Rêves électriques

Rêves électriques

Par Noiraude Blog créé le 17/09/10 Mis à jour le 21/11/16 à 14h44

30 ans de passion pour les jeux vidéo, le Japon et le cinéma, ça laisse forcément des traces. Vous voulez en savoir plus?

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Jeux vidéo

Hello tous,

Deuxième post de la journée pour partager avec vous la critique de Night of the rabbit, un titre dont j'avais déjà parlé, qui a été ici et là assez critiqué mais dont je suis à peu près certain qu'il devrait enchanter tous les amateurs de point and clic, mais aussi ceux qui cherchent l'aventure autant que le remue-méninges. Je vous rappelle que l'article est également à lire, en version complétée, dans son contexte originel sur le site http://www.dna.fr/actualite/2013/06/26/au-pays-du-lapin-blanc

 

Night of the rabbit - PCAu pays du lapin blanc

Un lapin blanc ? Pourtant, Lewis Carroll n'est pas à l'origine de cette histoire..

Un lapin blanc ? Pourtant, Lewis Carroll n'est pas à l'origine de cette histoire..

 
1 / 5
  • Un lapin blanc ? Pourtant, Lewis Carroll n'est pas à l'origine de cette histoire..
  • L'humour manié dans le jeu est plutôt fin, et souvent bien trouvé.
  • L'esthétique générale du jeu renvoie directement à l'univers du conte. C'est coloré, léger et diablement détaillé.
  • Les habitants du Bois aux souris sont à eux seuls une invitaion au rêve.
  • Les environnements rencontrés peuvent se montrer assez diversifiés.

Jeu de niche par excellence, le point and clic se devait de sortir de ses confortables habitudes pour s'en aller chercher un nouveau public potentiellement amateur d'énigmes et d'aventure. Mission accomplie : le renouveau vient d'Allemagne avec les studios Daedalic, qui amènent le genre sur des terres vierges et lui offrent une judicieuse cure de jouvence d'un coup de baguette magique. Night of the rabbit, leur dernière création, est un magnifique hymne à la nature et à la magie du conte.


 Jérémie La Noisette est un aventurier. Haut comme trois pommes certes, mais le bambin a le goût de l'épopée. Et en ces vacances d'été qui touchent à leur fin, il lui reste quelques moments de liberté dont il entend bien profiter. Direction la forêt voisine, donc, pleine de mystères et de surprises. Quand on n'a pas dix ans, on s'imagine que tout peut y arriver.
 
Car Jérémie est convaincu que la magie existe. Et il va vite être conforté dans son idée, lorsqu'une missive volante lui donne quelques instructions pour activer un sortilège indéterminé. Il n'en faut pas plus pour que le bambin se lance dans la quête des ingrédients qui lui sont réclamés. Un fabuleux résultat l'attend  : surgissent du néant une malle de prestidigitateur, une baguette... et un lapin blanc. Or, au pays des merveilles et des animaux de la forêt, l'élégant herbivore est un magicien puissant.
 

Du plaisir de se perdre dans le Bois aux souris

 
Cette introduction pleine de poésie sert de point d'entrée dans une épopée aux accents merveilleux qui ne sont pas sans rappeler l'oeuvre de Lewis Carrol. Car Daedalic a fait sienne la mécanique du conte, et pose comme vertu cardinale de son titre une narration qui emprunte beaucoup à cette forme classique d'écriture. La suite est donc très prévisible, du moins en apparence. L'enfant y devient apprenti, et marche sans le savoir sur le chemin d'une quête initiatique qui bien évidemment le mènera vers des secrets bien plus obscurs. Car le Bois aux souris vit sous la menace d'un péril qui avance masqué, et il faudra bien, un jour ou l'autre, que le jeune héros en vienne à l'affronter.
 
Pourtant, Night of the rabbit surprend, en empruntant des chemins de traverse souvent inattendus. Narrativement d'abord, en s'assurant de prendre régulièrement à contre-pied le joueur, et ceci sans perdre un seul instant cet humour dévastateur, so british, qui fait mouche surtout lorsqu'il se déguste en anglais. Ludiquement parlant ensuite, en apportant pas mal de sang neuf à la recette même du jeu d'aventure. Si la recherche d'objets cachés dans les décors en 2D (superbes, d'ailleurs) et l'association de certains d'entre eux pour résoudre des énigmes parfois corsées constituent toujours les fondements du gameplay, les développeurs ont ainsi cherché à démultiplier les possibilités offertes à celui qui se frotte au challenge proposé. Pour ce faire, Daedalic rompt avec la tradition des écrans fixes à découvrir successivement pour introduire quasiment le concept d'un monde ouvert, dans lequel il est possible de lancer plusieurs énigmes simultanément. Subsistent certes des points de passage obligés afin de permettre au scénario de conserver sa logique, mais l'idée est méritoire, et donne au champ d'investigations une ampleur à laquelle le genre nous avait jusqu'ici peu habitués.
 
Associé à l'intégration de mini-jeux parfois étonnants - dont un jeu de cartes récurrent et franchement amusant - ainsi qu'à l'adjonction de sortilèges auxquels Jérémie pourra rapidement faire appel, les mécaniques ludiques impressionnent bientôt par leur diversité, au point d'ailleurs, revers de la médaille, de rendre l'expérience quelque peu complexe pour qui se serait arrêté un peu trop longtemps en cours de route. Riche, peut-être même trop riche, le game design de Night of the rabbit enthousiasme cependant, d'autant qu'il se met au service d'un titre par ailleurs délibérément d'un autre temps, du moins dans sa manière d'aborder les énigmes. Ici en effet, point de logique terre-à-terre dans les défis proposés au joueur, les associations les plus inattendues sont parfois la clé de la solution et du succès. Une conception controversée du jeu d'aventure qui remonte aux années 1980 et aux classiques de LucasArts (Maniac Mansion, Day of the Tentacle, Monkey Island...), synonyme certes d'une vraie difficulté (les soluces circulent heureusement déjà sur le web), mais qui offrira aux amateurs de défis à l'ancienne la perspective d'un vrai challenge à surmonter. Quoiqu'on en dise, l'essence même du point and clic est ici ressuscitée.
 

Une patte artistique superbe

 
Ce qui fait sans doute de Night of the rabbit un jeu à ne pas conseiller aux plus jeunes, mais peut-être destiné à tous ceux qui avaient connu le genre du point and clic dans leur enfance et s'en étaient détournés au fil des années. Ce public devrait sortir enchanté de l'expérience, a fortiori s'il parle anglais (la traduction française laisse franchement à désirer), car la quinzaine d'heures nécessaire pour venir à bout de cette histoire saura ménager son lot de frustrations, certes, mais aussi pas mal de jolis moments de rêve éveillé. Night of the Rabbit est une merveille visuelle, bénéficie d'une patte artistique unique, qui est la marque de fabrique d'un studio que l'on sait très inspiré depuis ses précédents titres, déjà fort dignes d'intérêt (Deponia, Les chroniques de Sadwick, Les chaînes de Satinav...). La représentation de la nature, des animaux, des hommes et des villes s'y fait sur un mode doux-amer, avec cette douceur si typique des livres d'images que l'on se plaît à feuilleter en compagnie de son enfant, au pied du lit, le soir venant. Night of the rabbit  ; c'est sûr, a un petit quelque chose d'un voyage dans le temps...
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Commentaires

Noiraude
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Noiraude
J'ai passé un moment génial avec ce jeu, en dépit des bugs de traduction et de la complexité de la chose. Oui, j'ai utilisé une soluce quand je n'y arrivais plus. Et alors?
Le Gamer aux Mains Carrees
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Le Gamer aux Mains Carrees
Conquis. :)

Édito

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