Rêves électriques

Rêves électriques

Par Noiraude Blog créé le 17/09/10 Mis à jour le 21/11/16 à 14h44

30 ans de passion pour les jeux vidéo, le Japon et le cinéma, ça laisse forcément des traces. Vous voulez en savoir plus?

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Bonsoir à tous,

En cette heure avancée de la nuit, alors que je reviens tout juste d'une douillette salle de ciné, voici que me prend l'envie de vous parler un peu de Shining, qui constitue, à mes yeux, l'une des masterpieces de feu Stanley Kubrick. Car Shining, adaptation du roman éponyme de Stephen King, n'est pas le film d'épouvante un peu lisse que l'on a parfois tendance à décrire. Il est au contraire à l'image de toute la filmographie de Kubrick : complexe, déroutant, empli de paradoxes, riche de sens cachés et furieusement intelligent. Shining est sorti en salle le 23 mai 1980, et l'on en pratique l'exégèse encore aujourd'hui. C'est dire s'il a beaucoup à révéler, ainsi que le rappelle l'excellent documentaire Room 237, dont je conseille la vision à tous les fans du maître. Projeté voici quelques heures au festival européen du film fantastique de Strasbourg (FEFFS), celui-ci a en tout cas fait l'unanimité dans la salle.

L'histoire officielle de Shining est globalement connue. On sait que l'adaptation faite par Kubrick de l'oeuvre de King n'a pas été sans heurts. Kubrick, atténuant considérablement la portée fantastique du propos du romancier, choisissant de gommer le passé de ses personnages pour accroître la dimension abstraite de son film, opérant des retouches narratives parfois importantes -il aura changé la fin du livre, tout de même-, a suscité l'ire du romancier. A tel point que Stephen King a fini par renier ce qui constitue pourtant la meilleure adaptation à l'écran de l'un de ses romans. Mais Kubrick a assumé cette responsabilité, faisant de l'adaptation une véritable oeuvre originale. Ceux qui l'ont vu le savent déjà : nous sommes ici devant l'un des plus grands moments de terreur à l'écran, par la grâce d'une miraculeuse rencontre: celle de l'acteur principal, Jack Nicholson, qui y a sans doute conquis le rôle le plus marquant de sa carrière, et du réalisateur qui, lui, a fait de son long métrage l'un des labyrinthes narratifs les plus intriguants de l'histoire du cinéma. Car Shining est, et reste, une plongée dans la folie, en même temps qu'une histoire de fantômes dont Kubrick se plaisait paradoxalement -et malicieusement?- à dire qu'elle était foncièrement "optimiste car montrant qu'il y a une vie après la mort" (sic).

Deux versions du film existent. L'américaine, plus longue, insiste davantage sur la dimension surnaturelle de l'histoire, évoquant plus en détails le don du petit Danny et se rapprochant davantage de la vision de Stephen King. L'européenne, amputée de quelques scènes, serait plus proche de la volonté de Kubrick, faisant tendre l'histoire vers davantage d'abstraction. La famille Torrance y est moins caractérisée, elle devient le jouet de forces qui la dépassent à un moment donné, mais la folie y est le noeud de l'intrigue, plus que jamais. Néanmoins, certaines clés de compréhension de l'oeuvre font les frais de cette concision.

 

Car la grande question tient à savoir de quoi parle exactement Shining. Kubrick, en première lecture, semble avoir livré une oeuvre efficace, mais assez lisse. On peut en douter, surtout lorsque l'on sait que c'est précisément lors de la réalisation de ce long-métrage que le perfectionnisme du réalisateur a confiné le plus à l'obsession et à la folie. Kubrick y a poussé ses acteurs à leurs limites, cherchant à imprimer une tension à chaque dialogue, même les plus anodins, mais aussi imposé de reprendre de multiples prises, la scène de la bagarre dans l'escalier demandant à elle seule pas moins de trois semaines de tournage et 87 prises pour être bouclée. Au final, chaque scène est l'exacte représentation que le maître a pu se faire de son film. Une question se pose alors : comment se fait-il que Shining présente plusieurs fautes grossières de raccord entre certains plans? Impossible que le réalisateur soit passé à côté. Il est plus plausible de penser qu'il s'agit de choix délibérés d'un Kubrick pensant au sous-texte d'une oeuvre à tiroirs bien dissimulée.

Il faut peut-être les voir comme un tout en les associant à une série de points de détails qui amènent à s'interroger sur la nature profonde du discours de Kubrick dans cette oeuvre. Room 237 part d'ailleurs de ces points de détails pour poser plusieurs théories. L'omniprésence du nombre 42 (la multiplication des chiffres 2X3X7, notamment, mais également le nombre précis de voitures présentes sur le parking lors du plan aérien, au début du film...) pourrait renvoyer à l'année de l'holocauste. Il se trouve en effet certains spécialistes pour défendre l'idée que Shining serait une manière détournée pour Kubrick de dénoncer la passivité de l'homme face à l'indicible, et la nécessité de se révolter. Ce qui corroborerait une seconde thèse : le film aborderait également la question de la condition indienne et du traitement réservé par l'homme blanc à ce peuple. D'où la présence d'un cimetière indien dans le scénario du film de Kubrick, et l'apparition en plusieurs scènes clés du film de portraits d'Indiens. En l'occurrence, ci-dessous, l'apparition du mot calumet viendrait souligner le traité symbolique unissant Halloran au petit Danny; un traité basé sur l'honnêteté et la franchise, comme si  Kubrick voulait rappeler le sens de ce mot au spectateur et au peuple américain.

Enfin, une troisième théorie serait que Kubrick aurait voulu utiliser Shining pour y révéler, par un astucieux jeu de symboles, son rôle dans la réalisation des images du premier alunissage lors de la mission Apollo 11 -qui serait donc un mensonge d'Etat selon les partisans de cette théorie du complot. La thèse tient en quelques mots: la représentation des deux facettes de Stanley Kubrick. Jack Torrance, le père, serait la voix de la responsabilité, assumant le secret -la gestion de l'hôtel- jusqu'à en devenir fou, tandis que Danny, le fils, serait au contraire la voix de la créativité, incapable de tenir sa langue -et donc disséminant les indices à travers le film. Un élément intriguant est relevé par le documentaire, qui vient étonnamment appuyer cette théorie : à l'étage de la chambre 237, lorsque Danny joue avec ses petites voitures, il se lève et on le voit porter un pull représentant la mission Apollo 11. Au sol, le tapis hexagonal, lui, représenterait l'aire de lancement d'une fusée. Une analogie qui en amènera plus d'un à s'interroger, d'autant qu'une faute de raccord vient en appuyer l'importance, si l'on part du principe que l'erreur n'en est pas une: en commençant à se lever, Danny regarde dans la direction exactement inverse de celle vers laquelle il se tourne une fois debout, si l'on se réfère à la structure du tapis -ouverte d'un côté, fermée de l'autre. Ce serait une manière de dire que le secret (côté fermé) ne peut plus être gardé (côté ouvert).

Faut-il aller si loin ? Le risque de la surinterprétation guette. Pour ma part, je préfère concevoir tous ces indices comme des éléments mis au service d'une volonté de dérouter et de faire perdre ses marques au spectateur. Dénoncer la condition indienne, l'holocauste et l'inaction face à la barbarie ? Pourquoi pas, au passage. Mais l'essentiel est ailleurs.

Kubrick bouge les lignes, construit la projection physique de la folie. C'est une théorie déjà bien plus étayée. Lorsque Danny circule -par trois fois- à tricycle à travers l'hôtel, son trajet renvoie vers une structure du bâtiment tout simplement impossible. De même la présence d'une fenêtre dans le bureau du directeur est-elle inconcevable, la pièce aveugle donnant sur le hall d'entrée. De la même manière, des meubles disparaissent d'un plan à l'autre (Room 237 évoque le cas d'une chaise en arrière-plan, sans raison apparente), ce qui amène à concevoir l'hôtel comme la projection de l'esprit de Jack Torrance. A mesure qu'il sombre, le bâtiment devient de plus en plus menaçant, de moins en moins rationnel. Et le basculement dans la folie finit par s'opérer dans une pièce (celle du bal, dans les toilettes) qu'on ne parviendra pas même à localiser.

Cette thèse a pour elle d'expliquer le choix de Kubrick de changer la fin du livre : après avoir symboliquement fait de l'hôtel un labyrinthe mental, il impose à ses personnages la fuite à travers un second labyrinthe, bien réel cette fois, dans lequel le père devient la figure du Minotaure. Une affiche en arrière-plan d'une séquence, évoquant les possibilités de skier dans les environs -alors que le directeur de l'hôtel attirait justement l'attention sur ce point, lors de l'embauche de Torrance en signalant que le ski était un loisir impossible à pratiquer dans la région- vient soutenir cette idée, l'ombre du skieur ressemblant furieusement à celle de la créature mythologique. Comme une mise en garde face à cette obscurité que chacun porte au fond de soi, et comme une manière de faire correspondre la monstruosité de Torrance à celle du labyrinthe et des forces qui meuvent l'hôtel Overlook...

Room 237 reprend plus en détails les différentes  analyses que j'ai évoquées ci-dessus. Je vous conseille d'aller faire un tour sur le blog du documentaire (http://room237movie.com/), afin d'y guetter une éventuelle date de sortie en DVD: le film de Rodney Asher est tout simplement incontournable pour ceux qui sont fans de Kubrick et qui ont envie d'avoir des bases de réflexion pour se faire leur propre idée sur ce qui reste encore l'une des oeuvres les plus hermétiques du maître...

 

Les petits bonus

En faisant mes recherches pour étayer ce billet, je suis également tombé sur une petite info qui devrait combler tous les fans du film. Depuis très longtemps, je me demandais où avaient été filmés les extérieurs de l'hôtel. Désormais, je sais qu'il s'agit du Timberline Lodge, dans l'Oregon (http://www.timberlinelodge.com/). En revanche, ne vous attendez pas à retrouver les intérieurs du long métrage: ils ont été intégralement créés en studio.

Pour la bonne bouche, sachez également qu'un autre hôtel a servi d'inspiration à Stephen King pour son roman: il s'agit du Stanley Hotel, dans le Colorado (http://www.stanleyhotel.com/).

Enfin, si vous êtes fans de Shining, je vous ai gardé le meilleur pour la fin : Stephen King est actuellement en train de boucler la suite de son roman culte. La sortie de Dr Sleep, qui mettra en vedette le personnage de Danny, devenu adulte, est prévue pour septembre 2013...

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Commentaires

Zalla
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Zalla
Je viens de voir le documentaire au cinéma! J'ai beaucoup aimé surtout que la barrière entre le documentaire et la fiction est mince. Certaines analyses étaient d'une grande justesses, d'autres montraient bien que, lorsque l'on cherche et on analyse, on trouve! L'exemple le plus frappant est celui du "visage de Kubrick dans les nuages". Toute la salle s'est concerté, personne ne le voyait!
Le dernier monologue m'a particulièrement scotché. L'homme analyse tellement le film qu'il devient obsessionnel et parano! Il y a une vraie montée dans ce docu-film. Non seulement il replace ce film à sa juste valeur et, d'un point de vue plus psychologique, il montre vraiment certaines névroses de type obsessionnelle.
KingTeDdY
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KingTeDdY

Dsl mais pas d'accord ^^

Catwoman reste la femme chat avec son coté séductrice...
l'homme pingouin reste la victime/freaks avec son coté dangereux...
(et dans returns il veut pas se réintégré hein...il fait semblant de vouloir)


Non non au fond il veut se réintégrer mais sa malice le rattrape. Il aimerait bien être normal mais malgré lui il a une vision pervertie du monde et ne pense qu'à manipuler les habitants de Gotham. Si à la fin il pète un câble et veut tuer tout le monde après avoir enlevé les bébés de Gotham, c'est pas tant par ce que son plan est tombé à l'eau mais par ce qu'il est de nouveau traité comme un monstre et un rebut. Image IPB

C'est tout le "truc" de Returns. Les trois personnages sont chacun une facette d'un même problème : celui du marginal et de son rapport avec les autres. On a Batman qui s'est auto-persuadé qu'il était normal et découvre petit à petit que c'est faux. Catwoman est une folle et elle le sait parfaitement, jouant même là dessus pour obtenir ce qu'elle désire : sa vengeance contre Max Shreck. Et enfin le Pingouin "né" monstrueux qui veut être réintégré dans la "normalité" mais qui est trop "cabossé" pour que cela soit possible, trop habitué qu'il est à voir le monde sous un visage sombre.


Aussi ne garder que l'aspect séductrice ambiguë de Catwoman et victime devenue dangereuse du Pingouin c'est se limiter à la surface. C'est oublier le rapport entre Selina et Falcone, c'est oublier la haine viscérale de Cobblepot pour les Wayne. D'autant qu'aucun de ces deux personnages n'est névrosé dans la BD. Bon, Catwoman est peut être un peu cleptomane sur les bords mais ça s'arrête là. Elle n'est guère givrée. De même Pingouin n'est à aucun moment aussi instable que dans ce film où il veut raser la ville sur un "caprice d'enfant".
Sombre Plume
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Sombre Plume
Dsl mais pas d'accord ^^

Catwoman reste la femme chat avec son coté séductrice...
l'homme pingouin reste la victime/freaks avec son coté dangereux...
(et dans returns il veut pas se réintégré hein...il fait semblant de vouloir)
KingTeDdY
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KingTeDdY

et oui lis un peu le reste comme.. "Arkham Asylum : Living Hell " (ça répond aussi à kingteddy)


Ca parle de quoi? (Outre le fait que, j'imagine, ça se passe à Arkham)

fan service ? tu connais la signification réel de ce mot ? ...


En même temps y'a un double sens. D'un côté l'aspect boobs issue de la culture manga, de l'autre le simple fait de foutre des clins d'oeil et des caméo que les fans seuls pourraient remarquer.

@king teddy oui des libertés sont prises...mais elles cassent pas l'essence de l'univers et des personnages... certaines idées sont plutôt bien vues (d'autre non). Donc non pour moi ça reste des bonnes adaptations...mais comme toi t'es adepte du cm près et moi de réinterprétation (en plus du cm quand même hein)

on ne sera jamais d'accord sur ce qui est une bonne et ce qui est une mauvaise adaptation. Selon toi on doit retrouvé TOUT de l’œuvre originale (dans la limite du possible)...selon moi pas forcément...


Excuse moi mais faire de Catwoman la voleuse qui tente d'échapper à ses origines en une zombie vengeresse et nympho, et du Pingouin le trafiquant d'arme un enfant-monstre incompris qui veut se réintégrer dans la société malgré qu'il soit profondément perverti j'appelle ça casser l'essence des personnages. Image IPB
Sombre Plume
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Sombre Plume
@blacklabel :

pourtant ils ont insufflés une personnalité propre au titre...


et oui lis un peu le reste comme.. "Arkham Asylum : Living Hell " (ça répond aussi à kingteddy)

fan service ? tu connais la signification réel de ce mot ? ...
et puis si tu veut parler de jeu fait pour des fans de batman et que tu dis qu'il y a pas de respect...je comprend pas trop ...

Au contraire j'ai jamais vu une œuvre autre qu'un comics, respecté aussi bien l'univers et les perso de batman... on est justement très très très proche...
Mais pour ça il ne faut pas s'arrêté à la forme...

@king teddy oui des libertés sont prises...mais elles cassent pas l'essence de l'univers et des personnages... certaines idées sont plutôt bien vues (d'autre non). Donc non pour moi ça reste des bonnes adaptations...mais comme toi t'es adepte du cm près et moi de réinterprétation (en plus du cm quand même hein)

on ne sera jamais d'accord sur ce qui est une bonne et ce qui est une mauvaise adaptation. Selon toi on doit retrouvé TOUT de l’œuvre originale (dans la limite du possible)...selon moi pas forcément...

@noiraude : oui comme tu dis, tu parle du passé ^^ mais ça a changé un peu...
moom
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moom
Je trouve le final de Kubric beaucoup intéressante que celle du livre. Comme quoi apporté "ça" (^^) vision d'une œuvre peut apporter du bon.
Noiraude
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Noiraude
Bon, vu que ça débat bien, je ré-up. Mais ce sera la dernière fois ^^
Noiraude
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Noiraude
@ SombrePlume : King a quand même très officiellement renié Shining, et Kubrick et lui sont restés en froid jusqu'à la disparition du premier...

@ tous: C'est ce qu'il y a de beau, dans l'adaptation: fidèle ou pas, elle devient un élément distinct, un moment de cinéma. Tant qu'il y a un bon film à l'arrivée, pour moi, l'adaptation est réussie. Et j'applaudis jusqu'à la pire des trahisons dans ce cas de figure...
BlackLabel
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BlackLabel
La version américaine est d'ailleurs assez chiante car trop longue, notamment une scène au début qui n'apporte rien quand la mère parle au médecin de l'ami imaginaire de Danny.

Sinon effectivement Shining n'est pas un film lisse du tout. 2001 a inventé le film de science-fiction là où avant y'avait juste des nanars, et Shining a fait un peu pareil pour le film d'horreur. Kubrick a tout fait à l'envers du film d'horreur traditionnel ; des décors grands au lieu d'être étroits, de la lumière partout au lieu de la perpétuelle pénombre, aucun effet de surprise cheap non plus si j'ai bonne mémoire.

Danny ! Daaaanny !!! :lol:


Prend par exemple arkham asylum et arkham city.... (le seul exemple qui me vient en tête maintenant)
très bonne adaptation...respecte très bien batman (contrairement a un certain réa dont je tairais le nom XD) pourtant ils ont insufflés une personnalité propre au titre...


Pour l'instant ce que j'ai lu de Batman (Killing Joke, Year One, Long halloween entre autres) c'est juste à des années-lumières de l'univers de Rocksteady.

J'y vois plus du fan-service que du respect dans ces deux jeux-là. Surtout que dans Batman, on a un héros humain et faillible, là où dans les jeux le gars est capable de tabasser 15 mecs en même temps.

Après comme dit KingTeddy ils ont pioché un peu partout, on a donc un melting-pot qui pour moi n'a aucune personnalité. C'est pas sordide comme Year One, c'est pas fantaisiste comme Long halloween, c'est pas brillant comme Killing Joke, c'est un peu tout ça en même temps mais pas trop, et au final je trouve ça lisse et convenu.
KingTeDdY
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KingTeDdY

bah pour moi il y a des œuvres qui ne sont pas "le plus fidèle possible" qui sont juste des trésors d'adaptations... car l'auteur réussi à s'approprier la chose en respectant le média de base, et ça, c'est extrêmement compliqué.

Prend par exemple arkham asylum et arkham city.... (le seul exemple qui me vient en tête maintenant)
très bonne adaptation...respecte très bien batman (contrairement a un certain réa dont je tairais le nom XD) pourtant ils ont insufflés une personnalité propre au titre...

bah tient les batman de burton aussi sont des bonnes adaptations. Personnalité de burton en respectant vraiment l'esprit de l’œuvre originale !


Pour les Arkham peut on réellement parler d'adaptation? Après tout même s'ils piochent chacun à droite et à gauche dans les comics, ils ne reprennent pas vraiment l'intrigue d'un album précis. (Enfin j'en ai pas eu l'impression mais je ne suis pas un expert sur Batman, juste un minimum renseigné) Ce sont deux jeux qui se situent dans l'univers Batman mais ça s'arrête là. Ils n'adaptent rien, je trouve.

Pour les films de Burton il y a de très grosses libertés prises qui en font de mauvaises adaptations pour moi. (Même si je trouve les deux films excellents, Returns étant d'ailleurs mon film Batman favoris:))

Le premier film, s'il est partiellement inspiré de The Killing Joke, prend tout de même pas mal de libertés. (Jack/Joker n'étant plus un comédien raté mais un gangster de renom. Absence du Red Hood. Passage sur la création mutuelle de Batman et Joker pas inintéressant du tout d'ailleurs) Néanmoins pour l'ambiance ça respectait bien.

Le second film (cette perle Image IPB) est une totale réappropriation de Batman par Burton. Un justicier tellement rongé par son rôle qui ne s'envisage plus comme un humain normal mais un "monstre" condamné à vivre à l'écart. Une Catwoman mort-vivante qui lui sert d'excuse pour se considérer comme un monstre et enfin Pingouin qui n'est définitivement plus un simple aristo à l'enfance difficile en raison de son physique ingrat et d'une légère malformation des hanches mais une véritable fusion avec le personnage de Killer Croc : un enfant-monstre difforme élevé dans un cirque.

Jusque l'ambiance c'est différent de Batman. On nage dans la dépression et les choeurs mélancoliques.

Un excellent film mais pour l'adaptation, on repassera.

les Men in black aussi sont bien adaptés... ou encore the mask Image IPB


J'ignorais qu'il s'agissait d'adaptation. oO
Sombre Plume
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Sombre Plume
bah pour moi il y a des œuvres qui ne sont pas "le plus fidèle possible" qui sont juste des trésors d'adaptations... car l'auteur réussi à s'approprier la chose en respectant le média de base, et ça, c'est extrêmement compliqué.

Prend par exemple arkham asylum et arkham city.... (le seul exemple qui me vient en tête maintenant)
très bonne adaptation...respecte très bien batman (contrairement a un certain réa dont je tairais le nom XD) pourtant ils ont insufflés une personnalité propre au titre...

bah tient les batman de burton aussi sont des bonnes adaptations. Personnalité de burton en respectant vraiment l'esprit de l’œuvre originale !

les Men in black aussi sont bien adaptés... ou encore the mask :)

scott pilgrim aussi :)
KingTeDdY
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KingTeDdY

De toutes manières...si on regarde bien...un réalisateur qui fait un film d'après un roman...ne ferra rien à la lettre...
Vu qu'il change de média...donc c'est juste impossible une "adaptation à la lettre"...

Un réa s'appropriera TOUJOURS de l'oeuvre...c'est carément impossible qu'il ne le fasse pas.
Alors oui il peut le faire en étant le plus ressemblant possible... mais bon...jamais ce sera de la vraie copie...une copie c'est quand tu as deux fois le même shining...


Oui c'est pour ça que j'insiste sur le "plus fidèle possible". C'est normal qu'il y a des changements lorsqu'on passe d'un format à l'autre, surtout dans le cas de longue saga où il faut absolument passer des choses sous silence vu qu'on ne peut pas tout raconter en un à trois films. ^^
Sombre Plume
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Sombre Plume
De toutes manières...si on regarde bien...un réalisateur qui fait un film d'après un roman...ne ferra rien à la lettre...
Vu qu'il change de média...donc c'est juste impossible une "adaptation à la lettre"...

Un réa s'appropriera TOUJOURS de l'oeuvre...c'est carément impossible qu'il ne le fasse pas.
Alors oui il peut le faire en étant le plus ressemblant possible... mais bon...jamais ce sera de la vraie copie...une copie c'est quand tu as deux fois le même shining...

Moi je trouve qu'une "mauvaise adaptation" est une adaptation qui chie ouvertement ou involontairement sur l’œuvre originale... en ne respectant pas l'essence de l’œuvre.

Et l'essence de l’œuvre c'est de gardé certains traits qui font partie intégrante de la personnalité de celle-ci.

Après king à aimé le film...mais n'a pas aimé l'adaptation....et d'un coté quand on connait le passé de cet auteur...on comprend que son œuvre lui tient à cœur... mais il n'en reste pas assez objectif vu qu'il trouve le film bon :)
Et c'est vrai qu'elle ressemble que très peu à son œuvre... des personnages en moins...un sens très différent etc...

ça n'empêche que shining est un bon film, mais, pour moi une adaptation assez moyenne....

Sinon the mist est assez énorme aussi dans le genre adaptation de king (ils ont changés la fin, mais king lui même à trouvé la fin du film meilleur que la sienne) . Comme quoi il est pas si fermé que ça :)
KingTeDdY
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KingTeDdY

Perdre cet aspect du livre, pour moi, c'est en perdre la moitié en route, le réduire à son intrigue. Raison pour laquelle, toujours à mes yeux, l'appropriation du propos par un autre doit venir remplacer la partie manquante.


Normal que j'adhère pas à l'idée, moi je me limite à l'intrigue. Après le style d'écriture peut me gêner mais c'est très très rare pour moi. Le plus souvent mon jugement sur un livre se limite donc à son histoire. (Et tout ce qui en découle : ambiance, personnage, univers etc)

Edit : A vrai dire la seule différence fondamentale que je pourrais faire tient au rythme. Un livre voit son rythme dépendre du lecteur. (Fréquence des lectures, possibilité de revenir en arrière pour relire un passage d'aller lire une annexe etc) Un film c'est tout l'inverse. En principe on le regarde en une seule fois et on ne contrôle rien quant au rythme. C'est le réalisateur qui décide de ça. (Sans parler de la simple division d'un livre en plusieurs films...)
Le Gamer aux Mains Carrees
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Le Gamer aux Mains Carrees
@KingTeddy :

Ben d'une certaine manière, si, quand même. Un livre, ce n'est pas seulement l'histoire qu'il contient : c'est aussi un style, des silences, des respirations, des images que les images ne peuvent pas retranscrire. Et ces images intranscriptibles existent précisément parce que l'auteur, quand il écrit, doit faire le deuil du visuel : il ne peut créer qu'avec du mot, dessiner qu'avec des lettres, faire sentir qu'avec des phrases... et c'est justement le fait de devoir composer avec cette contrainte qui, à mes yeux, caractérise l'essence de la chose écrite. Perdre cet aspect du livre, pour moi, c'est en perdre la moitié en route, le réduire à son intrigue. Raison pour laquelle, toujours à mes yeux, l'appropriation du propos par un autre doit venir remplacer la partie manquante.

Personnellement, j'ai commencé par faire de la BD, et je me suis rabattu ensuite sur l'écriture. Ben perdre d'un seul coup le support visuel, ça a été quelque chose, mine de rien.
KingTeDdY
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KingTeDdY

Mais justement : ce n'est déjà plus tout à fait fidèle, si on ajoute de la musique et des images. Alors quitte à ne pas l'être, fidèle, autant y aller à fond (du moment qu'on le fait intelligemment et dans le respect de l'oeuvre originelle, bien sûr), non ? Image IPB


Tu joues sur les mots. L'image et les sons n'a rien à voir avec la fidélité ce sont juste des outils se substituant à l'imagination du lecteur. (Sauf si bien sur Jackson aurait eu l'idée étrange de placer du Death Metal dans Le Seigneur des Anneaux et de donner des costumes de Power Rangers à chaque membre de la communauté XD)


Enfin bon on va pas épiloguer là dessus. Les commentaires de l'article sont pas là pour mener un tel débat. ^^
Le Gamer aux Mains Carrees
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Le Gamer aux Mains Carrees
Mais justement : ce n'est déjà plus tout à fait fidèle, si on ajoute de la musique et des images. Alors quitte à ne pas l'être, fidèle, autant y aller à fond (du moment qu'on le fait intelligemment et dans le respect de l'oeuvre originelle, bien sûr), non ? ;)
KingTeDdY
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KingTeDdY

Si c'est pour retrouver la même chose que dans le livre, autant relire celui-ci


Bah moi mes livres ne proposent ni bande son ni belles images. Donc j'ai un certain intérêt à voir une oeuvre être retranscrite le plus fidèlement possible sur grand écran. ^^
Le Gamer aux Mains Carrees
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Le Gamer aux Mains Carrees
En matière d'adaptation, je suis pour que l'auteur s'approprie l’œuvre qu'il adapte, au lieu de se contenter de la retranscrire mot-à-mot à l'écran. Si c'est pour retrouver la même chose que dans le livre, autant relire celui-ci, d'autant qu'un livre qu'on peut transposer sans pertes à l'écran est, sans doute aucun, un mauvais livre. Mais c'ets vrai qu'on peut prendre "adaptation" dans les deux sens : soit adaptation du contenu du livre aux caractéristiques de l'écran, soit adaptation d'une œuvre à l'univers d'un auteur. Je préfère la seconde option, mais je comprends les partisans de la première. Il en faut pour tous les goûts, mais je fais partie d'une minorité qui pense, a posteriori, qu'il était sage de ne pas faire apparaître Tom Bombadil dans le premier SDA.

Ceci posé, excellent article, une fois encore, pointu et agréable, pile comme on ne peut que les aimer. Bon, bien sûr, je tique sur l'interprétation "Apollo" du propos (et le principe de surinterprétation en général. J'ai fais des études de lettres, je sais de quoi je cause :D ), et je sais bien, parce que j'ai lu Douglas Adamas, à quoi le mystérieux "42" est censé renvoyer. Mais à part ça, rien à redire ! ;)
KingTeDdY
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KingTeDdY
Eh non on pourra pas tomber d'accord. ^^
Moi quand je vois que le réalisateur s'est réapproprié l'oeuvre pour la changer, pour moi ce n'est plus vraiment une adaptation. C'est autre chose, même si j'ai pas de nom à mettre là dessus.



D'ailleurs pour revenir à Peter Jackson et The Hobbit, à l'inverse j'avais été scandalisé par les changements qu'il a opéré dans Le Retour du Roi. Retirer leur moment de gloire aux Hobbits était inutile et faire intervenir la relation Smeagol/Frodon ne rimait à rien.
Noiraude
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Noiraude
On sera donc irréconciliables. Pour moi, l'adaptation ne doit pas nécessairement être une copie conforme. Et ce n'est pas pour rien qu'aux USA, lorsqu'un studio envisage d'adapter un livre, il en rachète l'intégralité des droits. Manière d'évincer l'auteur afin que le réalisateur puisse s'approprier le sujet. Souvent pour le pire, je te le concède, mais aussi parfois pour le meilleur...
KingTeDdY
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KingTeDdY

On diverge sur ce point : Shining est pour moi la quintessence de l'adaptation justement parce qu'il ose s'affranchir des limites posées le roman, et ceci sans le trahir. Il n'y a rien de plus plat et dépassionné qu'une restitution au pied de la lettre d'une oeuvre littéraire, puisque tu brides alors toute la créativité du metteur en scène.


Justement pour moi c'est l'exact inverse. Quand un réalisateur signe pour adapter une oeuvre (livre, BD, jeu ou même vieux film quand on parle de remake), il met du même coup sa créativité au placard. Son job c'est de faire une restitution la plus fidèle possible de l'oeuvre qu'on lui demande d'adapter.

Car forcément ça ne pourra jamais être une copie parfaite, c'est pour ça qu'on parle d'adaptation. Il faut faire des choix. Et, au mieux, le réalisateur peut tenter d'améliorer l'oeuvre.

Je pense notamment à plusieurs films :

1/The Hobbit qui a l'air fortement parti pour replacer le récit dans le cadre auquel il appartient. Quand Tolkien avait écrit cette histoire, il n'avait pas encore tout prévu de son univers. On y évoque vite fait certains évènements mais c'est très vague. Peter Jackson a l'air de vouloir filmer ces fameux évènements à peine évoqués dans le livre pour que le spectateur puisse correctement appréhender où et quand se déroule l'intrigue par rapport au reste de l'univers..

2/Godzilla version Emmerich. Du design du monstre à la façon dont c'est filmé. (On suit l'action bien plus souvent du point de vue "humain" et non plus de très loin avec le lézard qui est tout seul à l'écran en train de casser des maisons. Et du coup ça permet d'avoir un semblant de personnages...) La seule vraie disgression tient à la vulnérabilité de la bête et au fait que l'histoire a lieu à New York et non plus à Tokyo. C'est d'ailleurs peut être l'un des rares remake US de films asiatiques que je respecte.

3/The Exorcist qui, dans son montage original, se permet de perdre le spectateur sur la fausse piste de la folie de Regan avant de partir dans le surnaturel.
Noiraude
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Noiraude
On diverge sur ce point : Shining est pour moi la quintessence de l'adaptation justement parce qu'il ose s'affranchir des limites posées le roman, et ceci sans le trahir. Il n'y a rien de plus plat et dépassionné qu'une restitution au pied de la lettre d'une oeuvre littéraire, puisque tu brides alors toute la créativité du metteur en scène.
King a eu du mal à supporter l'adaptation faite par Kubrick de son oeuvre, parce que le romancier voulait en fait dénoncer les ravages de l'alcoolisme dans la cellule familiale. Une dimension que Kubrick a parfaitement saisie, pour mieux l'évacuer et refuser à Torrance toute forme d'excuse. Manière aussi de rappeler à King qui est le tôlier, ce qu'il fait, visuellement, également pendant le film : la voiture de la famille Torrance est jaune au lieu d'être rouge, comme le dit le bouquin. Mais la fameuse voiture rouge de King est présente : elle est retrouvée accidentée au cours du film, comme si Kubrick avait voulu lancer un méchant clin d'oeil à l'auteur...
KingTeDdY
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KingTeDdY
Très intéressant même si je considère toujours ce genre d'interprétation (Celle sur l'holocauste et Apollo 11) comme "allant vachement loin". Ouais je suis assez terre à terre. A part chercher à comprendre le scénario je vais rarement chercher l'éventuel message derrière. (C'est pour ça que quand certains voient une mise en abîme dans MGS2, moi je vois juste un jeu qui parle de conspiration Image IPB )


Sinon je voulais juste rebondir sur cette phrase:

A tel point que Stephen King a fini par renier ce qui constitue pourtant la meilleure adaptation à l'écran de l'un de ses romans.


A mon sens, et dieu sait que j'adore Shining et le trouve excellent, ce film restera toujours une mauvaise adaptation. Le simple fait que Kubrick ait modifié l'histoire jusque dans sa conclusion fait qu'il ne peut s'agir d'une bonne adaptation.

Alors je veux pas relancer le débat mais voila : Pour moi une bonne adaptation suit à la lettre l'oeuvre originale ou alors minimise les modifications. Et donc à l'inverse, même un excellent film peut être une médiocre adaptation.

Pour citer un autre exemple : Dracula de Coppola je le trouve excellent mais il s'est pas mal éloigné du livre en insérant une intrigue amoureuse qui n'y apparaissait pas à l'origine.



Après bien sur, à chacun de décider s'il préfère avoir un bon film qui prend des libertés ou un mauvais film qui est totalement fidèle à l'original.
Celimbrimbor
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Celimbrimbor
Eyes Wide Shut, c'est cool. Shining aussi.

Celim.

Édito

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