J'ai eu la chance d'assister mardi soir à l'avant-première de Deadpool, dernier long-métrage Marvel. Si le personnage est assez connu des amateurs de comics, il est en revanche assez méconnu du grand public. Après une campagne de communication absolument brillante, le film suscite autant d'attente que le blockbuster dantesque attendu pour le mois d'avril, Captain America Civil War. Disposant d'un style résolument différent, Deadpool est-il une réussite ? Un pétard mouillé ? Un film sans intérêt face aux aventures des héros issus des Avengers qui ont déjà fait leurs preuves ? Je vous livre mes impressions à chaud. 

 

On annonce le ton

 

Dès le générique de début, une promesse est faite au spectateur : on va se bidonner grave. Sauf que... Deadpool, en tant que film de super héros Marvel, est supposé être un film d'action avec une structure assez classique (un homme banal acquiert un pouvoir suite à une expérience puis son némésis apparaît et la fin du film suppose un combat que le héros va remporter). Tout miser sur l'humour n'est-il pas risqué ? 

 

Et bien non. Car l'humour n'est pas le thème du film. Il est utilisé avec brio et de différentes manières (références pop culture à outrance, vulgarité poussée à l'extrême, violence exagérée...) mais le thème du film reste bel et bien l'histoire d'amour promise par le héros au début du film. Cette histoire d'amour est bien sûr semée d'embûches et le réalisateur Tim Miller a joué son coup à la perfection.

 

 

Comment faire un film de super zéro ?

 

L'histoire mise en scène est sincère, authentique. Les scènes romantiques, le sexe, les drames, tout est ici montré sans tabous, grâce à une esthétique très soignée et une interprétation aux petits oignons. Et l'humour dans tout ça ? Eh bien, il sert à dédramatiser tout ce qui peut paraître choquant dans les évènements survenant dans la vie du héros. Celui-ci use et abuse tant de violence extrême que de bons mots, et ce côté grave et léger à la fois apporte un décalage qui donne un sentiment de fraîcheur et de jamais vu au sein de l'univers Marvel. Car si le cinéma nous a déjà livré les excellents Kick Ass 1 et 2 et le brillant Super, il est ici assez déroutant de se dire que cet anti-héros évolue dans le même univers que les Avengers ou encore les X-Men, auxquels il est fréquemment associé. Il fait d'ailleurs équipe avec deux mutants de l'équipe du professeur Charles Xavier, ce qui est une mine intarissable de vannes sur les gentils superhéros en collants qui sauvent le monde sans violence ni vulgarités. 

 

Cette légèreté de ton, amenée majoritairement par l'humour, est aussi présente grâce à une narration déstructurée (le film montre quelques minutes du présent puis nous emmène découvrir une scène du passé de Wade Wilson puis revient et repart à nouveau...). Cette oeuvre, comme son héros, ne tient pas en place et reste constamment en mouvement pour nous montrer à nous, spectateurs, ce qu'il a à montrer des évènements et des liens entre les personnages. Pour y parvenir, Deadpool s'adresse fréquemment à la caméra pour que l'on se sente personnellement touchés par ce qu'il nous raconte. En explosant le quatrième mur à coup de bazooka nucléaire radioactif super méga destructor 5000, il a lui-même conscience d'être dans un film... et en rigole, se moquant fréquemment des autres films Marvel, car il sait qu'il fait partie de cet univers et qu'il est là pour bouleverser les canons du genre. Et tout ça est bien emballé avec une bande son explosive qui fonctionne du feu de Dieu. 

 

 

On se souviendra de Deadpool (surtout ta soeur)

 

Tous ces éléments font de ce film ce que les lecteurs de comic books voulaient d'un film Deadpool : enfin une adaptation fidèle des bouquins ! Le ton est le même que dans les comics, ses amis sont présents et il brise fréquemment le quatrième mur pour nous livrer personnellement son avis sur des millions d'éléments de la pop culture. BINGO ! Alors que Disney n'aurait jamais pu prendre le risque de faire un film Deadpool sans le restreindre en contenu violent et vulgaire, la FOX s'en donne à coeur joie et livre aux fans le film qu'il désiraient depuis maintes années.

 

Pour ma part voir ce genre d'adaptation relevait de l'orgasme geekesque et je vais retourner voir ce film aussi vite que possible ! C'est une ôde à la culture geek ET à la pop culture, une déclaration d'amour à tous ces films, séries, comics et autres oeuvres que tout le monde connaît, même sans les avoir découverts soi-même. Et voilà bien longtemps que j'attendais un film de la trempe de Deadpool, même si j'avoue que l'objet de mon désir demeure depuis maintes années le personnage de Carnage, grand méchant de Spider-Man. Sony possédant les droits du personnage de Spider-Man, on est tout à fait en droit de rêver aujourd'hui d'un film de notre bon vieux Spidey basé sur les symbiotes (où Venom pourrait crier "A mort tisseur !" pendant que Carnage ferait... un carnage !), le tout en restant fidèle à ces personnages donc forcément montrer de l'ultra-violence. 

 

Deadpool montre la voie, grâce à son succès critique (et futur succès commercial, pas besoin d'être devin pour savoir qu'il en sera un) à la créativité et à une nouvelle idée que l'on peut se faire du film de super héros. Les studios (Disney en tête) doivent constater que réaliser de bons films, c'est parfois prendre des risques mais quand un film est fait avec passion et que le matériau de base est respecté, la réussite est au bout du chemin, même si les efforts déployés amènent du contenu qui ne peut pas être proposé à tous. Les récentes séries Marvel en prennent le chemin avec Daredevil et Jessica Jones, ce qui est positif  car la Maison des Idées propose du contenu familial ET du contenu plus mature, des oeuvres sympathiques et simples tout comme des oeuvres sombres et complexes. 

 

Bref, Deadpool, c'est de la balle !

 

Vous hésitez encore à voir ce film ? Je vous laisse le lien juste en-dessous et n'hésitez pas à faire le jeu Deadpool sur PC, PS3, Xbox 360, PS4 et Xbox One.