Rêves électriques

Rêves électriques

Par Noiraude Blog créé le 17/09/10 Mis à jour le 21/11/16 à 14h44

30 ans de passion pour les jeux vidéo, le Japon et le cinéma, ça laisse forcément des traces. Vous voulez en savoir plus?

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Découverte (Jeu vidéo)

Hello tous,

Sortir la tête de l'eau, inspirer, fermer les yeux et retourner à mes rêves mouillés. Cela fait quelques heures maintenant que j'ai reposé la manette mais je continue à me sentir bercé par les vagues et les courants des fonds marins. Sous l'eau, j'ai nagé avec les baleines, les requins, les dauphins, les seiches, les orques et les hippocampes. Je me suis perdu dans les immensités noyées d'Abzû, drôle d'expérience sous-marine qui s'offre depuis quelques jours maintenant aux possesseurs de PS4 ou de PC. Vous dire combien j'ai aimé ? J'ai fait l'acquisition des deux versions, rien que pour comparer. Et j'ai bouclé les deux, sans me forcer. Sans non plus pouvoir m'arrêter.

Enfiler les palmes, appuyer sur le bouton et s'éveiller au coeur des abysses. Les premières brasses sont déroutantes dans cet univers qui pose d'emblée sa portée mythologique. L'éveil du personnage coïncide avec les premières questions, déjà, relatives à sa nature. Qui suis-je ? Quelle est ma place dans cet océan de vide (vraiment?) qui s'étend devant mes yeux ? Mais les réponses devront attendre. Très vite, ce monde s'anime en un ballet virevoltant de poissons de toutes espèces, de méduses et de tortues qui règnent ici en maîtres absolus. Quelques vestiges archéologiques laissent à penser que l'homme a peut-être autrefois occupé les lieux, mais si c'est le cas, il a depuis bien longtemps cessé de les revendiquer, laissant le champ à la nature qui s'est empressée de réinvestir chaque pierre, chaque édifice au profit de ce microcosme qui prospère où que l'on pose le regard.

Regarder, c'est évidemment la première des priorités dans ce concept imaginé par Matt Nava, lequel a construit cette expérience interactive dans la droite ligne de ce que pouvait proposer son précédent jeu, Journey. Dans Abzû, tout est une fois encore spectacle, à chaque instant. Sous l'eau, un théâtre de la vie chamarré, poète ou bagarreur répète inlassablement sa partition sur fond bleu. Ici dans les péninsules confinées où les remous de l'eau se jouent de la folle vie qui s'est inventée. Là au plus profond du grand océan, où dansent les cachalots géants, en pleine majesté. L'on s'agrippe à eux les yeux embués,  mû par la simple envie de partager quelques instants de leur exquise légèreté.

Abzû ne demande rien, n'impose rien, va jusqu'à oublier - ou dépasser ? - le sens du mot gameplay. Pas de challenge, ici ne comptent que les interactions avec cet environnement dont l'âme pulse la mélodie (sublime, écrite par Austin Wintory) à chaque instant. Nager au-dessus des récifs coraliens et des algues qui accompagnent ou fuient le mouvement de leur hôte. Traverser le spectacle incroyable d'une nuée de carangues à grosse tête si dense qu'elle évoque une tornade. Il faut chercher, s'assurer de ne rien manquer. Pour encourager le voyageur à explorer chaque recoin de ce monde du silence, ne comptent que ces espèces à libérer d'une simple onde qui n'est, là encore, pas sans rappeler les fondements de Journey. Et puis il convient de trouver sa route en caressant les mille et un locataires de ce monde où, malgré un parti-pris très stylisé, tout sonne remarquablement vrai. Chaque animal croisé semble doué d'une existence propre autant que connectée à cet écosystème dont les développeurs, par leur sens de la minutie, ne cachent jamais combien il semble les fasciner.

Car il est là, le sens véritable de cette invitation au voyage qui confine au mystique: montrer les merveilles cachées du monde sous-marin, battre en brèche les a priori, les craintes irrationnelles qui lui sont trop souvent associées. Abzû nous invite à les surpasser, surtout, pour comprendre qu'il ne nous appartient à aucun moment de perturber la parfaite harmonie de ce royaume qui se suffit à lui-même. Un grand requin blanc hante les lieux de son imposante stature. Récurrent, le prédateur introduit le principe d'incertitude, nous rappelle nos hésitations devant le vide abyssal des hauts fonds. Mais il est aussi l'animal le plus incroyable que l'on croisera au fil de l'aventure. Pour qui a déjà plongé dans la réalité, Abzû réussit le pari fou de donner corps à toutes ces émotions contradictoires que l'on peut ressentir lorsque l'on se retrouve confronté à l'inconnu, à l'immensité de l'océan. L'angoisse, l'agoraphobie, et puis la fascination et l'acceptation. A travers cette expérience, c'est une merveilleuse leçon que le jeu parvient à dispenser. Tout là-bas, au fond du grand bleu, l'homme n'est plus en position de contrôler, de dominer, de choisir qui doit vivre et qui ne l'a pas mérité. Son premier pas vers le respect de la nature passe par l'humilité...

P.S.: Faut-il craquer ? Plutôt dix fois qu'une. Abzû est une expérience magique, et fait partie de ces quelques jeux qui sont capables de vous marquer à vie. Pas sûr au passage qu'il soit possible un jour de se lasser de l'expérience qu'il propose, tant celle-ci est aboutie.

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