Rêves électriques

Rêves électriques

Par Noiraude Blog créé le 17/09/10 Mis à jour le 21/11/16 à 14h44

30 ans de passion pour les jeux vidéo, le Japon et le cinéma, ça laisse forcément des traces. Vous voulez en savoir plus?

Ajouter aux favoris
Signaler
Jeux vidéo

[MAJ] Et voilà, le jeu est terminé, et mon verdict final est tout de même plus positif que ce que j'avais d'abord écrit ci-dessous. Gears of War Judgment a beau être le titre le moins marquant de la série, il parvient tout de même à trouver sa place dans la saga GOW grâce à une deuxième partie de son solo nettement plus intéressante que la première, et grâce à sa réalisation, en tous points remarquable. Retrouvez le test, en accès libre, à l'adresse :

http://www.dna.fr/loisirs/2013/03/22/un-genou-a-terre

 

Hello tous,

Depuis quelques nuits maintenant, je vois du Locuste partout. Du p'tit, du gros, du très gros surtout. Gears of War Judgment, c'est ça : la surenchère à tous les étages, les hordes d'ennemis qui se jettent sur vous de toutes parts. Et vous êtes là, au milieu, à chercher un moyen de ne pas être submergé. Boum, boum, boum. Vous n'avez pas fini de tirer.

GOW Judgment, c'est un spin of que j'attendais, forcément. Les trois premiers opus de la franchise Gears of War font partie de ces quelques grands moments que la Xbox 360 m'a offerts, supplantant dans mon coeur la PS3 durant quelques savoureux instants. Oui mais voilà: dans le 3 -spoil-, mon meilleur pote Marcus Fenix avait sauvé la planète et tout le toutim. Adieu Locustes, goodbye Lambent, l'humanité allait pouvoir tout recommencer, tout refoutre en l'air, économie, écologie, sans aucune arrière-pensée. Fin de la trilogie, l'affaire me semblait bouclée. -fin de spoil-

Revenir aux origines du conflit pouvait donc sembler une bonne idée. Dévoiler les premières heures de la catastrophe, montrer la panique dans les villes, expliquer où est passée cette humanité que l'on ne voit plus guère lorsque Fenix prend les armes... Un sacré programme, non ? A ceci près que Judgment ne prend pas ce parti. Oui, nous sommes bien aux origines du conflit, quinze ans avant les événements du premier "Gears". Mais non, nous ne verrons rien du catacysme initial, puisque c'est 13 jours après l'Emergence que ce Gears place son action. La planète est déjà dans un sale état, l'on en revient, grosso modo, aux environnements croisés dans les trois opus initiaux.

Fenix, logique scénaristique oblige, est évacué de cette affaire. Place à Baird, donc, à l'époque où il est encore lieutenant et en charge de sa propre escouade, alpha en l'occurrence. Le comparse de Fenix n'est pas seul, puisque Cole, autre bon Gears, est également de la partie. Une première question se pose : consacrer un titre à ces deux loulous peut certes se justifier, mais pourquoi donc ne pas avoir profité du capital sympathie que Dom a auprès des joueurs ? L'intensité dramatique du titre (-spoil- découvrir la trajectoire du héros avant son sacrifice final dans Gears 3 -fin de spoil-) s'en serait trouvée renforcée.

Le scénario, lui, est un peu nébuleux. L'escouade alpha se retrouve jugée devant un tribunal militaire pour une succession d'événements dont on n'a initialement pas une vision complète. La particularité de Gears of War Judgment est ici : c'est au fil des souvenirs de chaque membre de l'escouade que l'on parcourt les niveaux. La voix off des Gears se fait donc entendre, régulièrement, histoire de donner du sens au carnage qui se déroule sous vos yeux. Mais autant le dire tout de suite : non seulement cette option narrative n'est pas concluante, mais elle s'accompagne d'un délaissement quasi total de l'intrigue au profit de l'action, et de l'action encore. Un choix qui ne sera pas du goût de tout le monde.

Loin de moi l'idée de dire que la chose est rédhibitoire. Sur un plan purement technique, ce Gears place d'ailleurs la barre très haut. Visuellement, il démontre qu'il est encore possible de surprendre avec un hardware pourtant en bout de course. La complexité des environnements, les effets de transparence, la gestion de la fumée, la profondeur de champ, la richesse des couleurs - qui est une vraie nouveauté pour la franchise... Le joueur en prend plein les mirettes à chaque instant. Quand à l'aspect ludique, il est à la hauteur de la saga : third person shooting droit dans ses bottes, Gears of War Judgment ne change que très marginalement la recette (diablement efficace il faut dire) du gameplay des précédents opus, et met une fois encore le coop à quatre joueurs très en avant : l'IA des membres de l'escouade contrôlés par l'ordinateur laissant parfois à désirer, il vaut mieux, d'ailleurs, jouer avec trois amis pour tirer le meilleur de cette production bas du front et gentiment décérébrée.

Mais il est indéniable, aussi, que l'équipe en charge du développement du jeu n'a pas pris le temps de la réflexion. Soit, People Can Fly, à qui Epic a confié le bébé, a fait du bon boulot. Pad en main, les sensations sont les mêmes que dans les autres Gears of War. Mais les Polonais qui avaient assisté Epic dans les deux premiers opus (portage sur PC du premier Gears, développement additionnel dans le deuxième) n'ont visiblement la carrure pour conférer  à un tel jeu le souffle épique qui lui sied. C'est bien simple: jamais Judgment ne parvient à faire vibrer, à impliquer le joueur dans la trajectoire de l'escouade, là même où les précédents opus nous impliquaient à un niveau rarement atteint dans un jeu vidéo. Tout est question de construction : l'absence de cut-scenes, l'inexistance d'enjeux dramatiques, le level design et la nature des missions ultra répétitifs... Difficile d'adhérer à un titre qui oublie à ce point son héritage.

[EDIT] Arrivant au bout du mode solo, je me dois de nuancer un peu le paragraphe précédent. Si l'on n'atteint pas le niveau des précédents opus, ce qui laisse la plupart des remarques précédentes valables, Judgment parvient malgré tout à développer de réels enjeux dramatiques, et à captiver, dans sa deuxième partie. Le bonus de jeu prenant place à l'époque de Gears III est même franchement passionnant. Hélas, il est bien trop court.

Pour avoir joué à Painkiller et Bulletstorm, deux autres productions de People Can Fly, je peux néanmoins comprendre les tares dont souffre GOW Judgment : l'équipe de développement ajoute en challenge et en hardcore gaming ce qu'elle soustrait à l'ambiance et à l'esprit d'un Gears of War. La présence de challenges optionnels à chaque level (une grosse tête de mort rouge permettant d'activer une mémoire écartée du procès et dont l'évocation revient à activer une mission particulière dans chaque niveau), la faveur affichée aux environnements servant quasiment d'arène pour une mission survie face à des hordes successives de locustes, le principe d'étoiles à débloquer en fonction de ses performances au combat... Tout est conçu pour inviter le joueur à être performant, à devenir un champion du frag. Un changement de nature pour la série, en fait, qui n'est pas sans rappeler le succès rencontré en multijoueurs par le mode horde: c'est, peu ou prou, le même état d'esprit qui règne désormais dans la campagne solo de Judgement.

Il y en a sans doute certains que la chose satisfera. Mais pour être franc, je ne fais pas partie de ceux-là. Actuellement à la moitié de la campagne de Baird, je sais déjà que je finirai le solo de Gears of War Judgment - principalement pour aller tâter de la mission bonus que l'on peut débloquer avec 40 étoiles et qui permet d'apporter un nouvel éclairage à la campagne de Gears of War III. J'irai m'amuser quelques heures durant sur son multi - qui n'apporte d'ailleurs grand-chose de vraiment innovant - et je suis à peu près certain que j'aurai passé malgré tout un bon moment tout au long de cette affaire une fois que je rangerai le dvd dans ma ludothèque. Mais tout le problème est là. Si l'on ne parlait pas d'un Gears of War, cette satisfaction n'aurait aucun arrière-goût désagréable, celui d'une franchise exceptionnelle qui rentre discrètement dans le rang. Mais il faut croire que c'est dans l'air du temps. Les relatives déceptions Tomb Raider (sur le plan narratif, je vous renvoie à mon post) et God of War Ascension, ces derniers jours, nous rappellent qu'aucune franchise, fût-elle AAA, n'est à l'abri d'un faux pas...

Voir aussi

Jeux : 
Gears of War Judgment
Ajouter à mes favoris Commenter (11)

Commentaires

Noiraude
Signaler
Noiraude
Ué ;o). Mais c'est toujours mieux que "casse toi pôv con" ^^
Dopamine
Signaler
Dopamine
Comme dirait Hollande : "Je vous reconnais bien là"

Phrase qu'il sort à chaque fois qu'il ne sait pas quoi répondre à un trait d'humour sarcastique. Vous aviez déjà remarqué ?
Noiraude
Signaler
Noiraude
Bah, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? :loI:
Dopamine
Signaler
Dopamine
Tu sais que tu as une fonction "spoil" dans les tags du blog ? :)
Noiraude
Signaler
Noiraude
Ben, Dom a toujours été plus sombre que les autres. Moi, j'ai un jeu à sortir sur la fin du monde, je prends pas Laurel et Hardy pour héros, quoi...
Chipster
Signaler
Chipster
Ouais mais comment jouer sur cette note "dramatique" avec Dom dans un prequel ? C'est surtout durant la trilogie qu'il acquiert au fur et à mesure ce statut de soldat un peu martyr (très peu dans le 1er, beaucoup plus dans le 2, et apothéose dans le 3), je me demande ce qu'ils auraient pu raconter sur lui pour toucher la fibre sensible des fans
Noiraude
Signaler
Noiraude
Mais justement, Dom aurait permis à mon sens de baliser un petit peu la chose, de rappeler que Gears, c'est justement pas QUE de l'humour gras et des vannes à deux balles. Là, il manque clairement tout un versant de l'esprit Gears, et je trouve ça vraiment dommage...
Chipster
Signaler
Chipster
C'est clairement histoire de dire que la licence n'est pas morte et pour Microsoft faire toujours montre de sa grosse exclu.
Par contre jouer Dom je sais pas.. Baird et Cole sont les éléments comiques de la série, ce qui est nettement moins le cas de Dom, étant fan des deux lurons (surtout Baird) je trouve ça assez sympa dans l'idée ^_^ après je n'ai pas touché au jeu donc je sais pas si y a toujours ces touches d'humour bien gras
Noiraude
Signaler
Noiraude
Après, ça n'engage que moi. Perso, j'aime les jeux dotés d'un vrai scénario, où on me raconte une histoire autant qu'on me demande de faire panpan pour avancer. Et clairement, Judgement est très en-deça des autres Gears sur ce plan. Sur ça, et sur la structure même des niveaux, chiante ànforce de se répéter.
seblecaribou
Signaler
seblecaribou
@Callveen: Cliff sur Tweeter "Eh, est-ce que vous pouvez arrêter de me poser des questions sur le nouveau Gears of War ? C'est une tuerie. Vous allez l'adorer. Maintenant, allez vous faire foutre."
callveen
Signaler
callveen
Moi, je voudrais vraiment savoir ce qu'en pense Cliff le badass de ce jeu^^

Édito

Ceci n'est pas un blog.

Ceci n'est pas une pipe.

Ceci est une fenêtre sur un pré où je pais en paix.

Les vidéos de Noirdenoir sur Dailymotion  

Suivez-moi sur Twitter @Noirdenoir67

Ou sur la communauté Facebook Rêves électriques (toute jeune !)
https://www.facebook.com/noiraude67/

 

Le site pour les amis de l'illustre Seb le Caribou: http://seblecaribou.wordpress.com/about/

 

Et si vous avez envie d'une petite partie de Mario Kart 8 avec moi : Noiraude67

 

Archives

Favoris