Rêves électriques

Rêves électriques

Par Noiraude Blog créé le 17/09/10 Mis à jour le 04/09/17 à 00h15

30 ans de passion pour les jeux vidéo, le Japon et le cinéma, ça laisse forcément des traces. Vous voulez en savoir plus?

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Cinéma (Cinéma)

[CETTE RUBRIQUE CONTIENT QUELQUES SPOILERS MINEURS]

Hello tous !

Ca y est, la séance vient de s'achever. Rogue One, huitième opus et premier spin-of en bonne et due forme de la franchise Star Wars, est désormais derrière moi. Je dois dire que je suis, plus que contenté, paradoxalement assez soulagé. L'idée de sortir du canon de la saga, les reshootings qui ont fait polémique pendant l'été et même le réalisateur, Gareth Edwards, capable du meilleur (Monsters) comme du pire (Godzilla), m'avaient fait douter au point que ce n'est qu'hier que je suis allé prendre ma place, porté par la tradition qui me fait aller aux premières séances de chaque Star Wars depuis que je suis gamin. J'avais tort, au moins en partie, de me méfier, car j'ai pris du plaisir pendant les quelque 2h10 que dure cette épopée. Je n'en ressors certes pas totalement convaincu, mais suffisamment enchanté pour avoir envie d'en traiter.

Mais d'abord, parlons du contexte. Ce Rogue One est un précurseur. Vous comprendrez par là que le film entend narrer comment les plans de l'Etoile noire arrivent entre les mains de la rébellion, de la princesse Leia et de Luke Skywalker in fine dans le quatrième opus, intitulé "Un Nouvel Espoir". La temporalité des deux longs métrages est quasiment la même. Rogue One se place dans les jours qui précèdent l'attaque de l'arme ultime de l'Empire, et suit la trajectoire d'une jeune héroïne,  Jyn Erso (Felicity Jones), qui a vu sa mère être tuée et son père se faire enlever par les forces de l'Empire alors qu'elle était enfant. Evidemment, la choupette a grandi et elle en veut terriblement aux méchants.

Pas de Skywalker dans cette affaire, donc, et  une prise de distance parfaitement assumée avec les précédents volets, ce dès les premières secondes.  On comprend immédiatement que le long métrage entend marquer une rupture avec les sept opus du canon lorsqu'il retoque le générique qui a fait la légende de la saga. Rien, ici, ne vient marquer les enjeux, expliciter le contexte sur les notes magistrales de la partition de John Williams. L'absence même de cette dernière est un point crucial d'ailleurs, puisqu'elle structure tout le film. A l'exception de l'un ou l'autre moment de complicité privilégié avec le fan qui comprend l'allusion à un événement de l'épisode IV, Rogue One trace son propre sillon au fil du son... jusqu'à tenter de créer son propre gimmick (las, si la recette est comprise, digérée, la mélodie n'est pas franchement inspirée et, pire, pas toujours très adaptée. Dommage pour l'OST qui, malgré quelques belles envolées, ne saura jamais vraiment charmer). Edwards réalise un long métrage d'Edwards dans un univers Star Wars, sans se plier aux règles usuelles que cette parenté devrait impliquer.

Sur la forme, le réalisateur clame donc son indépendance. Sur le fond en revanche, il répond au cahier des charges. Les enjeux de l'oeuvre sont limpides. Le spectateur sait une chose en entrant dans la salle, à savoir que l'obtention de ces plans a coûté la vie de nombreux héros - c'est ce qu'expliquera Leïa dans Un Nouvel Espoir. Toute la question est donc de savoir qui survivra, et qui n'y parviendra pas. Edwards a parfaitement conscience de cette réalité, et la tonalité du long métrage s'en ressent: c'est un univers assez sombre qui est dépeint ici, dans la veine de ce qu'Irvin Keshner avait proposé dans L'Empire Contre-Attaque, qui reste l'opus le plus abouti de la saga. Sombre, et pas manichéen. Les personnages qui entourent l'héroïne n'ont rien de chevaliers blancs, les rangs de la rébellion sont peuplés d'assassins, d'extrémistes, de couards. Drôle de revers de la médaille, Rogue One montre le "côté obscur du bon côté" de la Force, et fait entrer son film dans des nuances de gris assez éloignées des enjeux habituellement caricaturaux des différents volets de la saga. Il faut entendre le chef des forces impériales tenter de convaincre son opposant de se rallier à lui au motif qu'il y va de "la paix dans l'univers" pour comprendre que tout est relatif, jusqu'à aux concepts de justice et de vérité, décidément à géométrie variable dans notre bonne vieille réalité.

Cette noirceur est au coeur de l'aventure et conditionne les relations entre les principaux protagonistes. En parlant d'eux, je vous économise ici le listing des héros rencontrés, des compagnons avec qui Jyn va se lier d'amitié au fil du périple - et des dificultés. Tout juste retiendra-t-on la prestation du trouble Cassian Andor (Diego Luna), capable d'aller très loin pour ses convictions, et celle de Chirrut Imwe (Donnie Yen, toujours excellent), un combattant aveugle qui semble étonnamment clairvoyant. Imwe a une place très importante dans le film: si la Force a disparu (les chevaliers jedi ont été exterminés, remember), son rôle vient postuler qu'elle n'est pas éteinte pour autant, qu'elle affleure chez des personnes sensibles à sa présence. Imwe, en d'autres temps, aurait sans doute porté un sabre laser. Il est, ici, comme une bougie dont la flamme vacille dans la nuit.

Rogue One construit habilement la confiance qui va unir ces personnages. Il multiplie les scènes de bravoure, de combats spatiaux, d'actes de renoncement et d'abnégation, mais se préoccupe surtout de raconter l'héroïsme et le sens du sacrifice de gens que rien ne prédestinait à cela - le personnage de Bodhi Rook, interprété par Riz Ahmed, en est un exemple vibrant. Cette dimension presque intimiste est l'une des grandes forces de l'oeuvre, et n'en jure que davantage avec ce qui m'a semblé l'un des points noirs du film. La proximité de Rogue One avec Un Nouvel Espoir a en effet pour conséquence directe de permettre l'apparition à l'écran de plusieurs personnages-clés du classique de Georges Lucas. Je vous ménage la surprise pour me concentrer sur la technique utilisée: ce sont des personnages en images de synthèse qui sont ici exploités, et malheureusement pas au bénéfice de la cohérence visuelle de l'oeuvre. Leur artificialité est criante face à des acteurs de chair et de sang, ce qui donne lieu à des dialogues embarrassants face à des visages de carton-pâte très peu expressifs. Heureusement, ces scènes sont rares. Mais on ne m'enlèvera pas de l'idée qu'Edwards aurait pu en faire l'économie, d'autant qu'elles n'apportent rien à l'intrigue. A moins qu'elles fassent partie de ces fameux "ajouts" auxquels Disney tenait pour inscrire le film dans la galaxie Star Wars...

Ce côté carton-pâte, partant, pourrait presque symboliser l'autre point sur lequel le film échoue, selon moi. Edwards a beau savoir se faire rigoureux sur le montage, sur la construction de personnages au background travaillé, il peine sur un plan qui me semble fondamental: la création d'une émotion. Quelle que soit la situation décrite, à aucun moment le spectateur de peut faire preuve d'empathie, partager les pleurs et les souffrances de ceux pour qui il devrait pourtant vibrer. Peut-être est-ce dû, au moins en partie, à un montage un rien épileptique, le réalisateur ne laissant guère le temps à des scènes psychologiquement importantes de s'imposer. Peut-être s'agit-il simplement d'une incapacité du réalisateur à saisir la force des émotions - il avait témoigné de ce regrettable travers dans Godzilla. Cela rend en tout cas Rogue One étrange à regarder, un peu comme si l'on s'y sentait pris d'autisme face aux tragédies qui sont sous nos yeux dévoilées. Et c'est d'autant plus étrange que le film passionne, globalement fonctionne. Las, ce Star Wars manque peut-être du plus important: un peu d'humanité...

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Commentaires

nikolah
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nikolah

Très honnetement ca n'en fait pas un mauvais film, mais c'est une erreur de réal débutant qu'on a là. Je serais intéressé de voir le pourquoi du comment de cette débacle, ca vient pas du budget, c'est sur, alors quoi ?

Des mauvais responsables FX trop surs d'eux ?

Un réal qui tente un truc idiot ?

Une production qui veut absolument cushing au cast ?

Un rush pour sortir le film a noel ?

 

J'imagine que c'est un peu les 4 facteurs au dessus mélangés mais je serais intéressé de savoir. (en espérant qua ca ne deviennent pas une "mode" comme les shaky cam / cache misère.

Noiraude
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Noiraude
Très juste. Comme quoi, c'est possible...
nikolah
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nikolah

D'ailleurs en parlant de terminator, j'ai revu genisys hier et malgré tous ses défaut, ben le "jeune" arnold est mille fois mieux fait que peter cushing.

Noiraude
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Noiraude
Même ressenti pour Leïa. Juste pas possible...
nikolah
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nikolah

Vous etes un peu mechant quand meme , cet episode est largement meilleur que le VII et il introduit tres bien le IV meme si il manque quelques minutes a la fin pour savoir comment !!!
Les acteurs CGI sont un peu obliges malheureusement car certains ne sont plus avec nous je crois , mais ils auraient pu etre un peu mieux fait certes .
Quant aux acteurs meme si ils ne sont pas tous tres bons dans l ensemble ils sont corrects .
Le debut du film m a fait peur , si manque un truc important dans tous les Star Wars et le fait de passer 2 minutes sur differents lieux m a inquiete mais passer ca , j ai adore le film .
Si on pouvait refaire le VII ca serait bien non ?

 

Beaucoup de gens veulent comparer rogue et VII, je trouve ca juste idiot, j'ai bien aimé les deux films, il sont différents, chaque épisode a ses qualités et ses défauts. 

Dans l'absolu je n'ai rien contre le fait de mettre des acteurs cgi a la place des acteurs décédés, mais clairement je pense qu'il y a possibilité de faire un meilleur rendu et surtout, ce genre d'effet spécial, tu te débrouilles pour le "cacher", le réal aurait du éviter les confrontation directes entre acteurs réels et cgi. Sans déconner Leia a la fin est immonde avec son sourire de terminator.

Noiraude
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Noiraude
Si tu veux Fache...
Fachewachewa
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Fachewachewa
"Pour la musique, je viens de piger, ce n'est plus John Williams qui est au score. Et ben, c'est pas une réussite."

Désolé, mais Giacchino a repompé un morceau d'Hollywood & Vines de Lost, ce qui en fait directement la meilleur musique star wars (ok top 1 ex-aequo).
(et son nom était dans les 30 premières secondes du générique, faut arreter de sortir de la salle le plus vite possible dès que l'écran devient noir)
Noiraude
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Noiraude
Mais je précise: j'ai aimé, hein, malgré tout !
Noiraude
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Noiraude
Paradoxalement, j'ai trouvé le VII plus équilibré que ce Rogue One, moi. Edwards a un peu oublié au vol qu'il réalisait un space opéra, et donc que cela impliquait une structure posée sur la musique... mais aussi un côté grandiloquent des sentiments qui fait un peu défaut dans son long métrage. Ca manque d'émotion, tout ça !
koforever
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koforever
Vous etes un peu mechant quand meme , cet episode est largement meilleur que le VII et il introduit tres bien le IV meme si il manque quelques minutes a la fin pour savoir comment !!!
Les acteurs CGI sont un peu obliges malheureusement car certains ne sont plus avec nous je crois , mais ils auraient pu etre un peu mieux fait certes .
Quant aux acteurs meme si ils ne sont pas tous tres bons dans l ensemble ils sont corrects .
Le debut du film m a fait peur , si manque un truc important dans tous les Star Wars et le fait de passer 2 minutes sur differents lieux m a inquiete mais passer ca , j ai adore le film .
Si on pouvait refaire le VII ca serait bien non ?
Noiraude
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Noiraude
En fait, je comprends la démarche d'Edwards. Il décrit des frères d'armes et leur relation se construit sur le terrain, au détour de motivations qui se rejoignent. Andor est un convaincu de la cause rebelle, Imwe en a gros sur la patate avec l'Etoile noire et Jyn a des comptes à régler avec soit papa, soit l'Empire. Tout cela les fait tirer dans la même direction, mais le souci c'est que le film ne laisse pas le temps à ces motivations de vraiment s'imposer, s'imprégner, du coup on reste dans le superficiel concernant la caractérisation des personnages. C'est dommage. Pour la musique, je viens de piger, ce n'est plus John Williams qui est au score. Et ben, c'est pas une réussite.
nikolah
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nikolah
je suis a 200% d'accord avec toi en ce qui concerne les acteurs virtuels, il sont vraiment degueulasses, je comprend pas comment ils ont pu nous sortir des effets spéciaux aussi pauvres, le manque de temps ? En plus de la technique faible, le fait de mettre ces longues scènes de dialogues avec en face un acteur réel intensifie cette uncanny valley qui distrait le spectateur des enjeux développés lors des scènes en question.
Le manque d'investissement émotionnel est aussi du au la présentation éclair des personnages, un freeze frame avec le nom du perso en surimpression et un effet comics aurait été a peine moins subtil.
Noiraude
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Noiraude
Il mérite d'être vu, pour sûr!
Donald87
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Donald87
J'avoue n'avoir regarder que les photos et tes trois dernières lignes de conclusion ... Je vais y aller ;)

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