Du Bambou et des Jeux

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Aujourd'hui, vous allez surement voir votre père, pour lui fêter une bonne fête. Et vous vous raconterez votre semaine, ce que vous avez fait, etc. Mais vous n'allez pas lui avouer qu'au lieu de réviser votre bac ou vos partiels, vous avez passé votre temps à jouer aux jeux vidéo.

Ne bougez plus, j'ai exactement ce qu'il vous faut pour remettre votre papa chéri à sa place !

Pour accompagner la publication de l'ouvrage de Mathieu Triclot intitulé Philosophie des Jeux vidéo aux éditions Zones, France Culture a diffusé une émission pour discuter du livre avec son auteur.

Jeux vidéo et cinéma, naissance du jeu vidéo, les vertiges de l'arcade dans les années 70, politisation des jeux vidéo, récupération du jeu vidéo par le monde du travail et le capitalisme informationnel, voila de quoi il est question pendant une trentaine de minutes environ.

Je suis actuellement entrain de lire l'ouvrage et j'essaierais de vous faire un compte rendu dans un futur que j'espère proche.

Pour écouter l'émission c'est ici.

Ce qui veulent lire l'ouvrage le peuvent sur le site des éditions Zones, maison d'édition indépendante qui propose tous ses ouvrages en ligne. Cette initiative étant excellente, je vous encourage à vous procurer leurs ouvrages  si ils vous intéressent.

Pour lire le lyber du livre c'est ici

Avec ça, vous allez pouvoir montrer à votre paternel que vous en avez dans la caboche et que, oui, les jeux vidéo, ça peut développer notre intellect et notre esprit d'analyse.

 

Mathieu Triclot, Philophie des Jeux vidéo, Editions Zones, 2011 19 euros

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Jeux : 
Call of Duty : Black Ops, Call of Duty, Pong
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Atari
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Récemment, Michel Ancel, créateur de Rayman et de Beyond Good & Evil, a critiqué les FPS (First Person Shooter ) actuels ( voir Michel Ancel critique la violence dans les FPS ). Je souhaite revenir sur cette déclaration en exposant mon point de vue sur les FPS, histoire de corroborer certains dires de Michel Ancel et en contrecarrer d'autres.

 

Le FPS est un genre né dans les années 90 avec comme premier ambassadeur Doom, créé par John Carmack et John Romero ( je sais que le premier c'est Wolfenstein 3D mais Doom est vraiment LE FPS de référence en ce temps ). Sa particularité est de proposer une vue à la première personne où l'on ne voit que l'arme de son avatar et de nous permettre d'exterminer des hordes de monstres à l'aide d'armes de plus en puissantes. Le tout agrémenté de grandes gerbes de sang, membres déchirés, têtes décapitées, dans des décors lugubres.

Doom 2, ses monstres, son hémoglobine

 

Le genre a bien évolué depuis. Actuellement, la tendance est à la mise en scène hollywoodienne, dans un contexte de guerre mondiale ou de guerre contre des terroristes, tendance post 11 septembre. Mais une chose n'a pas évolué depuis : la violence et sa mise en scène toujours plus spectaculaire.

 

Il me semble que le plus grand bénéfice des FPS est sa fonction cathartique. En voyant la violence, en nous faisant commettre virtuellement ces actes, nous nous débarrassons de ces pulsions. Personnellement, je n'ai jamais eu envie de trucider tout ce qui bouge après une partie. Pour ceux qui en ont vraiment envie, l'armée recrute.

Cette fonction cathartique s'exerce en partie grâce à ce que j'appelle l'esthétique de la violence, sa mise en scène. Voir toujours plus de sang, de tripes, de gore, nous procure une certaine jouissance, parce qu'elle est belle. Regardez un film de Kitano pour comprendre de quoi je parle. Avouons que voir un type se faire décapiter ou exploser par une grenade est jouissif. Mais seulement parce que l'écran nous protège et surtout parce que nous savons que c'est pour de faux. Personnellement, je n'ai jamais pu regarder de vidéos de vraies mises à mort ou exécutions sur internet, de même que des images particulièrement choquantes. Elles me procurent un dégoût immédiat et une sensation de mal-être tenace. Parce que dans ces cas là, c'est pour de vrai. Si vous êtes attirés par ce genre d'images, allez voir un psy ou engagez vous dans l'armée.

Certains FPS, comme Doom, Quake et consorts sont agréables à jouer à cause de cette violence esthétique. La beauté du frag, du headshot, toujours plus d'hémoglobine, le sentiment de puissance, c'est déjà une satisfaction en soi.

Michel Ancel déclare que les développeurs devraient s'inspirer du storytelling des films hollywoodiens. Mais n'est-ce pas ce que les jeux font depuis des années déjà ? Les premiers Call of Duty et Medal of Honor sont des resucées de films de guerres Hollywoodiens. Les derniers usent et abusent de scipts, de cinématiques et de mise en scène hollywoodienne. Jusqu'à avoir créé un nouveau genre : le FPS Pop-corn. Désormais, on joue à un jeu, comme on regarde un blockbuster. C'est beau, ça explose de partout, ça va vite, mais on a pas besoin de son cerveau.

Call of Duty 2: scène du débarquement en Normandie, reprise sur celle d'Il Faut sauver le soldat Ryan.

 

Michel Ancel voudrait également que l'acte violent ait un sens. D'accord. Mais n'a-t-il pas un sens quand il s'agit de tuer ou d'être tué ? Quand on suit l'histoire et qu'on nous donne une bonne raison de tuer l'adversaire, parce qu'il veut détruire notre patrie ou le monde libre ou a tué votre femme, vos enfants, ou que sais-je encore ?

Je suis d'accord avec lui que la violence gratuite n'a pas grand intérêt. Souvenez vous de la scène dans l'aéroport de Call of Duty Modern Warfare 2. Le jeu nous mettait dans la peau d'un terroriste qui exécutait des civils. Cette scène a fait polémique mais au final n'était pas fun et agréable à jouer. Les gens ne pouvant pas répliquer, il n'y avait aucune notion de challenge et ce n'était même plus du jeu, juste une scène interactive sans intérêt.

Scène de l'aéroport de COD: Modern Warfare 2

 

Il rajoute que si on utilise les même méthodes que les nazis pour tuer, on devient nous-même un nazi.

Il me semble juste d'affirmer que les nazis tuaient les soldats français, anglais ou américains de la même manière que ces derniers : à coup de fusils automatiques, de chars d'assault, de grenades, de bombes,etc. Aucun jeu n'a encore proposé de jouer un soldat nazi. Ce que je trouve dommage d'ailleurs. ( Pas parce que je suis antisémite ou un admirateur du 3e Reich, mais parce que c'est une optique qui me semble intéressante. Jouer l'ennemi. J'y viens juste après ). Aucun jeu n'a proposé une simulation ou un jeu de gestion de camp de concentration. Les nazis étaient des soldats comme les autres, lobotomisés par la propagande officielle, par leurs supérieurs et tenus de tuer l'ennemi. Comme ceux d'en face.

Le problème des FPS d'aujourd'hui tient à son manichéisme. C'est toujours le gentil contre le méchant. Et on ne peut jamais jouer le méchant. De là découle une simplification de l'histoire. Je serais le premier à aimer jouer à un jeu ou le héros doute complètement du bienfait de la guerre qu'il accomplit. Qu'il remette en question les ordres de ses supérieurs. Que les Etats-Unis se révèlent être en fait les méchants de l'histoire.

A-t-on vu un jeu où l'on jouerait l'armée israëlienne avec ses armes high tech contre des palestiniens avec leurs Ak47 rouillés et leurs cailloux. Non. Le contraire est vrai.

A-t-on déjà joué à un jeu où l'on incarne un vietnamien contre les américains. Non.

A-t-on déjà joué un soldat nazi ? Non. Un japonais ? Non.

Couverture d'Undersiege, jeu où l'on incarne des palestiniens contre l'état hébreu.

 

Le complexe militaro-industriel, ainsi que la société, ne permettent pas encore au média qu'est le jeu vidéo d'aborder ce genre de thématique. En occident tout du moins. Dans d'autre régions du monde, les rôles sont inversés mais ces jeux ne sont évidemment pas édités en Occident.

Konami avait essayé il y a deux ans avec Six Days of Fallujah. Ce jeu devait nous permettre de revivre la bataille de Fallujah qui y eut lieu pendant la 2eme guerre du Golfe en Irak.La polémique n'a pas tournée autour du fait que c'était un jeu qui s'inspirait d'un conflit en cours. Le jeu a été décrié et annulé, quand on a appris qu'il prévoyait de nous faire jouer également le camp irakien, afin que l'on voit les deux côtés de la guerre. La société civile américaine et les vétérans ont hurlé au scandale. Jeu annulé.

image de Six Days of Fallujah

 

Le jeu America's Army pousse le vice encore plus loin. Ce FPS est développé par l'armée américaine. Saviez-vous que quand vous jouez en multi, vous ne tuez jamais de soldats américains ? Vous êtes toujours un marine et celui d'en face est l'ennemi, quel que soit l'équipe dans laquelle vous êtes.

Donc que les FPS manquent de sens dans la violence n'est pas la faute des développeurs. Je suis certain que beaucoup d'entre eux  voudraient donner du sens à la violence dont sommes acteurs et spectateurs. Un autre problème est: est-ce que ça va se vendre ? Flatter le patriotisme ( surtout aux Etats-Unis ) est bien plus rémunérateur que de montrer le monde en gris. C'est la société qui n'est pas encore prête et ne le permet pas. A partir du moment où l'on joue dans un univers réaliste inspiré de notre monde contemporain, il nous est impossible de jouer l'ennemi. Le jeu vidéo ne doit pas aller à l'encontre des valeurs et des tabous de la société. Alors que le cinéma le fait depuis longtemps.

 

Bravo à vous si vous avez réussi à lire ce pavé jusqu'au bout.

Le débat est désormais ouvert dans les commentaires. Je pense qu'il ya matière a débattre.

N'hésitez pas à exprimer votre point de vue, surtout si vous n'êtes pas d'accord. Toute critique  est la bienvenue.

 

 

 

 

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Une nouvelle étude publiée aux Etas-Unis par  la Entertainment Software Association, intitulée " 2011 Essential Facts About  the Computer and Video Game Industry "  nous apprend que 72 % des foyers américains jouent aux jeux vidéo pendant que 82 % des gamers sont des adultes.

L'étude a regroupé un échantillon de 1200 foyers représentatifs et a noté que l'âge du joueur américain médian est de 37 ans. Il est aussi fait mention que 42 % des joueurs sont des joueuses et que les femmes de plus de 18 ans représentent plus d'un tiers des joueurs américains.

On apprend aussi que le consommateur moyen est agé de 41 ans et que 55 % des joueurs jouent régulièrement sur leur smartphone ou consoles portables.

Ce rapport nous parle aussi des parents et ceux-ci sont  45 % à jouer avec leurs enfants pendant que 90 % surveillent ce à quoi leurs rejetons jouent. 57 % d'entre eux croient que les jeux les encourage à passer plus de temps en famille. Le jeu vidéo serait aussi une source d'éducation pour 68 % d'entre eux.

Le jeu vidéo a déjà gagné mais il ne le sait pas encore ? Si le jeu vidéo le sait et tout le monde le sait, excepté les gouvernements du monde libre il me semble...

infos récupérées sur Gamasutra

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Voici un article publié sur Numerama qui nous apprend qu' "une équipe de chercheurs en neurologie a étudié par IRM les réactions du cerveau d'un fan d'Apple lorsqu'on lui présente des images de produits Apple, et d'autres produits d'autres marques. L'imagerie aurait révélé que les images des produits de la firme de Cupertino faisaient s'illuminer les zones du cerveau habituellement connues pour les images religieuses chez les croyants."

Je m'en doutais sérieusement avant, maintenant c'est prouvé.

Pour l'article c'est içi que ça se passe.

Voir aussi

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Apple
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Voici un excellent article de gamasutra sur la propagande dans les jeux vidéo intitulé : " Towards an interactive Goebbels: Can Propaganda videogames be made more effective ans is resistance futile ?".

l'article est très long et en anglais mais ceux qui manient la langue de Shakespeare comme le couteau devraient grandement aprécier.

Pour le lien c'est ici que ca se passe.

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Parfois, quand je suis confortablement assis dans mon fauteuil, la manette entre les mains, les yeux rivés vers l'écran, un étrange sentiment m'envahit. Un sentiment qui me met mal à l'aise. Tellement mal à l'aise que je ne touche plus à ma console pendant des semaines. Quel est ce sentiment ? La culpabilité.


Depuis son apparition dans les années 60 jusqu'à aujourd'hui, le jeu vidéo est passé du statut d'objet de curiosité au statut de loisir le pratiqué par le monde industrialisé. Il est le produit final fabriqué par une industrie qui pèse des milliards de dollards, emploie des centaines de milliers de personnes et est devenu le média le puissant à ce jour. En tant que tel, il est un vecteur des valeurs culturelles de notre société.

Nous jouons pour le plaisir. Les compagnies de jeu vidéo ne font pas des jeux pour le plaisir. Elles en font pour le profit. Les consoles et les jeux que nous achetons à prix d'or sont fabriqués par des ouvriers qui n'ont même pas les moyens de s'en procurer. Beaucoup contestent, à raison, les salaires de footballeurs proffessionnels. Mais la communauté des joueurs devrait aussi commencer par balayer devant sa porte. Pour un Final Fantasy, un PES, un Gears of War ou un Starcraft développé, combien d'enfants aurait-on pu scolariser ? combien de gens auraient pu être sauvés de la faim ou de la maladie?

En tant que consommateurs, nous cautionnons ce système. Mais il y n'a pas qu'un soucis industriel et financier. Il y a aussi un problème culturel qui se pose à nous.

Comme je l'ai ennoncé précédemment, le jeu vidéo en tant que média est vecteur de valeurs culturelles, les valeurs de notre société.  Outre l'apologie de la guerre ou de la politique étrangère américaine commune à beaucoup de FPS,  ce sont les valuers de compétition, de cumul du capital, de profit auxquels nos cerveaux sont soumis. La base d'un jeu de stratégie repose sur l'accumulation de ressources afin d'augmenter ses troupes, améliorer ses infrastructures, développer la recherche technologique. Un hack'n'slash ou un RPG repose sur l'accumulation de biens matériels ( armes, armures, etc.) et d'or afin d'obtenir le meilleur équipement et ainsi vaincre le boss final. Pour ma part, je trouve que les Civilizations ont de vieux relans de colonialisme et d'impérialisme. Les TPS et FPS sont en général des applications concrètes du darwino-capitalisme: le plus fort doit tuer les plus faibles pour survivre. Et bien sur nous retrouvons les valeurs de la sacro-sainte compétition dans la plupart des jeux multijoueurs.

En tant que joueurs, nous sommes soumis à cette propagande. Devons nous la rejeter. Je ne pense pas, car sinon nous ne jourions plus à rien. Mais il faut cependant toujours garder à l'esprit ce fait et toujours essayer de regarder les jeux et de jouer avec un oeil critique vis-à-vis de tout ceci. Ne blamons pas non plus les game developers et game designers. Comme nous, il font parti d'une société avec ses valeurs et en tant que créateurs, ils en sont les médiateurs.

Une révolution s'impose t'elle ? pas nécésseraiment. Les jeux créés par des sociétés occidentales comporterons toujours les messages et les valeurs auxquels la société croient. Quand les valeurs de notre société changeront, les messages des jeux vidéo changeront aussi. Et puis je préfere jouer à Left 4 Dead ou Gta plutot qu'à un jeu palestinien ou l'on doit caillasser des chars israeliens ou des jeux chinois patriotiques.

A ben finalement ça va mieux maintenant. Ja vais me relancer un bon vieux Day of the Tentacles, ça me détendra.

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Du Bambou et des Jeux

Par MasterPanda Blog créé le 01/09/10 Mis à jour le 26/07/11 à 18h08

Y'a pas que le bambou dans la vie, y'a les jeux vidéo aussi !

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