Rêves électriques

Rêves électriques

Par Noiraude Blog créé le 17/09/10 Mis à jour le 14/05/17 à 18h00

30 ans de passion pour les jeux vidéo, le Japon et le cinéma, ça laisse forcément des traces. Vous voulez en savoir plus?

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Ces mangas dont on ne parle pas

Hello tous,

Si vous êtes un peu lecteurs de manga, vous n'êtes sans doute pas sans savoir que le Japon peine à offrir ces dernières années des grandes séries fédératrices à l'image de ce que Bleach, Naruto, Fairy Tail ou One Piece ont pu être au courant des années 2000 - et continuent d'être, au moins pour One Piece. Le genre très particulier du shônen, qui s'adresse en priorité aux adolescents et met en scène un jeune héros qui va combattre et devenir de plus en plus fort pour ses idéaux à force de courage et d'abnégation, ne se renouvelle plus guère. Inutile de chercher l'explication bien loin : la crise ne touche pas que l'Occident, et le marché du manga tend à faire moins confiance aujourd'hui aux jeunes talents que c'était le cas voici quelques années encore. Le système de prépublication serait-il en train de commencer à montrer des signes de fatigue ? C'est bien possible, a fortiori lorsque l'on décortique la drôle de trajectoire qu'a suivi One Punch Man avant de devenir une oeuvre reconnue, au moins au Japon.

C'est une histoire, de fait, qui démarre sur le web par un beau matin de l'année 2009. One, un illustre inconnu travaillant sous pseudo, commence à publier sur sa page web (http://galaxyheavyblow.web.fc2.com/) les histoires d'un drôle de super-héros. Nous sommes alors le 3 juin 2009, et très vite le bouche-à-oreille commence à remplir son office. Pas très joli mais fichtrement bien raconté, le manga One Punch Man aborde le genre du shônen de manière totalement inattendue, au point d'interloquer, puis de passionner les foules. Au plus fort de la publication du manga, ce sont pas moins de 20 000 personnes qui se connectent quotidiennement au site de One, et c'est par millions (10, en fait) que sont visualisées les pages de son oeuvre, laquelle présente tout de même au total 92 chapitres totalement déjantés.

Et c'est ici que l'affaire prend une tournure encore plus étrange. Yusuke Murata, le mangaka à l'origine du cultissime shônen EyeShield 21 (hélas trop méconnu sous nos latitudes), finit par tomber sur le travail de One. Séduit par l'approche de l'artiste, il décide de le contacter via twitter (https://twitter.com/ONE_rakugaki) pour lui faire une offre qui ne se refuse pas : Murata se propose de prêter son dessin à l'histoire de One, et donc de faire un remake de l'oeuvre qui sera publié sur le site Young Jump Web Comics de la Shueisha (http://youngjump.jp/). Et le rêve devient réalité le 14 juin 2012. Depuis lors, One Punch Man se voit offrir une inédite visibilité, au point que Viz Média en a récemment acquis les droits pour une traduction en anglais à des fins de publication sur le Weekly Shônen Jump Digital Magazine. De là à le voir un de ces quatre matins débarquer en France, il n'y a qu'un pas.

Et ce pas, on commence à être quelques-uns à l'espérer ardemment. Parce que One Punch Man, pour l'heure à découvrir uniquement en fansub pour sa version française (allez hop, vu qu'il n'y a pas d'éditeur en France pour l'instant, allez jeter un oeil sur le site de la MFTeam), est une petite merveille, aussi capable de verser dans un humour désopilant que d'aligner les planches plus élégantes - et impressionnantes - les unes que les autres. L'écriture de One et le dessin de Murata, associés, font des merveilles pour raconter cette épopée d'un super-héros devenu si puissant que plus rien ne peut l'atteindre. Vous avez bien lu : les perspectives du shônen, ici, sont totalement inversées, dès la troisième page du premier chapitre. Il fallait oser.

One Punch Man, ainsi, est l'histoire d'un jeune chômeur, Saitama, qui vit au beau milieu d'une planète régulièrement attaquée par des monstres de plus en plus repoussants et puissants. Le truc, c'est que Saitama est épris de justice, et a décidé de devenir le super-héros le pluspuissant de la planète. Résultat : il s'entraîne trois années durant, à raisons de 100 pompes, 100 tractions et un peu de jogging chaque jour, pour finir par atteindre son objectif. Le seul souci tenant à ce qu'il est trop bien arrivé à ses fins : Saitama est devenu si puissant que plus rien ne lui résiste. Un seul coup de poing, et le plus puissant des adversaires mord la poussière.

Là où l'histoire, déjà passionnante, devient franchement brillante, c'est lorsque l'on comprend que cet état de fait pèse lourdement sur le moral du héros. D'abord, ses trois ans d'entraînement lui ont coûté ses cheveux, et être chauve à 24 ans, c'est quand même regrettable. Ensuite, le pauvre Saitama est devenu très détaché des choses, à force de ne plus ressentir l'excitation du combat. Alors, il se réfugie dans un cynisme assez salvateur, qui ne l'empêche cependant pas de montrer très vite de vraies qualités de coeur. Enfin, quand l'humeur va bien.

Evidemment, One tricote à partir de ce postulat un scénario qui révèle vite une vraie profondeur, et pas mal de subtilité. Ici, face à des ennemis qui deviennent de plus en plus puissants, le principal intérêt de la narration tient à savoir quand, comment et pourquoi Saitama va se décider à agir. Le moteur de l'histoire, ainsi, devient la motivation du héros, et voilà comment l'on se retrouve, de manière assez improbable, en présence d'un shônen qui se préoccupe davantage de psychologie que de spectaculaire. Alors que, pourtant, il l'est.

Car One Punch Man pue la classe. Drôles, parfois hilarants, les chapitres dessinés par Yusuke Murata dévoilent très vite tout le potentiel du crayon du mangaka, qui semble de plus avoir trouvé ici un challenge à sa mesure. Le résultat est incroyable : chaque planche fourmille de détails, les ennemis, comme les alliés bénéficient d'un design, d'une esthétique proprement impressionnants, ce qui accentue encore cette narration à deux vitesses qui fait tout le sel du manga. Parce qu'à côté de Saitama, il y a des humains, quelques héros et des ennemis qui se prennent, eux, très au sérieux. Bonjour le décalage lorsque tout ce petit monde se retrouve face au héros de l'aventure, improbable gringalet sans un poil sur le caillou dont personne n'imagine, de prime abord, qu'il détient la puissance d'un dieu.

Pour l'heure, 35 chapitres ont été publiés sur Young Jump Web Comics, et l'on commence à y prendre la mesure du potentiel de l'histoire à travers un artifice scénaristique assez finement amené et qui préserve One Punch Man de tout risque d'essoufflement pour l'instant. Un ingrédient unique de plus dans une recette qui tient fort du graal pour les fans de shônen en mal de nouveautés. Alors, Liedh, t'as craqué ?

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Commentaires

Kaeru-san
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Kaeru-san
Merci pour la découverte, je ne connaissais pas du tout... Et puis les dessins de Murata sont juste stylés !!!
Kalakoukyam
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Kalakoukyam
J'achète aussi. \o/

Et Eyeshield 21 ! :wub:
Noiraude
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Noiraude
Totalement d'accord, Yao ;-)
Yao
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Yao
Ahhhh ça fait du bien de parler de ce génie du manga !! Eyeshield quoi !!! :wub:
Le plus fou, c'est de le voir dessiner en live ses planches !! Tu regardes et tu meurs !!! Ce mec c'est un psychopathe !!

http://www.ustream.t...m_medium=social
Celimbrimbor
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Celimbrimbor
Tu m'as tué.

Celim.
Noiraude
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Noiraude
Bof, j'ai toujours dit que ce blog était une grenade à fragmentation.
Celimbrimbor
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Celimbrimbor
Désintégrés, maintenant.
On s'éloigne du sujet, là, non ?

Celim.
Noiraude
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Noiraude
Une communauté de fans intégristes, ça ;o)
Celimbrimbor
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Celimbrimbor
J'imagine même pas ce que doivent penser les gens que j'ai dispersé un peu partout...

Celim.
Noiraude
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Noiraude
Ouais, c'est laid. Mais comme on dit "qui aime bien châtie bien", ça veut dire qu'on s'adore ^^
Celimbrimbor
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Celimbrimbor
C'est moche, autant d'ironie en si peu de messages.

Celim.
Noiraude
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Noiraude
Et c'est d'ailleurs précisément pour cette vertu que je t'aime tant :lol:
Celimbrimbor
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Celimbrimbor
Un jour, on m'érigera une statue sur le socle de laquelle on lira : "L'ouverture d'esprit."

Celim.
Noiraude
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Noiraude
:lol:
Celimbrimbor
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Celimbrimbor
Je dis ça mais j'en ai lu deux ou trois chapitres, de la version de One tout seul. Cela n'a pas vraiment réussi à me captiver.

Celim, compréhensif comme une porte de prison sourde.
Noiraude
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Noiraude
hihihi tu es toujours si compréhensif ^^
Celimbrimbor
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Celimbrimbor
Non, c'est dessiné avec un cul. Je ne lis pas les torchons immondes. J'attendrai le trait de Murata, parce que bon, faut pas pousser. Pour l'instant, c'est le dessin qui m'intéresse, pas l'histoire.

Celim.
Noiraude
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Noiraude
Ah oui, donc quand même assez loin ^^. Tu devrais aller jeter un oeil aux planches originales sur la page de One, tu verras que la suite réserve son lot de surprises ;o)
Celimbrimbor
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Celimbrimbor
Après la défaite du roi des mers.

Celim.
Noiraude
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Noiraude
Ralalalala, t'en es où de la lecture ?
Celimbrimbor
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Celimbrimbor
Non, ce que je veux dire, c'est qu'il faut qu'il trouve un nouveau scénariste pour un nouveau manga, c'est tout. Pas virer One, allons, je ne suis pas un tel enfoiré.
J'attends d'en voir plus, en tout cas. Pour l'instant, je suis un peu déçu, je trouve que la mayonnaise ne prend plus. Les ficelles sont trop visibles.

Celim.
ipiip
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ipiip
@celim : ça serait juste un tout petit peu dégueulasse que murata vire le scénariste, vu que c'est lui le créateur de la série...

ca donne envie en tout cas... c'est sur que le shonen ca tourne un peu en rond mais c'est surtout sur la longueur des oeuvres qu'il faudrait travailler.il y a toujours un ventre mou dans ces séries, qui saouleun peu. le seul qui avait reussi a plus ou moins eviter l'eceuil (dans ce que j'ai lu) c'est yuyu hakusho.
Noiraude
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Noiraude
Quant à Murata, il travaille d'après les planches de One, Celim. Il met juste son trait au service d'une oeuvre qu'il aime et qu'il a demandé à pouvoir dessiner. Dégager le créateur de One Punch Man de l'équation One Punch Man, ce serait osé, au minimum :lol:
Noiraude
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Noiraude
Ah mais justement, ce faux rythme fait partie, à mon sens, de l'expérience que One veut décrire. Et comme dit, la chose devient moins vaine à compter du 24-25e chapitre, où intervient un élément scénaristique qui structure davantage l'histoire et l'ouvre un nouveau potentiel. Quoiqu'il en soit, on est 10km au-dessus de la production shônen actuelle.
Celimbrimbor
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Celimbrimbor
Mouais.
C'est vrai que c'est joli. Mais faudrait que Murata Yusuke trouve un vrai scénariste qui sait écrire. Parce que si la critique du shonen et du rapport au héros est vaguement intéressant et amusante, le rythme narratif est aux fraises. D'autant plus que l'auteur gère terriblement mal les interventions de son héros, n'hésitant pas à rallonger la sauce pendant des pages et des pages entières. Ce qui fait peut-être partie d'une relecture du genre : nous savons que le héros va gagner, mais nous suivons ses péripéties.
Bref. Joli mais vain, à mon avis.

Celim.

Édito

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