Terre de Jeux

Terre de Jeux

Par Manga Blog créé le 29/12/09 Mis à jour le 02/01/16 à 21h43

Le jeu vidéo dans tous ses états (musique, gameplay, univers...) où quand un rédacteur freelance se lâche :)

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Playstation 3




Éditeur : Sony
Développeur : Naughty Dog
Date de sortie : 14 juin 2013

 
Par où commencer ? Telle est la question qu'on ne peut que se poser après une telle expérience. Forte d'une réputation inébranlable depuis le milieu des années 90, Naughty Dog a frappé une nouvelle fois et ne cesse de recevoir des louanges des quatre coins du monde. Les notes de la presse spécialisée sont exceptionnelles et il est difficile de ne pas avoir de doutes sur la véracité de telles critiques. Uncharted 3, aussi bon soit-il, est passé par là et il s'est avéré, pour beaucoup, bien moins prenant que le second volet qui demeure, lui, fantastique. Et il est vrai que The Last of Us n'est pas parfait, comme en témoigne son démarrage poussif. Et pourtant, oui pourtant, il entre sans problème au panthéon des dix meilleurs jeux de ces dernières années. Mature, flippant, bouleversant, épique, dérangeant, stupéfiant... il est tellement incroyable que les premiers jeux de la nouvelle génération de consoles vont avoir fort à faire.
 
 
 
The Last of Us, c'est la fuite en avant de deux individus : Joël, un homme à la barbe drue et à l'apparence rustre, et Ellie, une adolescente de 14 ans dont le secret est lourd à porter. Ensemble, ils vont traverser des États-Unis ravagés par une pandémie dévastant les cellules humaines. Pour qui ? Pourquoi ? Nous n'allons strictement rien révélé, tant ce serait un sacrilège de spoiler une telle aventure. Mais si vous êtes parents, vous allez être bouleversés par cette histoire et cette relation père/fille qu'entretiennent les deux protagonistes. L'écriture est juste, intelligente, sans en faire trop. Du fardeau, la demoiselle devient petit à petit une source d'humanité et de compassion. La violence entrevue dans The Last of Us n'est jamais gratuite, mais s'inscrit dans une logique de survie, quel que soient les individus que l'on croise. Nourriture, médicaments, vêtements... le monde dépeint dans la dernière production de Naughty Dog montre une facette dérangeante de l'âme humaine. Si la solidarité est palpable, les deux héros vont vite s'apercevoir que l'individualisme prend le pas sur la plupart des situations.The Last of Us n'évite pas certains clichés, mais ceux-ci ne gênent à aucun moment. Une fois terminé, le joueur n'aura qu'une seule envie : relancer le jeu. Peu de titres peuvent se targuer de laisser une telle empreinte... Pour votre serviteur, cela n'est arrivé qu'avec des titres comme les Metal Gear ou Shenmue
 
La survie à tout prix
 
Avant de parler gameplay, sachez que le prologue et la fin du jeu sont parmi les séquences les plus spectaculaires jamais imaginées pour un jeu. Et pas qu'en terme de surenchère visuelle. Ce que vous allez vivre ne va pas vous laisser de marbre, bien au contraire. Pourtant, impossible de nier que des défauts sont présents, comme l'intelligence artificielle ou le démarrage poussif. Passé le prologue, on se retrouve en terrain "presque" conquis, avec un scénario qui peine à démarrer. Mais au bout de quelques heures, on se rend compte que cette mise en abîme est indispensable à la bonne tenue de l'atmosphère du jeu. Bien que terriblement discrets sur leur vie antérieure, le joueur ne cesse de découvrir, par bribes, le passé de Joël et Ellie. La tension, constamment présente, est atténuée par des séquences plus colorées, voire drôles. On est happés de bout en bout et lâchez la manette devient un supplice, malgré un gameplay très classique finalement, avec vue à la troisième personne, QTE pour certains actes et mélange d'action/infiltration avec un zeste de poursuite ou fuite. Inutile de tout bouleverser pour créer une claque et ça, Naughty Dog l'a bien compris. Il est d'ailleurs indispensable d'écouter tout ce qui est dit aux médias durant le générique. 
 
Fragile équilibre
 
Depuis la pandémie (causée par un champignon appelé le Cordyceps), le monde s'est arrêté de tourner et chacun tente de lutter comme il peut pour survivre. A l'instar d'un film comme Warm Bodies, les peuples se sont barricadés dans des zones de quarantaine où la peur de l'étranger est omniprésente. N'espérez pas pénétrer dans une telle enceinte sécurisée sans montrer patte blanche... tout infecté étant considéré comme un pestiféré. Il faut dire que les hommes et femmes que l'on croise, lorsqu'ils sont atteint par le virus, ressemblent plus à des êtres défigurés s'attaquant à de la chair fraîche. Le pur syndrome de zombification, avec tout ce qu'il faut comme contamination (en gros, si vous êtes mordus, vous devenez l'un des leurs). Au fil de l'épopée de Joël et Ellie, les joueurs croisent des infectés, mais aussi des claqueurs, la plaie ultime du jeu. Il s'agit de créatures (à ce niveau, ce ne sont plus des humains) mordues depuis très longtemps et qui sont devenues aveugles. Ils se repèrent au bruit et une seule de leur morsure est fatale, d'où leur côté extrêmement flippant. Cette peur est d'ailleurs renforcée par leur cri. Un espèce de cliquetis terriblement stressant, surtout dans la pénombre ou lors des passages dans des zones remplies de spores (des bactéries mortelles pour l'homme, obligeant le port d'un masque à oxygène). Les infectés ne sont pas les seuls êtres que l'on rencontre, puisqu'on assiste peu à peu à l'émergence d'une "guerre civile", ou plutôt d'une guerre entre différents clans. Chacun veut sa part du gâteau (même l'armée et le gouvernement tentent de contrôler ce qui peut l'être, afin d'éviter que l'infection ne se propage), des médicaments, de la nourriture, mais surtout des armes... point central de toute la première partie du jeu. Dans ces conditions, si la méthode bourrine peut fonctionner de temps à autre, la discrétion est amplement conseillée. 
 
Voir sans être vu 
 
The Last of Us n'épargne rien, ni personne, et sa violence est palpable, durant un combat, à chaque pression d'un bouton. Si Joël jouit d'une véritable force de frappe, la petite Ellie ne s'en laisse pas compter (mais nous vous laissons le découvrir de quelle manière). On retrouve tout un système de couverture permettant de se protéger des ennemis, afin de les surprendre et leur coller une bonne rouste. Rien de tel que de se faufiler derrière un opposant pour l'éliminer sans éveiller les soupçons (enfin, à condition que les autres ne découvrent pas le corps - dans le cadre d'adversaires humains). Il est aussi possible, via la touche R2, d'utiliser "l'écoute" qui dessine les silhouettes des ennemis qui traînent dans les parages, mais personnellement... je ne l'ai jamais utilisé, par souci de réalisme. Pour mener à bien une telle entreprise (la distance parcourue est monstrueuse, on sent toute l'immensité des environnements traversés et Boston n'est que l'une des nombreuses places que vous allez visiter), le duo improbable a à sa disposition un large panel d'armes. Flingues, mitraillettes, lance-flamme, fusil à pompe, cocktail Molotov, bombe de dispersion ou à clous... sont accompagnés par des objets servant à faire diversion, tels que des briques ou des bouteilles. Ces "outils" sont très pratiques dans le cadre d'une rencontre avec des claqueurs (souvenez-vous, ils sont attirés par le bruit). En chemin, vu la vastitude des lieux, il est indispensable de ramasser tout ce qu'on peut trouver. Maison abandonnée (la sensation est terrible quand on rentre dans une chambre avec un berceau ou un lit d'enfant vide), entrepôt désaffecté, pièce isolée... les items ramassés permettent de créer différentes armes et objets de soin. C'est aussi vrai pour l'amélioration des capacités (armes ou non). Lorsque vous vous faites choper par un ennemi, un bon vieux QTE des familles permet de se dépêtrer. Ces mêmes QTE interviennent pour passer des obstacles, ouvrir des portes, etc. Rien d'original mais ça reste efficace. Et puis il faut bien appuyer sur un bouton pour interagir avec l'environnement ! (message aux haters qui ne sont jamais contents). Et là où c'est stupéfiant, c'est que le gameplay s'avère aussi bon avec le personnage de Joël (ou Ellie) que lorsqu'ils sont en train de s'entraider. C'est d'autant plus vrai que la petite souffre d'une faiblesse qui poussera Joël à se dépêtrer pour trouver une solution devant un certain type d'obstacles.
 
Horreur poétique
 
Cet oxymore convient à merveille au paragraphe qui va suivre. The Last of Us dépeint un monde ravagé par la violence et la peur, mais le joueur découvrira que des moments de poésie viennent s'adjoindre à cette douce mais inexorable balade vers la folie, où les évènements tragiques s'empilent. Alors qu'on pouvait penser que le jeu serait sombre la plupart du temps, on découvre qu'il est finalement très coloré. Les décors de fin du monde, avec la végétation qui s'est invitée à travers les buildings rappellent des titres commeCrysis 3 ou encore Enslaved. Mais plutôt que d'en parler, il est préférable (et de loin) que vous découvriez tout ça par vous-mêmes encore une fois. L'attachement qu'on éprouve pour les deux personnages est si intense qu'on est dégoûtés quand on voit poindre les crédits de fin. Ellie, par son manque d'expérience, est très humaine (mais Joel également, c'est juste qu'un évènement a transformé l'homme qu'il était). Elle n'a vécue que dans la zone de quarantaine et découvre, petit à petit, les choses les plus élémentaires de la vie. Comme les animaux, des environnements incroyables (pour elle) ou encore le simple fait d'apprendre à siffler. C'est d'autant plus agréable qu'un énorme effort a été fait sur les doublages, justes, poignants et probablement parmi les meilleurs jamais entendus dans notre belle langue (pour un jeu vidéo). La VO est exceptionnelle également. The Last of Us, même quand on crève bêtement, n'est jamais frustrant... et finalement, le joueur apprend en même temps qu'Ellie à survivre. C'est cette justesse qui est bluffante, avec un scénario narré à la perfection et ungameplay qui ne cesse de surprendre.
 
Le plus beau jeu de cette génération
 
Jamais une telle production n'aurait été possible sur PlayStation 3 sans le talent de Naughty Dog. On sent qu'ils ont poussé la console dans ses derniers retranchements, et on n'ose imaginer ce qu'ils parviendront à faire avec la PlayStation 4. The Last of Us est, à notre sens, le plus beau de cette génération... à la fois sur le plan esthétique, du design, des détails, des environnements, de la modélisation, des effets spéciaux, de la vastitude des lieux, de l'impression d'immensité... c'est une baffe royale ! Les couleurs, les ombres, les animations hallucinantes... c'est à se renverser la tête par terre ! Et le plus dingue dans tout ça, c'est qu'il y a un chargement en début de partie... et basta ! La PlayStation 3 nous aura surpris jusqu'au changement de génération... et c'est peu de le dire. Quant à la bande-son de Gustavo Santaolalla, elle est divine, avec des thèmes qui resteront gravés dans les mémoires... La touche musicale est vraiment unique et les bruitages sont du même acabit. Une claque, à tous les niveaux !
 
Un oubli logique
 
Après avoir terminé le jeu, il est tout à fait naturel de recommencer une partie ou ranger la galette dans sa boite. Il faut dire que le mode multijoueur passe un peu inaperçu, à commencer par son nom : Factions. Et pourtant, ça serait une grave erreur de passer à côté (même s'il est indispensable de disposer d'un network pass, vendu 9,99 € si vous achetez le jeu d'occasion), tant il prolonge l'expérience et adapte le gameplay du solo à des parties entre potes. L'infiltration est indispensable pour réussir à surprendre le camp adverse. Le principe est simple : deux camps s'affrontent (8 joueurs max), avec d'un côté les Chasseurs et de l'autre les Lucioles. Le mode Survivants est redoutable car une fois mort, vous ne "respawner" pas, ce qui n'est pas le cas de l'autre mode : Raid sur les provisions". Pour le reste, les sept maps sont bien étudiées et on prend un vrai plaisir à retrouver toutes les ficelles du solo, avec les items servant à confectionner des outils indispensables à votre protection. Il n'y a rien de plus grisant que de balancer un cocktail Molotov sur un groupe d'individus.
 
Inutile d'aller plus loin, le plus long des textes ne suffira pas à vous faire comprendre l'intelligence et le côté unique de The Last of Us. Si vous voulez vivre une aventure démentielle, c'est le moment de foncer ! Toutefois, assurez-vous de bien vous préparer à ce type d'expérience. Ca n'a rien à voir avec du Uncharted ou de l'action/aventure bête et méchante. Le 18 de la jaquette n'est pas là pour faire joli.

 

 
 Quelle tarte en pleine tronche ! Le niveau visuel atteint par The Last of Us est tout simplement époustouflant ! Quand on se dit que ça tourne sur une architecture de 2006, il y a de quoi halluciner ! Une pure merveille ! Les lieux traversés sont splendides et variés. 
 
 
 

 

Les animations sont parmi les plus stupéfiantes jamais vues dans un jeu vidéo. Le niveau de réalisme atteint est complètement dingue et les expressions faciales sont du même acabit. Ça défonce !

 

 

Dans l'absolu, le gameplay ne réinvente rien mais tout est fait avec une grande intelligence. Les commandes répondent vite et bien et toute l'aventure est un pur régal, entre infiltration, action, poursuite... Intense et génial ! 
 
 
 
Bruitages, musiques, doublages... Encore une fois une méga claque ! Atteindre un tel niveau sur un jeu vidéo, cela dépasse l'entendement. Les thèmes de Gustavo Santaolalla sont incroyables de justesse.



Voir aussi

Jeux : 
The Last of Us
Plateformes : 
PlayStation 3
Sociétés : 
Sony Computer Entertainment, Naughty Dog
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Édito

Depuis 12 ans, je suis rédacteur freelance dans la presse du jeu vidéo. Ancien grand lecteur du magazine Joypad, c'est tout naturellement que j'ai fondu pour Gameblog dès sa création en 2007. Aujourd'hui, j'écris pour plusieurs médias en presse web, papier et même TV : Éditions Pix'n Love, Omaké Books, The Game, Role Playing Game, Joypad.fr, Nolife (Retro & Magic)... 

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