Rêves électriques

Rêves électriques

Par Noiraude Blog créé le 17/09/10 Mis à jour le 21/11/16 à 14h44

30 ans de passion pour les jeux vidéo, le Japon et le cinéma, ça laisse forcément des traces. Vous voulez en savoir plus?

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Cinéma (Cinéma)

Hello tous,

 

Hier soir, l'un des cinémas strasbourgeois a accueilli une séance un peu exceptionnelle, puisque consacrée à un film véritablement Z devenu véritablement culte au fil des années. A l'invitation des films du Spectre, l'association qui se charge d'organiser chaque année le FEFFS (festival européen du film fantastique), les étudiants qui avaient pensé à retirer leur place à temps ont pu profiter d'une séance animée du Rocky Horror Picture Show, moment de grâce cinéphilique pour peu que l'on ne soit pas du genre à pleurnicher pour des vannes uniformément sous la ceinture. Autant vous dire que la salle était chauffée à blanc.

Un bref rappel pour expliquer le culte dont ce drôle de long métrage fait l'objet: le Rocky Horror Picture Show a vu le jour sur les écrans british en 1975. Réalisé par Jim Jarman, le long métrage (96mn) est en réalité l'adaptation d'une comédie musicale sortie deux ans plus tôt à Londres et créée à l'époque Richard O'Brien. Les années 1970, pour vous situer le contexte, ce sont celles des premiers pas d'un groupe qui marquera l'histoire et dont l'esthétique déjantée n'est pas sans rappeler celle du film dont nous allons parler : Queen. De là à penser que l'un ait influencé à l'autre... Ce sont aussi les années des films de la Hammer. Les décors du Rocky - un château que Frankenstein n'aurait pas renié - s'en inspirent ouvertement.

Le Rocky Horror Picture Show, à sa sortie, est un échec commercial. Trop décousu, trop explicitement sexuel pour l'époque, trop... tout, en fait. Les années 1970 ne sont pas propices à l'émergence d'une oeuvre qui a fait du chaos son leitmotiv. S'y télescopent le film d'horreur, la science-fiction, la comédie potache, le film érotique à (grosses) tendances gay et transexuelles (on y apprend tout de même que la planète Transsexuel est planquée dans la galaxie Transylvanie, ce qui a au moins le mérite d'expliquer le look de Christopher Lee dans les Dracula de la Hammer), la comédie musicale... Surtout, le film est une bombe référentielle qui fait feu de tout bois, au point d'en devenir presque illisible pour le spectateur lambda. Les chansons renvoient à des films et des acteurs de SF et de fantastique des années 1930-1950, les scènes du film s'en vont librement puiser dans les classiques de l'époque (Folamour, Nosferatu, King Kong - pauvre Rocky, la chute dut être douloureuse). Rocky lui-même est une créature qui vient de loin, enfant déjanté du livre de Mary Shelley.

Difficile de résumer l'histoire de cet ovni cinéphilique. Un couple très BCBG, Brad Majors et Janeth Weis (Bary Bostwick et... Susan Sarandon, s'il vous plaît) tombe en panne non loin d'un chaeau et décide de s'en aller y demander de l'aide. Evidemment, les choses tournent très, très bizarrement puisque les voilà rapidement accueillis dans un univers gay et trans où l'exceptionnel devient la norme. Angoissant ? C'est ce que dit le narrateur. Délirant, c'est ce que constate le spectateur.

On y croisera donc, dans le désordre (le plus total), des serviteurs flippants qui lèvent la jambe pour danser et chanter, des convives qui se foutent à poil à la première occasion, un couple coincé qui va voler en éclats devant la tentation, des scènes de fesses épiques (et tout public, sisi !), et le tout chapeauté par un hôte qui se prend pour le Dr Frankenstein himself - version sexuellement explicite s'entend: le Dr Frank-n-Furter cache bien son jeu - et sa guêpière - sous sa cape de vampire.

La suite est encore pire, et c'est sans doute pour ce côté totalement allumé que le Rocky Horror Picture Show est passé à la postérité. Je suis sérieux. Du Fame d'Alan Parker (une projection dans le film est consacrée au Rocky) jusqu'au manga One Piece qui construit le personnage du révolutionnaire Ivankov sur celui de Frank-n-Furter, en passant par Britney Spears (dans le clip d'Hold it against me) et Glee (S05E02), le film de Jarman est régulièrement cité sur les écrans.Juste hommage pour une oeuvre qui n'a jamais cessé d'être projetée sur les écrans depuis sa sortie. Aujourd'hui encore, il est encore inscrit à la programmation régulière de plusieurs salles à travers le monde. Sans compter les projections spéciales, comme celles organisées à Paris, au studio Galande.

C'est une autre spécificité du Rocky Horror Picture Show, ces séances spéciales. Avec les années, un véritable culte s'est créé autour du film, au point que des troupes ont été formées pour propser un spectacle complémentaire sur la scène devant l'écran. Il s'agit d'une relecture encore plus délurée du film, les acteurs s'employant à rendre explicite le sous-texte sexuel du long métrage tout en commentant scènes et dialogues à la lumière des références de notre époque. A Londres, le Prince Charles Cinema est particulièrement répité pour ces spectacles, et en France, jusqu'en août dernier, c'était le studio Galande qui abritait le fan-club officiel du Rocky. Et sa troupe des Sweet Travestite, désormais sur les routes de province pour faire connaître son travail, après plus de 800 shows donnés dans la capitale en 10 ans.

Ce sont précisément les Sweet Travestite qui étaient de passage à Strasbourg lundi soir. Autant vous dire que le show fut à la hauteur des attentes. Au programme : humour graveleux, danse et chant et, surtout, public régulièrement sollicité, ainsi que le veut la tradition. Car le Rocky Horror Picture Show est un film interactif. Quand il pleut, les spectateurs s'affrontent à coups de pistolet à eau (d'autres se protègent avec un journal - accessoire indispensable !). Quand Brad et Janet se marient, on y va des sachets de riz, et quand ils chantent sous la pluie, ce sont les briquets et les lampes torches qui sont de sortie. Je vous épargne les histoires de gants en plastique, de papier toilette, de toasts et de clochettes qui font également partie du kit de survie pour m'attarder sur le fait, également, que ce n'est pas une séance que l'on passe tranquillement assis dans son fauteuil à profiter de la balade. Non, ici, on se lève pour danser avec les acteurs, chanter, gueuler, haranguer le film (Janet ? Bitch !). Bref, 96 mn de grand n'importe quoi.

 

Ces séances spéciales ne sont pas de tout repos. Mais ne pas en avoir vu une au cours de sa vie, c'est péché. Je ne saurais donc que trop vous conseiller d'essayer d'assister à l'une de ces projections lorsque la troupe passera dans votre région. Et si  on vous demande d'aller sur scène pendant deux minutes, surtout. Dites non. Ou alors, pensez à fermer votre compte facebook et à disparaître des réseaux sociaux pendant quelques mois...

 

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