La guilde obscure

Par Masahiko666 Blog créé le 07/09/12 Mis à jour le 08/12/16 à 09h35

Bonjour à tous !! Ici, je traiterais de différents sujets, notamment de Jeux de Rôles sur consoles de salon, souvent en version oldies.
Alors, prenez un bon coussin pour y déposer votre postérieur délicat, et écoutez, commentez, poussez des coups de gueule... Faîtes comme chez vous, quoi...

Ajouter aux favoris
Signaler
Vieille nouveauté (Jeu vidéo)

Coucoudidou les amis ! Je viens de me replonger dans un jeu pas trop vieux, et je me rend compte que j'avais écrit un test sur un autre site qui me paraît bien élogieux maintenant. Etant souvent déçu par les suites (notamment dernièrement par Sacred 3), j'attendais beaucoup de ce Silent Hill Downpour, surtout en voyant ce que l'éditeur nous avait promis. Mais encore une fois, tout ceci tomba vite à l'eau glacée du lac Toluca...

 

UN AIR DE DEJA VU ?

Tout commence avec un prisonnier, Murphy Pendletton. Grand, ténébreux, mal rasé, bien taillé dans son corps d'athlète de réserve...mais je le connais ce type, je l'ai déjà vu quelquepart...mais où ? Bref, le jeu commence dans une salle de douche où, en guise de didacticiel, il faut poignarder une homme bien gras qui attise la haine de notre héros (et on saura vite pourquoi). S'ensuit quelques scènes dans lesquelles on dirige encore le prisonnier calme vers son prochain transfert. Dans la cour où le bus pénitenciaire est arrêté, on découvre ses compagnons de voyage et surtout une petite fliquette pas commode, mais ô combien jolie...mais mince, ça aussi, ça me parle...

Voici un monstre qui n'est pas très original, et ils sont tous du même tonneau

Enfin, durant les kilomètres qui séparent l'engin roulant de la prison de Silent Hill, les occupants commencent sérieusement à se chamailler, ce qui perturbe la vigilance (déjà pas au top) du conducteur. Un glissement de terrain au milieu de la route goudronnée et paf, c'est le ravin assuré. Après quelques tonneaux, plusieurs bosses et contusions, Murphy se réveille avec un sacré mal de crane, mais surtout tout seul, au milieu de la forêt. En arpentant le seul chemin praticable, il approchera de la ville destination, mais rencontrera la petite fliquette toute mimi, mais pas du tout enclin à l'aider.

 

UN VRAI BADBOY AU COEUR TENDRE

C'est ici que commence l'aventure de Pendletton. Au programme des réjouissances, ennemis véloces, énigmes tordues, ramassage d'armes et autres items, et éboulements à gogo...ah oui, et sauvetage râtés de différents personnages. Un peu comme dans Silent Hill The Room, le jeu ne se passe pas tout de suite dans la ville à la colline calme, mais plutôt dans se faubourgs, puisqu'il faut trouver le moyen de s'y rendre (s'il savait, il n'irait pas). Ensuite, une fois dans la ville, il faudra...s'en échapper (non mais, quelle idée...).

Murphy a vraiment des airs d'Henry Townsend, le protagoniste de The Room

Dans son itinéraire, Murphy rencontrera quelques âmes perdues, et devra faire un choix cornélien (en gros, sauver la personne ou non). Enfin, il n'y aura que deux choix à faire (donc tenter d'aider la représentante de l'ordre, et rassurer un type bien décidé à se jeter du haut d'une falaise). Mais, contre toute attente, les deux scénettes se solderont par la même fin, quel que soit le choix effectué. Autant la jeune femme entre bien dans le scénario, mais le facteur et le dépressif font des apparitions éclairs et peu esthétiques. En gros, on ne sait pas trop à quoi ils servent, surtout le facteur qui ne sert, apparemment, que de fil conducteur.

D'ailleurs, chaque chapitre se déroulera de la même manière. On cherche la destination principale, on résout les énigmes du lieu, on entre dans le monde alternarif de Silent Hill pour être poursuivit par une lumière rouge dont on ne sait rien (et ça, ça ne vous dit rien ?), puis on revient dans les rues de la bourgade pour commencer un autre chapitre...

 

C'EST LA FETE A LA GRENOUILLE

Bien entendu, il y a des ennemis dans les rues de Silent Hill, mais aussi dans les maisons et autres lieux à visiter. Ces derniers sont grandement humanisés et somme toute peu originaux. Des femmes avec des griffes qui vous hurlent dessus pour vous déstabiliser, des mecs en camisole de force, des créatures qui marchent au plafond et vous tombent dessus, des esprits de mannequins (oui, oui)...bref, pas de quoi fouetter un petit garçon après qu'il est fait une grosse bétise quoi... Et parlons des combats, qui devaient être dynamiques, contrairement à Homecoming. Ils sont d'une molesse sans pareil, puisque cette fois-ci, il suffit de se protéger pour riposter par la suite...c'est lent, c'est mou, c'est chiant à souhait. Pour les armes, le système de Silent Hill Origins est reprit. On ramasse des armes un peu partout, et souvent de fortune (bouteilles, pierres, batons,...), puis on en change lorsqu'elles se cassent lamentablement. Heureusement, il y également des haches, gaffes, et aussi des armes à feu. Mais le soucis, est qu'on ne peut en porter qu'une à la fois. Il faut donc choisir, et on se retrouve souvent sans rien dans les mains, ou avec une arme qui ne nous plaît pas car le scénario nous en impose quelquefois (par exemple, il faut une gaffe pour attraper une échelle en hauteur, ou une hache pour démollir des planches devant une porte). De plus, on ne peut même pas avoir accès à l'inventaire comme bon nous semble, mais seulement ponctuellement, devant un endroit où il faut utiliser un item.

Pour consulter la carte, il faut la chercher dans les documents. Fatiguant...

De temps en temps, il pleuvera sur les artères de la ville, avec toujours des éclairs violets (?). A ce moment, ce sera à vous de faire un choix cornélien. Ou vous affrontez les gouttes de pluies, au risque d'être tout mouillé et de voir les monstres plus forts (parce-que la pluie et les tempêtes rendent les ennemis plus balèzes), ou vous trouvez un abris en attendant que l'orage cesse... Ouaip, il faut attendre patiemment que la pluie s'arrête...sans bouger...sous un porche ou dans une maison...lâcher la manette et poireauter...sachant en plus que dans une barraque, on ne voit pas la pluie au dehors ni les éclairs... Alors je connaissais les jeux qui trichent, qui font tout pour que le joueur ne puisse pas avancer, mais alors celui qui te demande de ne pas jouer ! ! !

 

TU NE SAIS PAS QUOI FAIRE ?

Heureusement, dans tout ce magma d'idées saugrenues et de déplacements ennuyeux, on peut trouver des quêtes annexes. Ce sont de petites énigmes plus ou moins longues et difficiles, disséminées par çi et par là dans les rues et les maisons de Silent Hill. Trouver des oiseaux dans des cages, rapporter des tableaux volés, suivre une piste, trouver des erreurs dans un tableau représentant une salle,...plutôt originales pour certaines, ça nous apporte un peu de fraîcheur. Par contre, les récompenses sont souvent décevantes. Une arme, une trousse de soin, un bout de papelard nous donnant quelques informations sur les mystères de la ville... D'ailleurs, en parlant de mystères, vous devrez aussi, si cela vous chante, collectionner les secrets de la ville, sous forme d'articles et autres papiers.

La lumière rouge qui vous poursuit fait un effet de distortion très réussi...comme dans Silent Hill 3 d'ailleurs

Surtout que, en discutant avec un sans-abris (la seule âme vivante ici, et dont on est sûr qu'elle est réelle), vous pourrez débloquer un système de passages secrets entre les différentes zones de la bourgade, en passant par les tunnels du métro. Mais avant cela, il faudra apporter des objets au vieux briscard qui a faim, froid et s'emmerde tout seul. Et croyez-moi, il faudra absolument débloquer ces raccourcis, car comme les rues sont souvent défonçées et bloquées, il faudra faire pas mal de détours pour arriver à destination. Cela évitera de se perdre dans les artères qui sont, il faut le dire, bien alambiquées.

 

JE SUIS OU LA...?

Bon, le premier constat sera aussi le plus facile à faire, puisqu'il s'agit des graphismes. Je dois dire que je suis sceptique ici. Si les décors sont plutôt sympas dans l'ensemble, les personnages sont tout simplement affreux. Déjà, ils ne possèdent pas de textures affinées, c'est plus dans l'esprit 128 bits, avec peu de détails. Et les cheveux de Murphy (et des autres aussi) sont juste lissés, sans fioriture aucune. Sans parler de cet effet de flou qui entoure les objets en permanence, c'est moche et ça irrite la rétine. Non là, franchement, c'est râté complètement...Et c'est dommage, car les rues de Silent Hill sont plutôt pas mal représentées. Par contre, on ne reconnait pas du tout l'architecture des précédents épisodes, même les noms de rues ont changés. Un rien détoutant pour qui aime la saga et s'est représenté un plan bien précis. Les ennemis, quant à eux, sont assez pompés sur les opus antérieurs. Des femmes avec des griffes, des camisoles de forces...même Homecoming, pourtant décrié par la critique et les gamers, avait un bestiaire plus étoffé et original que ça. Surtout qu'ici, les monstres ne sont pas vraiment monstrueux...et repopent à volonté au bout de quelques minutes. Quant à l'idée de la pluie qui les rend plus fort, c'est une bonne idée de départ, mais de là à demander aux joueurs de cesser toute activité en attendant un acalmie...

Vous rencontrerez quelques personnes, mais leur utilité restera longtemps un mystère

Les commandes répondent bien, il est vrai, mais ce n'est pas très intuitif tout ça. D'abord, les contrôles sont calqués sur Homecoming (et oui, encore), et les affrontements sont très similaires aussi à cet opus. Et les combats sont d'une molesse...surtout qu'il n'est pas rare de voir un coup de hache passer à travers l'adversaire sans le toucher pour autant. Et ne pouvoir transporter qu'une seule arme sur soi... Et puis, il y a une touche totalement dispensable, celle qui permet de regarder en arrière. Faite surtout pour les poursuites avec la lumière rouge (qui nous tue si on la touche trop longtemps), elle ne sert à rien puisque la lumière en question émet une distortion autour d'elle, donc on sait quand elle est proche...sans oublier qu'en regardant par dessus son épaule, on ne voit plus rien devant du coup... Et puis, Murphy se heurte souvent aux encadrements de portes, ou hésite devant une échelle s'il n'est pas bien en face. Quelques phases délicates sont aussi au rendez-vous, comme traverser une planche en équilibre au dessus du vide, ou s'accrocher à un pont qui vient de se rompre, ou encore dévaler une pente en évitant les obstacles (qui nous one-shot d'ailleurs). Coupant un peu avec le rythme, ces phases sont plus un calvaire qu'autre-chose, car lente et peu intéressantes au final.

Côté bande sonore, je rage. Les musiques sont jolies, flippantes, très holywoodiennes. Et il y aussi quelques ficelles bien employées pour nous faire sursauter. Mais où est le génie des autres épisodes ? Finis les martellements, les bruits incongrus, les grincements sinistres et lourds inclus dans la musique. On a le droit à du très standard là. C'est propre, soit, mais l'âme torturée de Yamaoka n'existe plus. Enfin, mieux vaut un changement radical qu'un plagiat honteux et râté... Par contre, les cris lointains et autres bruits inquiétant sont bien plus dans l'esprit de la série. Le point noir n'est pas vraiment sonore, mais plutôt écrit. Bien que la traduction française (c'est du sous-titrage) soit correcte, ce qui n'a pas toujours été le cas dans l'univers de la colline silencieuse, les conseils que l'on nous donne lors des temps de chargements (peu nombreux, mais bien longs, et pas toujours placés à des endroits logiques) nous rendent perplexes quelquefois. Jugez plutôt : "Murphy peut s'abriter de la pluie", "avec la bonne arme, Murphy peut atteindre des sommets", ou "si vous ne savez pas quoi faire, écoutez ce qui dit Murphy". Je veux bien écouter ce qu'il dit, mais il serait peut-être plus judicieux de donner la touche qui permet de le faire parler... ! ! ! Pareil pous les documents que l'on récupère, il faut zoomer dessus pour pouvoir les lire, ce qui donne un grain des plus désagréables aux lettres...et du coup, il faut aussi parcourir le document avec le stick droit, car le zoom est trop proche.

Niveau décors, on reste dans le ton Silent Hill

La durée de vie du soft est banale, comptez une demie-douzaine d'heures au plus, sans prendre en compte les quêtes annexes qui, si elles sont bien sympathiques, ne rallongeront pas trop le scénario de base, et n'apporteront pas de connaissances nouvelles quant à l'histoire. Mais ce qui frappe le plus, ce sont les similitudes avec les autres opus de la série. Murphy ? C'est le portrait craché de Henry (Silent Hill The Room), la fliquette nous fait penser au premier SH, la lumière rouge qui poursuit Heather dans le 3ième épisode...et il y a sûrement d'autres "clins d'oeil" comme ceux-là.

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Je m'attendais à un retour aux sources, ressentir les premières peurs de l'opus Playstation 1, mais aussi un peu d'originalité. Mais pour Vatra, un retour signifie reprendre les anciennes gloires d'une série et les mélanger pour en ressortir quelque chose de nouveau. Outre des graphismes ternes et des textures complètement râtées (voire invisibles), un bestiaire des plus communs sans aucun génie et une progression totalement scriptée, le jeu propose aussi des contrôles mous et lents, ainsi que des personnages peu charismatiques, même le protagoniste principal. Sans parler du jeu qui rame, les temps de chargement bien longuet (une bonne minute quelquefois) et souvent en pleine partie. Et c'est d'autant plus rageant que les bonnes idées sont également de la partie, comme des quêtes annexes et des énigmes bien pensées. Mais, même si l'habillage d'un jeu ne fait pas tout, il contribue largement à succès. Et là, la garde-robe de Silent Hill Downpour fait dans le très vieux et la friperie bouffée aux mites. Vivement le prochain épisode, qui s'annonce grandiose avec Norman Reedus (Daryl dans Walking Dead) dans le rôle principal.

 

La colline à des yeux : scénario riche, énigmes bien pensées, quêtes annexes, ville réussie...

La colline est myope : graphismes assez hideux, contrôles trop similaires à l'opus précédent, animations molles, protagonistes absolument pas charismatiques, pas d'inventaire réel, impossible de stocker des armes, pas de Yamaoka.

 

Graphismes : 08/20

Sons : 14/20

Maniabilité : 10/20

Scénario : 14/20

Durée de vie : 12/20

 

Sentence

10/20

 

Machines : PS3, Xbox, PC.

Genre : survival-horror.

Développeur : Vatra Games.

Editeur : Konami.

Sortie : 29 mars 2012.

PEGI : 18 ans.

Difficulté : moyenne, sauf pour les poursuites.

Prix : comptez une vingtaine d'euros maximum.

Qui se ressemble : Resident Evil (5 et 6), et tous les survival-horror en général.

Ajouter à mes favoris Commenter (7)

Commentaires

Spooky54
Signaler
Spooky54

Sans parler de ses scènes faisant parties des plus marquantes de la saga. 

S H A D O W
Signaler
S H A D O W
...la ville avec son semi open world est convaincante rappelant S King et HP Lovecraft et le scénario est intéressant et antimanichéen. Le bestiaire est décevant mais loin des horribles zombies et gorilles du 4 ou des humanoides roses de shattered memories.
S H A D O W
Signaler
S H A D O W
Malgré ses défauts, Downpour est à mon sens le meilleur opus de la saga après le 2 et le 3 comme quoi le ressenti peut vraiment différé selon les joueurs. J'avais fait un article à l'époque.
Masahiko666
Signaler
Masahiko666
C'est une note de "je m'attendais à bien mieux". Après, j'ai fini le jeu, et les fins sont plutôt bien faîtes, tout comme le jeu qui est loin d'être un étron. Le soucis est que les promesses sont loin d'être tenues ici, et on peut dire que ça frustre énormément... Le prochain opus de la série verra Kojima et Bénicio Del'Toro au scénario, et Norman Reedus (Daryl dans Walking Dead) comme personnage central.
Donald87
Signaler
Donald87
Je ne connais pas mais la note "calme" ... 10, pour moi, c'est une mauvaise note ;)
Masahiko666
Signaler
Masahiko666
Comme je l'ai dit en introduction, j'avais testé le jeu ultérieurement sur un site concurrent, et j'avais été plus lâche concernant la note (un 13 je crois). Mais, je dois dire que là, je teste non seulement le jeu (que je ne descend pas), mais surtout les attentes que nous étions en droit d'avoir, surtout après les opus Origins, Shattered Memories et Homecoming, bien trop éloigné de la série. Après toutes les promesses de Varta Games, beaucoup de gamers furent déçus de la tournure que prend le jeu. Malgré cela, je souligne tout de même les énigmes bien foutues, le scénario moins alambiqué mais toujours tortueux, et la ville de Silent Hill bien modélisées, bien qu'assez loin de ce que nous avait montré les autres développeurs. Sache simplement que, malgré les tares du soft, je le refais volontiers (c'est le cas en ce moment), et je déplore surtout les graphismes peu enthousiasment, les loadings intempestifs et trop longs, et surtout les contrôles mollassons.
b2zo-almendha
Signaler
b2zo-almendha
Je te trouve sévère !

Édito

 

Vous aimez vous battre contre une horde de gobelins amateurs de chair fraîche ? Les labyrinthes du Baron de Sukumvit ne vous effraient nullement ? Vous dépeceriez une brigade entière de trolls des cavernes pour quelques piècettes d'or et pour sauver une jeune fille en détresse ? Et en plus, vous vouez un culte sans borne et sans faille au grand Nyarlathothep ?

 

Alors, rejoignez le pire personnage de jeux de rôle possible et inimaginable...

Archives

Favoris