Rêves électriques

Rêves électriques

Par Noiraude Blog créé le 17/09/10 Mis à jour le 21/11/16 à 14h44

30 ans de passion pour les jeux vidéo, le Japon et le cinéma, ça laisse forcément des traces. Vous voulez en savoir plus?

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Jeux vidéo (Jeu vidéo)

Yop !

Aujourd'hui, je vous propose la petite chronique pro que j'ai rédigée sur Quantum Break, un concept vraiment intéressant de Remedy mais dont j'aurais bien aimé qu'il soit plus abouti et davantage développé. Le titre reste un must-have de ce printemps, mais il n'est peut-être pas aussi tranchant dans la ludothèque XOne que ce que j'escomptais.

Comme d'habitude, retrouvez cette bafouille sur http://c.dna.fr/loisirs/jeux-video.

Bonne lecture !

Quantum Break, dialectique ludique

 

 

Depuis Defiance, opérer la jonction de l'univers des loisirs numériques avec celui des séries TV n'est plus, stricto sensu, une réelle nouveauté. La démarche de Quantum Break, qui tient aujourd'hui à réaliser la fusion des deux mondes sur le même support et dans une totale continuité, semble pourtant repousser encore les frontières d'un média de plus en plus à l'étroit dans la définition que l'on veut bien lui accoler. L'objet bicéphale de Remedy souffre hélas de lacunes trop sérieuses pour bénéficier totalement de la fluidité de son concept pionnier.

 

Des coups de feu, des ennemis à terre, une séquence cinématique rapide faisant le point sur la situation du héros, Jack Joyce, et.... Cut. Fondu au noir, puis le point de vue change du tout au tout. Le joueur se retrouve soudain dans la peau de l'ennemi, Paul Serene, lequel est rapidement confronté à un choix majeur, un peu à la manière du récent Life is Strange de Dontnod. La décision n'est surtout pas anodine : elle a un impact direct sur la suite des événements, lesquels sont bientôt narrés dans un épisode de série TV d'une vingtaine de minutes. Remedy voulait faire de son concept un modèle d'interactivité et d'univers cross-média? C'est réussi: voilà le studio finlandais qui invente la série TV dont vous êtes le spectateur, le héros et le scénariste - dans les limites d'une fin qui restera imposée.

Quantum Break repose sur cette double nature. Ici jeu d'action, là épisode d'un show TV à l'américaine qui se revendique proche des expériences proposées par Showtime, HBO ou NBC, le dernier bébé des créateurs de Max Payne et Alan Wake se veut expérience narrative ambitieuse autant que jeu vidéo solidement charpenté pour les scènes d'action décomplexées. Dans cet univers à la croisée du polar et de la science-fiction, Jack Joyce -auquel l'acteur Shawn Ashmore prête ses traits - se voit obligé de composer avec les conséquences d’une expérience temporelle qui tourne mal au point de mettre en péril la structure même de l’univers. Il y a évidemment matière, ici, à développer une narration complexe autant qu’un gameplay au diapason du sujet – et enfin à même de justifier le fameux bullet-time dont le studio peut légitimement revendiquer la paternité depuis Max Payne.

 
Jack JoyceJack Joyce

 

Une petite histoire du temps

 

Côté jeu, donc, Quantum Break se fait proposition d’action efficace quoiqu'assez classique, multipliant les gunfights à la troisième personne sans réellement chercher à les révolutionner. L’intérêt de ces séquences, qui s’enfilent comme des perles autour de petites scènes d’exploration-plateforme dans un univers très délimité, vient de la capacité du personnage principal à jouer avec les irrégularités temporelles nées de l’expérience ratée. Dash vers un ennemi ou un abri, génération d’une bulle temporelle ralentissant celui-ci, création d’un bouclier temporel permettant d’échapper à une offensive particulièrement menaçante de l’ennemi… Les possibilités, rapidement débloquées au fil des cinq actes que propose le titre, peuvent même être renforcées et développées par un système de montée en expérience ici encore sans surprise, mais bien maîtrisé. La patte du studio finlandais, aisément reconnaissable, se retrouve dans le dynamisme des affrontements, dans la mélodie des armes qui se multiplient, se jettent et se ramassent à mesure que les munitions se sont taries.

Bref, il y a un bel équilibre de jeu trouvé dans ces phases, à l'inverse des scènes d'exploration qui montrent vite le côté carton-pâte du concept, limité par les desiderata restreints des développeurs. Si l'idée d'introduire des éléments quantiques dans les puzzles proposés (jouer sur la temporalité d'un objet pour profiter de sa position à un instant précis, par exemple) est franchement séduisante, le jeu pêche à l'inverse par un manque flagrant d'ouverture dès lors que le joueur veut sortir du sillon tracé par les Finlandais. Ici, pas question de monter sur un élément du décor si le game design n'en a pas décidé ainsi, et quand bien un élément du même type s'était justement révélé utile pour franchir un obstacle quelques instants auparavant. Frustrant.

Scène après scène, Quantum Break se révèle, en revanche, particulièrement joli. La 3D patiemment élaborée par l’équipe de développement flatte la rétine, en impose particulièrement lorsqu’elle donne à voir l’étonnante déformation des décors induite par les anomalies temporelles. La Xbox One, qui se cherchait une vitrine technologique, peut assurément compter sur cette production pour rappeler à la concurrence qu’elle entend ne pas s’en laisser compter sur cet aspect. L’ensemble a beau souffrir à l’occasion de quelques bugs d’affichage – la gestion des collisions donne parfois des résultats surprenants à l’écran  –, c’est une ampleur visuelle étonnante qu’il convoque scène après scène, selon un frame-rate que l’on ne prend en défaut que rarement.

Déséquilibre coupable

 

Mais c'est bien évidemment du côté du rythme et de la narration cross-média qu'il faut interroger le concept. Après une brève séquence invitant le joueur à envisager la situation du point de vue de l'adversaire - ce qui a le mérite de poser des enjeux inattendus et donc de permettre au titre d'échapper au manichéisme primaire consubstantiel des loisirs numériques-, l'expérience se voit prolongée par une série d'épisodes TV d'une vingtaine de minutes chacun, prolongeant le point de vue de l'adversaire à la lumière des choix opérés par le joueur quelques instants auparavant - et des échos quantiques débloqués par le joueur en explorant l'environnement. Un chantier plus conséquent encore qu'on pourrait l'imaginer: Thomas Puha, chargé de la promotion du jeu pour Remedy lors de la Paris Games Week 2015 à l'automne dernier, évoquait la nécessité de créer pas moins de quarante épisodes pour pouvoir en proposer 4  tenant compte des variations narratives induites par les choix du joueur et servant d'interlude entre les cinq actes du jeu.

Cette interactivité a un intérêt: celui d'introduire dans l'expérience, assez musclée pad en main, des phases de pause et de mise en perspective qui impliquent davantage le joueur dans l'intrigue qui se noue devant ses yeux. Mais l'ambition de l'ensemble pose question. Malgré l'emploi d'un casting séduisant à l'écran, - Lance Reddick, Courtney Hope, Aidan Gillen et l'excellent Dominic Monaghan sont de la partie - l'histoire ne décolle jamais vraiment et, plus grave, la proposition ne parvient pas à se hisser au niveau d'une véritable série TV, se cantonnant à un simple faire valoir de la partie numérique du projet développé par Remedy. Un déséquilibre coupable qui ruine les efforts entrepris et fait de Quantum Break un titre un peu bancal au fil duquel on alterne le chaud et le froid, les bonnes et les mauvaises surprises, l'enthousiasme et l'ennui. Il y avait sans doute mieux à faire avec cette idée de croisement des univers, dont on sent bien tout le potentiel.  Rendez-vous en saison 2 avec une copie plus aboutie ?

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Commentaires

spike654
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spike654
@ heloi : Merci quand même la sortie d'U4 avant de dire ce genre de chose. Surtout qu'à part leur statut de vitrine techonologique, ces deux jeux n'ont pas grand chose en commun (oui, ce sont deux TPS)
Après effectivement si tu n'es, de base, pas fan de la licence, y'a de grande chance que le 4 ne te convienne pas, même si apparemment pas mal de petites nouveautés ont été ajouter pour dynamiser les gunfights.
heloi
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heloi
Pour moi UC4 ne vaudra pas le quart de ce qu'offre Quantum Break.

Niveau Gameplay, il n'y a pas photo le dynamisme des gunfights là où d'autres restent mous après 3 épisodes, l'absence de QTE, et le petit coté tactique et jouissif sur l'utilisation des pouvoirs de Quantum Break en font un excellent jeu au sens propre du terme. D'ailleurs, le fait que la plupart trouvent qu'il manque de ces gunfights en sont la preuve.

Niveau narration, les choix ont une incidence sur la manière dont on arrive au dénouement, ce qui donne l'impression de vraiment interagir avec le jeu (contrairement à d'autres purement linéaires) et donne une replay value.
Et le jeu propose à la fois le point de vue du héros mais aussi celui de son ennemi ce qui se fait très rarement dans le JV.
Enfin on a le droit à une série que je trouve de bonne facture pour du JV et qui évite en partie le gâchis de la performance capture forcément moins convaincante en terme d'acting, surtout quand on a des acteurs de renom. (bien que la technique faciale de Remedy soit très avancée).

Techniquement, c'est du jamais vu sur console. La XBox One dépasse largement ce qui a pu être fait avant et mets une claque à tout le monde, particulièrement sur les effets réussis de déformation du temps.

Je trouve donc que ce jeu est un mariage parfait de narration à embranchement et de gameplay dynamique et technique soutenu par une réalisation de haut niveau.

C'est assez rare pour que l'on crache dessus, et j'encourage Remedy et MS à continuer sur cette voie, plutôt que de nous pondre une énième suite qui repose sans cesse sur les mêmes formules datées ou un énième jeu en pixelart.
spike654
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spike654
J'ai quasiment le même ressenti que toi, Noiraude.
J'ai trouvé le jeu d'acteur peu convaincant (la faute à la vf, je pense : la voix de Dawson pour Paul Serene..... mon dieu....)
Je ne suis pas fan non plus de l'acteur principal, Shawn Ashmore, qui a, selon moi, un manque évident de charisme.
La réalisation est très cheap (la tenue des employés de Monarch.... soldats comme administratifs...)
Les phases de gunfight sont sympas, celles de "plateformes" beaucoup moins. Le fait aussi de ne pas être totalement libre de ses mouvements est aussi dérangeant : peut être est-ce pour mieux servir la narration... mais ça m'a gêné.
Le scénario est très convenu. Il n'est pas mauvais pour autant et se suit sans déplaisir, mais quand vous anticipez certaines scènes à l'avance, la magie n'opère pas. Je n'ai pas été surpris une seule fois dans le jeu.
Graphiquement, ce dernier fait son petit effet.... au début. Puis je me suis lassé du "gris-béton", de ce halo autour des personnages, du filtre de l'image, de certains effets (je pense aux cheveux notamment) plus que moyen.
Cela étant, la modélisation des visages est excellente, voire bluffante par moment.
Bref, j'en attendais peut être trop, la déception n'en a été que plus grande.
Je ne peux pas dire que c'est un mauvais jeu, loin de là, mais ce n'est clairement pas l'exclu du siècle, encore moins de l'année, selon moi.
Je pense tout simplement ne pas être le public visé, et je peux largement comprendre l'intérêt et le plaisir que beaucoup d'entre vous trouve à le parcourir. :-)
lecaid
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lecaid
Perso le scénario démarre bien et ce ramasse vraiment sur la fin. Aucun affrontement épique et boss de fin risible au possible. Franchement c'est juste une vitrine technique mais sinon aucun intérêt. Uncharted 4 sera d'un tout autre niveau.
mr_s.crow
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mr_s.crow

Je suis donc le seul a avoir trouvé le scénario bon (pour ce qui l'est : une série B de qualité).
Les rebondissement imprévus et les informations intéressantes s’enchaînent dans le dernier tiers du jeu (qui n'est pas bâclé du tout contrairement à trop de jeu d'action). Et les personnages secondaires sont tous bien développé et exposé (hormis Liam Burke qui est un peu raté...)
Le gameplay est original et jouissif, avec des gunfight qui s’exécutent comme des combo dans un Beat'm All (on est a mille lieu du cover shooter habituel je trouve). A l'inverse d'Alan Wake qui spammait trop d'affrontements, là dans Quatum Break le gameplay est tellement bien rôdé qu'on en voudrais plus !
Seules les phases d'exploration trop riche en collectibles font baisser le régime.
Je pensais le finir et le vendre dans la foulée...
Au final je suis en train de le refaire en Hard pour trouver tout les chronons et ainsi profiter des combat avec tout les pouvoirs au maximum... Sans même avoir a me forcer.

j'ai également adoré le jeu même si il est court et qu'il a quelques "défauts":

 

- Il est dommage que les pouvoir ne servent presque exclusivement au gunfight 

- l'affrontement final aurait pu être bien meilleur

- il manque un passage vraiment marquant comme la ferme des Anderson dans Alan Wake

okami20
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okami20
jeu étonnamment beau , j'ai finie le premier chapitre 1 en difficile .
au début je n'utilisais pas trop les pouvoirs (en combat), mais par la suite ça à changé.
seul point noir les pouvoirs ne sont pas utilisé pour l'exploration annexe.
bangy7800
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bangy7800
Un must have assurément, dommage qu'il soit court, quoi que le replay value, vaut vraiment le coup.
Nb :oui comparer UC avec n'a aucun sens. En plus si tu enlèves les graphismes (bien que trop hyper à mon goût) il est des plus classique aussi, pourtant c'est le 4.
Fachewachewa
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Fachewachewa
TLDR : "c'est joli et c'est assez classique pour ne pas frustrer le joueur, donc malgré ses défauts c'est un indispensable"
windurst
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windurst
Moi j'ai adoré et j'en redemande tout simplement. Dommage qu'il soit si court..
Mr Moot
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Mr Moot
Les doritos aussi :-p
Renard_
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Renard_
@NeoShyro Uncharted 4 est un jeu Américain
Mr Moot
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Mr Moot
Comparer le quatrième volet d'une franchise bien établie à Quantum Break, c'est très fairplay.
NeoShyro
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NeoShyro
@renard
Non pas que je doute aux qualités intrinsèque de U4,mais je ne donne aucuns crédits à la team Gamekult.Des bouffons en puissance.Tu connais le doritosgate?Ce sont des vendus du soleil levant.
Renard_
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Renard_
D'après Gamekult, Uncharted 4 met une sacré mandale dans la gueule de Quantum Break!
NeoShyro
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NeoShyro
Pour les seconds choix,j'ai juste refait les moments clefs pas la trame principale complète sinon c'était au moins le double du temps 😉.J'ai fait au plus rapide et j'ai même trouvé que mes premiers choix étaient meilleurs.Après la completion se fait assez rapidement.Je regrette pas de l'avoir en tout cas acheté.Après,je sais pas si c'est mon seul ressenti,les phases plateforme/action m'ont fais beaucoup penser à uncharted
Mr Moot
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Mr Moot
NeoShyro douzes heures en rejouant avec les différents choix? En croisant les possibilités? En hard? En lisant tout? J'ai beaucoup de mal à y croire, j'en suis à 8h, fin de l'acte 4, en cherchant tout et il m'en a manqué. Mon second run sera en difficile et même en ligne droite j'en aurai au moins pour 6h.
NeoShyro
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NeoShyro
Très bon jeu que j'ai fini il y a peu,.Dommage qu'il soit si court!12H en faisant tout les choix possibles.Aller hop direct marché de l'occaz.
Noiraude
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Noiraude
C'est tout le paradoxe bomi. je suis un peu comme toi: je suis arrivé au bout, mais j'ai eu l'impression de ne pas être totalement satisfait de ce à quoi je venais de consacrer mon temps libre. Le popotin entre deux chaises, parce qu'il est indéniable aussi que, malgré ses limites, le système de gunfight reste bien l'oeuvre de géniteurs de Max Payne. En revanche, je suis déçu par la partie série TV, qui s'apparente un peu à une purge, de mon point de vue.
bomi62
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bomi62
Un des rares jeux solo que j'ai débuté ses dernières années et que j'ai envie de finir , je viens de commencer l acte 5 et je trouve l expérience quantum break totalement réussi , aucun ennui de mon coté
II LuNaTiQuE x
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II LuNaTiQuE x
Intéressant, ce jeu me donne envie de l'acheter pour faire avancer le medium vers quelque chose de plus grand !!
De mon expérience (Alan Wake et Max Payne), je vois Remedy comme un studio proche des innovations, lanceur d'idées quelque part.
Mr Moot
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Mr Moot
J'ai fini l'acte 4 hier er j'apprécie vraiment les changements de rythme ainsi que les épisodes de la série. Oui ce n'est pas parfait, mais ça fonctionne bien ensemble et je suis bien dans l'histoire!
fastfab
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fastfab
Je suis donc le seul a avoir trouvé le scénario bon (pour ce qui l'est : une série B de qualité).
Les rebondissement imprévus et les informations intéressantes s’enchaînent dans le dernier tiers du jeu (qui n'est pas bâclé du tout contrairement à trop de jeu d'action). Et les personnages secondaires sont tous bien développé et exposé (hormis Liam Burke qui est un peu raté...)
Le gameplay est original et jouissif, avec des gunfight qui s’exécutent comme des combo dans un Beat'm All (on est a mille lieu du cover shooter habituel je trouve). A l'inverse d'Alan Wake qui spammait trop d'affrontements, là dans Quatum Break le gameplay est tellement bien rôdé qu'on en voudrais plus !
Seules les phases d'exploration trop riche en collectibles font baisser le régime.
Je pensais le finir et le vendre dans la foulée...
Au final je suis en train de le refaire en Hard pour trouver tout les chronons et ainsi profiter des combat avec tout les pouvoirs au maximum... Sans même avoir a me forcer.
Masahiko666
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Masahiko666
Bof, ce ne sera pas ma tasse de thé, donc...

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