Rêves électriques

Rêves électriques

Par Noiraude Blog créé le 17/09/10 Mis à jour le 14/05/17 à 18h00

30 ans de passion pour les jeux vidéo, le Japon et le cinéma, ça laisse forcément des traces. Vous voulez en savoir plus?

Ajouter aux favoris
Signaler
Humeur

Humour de ThierryChatelain PLP arts appliqués, LP Blachon Guadeloupe ©2000

 

Bonjour à tous,

Il fut un temps où le prof était un notable, une personne respectée. On lui confiait son enfant avec la certitude que tout irait bien, que formation et -éventuellement- sanctions seraient justement dispensées au fil de la journée. On avait foi dans le système et en ses représentants. Un autre monde ? Pas vraiment. Je l'ai connu il y a de cela une petite vingtaine d'années. Pourtant, il semble très loin, le bon vieux temps.

Aujourd'hui, le monde de l'enseignement a changé. Dans le public, des profs se font molester, insulter, parfois "planter". Les faits divers colportent chaque jour davantage de ces histoires témoignant combien le lien entre l'enfant et l'enseignant est aujourd'hui  ténu, fragile, aisément rompu. Et n'allez pas croire que l'on parle ici uniquement des établissements en zone sensible. Partout, le personnel pédagogique doit affronter des situations de plus en plus critiques, des conflits de plus en plus violents entre ce que je qualifierai, désormais, de "camps". Le public, le privé... Personne n'est épargné.

Evidemment, la faute ne pèse pas uniquement sur les enfants. Il y a des brebis galeuses partout, de ces profs qui sont une honte pour le métier. Mais dans leur immense majorité, les enseignants sont à la peine parce qu'ils ne parviennent plus à asseoir, en salle de classe, leur autorité. Comment voudriez-vous qu'ils y parviennent, d'ailleurs ? Face aux punitions, aux mots dans le carnet, aux colles, les enfants et les ados rigolent. Face à la leçon, à l'intérêt d'écouter pour espérer avoir un emploi une fois atteinte leur majorité, les élèves évoluent dans un monde qui ne leur tend plus la main depuis bien longtemps. Résultat inéluctable : il y a quelque chose de nihiliste dans cette génération qui se moque de l'avenir. Et se moquer de l'avenir, c'est se rire de toute forme de responsabilité, c'est se désintéresser des outils qui pourraient leur permettre, pourtant, de se battre contre la fatalité. Ce contre quoi ne peut rien l'autorité.

Aujourd'hui, la bataille de l'Education est devenue une guerre, en France. Une guerre qui cache la misère, le manque de moyens et surtout le déficit de soutien. C'est peut-être ça, le pire : toute armée sait qu'il faut défendre les siens. Mais l'administration a abdiqué, alors on lit sur Rue89 des témoignages de profs qui se sont fait licencier faute d'avoir su -pu?- sortir la tête de l'eau face à une classe hostile et devenue incontrôlable. Et l'on oublie de préciser combien la formation des enseignants a été sacrifiée sur l'autel de la rentabilité.

Le pire, c'est que le seul soutien auquel les enseignants pourraient se raccrocher leur est de plus en plus systématiquement refusé. Au-delà de l'enseignement, l'éducation de l'enfant se construit avec les parents. Or, ceux-ci sont les enfants d'une société de plus en plus consumériste. L'école est un produit de consommation, de leur point de vue. Quand ils s'intéressent au parcours de leur enfant -ce qui n'est plus nécessairement le cas- c'est pour contester, interroger, réclamer un "service" qu'ils estiment dû et dont ils oublient qu'il repose avant tout sur un partenariat pédagogique fort entre l'institution et les familles.

Car un professeur a besoin du soutien des parents pour construire la formation de l'enfant. Ce dernier doit pouvoir comprendre qu'il évolue dans un "système" global, où ses actes en cours de journée seront dûment repris et commentés par les parents en soirée. C'est la fonction première du système de liaison entre les parents et les enseignants. Sachant que ce système repose sur un principe de confiance : c'est le professeur qui passe la journée avec l'élève, c'est lui qui est le plus à même de dire ce qui va - ou pas - dans le cursus de l'enfant. Ca vous semble évident ? Ce n'est pas le cas pour nombre de parents. Qui contestent systématiquement la sanction, la remarque, la note insuffisante, n'hésitant pas à témoigner de l'agressivité, voire à menacer l'administration ou la personne qui ose remettre en cause le dogme de la perfection de leur bambin. Les séquelles de la génération de l'enfant-roi sont là. Et les conséquences sont lourdes: remettre en cause l'autorité de l'enseignant devant l'enfant, c'est amener ce dernier à en faire de même face à l'adulte qui tente de lui inculquer les règles de savoir-vivre en communauté.

Aujourd'hui se pose la question de donner aux parents le dernier mot quant au redoublement de leur enfant, entre autres "innovations pédagogiques" souhaitées [*]. C'est un nouveau coup de cutter dans l'autorité que peuvent encore exercer l'administration scolaire et les enseignants. C'est autre manière de créer, potentiellement, une nouvelle poudrière, le prof n'ayant même plus la possibilité d'assumer le rôle pour lequel il a été formé, pour lequel il est -et doit rester, je l'affirme haut et fort- "celui qui sait". Si la réforme passe, les lendemains seront glorieux dans les salles de classe. Elles n'ont pourtant pas besoin de ça...

 

[*] La FCPE, association de parents d'élèves la plus active de France, voudrait "supprimer les « notes couperets » jusqu'à la fin du collège, stopper les redoublements jugés « inefficaces », abolir les devoirs à la maison et ne travailler pas plus de 5 heures par jour.

Ajouter à mes favoris Commenter (24)

Commentaires

Noiraude
Signaler
Noiraude
Pas grand-chose... A mon avis, c'est un peu plus grave que ça quand même, vu les conséquences que ça a sur la structure même de notre société derrière.
Joniwan
Signaler
Joniwan
je suis prof, mais j'ai pas envie de m'étendre plus que ça. juste tout n'est pas rose, voila. pas grand chose même à vrai dire.
Celimbrimbor
Signaler
Celimbrimbor
L'humanité, c'est de la merde. Les gens sont globalement des imbéciles bas du front qui ne méritent pas le nom d'homme.
Et dire que je me gâche la santé... Je devrais faire ma thèse et me terrer dans une université de province sans ouvrir ma gueule.

Celim.
Noiraude
Signaler
Noiraude
Tout est dit, J'approuve à 100% ce que tu viens d'écrire, Liedh.
Le Gamer aux Mains Carrees
Signaler
Le Gamer aux Mains Carrees
Je ne vais pas développer, parce que je vais partir en cachuète. Le seul point réjouissant, dans cette histoire, c'est que je ne suis pas prof. Et ça, c'est réjouissant pour moi, ET pour les parents d'élèves, sauf qu'eux ne le savent pas.
En substance, mon point de vue, c'est que chaque génération est plus immature que la précédente, et qu'on arrive actuellement à un niveau de bêtise abyssal, mais qu'on continue à creuser et qu'à force, on va bientôt tomber sur le Balrog.
Des parents capables d'élever leurs enfants (ou ne serait-ce que disposés à le faire), ça devient petit à petit plus l'exception que la règle : aujourd'hui, ils ne veulent plus être parents, mais "copains". Sans recul par rapport à leur propre expérience scolaire ("oui mais je sais bien que les profs c'est des pourris j'étais tout le temps collé"), ils pensent tout savoir mieux que tout le monde et, plutôt que d'éduquer leur progéniture, empêchent les professionnels d'essayer de rattraper les pots cassés. Comme tu dis, l'école est devenu un produit de consommation. Internet fait le reste, en donnant l'impression aux gens qu'ils savent penser convenablement, parce qu'ils trouvent des échos de leurs propres a priori dans les a priori de leurs voisins. Or le nombre est une force, hélas.
Ajoutons à ça des décideurs idéologues qui ne comprennent rien à leur travail, aux raisons des problèmes et aux façons de les régler, et on obtient une jolie petite bombe sociale artisanale à retardement.
Supprimmer les devoirs, réduire les journées de cours... tout ça ne changera rien.
Ce qui changerait les choses, ce serait que les parents reprennent leur place dans le process éducatif, qu'ils redeviennent un appui, un collabotareur, au lieu de mettre des bâtons dans les roues. Il faut aussi que l'Education Nationale soutienne ses professeurs et que les parents n'aient pas voix au chapitre, ou uniquement à titre consultatif. Puisque l'Ecole doit faire son travail plus celui des parents, aujourd'hui, elle doit s'en donner les moyens, si vraiment elle veut permettre aux jeunes dont elle s'occupe de pouvoir s'insérer convenablement dans la société. Parce qu'un jeune à qui on n'a jamais dit "non" est un jeune en souffrance. Un jeune auquel on n'a jamais posé de limites est un jeu privé d'équilibre et de repères. Un jeune qu'on a toujours cru, à qui on a toujours tout donné, ne peut que sombrer dans le nihilisme social.
Ce que l'Ecole doit réapprendre, aujourd'hui, c'est à dire "non". Aux jeunes ET aux parents qui n'ont pas la maturité nécessaire pour mesurer les implications tragiques de leur attitude.
Le jeune ne doit plus être au centre de ses préoccupations, au sens "bulle" du terme, car l'univers extérieur n'a rien d'une bulle. Il faut en finir une bonne fois pour toutes avec les grandes pathologies à la mode qui servent d'excuse pour tout et rien, mais qui font bien vivre le commerce des psychologues et des orthophonistes : hyperactif; surdoué, dyslexique, dyspraxique, phobique scolaire... une fois qu'on a fait le tri, il ne reste plus grand monde de "normal". Où sont passées les classes de notre enfance ? Est-ce que toutes ces pathologies supposées existaient déjà, mais que la plupart des élèves les surmontaient d'une manière ou d'une autre, ou les a-t-on fabriquées de toutes pièces ? Si on limite les cours à 45 minutes parce que les élèves ne sont pas capable de plus d'attention, c'est bien joli, ça part d'une bonne intention, mais ça fait plus de mal que de bien parce que justement, l'Ecole doit aussi apprendre au citoyen en maturation à "faire l'effort". Parce que des efforts, il devra en faire, un jour ou l'autre, plus tard, et que s'il n'y a pas été préparé, il réagira violemment, comme un gosse capricieux, parce qu'il ne "comprend pas".
Il faut, aussi, que la société arrête un peu avec son bien-pensantisme formaté qui donne aux individus des excuses toutes faites pour choisir la solution de facilité et attendre que les solutions à leurs problèmes leur viennent de l'extérieur. Que le monde soit difficile, aujourd'hui, c'est un fait, mais ce n'est sans doute pas en serinant aux gosses "d'accord, ils n'en fichent pas une rame, mais comprennez-les, ils n'ont pas d'espoirs d'avenir", à grand renforts de spots tvs, de reportages, de témoignages de "spécialistes", c'est se/leur tirer une balle dans le pied. Il ne reste plus à ces mêmes gosses qu'à prendre l'air triste, à hocher la tête et à répéter le texte qu'on écrit pour eux. Ils sont contents, ils n'ont pas à prendre leur avenir en main. Les parents sont contents : leur progéniture n'est pas cancre, elle est victime. Les "spécialistes" sont content, ces témoignages leur donne raison.
Et JE ne suis pas content parce que depuis quinze ans, je suis le témoin d'un effondrement dramatique de toutes les valeurs qui, un jour, ont fait que j'ai aimé l'humanité.
P.Y.T.
Signaler
P.Y.T.
Non ! Fais comme moi, Celim : deviens prof et humilie la représentante de la FCPE lors d'une réunion parents-profs devant ses enfants et ses voisins ! Ça fait un bien fou !
Celimbrimbor
Signaler
Celimbrimbor
Merci, super. Je vais aller me pendre maintenant.

Celim.
Lupi
Signaler
Lupi
Du coup, ce qu'on a tous dit en maternelle (enfin, je présume), prend tout son sens : «Mon papa, c'est le plus fort.»
snkforever
Signaler
snkforever
Le dernier commentaire de l'article vaut le coup aussi !
snkforever
Signaler
snkforever
En effet, le monde devient vraiment fou ...
Noiraude
Signaler
Noiraude
Revolà le lien, snk... http://www.lemonde.f...03_1473685.html
Yaden
Signaler
Yaden
Quand j'étais petit, si jamais j'étais puni à l'école, mes parents doublaient la punition "une fois pour le prof, une fois pour nous" et franchement c'est l'engueulade des parents que je redoutais le plus. Aujourd'hui, je me dis que je ferai pareil avec mes enfants, si c'est la seule façon pour qu'ils ne se mettent pas à poignarder leurs profs si on leur met une heure de colle...

Maintenant les parents (j'en connais) ce serait plutôt "fais pas la punition, si ton enseignement n'est pas d'accord je lui ferai un mot".

C'est quand même dingue qu'un parent prenne l'enseignant pour un ennemi. Comme si son objectif était que tout le monde foire, car il est démoniaque... Quant aux enfants qui se permettent tout à l'école, ils se permettent déjà tout à la maison, donc c'est pas les parents qui vont faire quelque chose.
snkforever
Signaler
snkforever
Noiraude, le lien ne fonctionne pas.
Noiraude
Signaler
Noiraude
Voilà voilà, et pendant que j'écrivais mon petit coup de gueule, Le Monde publiait ça: http://www.lemonde.f...03_1473685.html
Noiraude
Signaler
Noiraude
+1
Adramel
Signaler
Adramel
La FCPE, cette organisation géniale de parents qui, parce qu'ils sont parents, pensent qu'ils peuvent t'apprendre à faire ton boulot. Le pire dans tout ça, c'est qu'on leur donne de plus en plus de pouvoir. Petit à petit, ce sont eux qui décident ce que doit faire l'école. Et de plus en plus, c'est un massacre.

J'aimerais bien qu'on inverse la tendance un jour. Débarquer dans leur entreprise parce qu'on est consommateurs, et leur expliquer qu'à ce titre, on est bien placé pour savoir comment ils devraient bosser.
Noiraude
Signaler
Noiraude
J'ai effleuré le sujet de l'absence de parents en pensant justement à ce que tu évoques. Mais c'est un autre sujet, tout aussi grave d'ailleurs puisqu'un gamin sans repères peut facilement partir en vrille. Quand aux parents corrects, ils existent, bien sûr. Mais ils sont également victimes de ceux qui ne le sont pas, puisque les gamins de ces derniers perturbent la sérénité de la classe et donc la qualité de la formation.
Minmay
Signaler
Minmay
- soi/en/t
Minmay
Signaler
Minmay
Les problèmes ne sont pas les mêmes en fonction de l'endroit où on enseigne aussi.

J'ai fais tous les types d'école, des écoles de quartiers défavorisés aux écoles de quartiers aisés. Et les parents, dans un cas comme dans l'autre, savent être de vraies plaies mais pas de la même manière.

Dans les quartiers défavorisés, c'est plus le retrait des parents par rapport à l'école et l'éducation en général. Des enfants "allocs", j'en ai connu par mal. Ces enfants-là sont seuls. Les mots ne sont jamais signés (sauf si on appelle, parce que là, ils ne peuvent plus faire l'autruche), les réunions "parents-profs" se font avec le quart des parents (et encore), les leçons ne sont pas apprises à la maison (à 4 dans la chambre, la concentration est difficile)...
Ils ne sont pas "embêtants" puisqu'ils sont carrément absent de la scolarité de leurs enfants.

Dans les quartiers aisés, la tendance est inversée. La réussite de l'enfant est primordiale et les exigences de parents sont énormes. Si on a le malheur d'être au chapitre 5 alors que l'autre classe de même niveau est au chapitre 7, on voit les parents défiler pour réclamer des explications. Pour peu qu'un/des parent/s soi/en/t travaillent avec la loi/dans l'enseignement, l'enseignant devient parano, de peur de faire le moindre truc de travers.

Dans les milieux défavorisés, on a peur de faire des travaux sur les fêtes religieuses (noël, la galette des rois, pâques...), dans les milieux aisés, on relis 30 fois la leçon de science de peur que le papa biologiste y trouve la moindre petite erreur insignifiante (ce qui ne manquerait pas de résulter dans un mot d'une page et demi dans le carnet de correspondance).

Je généralise, bien entendu. Il y a des parents tout à fait corrects qui respectent encore l'école et ses valeurs dans tous les milieux.
Noiraude
Signaler
Noiraude
Héhé, j'ai le même souci, c'est ça le manque de temps ^^. Je crois effectivement savoir que le primaire est encore un peu préservé de ces soucis, mais j'ai aussi entendu que ça commençait à venir. Une amie qui bosse en maternelle me disait l'autre jour qu'une maman est venue la voir parce qu'elle trouvait que les jeux qu'elle utilisait n'étaient pas assez éducatifs. Ca promet pour la suite :lol:
snkforever
Signaler
snkforever
En même temps ça fait plus de deux ans que tu ne leurs rabâchent plus ! ^^
Minmay
Signaler
Minmay
Et à l'issue*
C'est ça de ne pas se relire... Et c'est pourtant pas faute de le rabâcher à mes élèves :lol:
Minmay
Signaler
Minmay
Si je peux me permettre une remarque, dans le primaire, ce sont déjà les parents qui ont le mot final quant au "maintien" ou non de l'enfant.
Bien sûr, s'il y a mésentente entre l'enseignant qui demande le maintien et les parents qui le refusent, il y a un simulacre de commission avant laquelle l'enseignant doit monter un dossier en béton (avec preuves à l'appui des difficultés de l'enfant - photocopies de cahiers, etc. - et argumentation à toute épreuve). Et l'issue de cette commission, l'avis des parents est suivi dans plus de 80% des cas.
D'ailleurs, les enseignants du primaire sont de moins en moins nombreux à continuer de demander le maintien une fois que la famille l'a refusé.
Ce qui donne des élèves qui, à la fin du CM2, auraient pu s'en sortir, rattraper leur retard et qui sont finalement balancés au collège complètement dépassés par les apprentissages, en total décrochage.

Pour le reste de ton article, j'avoue qu'en primaire, on est encore un peu épargné par la violence (les enfants y sont encore "maîtrisables"... encore que ça dépend, ayant failli me prendre un gros coup dans le ventre par un élève pendant ma grossesse...) et les parents, pour la plupart, sont encore "indulgents" avec les enseignants (je n'aime pas ce que je viens d'écrire mais c'est une réalité).
Noiraude
Signaler
Noiraude
Et j'écris ça alors que je ne suis pas prof, je ne fais que relayer le sentiment de proches qui le sont. C'est de pire en pire !

Édito

Ceci n'est pas un blog.

Ceci n'est pas une pipe.

Ceci est une fenêtre sur un pré où je pais en paix.

Les vidéos de Noirdenoir sur Dailymotion  

Suivez-moi sur Twitter @Noirdenoir67

Ou sur la communauté Facebook Rêves électriques (toute jeune !)
https://www.facebook.com/noiraude67/

Le site pour les amis de l'illustre Seb le Caribou: http://seblecaribou.wordpress.com/about/

 Et si vous avez envie d'une petite partie de Mario Kart 8 avec moi : Noiraude67
 

Archives

Favoris