pays... Sinon par les touristes eux-mêmes (sic!)

A présent que vous avez votre vélo, regardez autour de vous (en faisant attention, quand même, à la circulation). C'est la première chose à faire pour s'imprégner de l'ambiance de la ville. L'une des particularités de la culture nippone, c'est sa capacité à admettre la diversité - au moins vestimentaire. A Tokyo déjà, vous aurez pu constater que chacun y va de son look, l'affichant librement dans la rue sans que personne ne trouve à y redire. A Kyoto, l'état d'esprit est différent, mais la règle immuable. La mode n'hésite pas ici à renvoyer à la tradition. Hommes et femmes se promènent, s'ils le souhaitent, en yukata, et l'effet est saisissant lorsque vous croisez pour la première fois ces personnes dans la rue. L'on est subjugé, nécessairement.

Le plus simple, lorsque l'on débarque dans cette ville, tient à commencer par l'Est. En allant vers le Nord, longez Karasuma Dori ( la grande artère  qui traverse la gare de Kyoto) jusqu'à tomber sur le croisement avec Shijo Dori. Là, empruntez cette dernière vers l'Est (à droite, donc), et longez-la une petite demi-heure durant. Pourquoi vous proposer un tel itinéraire ? parce que, très simplement, vous aurez un aperçu immédiat de tout ce que l'Est de Kyoto a à vous offrir. Vous verrez d'abord, sur votre gauche, la gigantesque artère commerçante de Teramachi Dori (dont l'une des perpendiculaires, Nishiki, accueille le food market et nombre d'artisans, ce qui vous permettra de faire vos emplettes souvenir) puis, juste avant de traverser la rivière Kamo, vous retiendrez que c'est ici, sur la gauche, que démarre Ponto-cho Dori, minuscule ruelle où se cachent quelques-uns des meilleurs restaurants de la ville, en plus d'être un quartier très joli à visiter la nuit. Oui, c'est touristique, mais il serait dommage de passer à côté de l'expérience, ceci d'autant plus que vous pourrez y croiser maikos et geishas s'en allant à leur rendez-vous de la soirée, pour peu que vous soyez un peu chanceux. Petit conseil en passant : ne jouez pas au vil touriste sans savoir-vivre et ne les prenez pas en photo sans leur demander leur avis. Ceci d'autant plus que ces demoiselles sont extrêmement gentilles et prendront la pose pour vous si vous leur demandez poliment. Et ce sera encore mieux si vous le leur demandez en japonais.

Teramachi, shopping et temples

 

Ponto-Cho

 

Rivière Kamo

L'autre intérêt de cet axe, c'est qu'il vous mène tout droit à Gion une fois la rivière franchie. Face à vous, très vite, se trouvera le temple Yasaka. De là, vous aurez deux options : repartir vers le sud pour flâner dans le quartier traditionnel en rejoignant progressivement le  Kiyomizu-dera, à visiter absolument tant le panorama y est fabuleux, soit partir vers le nord, en direction du temple Nanzen-Ji. Avantage indéniable de ce dernier, sa proximité avec le chemin des philosophes, balade au bord de l'eau dans des environnements préservés que l'on se doit absolument de découvrir à pied.


La visite de ce quartier de Kyoto mérite quelques avertissements. Extrêmement touristiques, les lieux sont souvent pris d'assaut en journée. Pour les visiter, deux options s'offrent donc à vous : soit vous lever tôt le matin et vous découvrir cette merveille de tradition avec le chant des oiseaux, à l'aube, soit au contraire s'y rendre en fin d'après-midi, avec le risque cependant d'arriver une fois les temples fermés (la plupart d'entre eux cessent d'accueillir des visiteurs à 17h, parfois plus tôt). Dans l'idéal, essayez de faire un temple en toute fin d'après-midi, lorsque les employés ferment ferrière vous: vous aurez un petit aperçu du paradis, ainsi que nous l'avons pu goûter en visitant le Kiyomizu-dera à partir de 17h. Sans compter le retour par le quartier traditionnel débarrassé de ses milliers de touristes, à l'issue de la visite.

Avant de parler des plaisirs de bouche, filons donc à bicyclette vers l'Ouest de la ville. Pour ce faire, surtout, munissez-vous de votre carte et osez vous perdre dans les petites ruelles qui sont au coeur de la cité. C'est le coeur de Kyoto qui y palpite, il a un charme fou. Les voitures n'y sont guère nombreuses, les temples de quartier sont souvent magnifiques dans leur sobriété. Les petits cafés, loin des flux touristiques, y deviennent une étape indispensable, vous y passerez quelques moments privilégiés au beau milieu de la population locale, encline à engager la conversation. Bon, il y a une contrepartie, là aussi : vous mettrez facilement deux à quatre heures pour arriver à destination, en fonction des haltes que vous déciderez. A vous, donc, de vous arranger pour faire coïncider la balade avec les horaires des sites que vous avez envie de visiter. Pour notre part, nous ne voulions guère que parcourir les allées du sublime Kinkaku-Ji, au Nord-Ouest. Mission accomplie, en toute fin d'après-midi : le pavillon d'or, que je n'avais pu visiter lors de mes précédents passages dans la ville, est aussi beau qu'on le dit.

Evidemment, il y a beaucoup plus à voir, du palais impérial au Kannon-Ji, en passant par les innombrables spots touristiques accessibles en train en à peine quelques stations - dont l'incroyable Nara, site classé au patrimoine mondial de l'UNESCO. Mais Kyoto se déguste à son rythme, sans forcer. N'essayez pas de tout voir si vous n'en avez pas le temps : choisissez judicieusement vos priorités, et essayez de vous y tenir, sachant qu'il ne sera pas rare d'en être détourné par la curiosité en cours de route. Ainsi va la vie dans le Kansai, et il est doux de savoir l'accepter.

Le Kansai est également une terre où l'on sait faire bonne chair. Difficile, pour le coup, de vous dresser une liste exhaustive des belles tables à visiter, sachant que vous pourrez de surcroit tomber sur de très bonnes tables populaires au gré de vos balades. Je retiendrai néanmoins quelques adresses qui nous ont marqués lors de ce trip. La première d'entre elles, c'est le un resto à yakiniku assez up que vous trouverez à l'intersection de Shinbashi (superbe rue traditionnelle à visiter, d'ailleurs) et de Yamato Oji Dori: j'ai malheureusement oublié de noter le nom de cette jolie adresse, mais si vous avez envie de voir ce que les japonais sont capables de proposer en termes de parcours culinaire à la viande cuite au charbon de bois - le grill est encastré dans la table ! -, c'est le restaurant qu'il vous faut. Il propose notamment un menu (assez onéreux, comptez 9500 yens par personne) vous invitant à découvrir les différentes parties du boeuf que les Japonais aiment manger. Cela va de la côte et du filet... jusqu'à l'intestin, au coeur et à l'oesophage. Mais ne soyez pas trop inquiets : une fois le réflexe de rejet surmonté, vous constaterez que tout est comestible, et  pour tout dire assez succulent. Il n'y a guère que l'intestin qui continue à me résister, mais ceci pour une raison historique qui m'a amené à en manger selon une préparation particulièrement hardcore, dans le quartier d'Akasaka à Tokyo, lors de mon tout premier voyage dans le pays. Depuis, je bloque.

Dans les environs, vous trouverez également une adresse très réputée, directement dans Shinbashi : le Kishiji. Ce restaurant de grand standing vous propose de la cuisine kaiseki de haute volée. Si vous voulez vous offrir un petit dîner romantique à deux, c'est ici qu'il faut aller.

Enfin, en attendant d'avoir faim - ce qui peut arriver -, longez Yamato Oji Dori vers le Nord. Après le petit parc que vous verrez sur votre gauche, vous trouverez une perpendiculaire sur la droite, Furumonzen Dori. A quelques mètres, sur votre gauche, vous trouverez un escalier descendant vers le sous-sol, au fond duquel se trouve le café The Earth, qui sert des bières du monde et pas mal de whisky. Surtout s'y trouve le barman le plus sympa de la planète, Katsunori, plein d'humour et érudit à ses heures. Je vous conseille chaudement d'y faire un tour, vous y passerez un excellent moment.

Si vous êtes de l'autre côté de la rivière, dans les environs de Teramachi, je vous soumets deux options. La première, c'est le Yakiniku-Hiro, dans Ponto-Cho. Joli restaurant à viande, l'enseigne propose une cuisine de belle qualité, quoique pas donnée. Mais le lieu est réputé. Une adresse parmi d'autres, cependant, sachant qu'il vaut mieux réserver pour avoir une place. Mon conseil : passez dans Ponto-Cho vers midi pour choisir votre resto et réserver, ou faites-le en demandant conseil à la réception de votre hôtel.

L'autre option, c'est de choisir le dîner-spectacle. L'axe parallèle à Teramachi, Shin-Kyogoku (à quelques mètres sur la droite, quand vous regardez l'entrée de la Shopping Arcade de Teramachi) abrite désormais le Ninja Kyoto, drôle d'enseigne où vous trouverez une boutique, un resto en surface et, surtout, une salle de dîner-spectacle en sous-sol. C'est cette dernière qui nous intéresse :si le repas est franchement moyen, le show ici proposé renoue avec tout ce que le Japon peut avoir d'excentrique et décomplexé. Vous y trouverez une équipe d'acteurs et acrobates remarquable s'employant à vous raconter une incroyable histoire de princesse enlevée et de guerriers ninjas partant à son aide, affrontant des araignées géantes, des Vador japonais et autres ennemis plus improbables les uns que les autres. Il y a de l'esprit drama déjanté dans cette affaire, et si vous regardez la chose de manière un peu interloquée durant les premières minutes, soyez certains que vous en viendrez vite à applaudir à tout rompre la performance proposée, complètement folle de bout en bout. Cerise sur le gateau, les acteurs - qui sont également connus à la télé, viennent poser avec le public en fin de spectacle, et discuter quelques instants pour peu que vous sachiez parler japonais. Ils sont franchement sympas, au point que cette soirée reste pour nous l'un des grands souvenirs de ce voyage sur le sol japonais. Comptez environ 10000 yens pour le repas, le spectacle et les boissons. Un peu cher, mais le trip vaut largement le coup.

Voilà, on arrive doucement sur la fin de ce post, qui sera le dernier relatif à ce trip nippon que nous nous sommes offert fin avril. Une dernière petite précision : le séjour tel que je vous le présente ici a été onéreux, indéniablement, parce que nous n'avions qu'une grosse semaine devant nous et parce que, tout simplement, nous avions le budget suffisant pour nous faire plaisir - je vous ferai l'économie de la soirée trèèèès alcoolisée que nous avons passée à Gion, riant comme des baleines avec nos camarades de beuverie japonais... jusqu'à découvrir la douloureuse. Mais sachez que le Japon n'est de loin pas aussi cher que ce que l'on peut en dire ici et là, du moment que vous ne flambez pas. Il est tout-à-fait possible de passer une semaine là-bas pour un millier d'euros, vol et hébergement compris. Bien sûr, il serait dommage de ne pas prévoir un peu de marge pour profiter un peu de ce que le pays a à offrir. Le gros challenge, au Japon, tient surtout à ne pas succomber trop souvent à la tentation...

Pour ma part, la date du prochain voyage est déjà calée : ce sera fin mars, pour Hanami (la floraison des cerisiers), et je prévois d'y aller cette fois avec quelques amis un peu plus rompus à l'exercice. Je vous ramènerai donc de nouveaux lieux - plus originaux, oui, j'ai bien noté les commentaires qui m'ont été faits - et de nouvelles histoires que je me ferai un plaisir de vous raconter ici même. Arigato gozaimaseu !

 

Retrouvez mes précédentes chroniques Tokyo Trip ci-dessous :

Japan trip [1] : Tokyo Deseu !

Japan trip [2] : au vert à Hakone

Et bientôt, la vidéo !

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Japon (Voyage)

Hello tous,

Je vous ai laissés, voici quelques jours, du côté de Tokyo, à profiter de la folle - et paradoxalement assez peu pesante - urbanité de cette métropole de presque 40 millions d'habitants. Pour autant, il serait dommage de se cantonner à cette image du pays, infiniment plus riche de nuances que ce que sa capitale laisse de prime abord supposer. Quitter Tokyo est un excellent moyen de s'imprégner d'un autre Japon, moins frénétique, plus vert, au goût prononcé pour l'esthétique du bois et le mariage de la pierre et de l'eau.

Inutile d'aller bien loin pour s'en faire une idée. J'ai coutume de me rendre du côté  de Kamakura et Enoshima, à une demi-heure (45mn pour Enoshima) à peine de Tokyo, pour me vider la tête et profiter du versant zen de cette culture capable de beaucoup de sérénité. A l'occasion de ce voyage, nous avons opté pour une autre solution, tout aussi satisfaisante. Une petite heure et demie de train au départ de Shinjuku suffit en effet à rallier les montagnes vers l'Ouest, à Odawara. Le point de passage obligatoire pour atteindre Hakone, spot figurant parmi les villégiatures préférées des Japonais. Un vrai petit trip qui vous oblige à vous frotter à la réalité du pays, à l'organisation infaillible de ses réseaux ferrés - mais parfois très complexe à saisir pour l'occidental égaré.

Parce que le plus difficile, c'est encore de s'y retrouver, au beau milieu d'une offre pléthorique - le Japon a fait du réseau ferré le coeur de son système de transports en commun. Et le hub de Shinjuku, à partir duquel nous avons pris le départ, est considéré comme la plus grande gare du pays. C'est dire s'il est aisé de s'y perdre. Le plus simple, pour rallier Odawara, tient donc encore à prendre son billet le jour même auprès d'un guichet tenu par une vraie personne - les guichets automatiques, si utiles pour la circulation dans Tokyo, sont quasiment inutilisables pour des destinations un peu plus éloignées et peu connues si vous ne maîtrisez pas la langue. A partir de là, demandez votre chemin - la voie, mais aussi la dénomination exacte du train : la même voie peut proposer plusieurs  lignes, en fonction de l'horaire. Et ceci sans compter la vocation de la ligne, qui peut être un express, un semi-express ou un standard desservant toutes les stations jusqu'à destination. A Shinjuku, faute d'avoir posé les bonnes questions dès le départ à l'agent d'accueil, il m'a fallu demander mon chemin par trois fois (en japonais) avant de trouver mon train et ma voie. Une leçon que je n'oublierai pas.

Bon plan : demandez à acheter le Hakone Free Pass, si vous êtes à Shinjuku. Valide deux ou trois jours, celui-ci comprend le trajet aller-retour, mais aussi la plupart des déplacements dans la région de Hakone. Plus d'infos sur http://www.odakyu.jp/english/deels/freepass/hakone/

Je vous inquiète ? Soyez sans crainte, il existe des solutions plus simples : en cas de doute, prenez l'express vers Odawara au départ des gares de Tokyo ou de Shinagawa. Si les gares sont grandes, un quai est dédié à cette ligne spécifique qui ne fait pas halte à Shinjuku. C'est la solution pour laquelle j'avais opté lors de mes précédents voyages, et elle conserve ma préférence.

Une fois à Odawara, l'on commence déjà à sentir que l'ambiance générale a changé. Pourtant, guère de respiration depuis Tokyo : le bâti est continu, désormais, constitué de petites maisons empilées les unes sur les autres par souci de densité. Ma mémoire me joue peut-être des tours, mais j'ai l'impression que cet empilement urbain s'est même considérablement accru depuis 2006, date à laquelle j'ai pour la première fois réalisé ce trajet. Je me dis que c'est peut-être là l'une des conséquences du tsunami : un repli massif vers les terres. Pas mal de constructions sortaient de terre.

Mais continuons : il reste à emprunter un petit train de montagne pour rallier Hakone.

Hakone, qui tire son nom du volcan éponyme, se comprend comme une zone lovée autour du lac Ashi, séparée en plusieurs entités. Hakone-Yumoto, Hakone-Machi, Moto-Hakone, Hakone-Itabachi... Autant de petits bourgs qui structurent le site et construisent leur propre identité en fonction de leur positionnement par rapport au cratère, que ce soit sur ses flancs ou dans sa gueule, là où se loge le lac lui-même. La nature, elle, est omniprésente dans cet écrin de montagne où la végétation se fait luxuriante. Le climat est légèrement humide, ce qui fait du bien après un séjour au coeur de la capitale.

Je parlais du volcan "Hakone". La particularité d'une zone de vie adossée à un tel géant naturel, c'est qu'elle prospère en symbiose avec les spécificités d'un tel voisinage. Le sous-sol, brûlant, chauffe les eaux naturellement, celles-ci rejaillissant en plusieurs points sur les flancs du volcan. C'est autour de ces résurgences que sont bâtis les onsens, bains thermaux réputés pour proposer des eaux particulièrement bonnes pour la santé. On leur accorde des vertus pour le dos, mais aussi pour les problèmes de céphalées, de maux d'estomac, j'en passe et des meilleures. L'eau du Mont Hakone est particulièrement réputée à travers le Japon, c'est elle qui se fait le principal moteur du tourisme dans cette région. Pas étonnant donc que tout un réseau de ryokans et d'hôtels profitent de cette ressource.

N'allez pas croire que passer une nuit ou deux dans un ryokan relève d'un lieu commun touristique. Au Japon, les ryokans sont une culture, un véritable art de vivre, l'occasion unique de couper, radicalement, avec le rythme effréné du quotidien. Choisir son ryokan est donc un moment particulièrement délicat. Si celui-ci est trop vétuste ou doté d'onsens trop petits, l'expérience en sera nécessairement altérée. Pour en avoir testé plusieurs au fil de mes voyages, je dirais que le voyageur doit être attentif à plusieurs choses : l'esthétique générale des lieux (on parle de bâtiments souvent traditionnels), les photos des onsens - essayez de privilégier ceux qui proposent des bains en extérieur, c'est incomparable -, et la situation géographique.

Pas mal de ryokans se trouvent au bord de la route qui serpentent sur la montagne, sachez-le. Ils sont néanmoins construits de telle sorte que les chambres donnent sur la rivière Haya-Kawa, vous ne serez pas perturbés. Le prix est également un bon indicateur de la qualité du ryokan que vous choisissez: ne vous attendez pas à des prestations fabuleuses si vous investissez moins de 150 euros pour la nuit par personne : les tarifs comprennent en effet le plus souvent le dîner et le petit-déjeuner, en cuisine traditionnelle kaiseki (edamame, dango, sushis, sashimi, miso, tofu et poisson grillé au menu... même au petit-déjeuner). Mais je peux vous garantir que l'investissement en vaut la peine : c'est sans doute dans les ryokans (s'ils sont bien choisis) que vous forgerez vos souvenirs les plus marquants du Japon.

Pour vous choisir un ryokan, une petite piste à creuser: http://www.ryokan.or.jp/search2/map/area/C750/local/C

Pour notre part, nous avions choisi cette année le Fukuzumiro, à Hakone Yumoto. Très, très bel endroit, avec des prestations d'excellente qualité, mais les onsens étaient trop petits et en intérieur. Hélas, cela a rendu l'expérience moins magique qu'à l'accoutumée. Mais dieu que l'endroit était beau... http://www.japanican.com/en/hotel/detail/4307005/?ar=14

 

Pour l'anecdote, nous avons choisi de passer une seconde nuit dans un hôtel "classique", en l'occurrence  un véritable palace ambiance Japon XIXe siècle : le Fujiya, à Hakone-Machi. Le nom est à retenir si vous passez par là et que vous avez en tête de profiter des avantages des eaux thermales sans vous départir du confort moderne (tout en élégance vintage, c'est sublime): tout le réseau d'eau de l'hôtel est connecté au réseau hydrographique courant sous la montagne, ce qui fait que vous pouvez créer votre propre onsen... dans votre baignoire. La piscine de l'hôtel, chaude, est également alimentée avec cette eau. Accessoirement, si vous êtes sensibles à l'histoire, sachez qu'Einstein, Chaplin et l'empereur du Japon Hiro Hito ont séjourné ici.

Le Fujiya: http://www.fujiyahotel.jp/en/index.html

 

 

A voir, à faire

A présent que vous êtes confortablement installés dans votre hôtel, ou ryokan, vous devez vous demander ce que vous pouvez faire dans cette région escarpée. Le premier des loisirs, je l'ai dit, tient à profiter des onsens. Celui de votre hôtel, évidemment, mais pas seulement : le territoire a structuré toute une offre permettant aux amateurs de vaquer d'un onsen à l'autre, moyennant un billet acheté à la journée. Faites un tour par l'office de tourisme pour vous renseigner, en arrivant à Hakone : la tournée des onsens est une possibilité qu'il serait dommage d'écarter d'emblée, tant certains sites sont fabuleux. Evidemment, cela suppose peut-être de prendre trois jours sur place, le temps de découvrir tout ce que la région a à proposer.

Car le Mont Hakone regorge de petits coins magiques à visiter. Si vous avez peu de temps, vous irez directement à l'incontournable : le site d'Owakudani, à flanc de volcan, renvoie immanquablement au sulfatar du Vésuve, en Italie. Ce qui y attend le visiteur, ce sont des fumerolles témoignant de la forte activité volcanique des lieux, une zone aride, de laquelle la végétation a quasiment été bannie, ainsi que des résurgences d'eau brûlante, sulfurée, que les Japonais ont astucieusement mises à contribution pour lancer une activité pour le moins inattendue : la cuisson d'oeufs. Ceux-ci sortent noirs du traitement qui leur est appliqué, avec un très léger goût souffré qui n'est pas déplaisant, au contraire même. La dégustation de ces oeufs est devenue sur place l'une des activités à ne pas manquer. Vous partagerez l'expérience avec des dizaines de visiteurs, autour de tables en pierre installées là pour racueillir les coquilles brisées. Japon oblige, tout le monde met ses déchets dans la poubelle voisine, n'oubliez donc pas de vous plier aux moeurs locales.

Les émanations de fumées peuvent être difficiles à supporter, non seulement à cause de l'odeur, qui peut être très forte, mais aussi parce qu'elles sont potentiellement toxiques, ainsi qu'une pancarte le rappelle à l'entrée (le site est d'ailleurs fermé lorsque les émanations sont trop fortes, et la balade est déconseillée aux personnes fragiles, cardiaques, et aux femmes enceintes). La promenade peut donc s'avérer assez éprouvante. Mon conseil : ne forcez pas, et cantonnez-vous à la zone basse du site si vous sentez que vous allez ne pas y arriver.

L'avantage, avec Owakudani, c'est que le site est très bien desservi. Un funiculaire menant sur les berges du lac Ashii, notamment, y fait étape : prenez-le, ce sera peut-être l'occasion, si le ciel est dégagé, de voir surgir le mont Fuji et bénéficiant d'un point de vue exceptionnel. Nous n'avons pas eu cette chance, cette année, le ciel étant très couvert, ce sera pour une prochaine fois...

(Deux photos Wikipedia, histoire de montrer ce que nous, nous n'avons pu voir...)

 

Une fois sur les berges du lac, on ne manquera pas de comparer la rive nord à la rive sud. La première, celle que vous découvrez en descendant du funiculaire, à Tôgendai, est assez triste, mais en marchant un peu vers l'Est, vous pourrez faire escale dans l'un des petits restaurants qui se sont installés là (en n'oubliant pas qu'après 16h, les transports en commun deviennent de plus en plus rares, donc prenez vos précautions et vérifiez les horaires de celui que vous aurez choisi, à moins de devoir prendre un taxi pour rentrer à l'hôtel). Vous pourrez, en poussant vers les pontons, louer des bateaux-canards pour aller sur le lac et profiter du paysage si le Mont Fuji se dévoile. Vous pouvez aussi décider de traverser le lac en prenant l'un des bateaux pirates (sic!) qui ont été mis en eau ici pour transporter les touristes. C'est kitsch, ça ne colle absolument pas au décor, mais c'est bien pratique. Surtout, cela vous permet de rallier assez rapidement la rive sud, où il y a beaucoup plus à voir.

 

Une fois au sud du lac, c'est en effet l'histoire du Japon qui structure le paysage. Un majestueux torii planté dans l'eau, d'abord,  annonce la présence du sanctuaire Hakone-Jinja, qui date du VIIIème siècle. La vieille route qui longe le lac, à l'écart de l'axe principal de ciruclation, mérite également le détour: vous y trouverez les vestiges d'un ancien poste de douane qui séparait, autrefois, les préfectures d'Edo et de Kyoto, sur la route du Tokaido. Il s'agissait d'un point de passage stratégique.

Lorsque j'ai découvert Moto-Hakone pour la première fois, en 2006, il n'y avait là guère que quelques maisons, un centre touristique et quelques rares espaces de restauration. J'ai été surpris de constater qu'ici aussi, pas mal de petites demeures avaient poussé ces dernières années. Pas encore suffisant, cependant, pour gâcher la sérénité des lieux, mais je m'inquiète: à ce rythme, le lac Ashii ne sera plus le même d'ici quelques années.

Mais qu'à cela ne tienne. Pour l'heure, le plaisir est intact, et Hakone reste une destination à envisager sérieusement si vous décidez de vous lancer pour la première fois à la découverte du Japon. Vous vous y ressourcerez, et c'est aussi ici que vous pourrez effectuer quelques emplettes pour ramener des souvenirs à votre famille ou à vos amis : outre une activité artisanale assez soutenue, la région est aussi réputée pour être une terre privilégiée en termes de production de petits gateaux. Méfiez-vous néanmoins : la plupart de ces gateaux sont réalisés à partir de pâte d'azuki (haricot noir), et certains d'entre eux vont jusqu'à être fourrés... de poisson et de confiture. True story.

Il est temps de quitter les flancs du volcan, à présent, pour rallier Kyoto, dernière étape de ce périple (à nouveau) initiatique. On se retrouve d'ici une petite semaine pour faire le point sur ce qui restera, comme bien souvent lors de mes voyages au Japon, le plus beau souvenir de ce périple.

En attendant, vous pouvez toujours retrouver la première partie du voyage, à Tokyo, à l'adresse http://www.gameblog.fr/blogs/noiraude/p_104597_japan-trip-1-tokyo-deseu

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Japon (Voyage)

Yo minna !

A peine de retour de mon trip nippon que déjà je trépigne d'impatience à l'idée de partager ce qui a constitué mon cinquième voyage là-bas depuis 2006 - et sans doute le plus réussi à ce jour. Pour le coup, je suis parti avec des amis, ce qui m'a incité à effectuer un petit retour aux sources et à repasser par des contrées que j'avais déjà arpentées, à savoir Tokyo, Hakone et Kyoto. Mais l'avantage de ce genre de voyage, c'est que l'on s'emploie autant que possible à sortir des sentiers battus pour s'offrir des moments un peu plus "authentiques", si j'ose dire, que les traditionnels clichés de cartes postales. Je vous le dis tout de go : en la matière, le séjour a dépassé largement mes espérances.

Grosse différence avec mes précédents séjours, j'ai pu suivre quelques cours de japonais, ce qui me permet désormais de baragouiner quelques phrases et de comprendre sommairement ce que l'on me dit, du moins si cela se cantonne aux choses simples. Je me rends à l'évidence : cette maîtrise sommaire de la langue a sans doute beaucoup joué dans les relations que j'ai pu nouer avec les Japonais, même si j'ai l'impression, également, que leur ouverture sur l'extérieur est plus franche qu'il y a une dizaine d'années. De manière générale, j'ai pu lancer des conversations en faisant usage de leur langue, pour découvrir que cette pratique très sommaire les rassurait quant à leur maîtrise de l'anglais : les discussions pouvaient donc se mener sur un mix intéressant de japonais et de langue de Shakespeare, auquel venaient s'ajouter quelques gestes en langue des signes lorsque nous buttions sur des termes précis. Mine de rien, cela nous a permis d'aborder des sujets assez variés, tout en m'amenant à constater que mes interlocuteurs faisaient preuve d'une véritable curiosité. C'est, pour moi, une nouveauté.

Comme je l'indiquais précédemment, c'est par Tokyo que nous avons débuté le trip. Comment d'ailleurs faire l'impasse sur cette métropole tentaculaire, gigantesque, dont chaque quartier est une ville à part entière, avec son ambiance propre, ses commerces, ses centres vitaux ? Tokyo reste égale à elle-même, fabuleuse d'urbanité, de verticalité, mais capable de mémoire, de culture au détour de chaque coin de rue. Nous avions choisi de loger à Shinjuku, le fameux quartier des "plaisirs" - rassurez-vous, ça ne va pas chercher bien loin - afin de pouvoir profiter de nos nuits pour sortir autant que possible. C'est un choix que je ne peux que conseiller : non seulement celui-ci permet-il de se conformer aux us très alcoolisés des Nippons - mon dieu ces maux de tête matinaux ^^ - sans risquer l'accident et sans avoir à surveiller la montre pour guetter le dernier métro, mais il nous a aussi amenés à mieux connnaître cette ville dans la ville, qui vit 24h/24, dans laquelle chaque petit escalier peut mener à un bar miraculeux et insoupçonné. L'on y doit toujours prendre garde à ne pas tomber dans un bar à hôtesses, mais ces agréments se repèrent rapidement, ce qui permet de les éviter sans difficulté. Mon conseil : n'hésitez pas à pousser les portes pour voir ce qui se cache derrière. Le seul risque, c'est que vous soyez enchantés de ce que vous allez trouver...

 

 

I. Une petite envie de yakitori

Shinjuku, donc, pour commencer. De mon point de vue, il faut entamer la découverte des lieux en faisant le tour de la gare elle-même. Cela permet de s'orienter - ce qui n'est pas négligeable tant les lieux peuvent être labyrinthiques -, et cela vous amènera sans doute à tomber sur Omoide Yokocho, petite ruelle assez connue des touristes, mais aussi des Tokyoïtes eux-mêmes, parce qu'elle abrite des restaurants à yakitori du genre "plus typique, tu meurs". Omoide Yokocho  se situe sur l'une des parallèles à la gare, lorsque vous descendez en longeant cette dernière depuis la station de bus de la West Exit.

Pour voir le lieu sur une carte : http://www.thinglink.com/scene/517676470894592001

 

J'ai pu lire ici et là des commentaires pas toujours très sympathiques de la part de voyageurs qui se sont estimés floués par l'un ou l'autre de ces restaurants d'extérieur (il n'y a pas de murs, juste un comptoir et des sièges). Il m'est effectivement arrivé à l'occasion d'être victime de pratiques un peu limite - encore que cela ne soit jamais allé bien loin - aussi je me permets de vous livrer un petit conseil pour éviter les mauvaises surprises : rendez-vous à Omoide Yokocho aux alentours de 18h et arpentez la ruelle du nord au sud pour voir comment se comportent les restos, quelle est leur fréquentation. La chose est simple : si vous n'y voyez que des occidentaux, méfiez-vous. En revanche, si des Japonais y élisent domicile, voire font la queue pour accéder aux lieux, n'hésitez pas à suivre leur exemple : c'est que vous êtes tombés sur une petite perle d'izakaya, qui se surcroît vous surprendra probablement par des prix très bas. Pour tout vous dire, nous nous sommes offert un gueuleton d'une bonne quinzaine de brochettes chacun, à quatre, avec fruits de mer, poulpe, poulet, boeuf, anguille, thon, saumon, noix de Saint-Jacques, j'en passe et des meilleures, le tout arrosé de deux bières chacun et de saké à foison, pour moins de 10 000 yens, soit moins de 80 euros. Je n'ose imaginer combien un tel repas aurait coûté dans nos contrées...

 

II. Un bar pour le plaisir

Shinjuku, ce sont aussi des bars à perte de vue, avec du bon et du nettement moins bon. Comment s'y retrouver ? Il n'y a pas de recette miracle, il faut entrer dans le bar et tenter l'aventure. Si une demoiselle s'assoit à votre table, fuyez, l'addition risque d'être très salée. Mais si vous découvrez un petit comptoir de rien du tout, avec quelques places à peine, ne reculez pas d'office : ces mini-bars sont bien souvent d'excellents lieux pour faire connaissance avec des Japonais, qui raffolent de ce genre d'endroit. Les prix y restent corrects - comptez 7 à 10 euros le verre de whisky, breuvage qui constitue souvent leur spécialité, mais sans exclusive - et vous pourrez bien souvent entamer une sympathique discussion avec la barmaid (la plupart du temps, c'est une femme qui tient le bar), puis avec les Nippons qui viendront vous rejoindre. Nous avons trouvé une chouette adresse, que je partage ici avec vous : le bar Kurebawakaru Part 2, petit spot au premier étage d'un ruelle paumée au nord-est de la gare de Shinjuku, est une très belle découverte. Pour vous y rendre, je vous mets la map ci-dessous. Repérez la promenade dans la coulée verte, la ruelle - qui n'a pas de nom - est la première à droite si vous venez du sud, le bar se trouve tout au bout sur la droite, au premier étage.

La map : http://www.thinglink.com/scene/517682071565500417

Sinon, vous avez aussi la possibilité, pour le plaisir, de vous offrir le bar en roof top de l'hôtel Hyatt Park : le New York Bar. C'est aussi à Shinjuku (impossible à rater d'ailleurs tant la tour est gigantesque), et la vue laissera immanquablement tout le monde bouche bée (c'est dans ce bar qu'a été filmée la scène mythique de Lost in Translation). La contrepartie, c'est le prix du cocktail (comptez 2000 à 3500 yen) et le droit d'entrée, fixé à 1000 yen par personne. Astuce : venez avant 20h, vous y échapperez. Et ne vous trompez pas en cours de route : il y a plusieurs bars au fil des étages, le NY Bar étant au 52e niveau.

 

III. Les perles de Tokyo : Shibuya, Harajuku, Yoyogi

Le long de la Japan Rail Yamanote, vous ne pourrez pas passer à côté si vous faites escale à Tokyo : les quartiers de Shibuya, Harajuku et Yoyogi sont les points de passage obligés pour tout visiteur qui se respecte. Je vais passer rapidement sur ces spots : les guides sont bien assez riches d'infos sur le sujet.

 

Shibuya, c'est la statue du chien Hachiko autour de laquelle tous les Tokyoïtes se donnent rendez-vous, mais aussi le plus grand croisement piéton du monde, des magasins à perte de vue, un resto sushi sur tapis roulant d'enfer (Genki Sushi, voir ci-dessous) : pour faire simple, si vous avez envie de faire des emplettes, c'est ici que ça se passe ! En cherchant un peu, vous trouverez même un Mandarake en sous-sol, enseigne qui se charge de vendre du manga en veux-tu en voilà, mais aussi des figurines (beaucoup) et du jeu vidéo (beaucoup moins). J'y reviendrai, d'ailleurs : le jeu vidéo est en perte de vitesse à Tokyo, et ceci même à Akihabara. Inquiétant.

Pour trouver Genki Sushi : http://www.tripadvisor.fr/Restaurant_Review-g1066456-d4234509-Reviews-Genki_Sushi_Shibuya-Shibuya_Tokyo_Tokyo_Prefecture_Kanto.html

Harajuku, c'est avant tout Takeshita Street, artère dans laquelle se vendent les tenues des jeunes et jolies Tokyoïtes branchées et/ou gothic, voire gothic lolita. Instant shopping pour ces dames donc (le magasin Laforêt est, selon les demoiselles présentes lors du trip, une référence), et puri kura de rigueur puisque le quartier regorge de ces photomatons typiquement nippons. Ensuite, retournez vers la station de métro Harajuku en rebroussant chemin dans Takeshita, prenez sur votre gauche et empruntez le pont sur votre droite : c'est ici que les cosplayeurs nippons se donnent rendez-vous, surtout le week-end. Pour les photos fun, l'endroit est incontournable. Enfin, pénétrez dans le parc Yoyogi et laissez-vous porter : un temple, un jardin payant (mais à voir !), pas mal d'espaces verts dans lesquels flâner... Yoyogi est une petite merveille pour peu que vous ayiez envie de vous mettre un peu au vert. Et n'hésitez pas à sortir des axes principaux, bondés de touristes : les petits chemins du parc sont un régal de chaque instant.

 

IV. Moins connu : le quartier de Yanaka

Je pourrais vous dire de faire un petit tour par Ginza, Asakusa ou même Akasaka et Ikebukuro. Tous ces quartiers sont cependant très bien traités par les guides. Aussi, je vous conseille pour ma part de vous rendre au nord-est du centre, au nord de la station d'Ueno (à voir également, ne serait-ce que pour son parc fabuleux), afin de découvrir le quartier de Yanaka. Epargné par l'incendie ayant ravagé Edo en 1657 et par les bombardements de 1945, le quartier fait partie des quelques endroits donnant encore une image authentique de Tokyo, de cette capitale riche de sa culture et de ses traditions. La structure du bâti renvoie à un habitat dense, mais peu étagé, dans lequel se glissent moult petits (et grands) temples, des cimetières, des échoppes artisanales ayant échappé à l'internationalisation.

On s'y perd avec délectation dans les ruelles piétonnes pour la plupart, on s'arrête dans les petits cafés qui rythment la balade - peu d'occidentaux à l'horizon, d'ailleurs - goûtez le tofu, le thé, achetez un peu de papier chez Isetatsu (vous ne serez pas déçus du voyage). Yanaka est un petit moment de détente si vous en avez assez d'entendre parler français un peu partout : le tourisme hexagonal se fait particulièrement présent ces temps-ci au Japon, aussi est-il plaisant de sortir quelques heures durant des allées mentionnées par les guides.

 

V. Tsukiji, le jour

Tout le monde vous le dira : il faut aller à Tsukiji à l'aube, et si possible être là-bas dès 4h du matin pour faire la queue et gagner le droit d'assister à la criée du petit matin. Pour autant, il est également sympathique de s'y promener en journée, un marché se tenant autour de la criée pour revendre le poisson pêché du jour. Les odeurs, les couleurs, tout est là pour vous inviter au voyage, et surtout à faire halte dans l'un des sushis bars qui fleurissent sur place. Difficile de vous planter : la fraîcheur du poisson est telle que la moindre bouchée est un régal.

Attention toutefois : certains restos se spécialisent dans des sushis moins accessibles a priori aux occidentaux, ce qui peut rendre la dégustation un peu difficile. Surtout, ces sushis bars ont également pour pratique de lever les filets sur le poisson vivant, pratique ô combien barbare que je trouve difficilement soutenable, quand bien même l'on me répondra que la saveur est incomprable. Voir un poisson dépecé continuer à se débattre sur une pique tandis qu'un consommateur se charge de manger les filets est un spectacle auquel je ne souhaite plus jamais assister. Vous êtes prévenus...

 

VI. Akihabara en perte de vitesse ? Vite, un maid café !

Blog jeux vidéo oblige, je ne pouvais pas passer par Tokyo sans faire une petite escale par Akihabara, la Mecque des gamers et, surtout, des retrogamers. Mais quelle douche froide ! Comparé à mon dernier passage, en 2010, la plupart des enseignes où j'ai mes habitudes ont beaucoup perdu de leur stock, au point que j'ai repéré à peine une vongtaine de jeux Neo Geo AES (dont quinze dans le Trader, c'est dire) sur les quelque dix boutiques que je me suis employé à décortiquer lors de mon passage. Il semble qu'Akiba peine de plus en plus à proposer des oldies vraiment rares de l'époque 8 et 16 bits, même si la Super Famicom reste heureusement bien représentée. Et encore : s'il reste possible de trouver quelques pièces à prix décents côté logiciels, il est beaucoup plus difficile de mettre la main sur du hardware. Je n'ai pas vu une seule Neo Geo, ou même une Coregrafx voire une PC Engine GT, ce qui donne une petite idée de ce qu'il est en train de se passer dans le quartier.

Ma petite acquisition sympa, à défaut d'être vintage : la retroduo portable V.2

Je ne pense pas, en revanche, que le retrogaming soit réellement en perte de vitesse : les boutiques sont toujours bien présentes, mais considèrent que le vintage renvoie désormais à des machines comme la Saturn, la Dreamcast, la N64, la Gamecube, la PS1 et la PS2. En l'occurrence, il y a là aussi bien du hardware que du software, et à des prix encore souvent très doux.

J'ai lu ici et là que les maid cafés occupaient de plus en plus le quartier. C'est vrai, mais je ne suis pas de ces ayatollahs qui y voient un crime de lèse-majesté. Akihabara est suffisamment grand pour accueillir plusieurs types d'activités, et il est assez agréable, l'un dans l'autre, d'arpenter les boutiques de jeux, de figurines, d'électronique, tandis que votre moitié s'offre un petit instant shopping dans une boutique de fringues, avant de se retrouver en couple pour aller profiter d'un maid café. Car non, CE N'EST PAS SALE. Loin de l'image qu'on leur colle en occident, ces endroits sont avant tout un vrai moment de détente et de plaisir, tant ils savent distiller la bonne humeur. Les demoiselles qui assurent le service sont bien souvent charmantes, très gentilles et aux petits soins pour vous, ce qui vous permet de passer un excellent moment.

Nous avons cette année opté pour le Maidreaming (http://maidreamin.com), qui présente l'avantage de vous mettre au contact de maids qui ont sorti récemment un album de J-pop. Le show s'accompagne donc d'un véritable spectacle chanté sur scène, au fil duquel les jeunes femmes font preuve d'un vrai talent d'artiste. Bon, et je ne vous parle pas des salary-men qui enlèvent leur cravate et la font tournoyer pendant le show, histoire de bien montrer qu'ils sont des groupies inconditionnels des chanteuses en goguette. Un moment rare de fou rire inextinguible et partagé, puisque ces Japonais ont bien rigolé avec nous, eux aussi : nous avons joué le jeu et soutenu comme il le fallait la comparaison avec ces fans assumés ^^

C'est ici que s'arrête la première partie de ce trip nippon. D'ici quelques jours, on fera halte dans une partie bien plus traditionnelle du Japon : la région d'Hakone. On y parlera d'oeufs tout noirs, de ryokans, de nature, d'un lac fabuleux et de mésaventures mettant en avant l'incroyable gentillesse des Japonais. A très vite !

 

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Japon (Voyage)

Hello tous !

Après une grosse semaine d'absence, me voilà de retour avec le plein d'anecdotes pour vous raconter un Japon comme on n'en parle pas assez dans les guides de voyage. On fera ça en trois étapes : Tokyo, Hakone et Kyoto, des villes que je connaissais déjà auparavant mais que je me suis amusé à redécouvrir sous un oeil un peu différent. On y causera donc culture et patrimoine, évidemment, mais aussi bonne bouffe, fous rires, rencontres sympas et virées insolites. A demain pour le premier épisode : Tokyo évidemment !

 

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Japon

Hello tous,

Aujourd'hui, envie de vous faire découvrir un très chouette manga, dont j'ai tiré une chronique dans mon canard voici peu. Vous trouverez ci-dessous la reproduction du papier...

 

Sombres présages

Un thriller intelligent où se pose à chaque page la question des inégalités sociales. Dessin Tetsuya Tsutsui / Ki oon

Un thriller intelligent où se pose à chaque page la question des inégalités sociales. Dessin Tetsuya Tsutsui / Ki oon

 

Mangaka profond et engagé, Tetsuya Tsutsui a fait du dessin un vecteur pour parler des dérives de notre société. Son crayon interroge, avec « Prophecy », la conscience du web et la révolte qui y gronde face aux inégalités. Constat glaçant mais passionnant.

 


Depuis ses premières oeuvres, Duds Hunt et Reset, au milieu des années 2000, le mangaka pose immuablement l'informatique et Internet en toile de fond. Ce n'est pas innocent : pour lui, c'est à travers ces vecteurs que s'écrit la nature profonde de son pays, malade de son économie, de sa jeunesse désabusée ; c'est ici que bat le coeur de la révolte, celle des victimes d'un système qui a perdu raison et humanité.TETSUYA TSUTSUI est un observateur avisé des grandes évolutions de notre société. Et pour lui c'est l'avènement de la technologie qui a visiblement changé la donne.

Les interrogations portées par l'oeuvre de Tsutsui prennent des formes multiples. Dans Duds Hunt, la violence devenait exutoire face à une pression professionnelle trop forte, via un jeu organisé à travers le web. Dans Reset, c'est dans un jeu vidéo en réseau qu'un jeune otaku prenait sa revanche sur le monde qui l'avait brimé. Avec Manhole, le mangaka mettait en scène la propagation délibérée d'un agent biologique dont la nature exacte était identifiée sur une page d'un site internet. Mais le fond, lui, varie peu. A chaque fois, l'auteur fait de la réaction à une agression du monde extérieur l'élément déclencheur de son intrigue. Comme pour signifier que c'est dans la violence que l'on pense banale, celle du quotidien, que prennent leurs sources les pires dérives de notre société.

C'est encore cette conception qui sert de point de départ au nouveau seinen de l'auteur, Prophecy. Cette fois, un justicier anonyme annonce ses forfaits en postant une vidéo sur une page web avant de les concrétiser. Des actes qui ciblent des criminels, des pervers impunis, et qui suscitent bientôt un soutien de plus en plus important de la part des internautes, omniprésents et avides de suivre cet exutoire à leurs propres frustrations. Car derrière le masque du tueur, ce sont les humiliés et les victimes qui prennent la parole, qui tiennent leur revanche. Mais une question pointe, en filigrane : le remède n'est-il finalement pas pire que le mal ? Quid du cycle de la violence ainsi engendré ?

 

Trait fin et précis

 

Développé en partenariat avec les éditions françaises Ki-Oon, Prophecy devrait se découvrir au fil de trois volumes. Le premier, disponible depuis peu, permet d'apprécier le trait fin et précis de l'auteur au fil d'un thriller haletant et très bien écrit. A découvrir, de même que les précédentes oeuvres de Tsutsui, rééditées en France à l'occasion de la sortie de ce nouveau manga. A réserver aux parents, cependant...

Le lien original: http://www.dna.fr/culture/2012/08/05/sombres-presages

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Hello tous,

 

Aujourd'hui, une très jolie vidéo sur laquelle je suis tombé par hasard ce matin, et qui donne en deux minutes une bonne idée de l'âme de la capitale nippone, Tokyo. Chapeau à son auteur, Romain Alary.

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Bonjour à tous,

Aujourd'hui, je vous emmène à la découverte d'une petite vidéo réalisée avec le nouveau D4 de Nikon, et qui a le très bon goût de nous faire découvrir le quotidien des Tokyoïtes, leur culture des cafés, loin des grandes artères pleines de bruit et de lumière. C'est ce Tokyo-ci, celui des banlieues, que j'adore, plus encore que tout le reste...

Vidéo réalisée par Blue sniff sur Viméo, à retrouver sur http://vimeo.com/user1710303

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Japon

Yop tous,

 

Petite info en bref pour ceux que ça intéresse : l'anime Bleach s'arrêtera officiellement le 27 mars au Japon, au terme de l'arc Fullbring. On ignore pour l'instant si cet arrêt est définitif, sachant que l'arc suivant du manga - qui sera pour le coup  le dernier de la saga - vient de commencer sur le papier. On peut imaginer que La guerre sainte fera l'objet de quelques OAV.

Cette disparition de Bleach du panorama de la production nippone intervient assez logiquement, l'arc Fullbring ayant déçu plus d'un fan. Plus d'infos dans ce post dès qu'on en sait davantage...

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