Rêves électriques

Rêves électriques

Par Noiraude Blog créé le 17/09/10 Mis à jour le 14/05/17 à 18h00

30 ans de passion pour les jeux vidéo, le Japon et le cinéma, ça laisse forcément des traces. Vous voulez en savoir plus?

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Cinéma (Cinéma)

 

ATTENTION : s'il ne dévoile rien de l'intrigue, ce post donne des éléments sur la scène post-finale de Split

Ceci est un "yop tous" surexcité,

La scène est gravée dans ma mémoire. Venu porter secours à une famille victime d'un tueur, Bruce Willis tombe dans une piscine. Dans le noir, il se débat pour échapper à la bâche qui l'empêche de remonter à la surface. Il se noie. Deux enfants, dans un arrière-plan flouté, font leur apparition, tendent à leur sauveur une perche pour l'aider à sortir de l'eau. C'est ce qu'il fait, péniblement. D'abord un genou à terre, Willis se lève, tandis que la caméra se positionne en contre-plongée, donnant à l'acteur une stature quasi monumentale. Cette scène, c'est le moment clé d'Incassable. C'est l'instant précis où un anonyme prend conscience, vraiment, de ce qu'il est: un de ces super-héros que fantasment les bandes dessinées.

Incassable, c'est un de ces quelques films fous et géniaux dont Michael Night Shyamalan a le secret. Sorti en 2000, le long métrage a vu le jour après le succès du Sixième Sens, film que j'ai pour le coup toujours trouvé un peu surestimé. On y suivait la trajectoire d'un looser, un homme qui a choisi de sacrifier sa nature pour vivre une vie de famille dans laquelle il n'a jamais vraiment pu s'épanouir. Son couple est en morceaux, et Shyamalan décrit avec une acuité quasi chirurgicale cette descente aux enfers, qui prend la forme d'un morne quotidien, d'où le rire a été banni, la vie aussi.

C'est en prenant conscience  d'une particularité physique unique que le héros de Shyamalan reprend des couleurs. Jusqu'à finir, avec cette scène, par enfin comprendre quelle est sa place dans l'univers. Et le spectateur avec lui: Incassable est un film de super-héros sans super-héros, une oeuvre naturaliste et décalée, dans laquelle il est postulé que la mythologie n'est rien de plus qu'une tentative d'expliquer une réalité parfois occultée, oubliée. Une étape clé dans le cinéma de Shyamalan, et une première approche de ce questionnement sur les mythes, qu'il remettra sur le métier aussi bien avec l'excellent "Le village" qu'avec le très sous-estimé "La jeune fille de l'eau".

 

A sa sortie, Incassable n'a pourtant pas connu le succès public espéré. Et cette fréquentation en berne a eu un prix: l'ajout d'une chute sous forme de texte post-épilogue dans la version DVD. Cette chute semblait fermer définitivement la porte à une suite, mais il faut croire que les ventes DVD et blu-ray, nettement plus importantes que ce que laissaient présager les entrées ciné, ont fini par remettre le rêve de Shyamalan sur le métier: lui voyait son film comme le premier volet d'une trilogie en bonne et due forme, et dix-sept ans plus tard, son rêve devient réalité.

Cette bonne nouvelle, on la doit à Split. Deux heures durant, le dernier long métrage de Shyamalan se déguste comme une production qui se suffit à elle-même, et qui offre à James McAvoy l'opportunité d'interpréter un rôle qui devrait asseoir encore sa notoriété. Je n'entends pas ici déflorer le sujet, d'autant que les films de Shyamalan reposent sur l'effet de surprise. Je dirai simplement que Split, petite merveille de ciné, est sans doute l'un des meilleurs films de l'auteur, ainsi qu'un thriller sévèrement burné. Mais il a une autre particularité: une scène finale qui a été ajoutée après les projections test, pour garder le secret. On y est projeté dans un dinner un peu miteux, dans lequel une télévision revient, par le biais d'un journaliste, sur les événements complètement fous qui ont précédé. Une petite mélodie parfaitement reconnaissable commence à monter - on l'avait déjà entendu quelques instants auparavant, sans vraiment y croire, mais l'erreur n'est plus possible. Et le soupçon se confirme lorsque la caméra, qui se promène dans le café, finit par s'arrêter sur un crâne rasé. C'est Bruce Willis, visiblement très intéressé par les informations qui viennent d'être communiquées. Et voilà que Split se mue en gigantesque teaser pour annoncer cet Incassable II dont les fans n'osaient même plus rêver.

Interviewé fin janvier, Shyamalan a confirmé la chose, et donné quelques éléments plus précis sur la trilogie telle qu'il la conçoit. Split serait ainsi totalement intégré à l'histoire d'Incassable, et constituerait le deuxième volet de la saga. Le réalisateur a également précisé que son prochain sera la suite de ces deux longs métrages.  Pas de date annoncée, mais le projet semble solide. Alors révisez vos classiques, regardez de nouveau dix fois Incassable et faites-en autant pour Split: le grand final de la trilogie Incassable est dans les tuyaux, et il va falloir l'accueillir comme il le mérite !

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Commentaires

Le Gamer aux Mains Carrees
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Le Gamer aux Mains Carrees
Me dis pas que tu as aussi été déçu par Stuart Little, Joni ! ? N'AS-TU DONC PAS D'ÂME ? :lol:
Noiraude
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Noiraude
Plus récemment, il a également sorti un The Visit qui vaut le coup d'oeil !
Noiraude
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Noiraude
Incassable n'entre pas dans le même schéma, Joni. Split non plus ;o)
Joniwan
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Joniwan
J'ai pas lu du coup, mais j'ai toujours été déçu par ses films. Celui qui m'a le plus plu c'est la jeune fille est l'eau... Tous les autres m'ont soit déçus, soit je trouvais la fin au bout de 20 minutes...

Édito

Ceci n'est pas un blog.

Ceci n'est pas une pipe.

Ceci est une fenêtre sur un pré où je pais en paix.

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