Rêves électriques

Rêves électriques

Par Noiraude Blog créé le 17/09/10 Mis à jour le 09/12/16 à 15h47

30 ans de passion pour les jeux vidéo, le Japon et le cinéma, ça laisse forcément des traces. Vous voulez en savoir plus?

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Cinéma

Hello tous,

Difficile de prendre le clavier ces derniers jours pour relater les événements du festival européen du film fantastique : les séances se terminent invariablement après 2h du matin, au mieux, et l'on est invité à reprendre le chemin des salles dès 11h. Autant vous dire que malgré toute ma bonne volonté je fais l'impasse sur pas mal de créneaux horaires, à l'exception des plus tardifs : les midnight movies sont vraiment d'excellente facture, globalement.

Pour les fans d'épouvante, de fantastique et d'horreur, la récolte est en tout cas exceptionnelle. Dans mon précédent post, j'évoquais déjà l'étonnante qualité de Maniac, le remake du film de William Lustig diffusé samedi soir : les choses se confirment, le métrage a très bonne presse auprès des festivaliers, à tel point qu'il s'en trouve de plus en plus pour regretter qu'il ne concourre pas dans la compétition officielle. Pour le reste, le film doit sortir en décembre sur les écrans, et je suis convaincu qu'il connaîtra un véritable succès, vu sa qualité.

La programmation de dimanche

Maniac n'est de loin pas la seule bonne surprise du festival, partant. De la programmation de dimanche, je retiendrai ainsi The Pact, d'abord, histoire assez improbable mêlant fantômes et tueur en série. La pelloche, US, est de Nicholas McCarthy, et a pour elle une très bonne photo ainsi qu'un crescendo dans la tension franchement bien amené. Après, certaines scènes tombent un peu à plat, le final est téléphoné, mais il y a dans ce métrage très respectueux du huis-clos une belle idée de cinéma, tout en retenue et sans esbrouffe. Et qui sait filer les pétoches quand il faut...

Mais mon deuxième vrai coup de coeur vient de la séance "midnight" de dimanche. J'y suis allé, pourtant, un peu à reculons: Aggression Scale partait d'un postulat qui pouvait laisser craindre le pire, en mêlant La dernière maison sur la gauche... et Maman, j'ai raté l'avion. Mais le métrage de Steven C. Miller est tout sauf une expérience ratée. Partant d'un postulat traditionnel du home-invasion movie -une bande de mecs s'introduit dans une maison pour une obscure histoire de dette à recouvrir et en vient à utiliser la violence la plus extrême contre la famille qui est sa cible-, Aggression Scale sort rapidement des rails pour présenter une riposte des plus inattendues : celle des deux ados, qui vont en faire voir des vertes et des pas mûres à leurs agresseurs.

Aggression Scale avait tout du projet casse-gueule par excellence. En refusant de transiger sur la représentation de la violence, en posant un esprit méchamment déviant -ne serait-ce qu'en dévoilant le plaisir pris par un ado à s'adonner aux actes les plus extrêmes- et surtout, en offrant au spectateur la contemplation de l'un des retours de bâton les plus cinglants de l'histoire du cinéma, il parvient au contraire, à mon sens, à s'ériger en incontournable du genre. D'autant qu'il manie avec une aisance certaine un humour noir redoutable, qui fonctionne pour l'essentiel sur le personnage du jeune Owen (l'excellent Ryan Hartwig, dont la carrière sera à suivre de près), dont la propension à la violence est cliniquement mesurée. 99.5/100 selon l'Aggression Scale, l'indicateur psychologique qui donne son titre au film... 

Je signalerai encore, au passage, que j'ai finalement fait l'impasse sur Storage 24, le film de monstres du festival. Apparamment à raison : beaucoup de festivaliers considèrent pour l'instant le métrage comme le plus mauvais de la programmation.

La programmation de lundi

Pas totalement satisfait de mon organisation, hier : j'ai réussi à rater non seulement Doomsday Book, de l'excellent Kim Jee-Won (le papa de I saw the devil), mais aussi Antiviral, le premier métrage du fiston de David Cronenberg, Brandon.

En revanche, bonne séance à 22h avec When the lights went out, pelloche anglaise de Pat Holden sur fond de maison hantée et de possession. Le film tient la route, reposant sur une histoire vraie survenue dans les années 70, est bénéficie d'une distribution de qualité ainsi que d'une reconstitution de l'Angleterre des seventies décoiffante d'authenticité. Le film se laisse regarder sans ennui, notamment pour sa dimension sociale -le milieu ouvrier british- particulièrement bien mis en scène, mais aussi pour la foi que le réalisateur porte à son sujet. La "présence" dans la maison est représentée de manière classique -meubles qui bougent, lampes qui clignotent, aggressions physiques à l'occasion- mais sans jamais se départir d'un certain réalisme. La caractérisation des personnages -dont celui de la mère, qui refuse quoiqu'il en coûte de quitter la maison de ses rêves- est de plus passionnante. Hélas, Pat Holden bute sur la dernière marche avec un final en forme de faute de goût. Un trop-plein d'effets spéciaux qui vient gâcher cette heure et demie  par ailleurs bourrée de qualités.

2h50 de film, pour conclure. A minuit et demi, début de la séance "midnight movies" que beaucoup de fans attendaient. Et pour cause : Mick Garris, président du jury - et réalisateur de Sleepwalker ou Critters, notamment - devait y présenter sa nouvelle adaptation d'un roman de Stephen King, Bag of Bones. Au final, s'il s'est bien acquitté de cette mission (voir la vidéo ci-dessus), on pourra rester dubitatif devant la qualité du travail effectué.

Bag of Bones, certes, n'est pas destiné au grand écran. Déjà diffusé sur la chaîne Sy-Fy, ce téléfilm en deux épisodes a cependant bénéficié d'un budget visiblement confortable, s'offrant la présence au casting de Pierce Brosnan, Annabeth Gish et Melissa George, mais aussi quelques prises de vue aériennes coûteuses. Et de fait, ce marathon de presque trois heures fonctionne assez bien jusqu'à une demi-heure de la fin. Brosnan y campe habilement un romancier détruit par la mort de sa femme, dont la présence surnaturelle lui permet de se reconstruire petit à petit tout en prenant la mesure du mal qui le menace désormais. Les seconds rôles tiennent la route (la ravissante Melissa George ferait fondre n'importe quel homme) et le métrage fonctionne tant qu'il se cantonne à la suggestion du fantastique, parvenant même à générer quelques instants de jolie trouille par moments. En revanche, les choses se gâtent, très sérieusement, lorsqu'il s'agit de représenter les esprits à l'écran. Faute de goût, problèmes de moyens... Tout concourt à faire verser la deuxième partie du téléfilm dans un comique involontaire qui sape tout le travail effectué jusqu'alors. La prestation des acteurs est d'ailleurs au diapason, un peu comme si subitement tout se délitait. Brosnan cabotine, Melissa George minaude. Garris échoue à représenter le surnaturel, et y perd totalement son cinéma. Il sera intéressant de lui demander tout à l'heure -Mick Garris sera présent de 18h à 20h au village fantastique- quelles ont été les conditions du tournage...

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